Billets pour la catégorie 2025 :

MisaTango de Martin Palmieri

Exception ce dimanche: remontée à Paris pour aller écouter Philippe([s] de l'escalier, pour ceux qui se souviennent) qui chantait la Misa Tango dans la cathédrale des Arméniens.

Solistes et quintette à cordes en première partie (Julie Alcaraz, soprano; Lucas Belkhiri, pianiste; Andrea Terra, bandonéon; avec le chef et ténor Florian Pereira) pour des mélodies sud-américaines, puis la MisaTango (ici un teaser. Je changerai le lien le moment venu).
Belle messe, très entraînante. J'aime beaucoup le bandonéon, je regrette d'avoir été trop loin pour le voir. Le public retient son souffle dans l'ambiance surchauffée de l'église. Deux écoles, ceux qui applaudissent entre les morceaux de la messe et ceux qui s'abstienne. Je n'ai pas réussi à déterminer ce qu'attendait le chef.

Après le concert, pot rue place Patrice Chéreau (mort en 2013. Comme le temps passe), dans une conformation proche des Cruchons (moins Aline qui a quitté Paris: nous lui envoyons un selfie). Nous parlons trains, RER, boulot et harcèlement moral. J'évoque Le Bal de Sceaux et Laurent nous apprend drôlement qu'une plaque dans Sceaux affiche «Balzac, auteur du Bal de Sceaux». Patrick évoque le Puy du fou qu'il vient de visiter (et les bouchons à la sortie du Puy du fou). Bref, pressés par des horaires de trains, nous balayons le plus vite possible le champ de la vie de chacun en nous promettant de nous revoir.

Gare de Lyon. Le train a un quart d'heure de retard. J'apprends qu'il n'y a plus de train pour Montargis et que deux trains ont été supprimés.
Je serai assise, mais il y a énormément de monde, qui essaie de se rapprocher de Melun ou de Moret. Il paraît qu'à Melun il y a des bus pour Montargis.

Les nouveaux codes de la pudeur

Cours de barre au sol. A vrai dire, je ne sais pas exactement ce que c'est. Je pensais que nous aurions à manipuler une sorte de manche à balai pour faire des assouplissements, mais en fait non. Cela ne m'a pas paru si différent du cours de pilates, sauf que le prof utilise des expressions de danse («les bras en seconde position») sans rien expliquer, comme s'il était évident que tout le monde sache ce que c'est (non).
Toujours les mêmes mouvements diaboliques qui n'ont l'air de rien et finissent par devenir insoutenables.

Le plus inattendu, ce sont les vestiaires. La plupart des cours sont des cours de danse aux noms étranges («Sexy chocolat» ou «Bachata Fusion»: mais qu'est-ce que c'est?) Il y a de nombreux cours de Pole dance, et aussi des cours de «Heels», danse sur talons très hauts, talons de drag queen. Je regrette de ne pas entendre le rythme, car «Heels», ça m'aurait plu, ça m'aurait fait rire.
Pour ces cours, les filles revêtent des tenues dont quelqu'un avec mon éducation et mes complexes n'aurait jamais rêvé: des trucs en dentelle, des machins transparents ou à trous ou en filet, découvrant un maximum de lingerie minimaliste.

Mais le plus surprenant, pour moi habituée des vestiaires de filles où l'on se met à poil et se douche et se change sans en faire un sujet, c'est qu'alors qu'elles se promènent avec un souffle de tissu sur elles, elles s'enferment dans les toilettes pour s'habiller et se déshabiller. Jamais elles ne se montrent nues, jamais elles ne changent de soutifs dans le vestiaire-même. Je découvre avec stupeur qu'elles portent deux slips: sous le slip ajouré en dentelle, elles portent un slip couleur chair destiné à donner l'illusion de la nudité.
Ce sont donc des jeunes femmes qui ne supportent pas d'être nues, même entre elles dans un lieu clos; mais qui jouent à le paraître en public.
Je ne comprends pas du tout.

Fast food africain

Très mal dormi — trop dormi hier — sans doute pas assez fatiguée. Journée maussade. Je suis triste sans cause.

