Décompression
Par Alice, vendredi 30 janvier 2026 à 22:06 :: 2026 :: rss
Je suis en vacances ce soir. Je n'arrive plus à me concentrer, mon esprit se décompose. Je suis en train de payer les dix jours entre Noël et le Nouvel An quand je suis allée travailler sans avoir récupéré de ma fièvre. A midi je vais manger une grosse pièce de viande rouge dans l'espoir de me ressaisir. J'essaie désespérément de me souvenir des urgences pour passer deux ou trois consignes à mon adjointe. J'ai la cervelle en fromage blanc.
Mais bon, n'exagérons rien, une semaine, ça passe vite. C'est juste mon syndrome de l'imposteur qui ressurgit.
Je pars tôt car nous dînons chez des voisins. La soirée commence sur un thème inattendu: les rêves. Notre voisine se souvient de tous ses rêves et cauchemars. Et elle et H. de comparer les dents qui tombent, les fuites, les escaliers qui disparaisssent, mais aussi une maison qu'ils connaissent et qu'ils peuvent décrire pièce par pièce… Laurent et moi les écoutons, perplexes.
On parle planeur, avion, hélicoptère. Lui travaille dans le monde de la télé. «Je connais bien le second de Balavoine. Balavoine installait des puits dans les villages sur le parcours du Paris-Dakar. Le puits de la veille avait un problème; Balavoine a demandé à son second d'y retourner, donc celui-ci n'était pas dans l'hélicoptère, il lui a sauvé la vie.» Et à propos de l'accident qui a tué Florence Arthaud: «Pour que les images soient belles il faut filmer au plus près, ils se sont trop rapprochés. […] Dans un hélicoptère, tous les passagers servent de rétroviseur et doivent regarder autour d'eux. Alors une émission où les passagers de l'hélicoptère ont les yeux bandés…».
Plus tard nous bitchons joyeusement. Ils se sont mariés cet été, chacun ayant des enfants de son côté. Lui nous dresse un portrait de son ex mythomane: «pour vous donner une idée, elle m'avait dit qu'elle parlait russe. Un soir on est invité à dîner par un ami qui a épousé une Russe. — Ah mais c'est super Clothide, tu vas pouvoir parler russe. Je la vois se décomposer; en fait elle savait compter jusqu'à six. Nous avons un bureau Louis XVI, au lieu de le dire simplement à notre fils (de sept ans), elle lui a raconté qu'il venait du château d'un roi qui s'appelait Louis XVI, tout ça parce que sa famille fantasme l'idée de descendre des Bourbons.»
Nous parlons du précédent propriétaire du loft que nous avons acheté. Ils le connaissaient puique c'était leur ancien voisin, avant nous. Ils l'ont revu récemment, sur la côte basque. Nous tombons d'accord sur le fait que lui aussi est mythomane. Nous racontons les lettres recommandées que nous avons longtemps reçus au loft. Nous avons conservé pendant deux ou trois ans l'acte d'achat du loft à portée de main, pour le montrer aux huissiers ou gendarmes qui sonnaient à la maison. Visiblement l'ancien propriétaire était criblé de dettes; d'ailleurs il avait fait un scandale chez le notaire en découvrant que son ex avait fait saisir une partie du prix de la vente du loft. «Il ne nous a pas donné son adresse avant de partir; ils nous a dit de laisser le courrier dans ta boîte. — Comment? mais il ne m'avait rien dit, je n'avais pas son adresse.» Nous nous regardons avec stupeur, j'éclate de rire: «Mais alors, tu as dû nous prendre pour des dingues, à trouver le courrier de Serge systématiquement dans ta boîte aux lettres!»
A minuit nous partons, je prends le train tôt demain et j'ai peur de le rater, à cause d'une panne de réveil ou d'un problème SNCF.
Mais bon, n'exagérons rien, une semaine, ça passe vite. C'est juste mon syndrome de l'imposteur qui ressurgit.
Je pars tôt car nous dînons chez des voisins. La soirée commence sur un thème inattendu: les rêves. Notre voisine se souvient de tous ses rêves et cauchemars. Et elle et H. de comparer les dents qui tombent, les fuites, les escaliers qui disparaisssent, mais aussi une maison qu'ils connaissent et qu'ils peuvent décrire pièce par pièce… Laurent et moi les écoutons, perplexes.
On parle planeur, avion, hélicoptère. Lui travaille dans le monde de la télé. «Je connais bien le second de Balavoine. Balavoine installait des puits dans les villages sur le parcours du Paris-Dakar. Le puits de la veille avait un problème; Balavoine a demandé à son second d'y retourner, donc celui-ci n'était pas dans l'hélicoptère, il lui a sauvé la vie.» Et à propos de l'accident qui a tué Florence Arthaud: «Pour que les images soient belles il faut filmer au plus près, ils se sont trop rapprochés. […] Dans un hélicoptère, tous les passagers servent de rétroviseur et doivent regarder autour d'eux. Alors une émission où les passagers de l'hélicoptère ont les yeux bandés…».
Plus tard nous bitchons joyeusement. Ils se sont mariés cet été, chacun ayant des enfants de son côté. Lui nous dresse un portrait de son ex mythomane: «pour vous donner une idée, elle m'avait dit qu'elle parlait russe. Un soir on est invité à dîner par un ami qui a épousé une Russe. — Ah mais c'est super Clothide, tu vas pouvoir parler russe. Je la vois se décomposer; en fait elle savait compter jusqu'à six. Nous avons un bureau Louis XVI, au lieu de le dire simplement à notre fils (de sept ans), elle lui a raconté qu'il venait du château d'un roi qui s'appelait Louis XVI, tout ça parce que sa famille fantasme l'idée de descendre des Bourbons.»
Nous parlons du précédent propriétaire du loft que nous avons acheté. Ils le connaissaient puique c'était leur ancien voisin, avant nous. Ils l'ont revu récemment, sur la côte basque. Nous tombons d'accord sur le fait que lui aussi est mythomane. Nous racontons les lettres recommandées que nous avons longtemps reçus au loft. Nous avons conservé pendant deux ou trois ans l'acte d'achat du loft à portée de main, pour le montrer aux huissiers ou gendarmes qui sonnaient à la maison. Visiblement l'ancien propriétaire était criblé de dettes; d'ailleurs il avait fait un scandale chez le notaire en découvrant que son ex avait fait saisir une partie du prix de la vente du loft. «Il ne nous a pas donné son adresse avant de partir; ils nous a dit de laisser le courrier dans ta boîte. — Comment? mais il ne m'avait rien dit, je n'avais pas son adresse.» Nous nous regardons avec stupeur, j'éclate de rire: «Mais alors, tu as dû nous prendre pour des dingues, à trouver le courrier de Serge systématiquement dans ta boîte aux lettres!»
A minuit nous partons, je prends le train tôt demain et j'ai peur de le rater, à cause d'une panne de réveil ou d'un problème SNCF.



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