A midi, Entrée des entrepreneurs rue des Francs-Bourgeois pour acheter un ruban destiné à remplacer la ceinture perdue mercredi dernier. Le Marais est décidément un beau quartier. Il faudra que je revienne ici cet hiver pour acheter les pulls qui me manquent.

Le soir, nous testons un Fast food africain que j'avais repéré il y a quelques semaines en face de la gare de Lyon: AfriCallFood. Je recommande pour les grosses faims: c'est bon et copieux.

Rétro

Dans la perspective de faire un cadeau d'anniversaire à mon père, je suis partie à la recherche d'une Fiat 124 coupé que j'avais autrefois (une dizaine d'années?) trouvée à louer dans le Loiret.
Je n'ai pas réussi à la retrouver, mais j'ai trouvé un site de location de voitures rétro qui me fait rêver.
Cela m'a permis aussi de constater que nous pourrions louer facilement une berline contemporaine pour un week-end en cas de besoin.

Ça va m'amuser de tester.

Sinon, à ma grande surprise, H. a évoqué la possibilité d'acheter un kangoo ou un berlingo d'occasion. Ça m'a étonnée car c'est le genre de voitures qui m'amuse (on enlève les sièges arrière, on met un matelas et je peux dormir en diagonale: un micro camping-car) mais qui n'est pas du tout son genre.
Ou n'était pas. Ou était et je ne le savais pas. Trente-huit ans ensemble et j'en découvre en permanence.

Transition écologique

Violents orages cette nuit, de ceux que je préfère : suffisamment loin pour ne pas s'inquiéter (trois kilomètres), suffisemment proches pour que chaque éclair éclaire comme en plein jour.

Lu une heure à la fraîche, vers six heures, rendormie, lever neuf heures, planeur onze heures. Atmosphère tropicale, chaude et humide, nuages bizarres, nous ne sommes que deux élèves, pas de pilotes (j'aurais dû me douter que ce n'était pas volable: les bons jours, dix pilotes sont inscrits), l'instructeur rechigne à déranger le pilote remorqueur pour deux vols: journée annulée, je ramène Mickaël et son vélo pliable à la gare, renseigne un touriste sur l'heure du dernier train («téléchargez CityMapper»), achète un pass et deux voyages pour un vieil homme qui panique devant l'automate et je rentre chez moi.

Ma-Su à Nemours puis shorts pour H. qui a perdu une ou deux tailles. Retour. Chaleur. Désœuvrement.

Je ne sais plus exactement comment l'idée a germé, mais nous sommes allés essayer des voitures, avec notre cahier des charges étrange, la jambe raide de madame mère (en reculant au maximum le siège passager, la jambe raide de la hanche au talon passe-t-elle la porte? la diagonale entre le fond du siège et la charnière de la porte est-elle assez longue?) et le poids qu'il est possible de tracter (au minimum une remorque de LS4) avec la voiture. Dans la mesure du possible, pas de SUV. Plus quelques babioles qui tiennent à cœur à H., comme le carplay et le régulateur de vitesse adaptatif.

Nous découvrons que le temps a passé. Ces deux dernières fonctionnalités qui étaient des options il y a dix ans sont désormais en série. Les avertissements/avertisseurs en tous genres (les bips quand vous roulez à 81 alors que la voiture vient de passer un panneau 80, par exemple) correspondent à de nouvelles normes depuis deux ou trois ans et sont inévitables: charge au conducteur qui le désire de tout désactiver chaque fois qu'il démarre. Il n'y a plus de pures essence (non je ne dirai pas thermiques), les voitures sont soit hybrides rechargeables, hybrides non rechargeables ou totalement électriques. C'est une chose de l'entendre à la radio, c'est autre chose d'en prendre réellement conscience dans une concession: quelle adaptation industrielle en quelques années. Nous sommes réellement en train de quitter le monde de nos grands-parents. Je suis impressionnée.
Dernier détail: il n'y a plus de plaquettes sur papier glacée, c'est désormais interdit. Toute la doc est en ligne. Peugeot nous l'imprime, Toyota nous en montre les grandes lignes à l'écran.

Peugeot 308 ou Toyota Corolla.
Je ne suis pas du tout pressée de me lancer dans cet achat. En réalité il me paraît inutile et dangereux pour l'équilibre de notre budget. Certes il est impossible d'aller chercher des amis à la gare avec notre voiture actuelle, mais cela demande simplement de s'organiser. Je peux facilement trouver quelqu'un pour échanger nos voitures le temps d'un week-end. Pour déplacer Madame mère, il nous suffit d'un taxi. J'espère réussir à retarder de trois ou quatre ans l'achat d'une seconde voiture.
Et alors tout sera à recommencer car les modèles auront changé.

Retraite

Déjeuner avec Z. Cela faisait un moment qu'on ne s'était vu.

Ce qui m'étonne, c'est qu'avec un an de moins que moi, il attend la retraite. «Carrière longue», me dit-il. Carrière longue, certes, mais pour moi, carrière longue, c'était ma tante avec un certificat d'études dans les années 60. C'est un terme que je confonds facilement avec «pénébilité», les personnes qui travaillent à l'extérieur ou en horaire décalée ou soulèvent des charges. Mais Z., partir pour carrière longue? Comme c'est bizarre.
En réalité, dès qu'on discute, on se rend compte qu'il s'agit bien de pénibilité au sens de démoralisation. Manque de motivation, collègues sans intérêt, boulot trop bien maîtrisé. Ennui.

Perso, je redoute le moment où je n'aurai plus rien d'autre à faire qu'à manger des Tuc dans mon canapé en regardant Netflix (oui, je sais, on est censé s'investir dans le bénévolat, aller au musée et parcourir la planète. L'idée d'aller promener ma tête blanche parmi les têtes blanches me déprime.)
Pourvu que j'ai mon diplôme de pilote, que je puisse voler un maximum avant soixante-dix ou soixante-quinze ans.

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Actualité : Cette nuit, Israël a bombardé l'Iran.

Un laps

— Ce qui me rend triste, c'est que du point de vue du photon, il meurt au moment de sa naissance. Il traverse l'univers, mais de son point de vue, sa durée de vie est nulle.
— Mais non, ne dis pas ça: c'est juste que le photon atteint le nirvana.

Le mari de la coiffeuse

— Je me suis séparée de mon mari.
— […]
— Maintenant je fais du coaching. J'ai suivi une formation de coach chamanique, ça m'a ouvert les yeux et en novembre, je lui ai dit, «je veux divorcer.»
— Le pauvre...
Ça m'a échappé, j'imagine le type qui ne s'attendait à rien, qui laissait sa femme suivre ses formations de coupe énergétique et de coaching chamanique en se disant que ça lui faisait plaisir et ne portait pas à conséquence.
— Au début ç'a été dur, mais mes cours de coaching m'ont beaucoup aidée à l'accompagner.


Commentaire de H.:
— Il est peut-être mieux sans cette folle.
— Oui, mais lui ne le sait pas.

Saute-nuages

J'arrive au terrain à onze heures moins le quart. La salle pilote est vide; il y a deux K21 et un duo devant le hangar; P. s'exclame: «voilà Alice!»

— Il n'y a personne?
— Ils sont déjà tous en piste, c'est une journée à faire un 500 (km).

Je comprends que je suis terriblement en retard.
Repas, en piste, VI (vol d'initiation) pour quatre personnes. Tenir les ailes pour «mettre en l'air», aller chercher les planeurs pour les ramener en piste en attendant mon tour.

Nous ne sommes que deux élèves. Etrange par une telle météo. Roland-Garros?

Comme le temps est prometteur, Manu a décidé de nous faire faire de la campagne, c'est-à-dire sortir du local (local en finesse 10 pour les élèves, soit 100 m de gain d'altitude pour s'éloigner d'un kilomètre. Comme nous sommes dans une zone où nous n'avons pas le droit de dépasser 2000 m à cause d'Orly (FL065, 6500 pieds, ça varie chaque jour en fonction de la pression), et qu'on compte 400 m pour le tour de piste (atterrissage), cela signifie qu'un élève ne peut s'éloigner de plus de seize kilomètres les très bons jours. En pratique, le plafond (le plancher des nuages ou le sommet des ascendances) est plutôt à 1200, 1400 mètres, ce qui fait donc dix kilomètres.

Faire de la campagne, c'est donc quitter le local de son terrain de départ. Le but était de faire Moret-Buno-Pithiviers, mais les conditions étant moins bonnes que prévu, nous sommes simplement partis pour Buno afin que je découvre le terrain (le but plus général est d'apprendre à repérer les pistes d'aérodrome: vu du ciel, ce sont des bandes jaunies, plus claires, difficiles à distinguer des champs environnants quand on ne sait pas où elles se trouvent).
Duo discus + instructeur = autorisation de finesse 20. Distance à parcourir 28 km, donc pour être en finesse d'un terrain ou l'autre, 14 km (soit Buno, soit Moret); avec un fort vent d'ouest, donc le cône des distance se déplace, mettons 12km Buno, 16 km Moret, soit une altitude nécessaire de 1200 mètre (800m + 400m de tour de piste) pour être en sécurité à mi-parcours et être sûrs d'atteindre l'un ou l'autre aérodrome.
Tout le planeur se résume à cela: atteindre le prochain nuage pour monter (ou ne pas descendre), conserver un terrain d'atterrissage à portée d'aile si on n'en trouve pas (de nuage), ce qui nécessite parfois d'être très haut en l'absence d'ascendance potentielle, au-dessus d'un col ou d'une forêt ou d'une étendue d'eau: pas de champ vachable) et de préférence atterrir sur un aérodrome plutôt que dans un champ, parce que c'est plus sûr pour le pilote et la machine et moins ennuyant pour les potes restés au club qui doivent venir vous chercher si les conditions ne permettent pas de vous remettre en l'air.

Nous avons joué à saute-nuages pendant trois heures et nous sommes rentrés les derniers.

Pas grand chose

Télétravail. Coiffeur (pour la couleur. La coupe, ce sera lundi). One Piece tome 24 parce que je ne me sens pas de lire Bréviaire de la haine chez le coiffeur. Visio. Instructive réunion. Repassage (l'avantage du télétravail) en regardant Red Notice. Mignon et creux. Puis La filature, gags longuets et là aussi, mignon et creux. Points communs inattendus entre les deux films: la Russie, une histoire de montre et deux personnages principaux qui ne se supportent pas. Je ne comprends pas comment je peux enchaîner aléatoirement deux films qui aient de tels poins communs (j'ai quitté la Russie et suis maintenant dans le désert de Gobi, en route (à pied) pour Hong-Kong).

Infrarouge

A midi, j'ai testé le sauna de la salle de sport, directement en venant du boulot, sans avoir fait de sport (c'est-à-dire à froid, sans rytme cardiaque élevé et processus de transpiration amorcé). C'est un sauna sans eau, sans pierre, sans vapeur, entièrement électrique. «Infrarouge», me dit la jeune fille qui me montre les installations. Cela ressemble plutôt aux résistances d'un grille-pain.

Vingt minutes environ. Je somnole sans parvenir à m'endormir, la banquette est trop étroite. J'aurai chaud toute l'après-midi.

C'est amusant, je recommencerai.
Ce soir je suis épuisée. Je ne sais pas si cela a un rapport.

Coup de maître

Dans la soirée, H. m'interpelle:
— Tu as vu ce qu'on fait les Ukrainiens?
— Euh non, pourquoi?
— Ils ont attaqué par drones des bases militaires à plus de 4000 km de l'Ukraine. Ils auraient détruit un tiers des avions, ce qui veut dire avec le turn-over (l'entretien et les vérifications) que la moitié de la flotte n'est plus opérationnelle. C'est énorme!

Cela me rappelle l'opération qui a fait exploser les mains du Hamas: même programmation à long terme et implacable, même précision dans les détails.

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Nous avons eu ensuite des précisions. Les drones ont été dissimulés dans le toit de chalets en bois et tranportés par camion jusqu'à être proches des bases militaires.

opération ukrainienne du 1er juin 2025 illustré par un cheval de Troie contenant des drones


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