Billets pour la catégorie 2025 :

Ecritures

C'est le week-end. Je suis en retard pour tout. J'ai une AG demain et, puisque je suis trésorière, un adhérent me harcèle pour avoir le journal des écritures. Au début je le lui aurais spontanément donné (transparence quand tu nous tiens) mais il a tant insisté de façon si désagréable que je finis par trouver cela bizarre: de toute ma vie associative — qui remonte à mes douze ans — je n'ai jamais rencontré d'AG où l'on distribuait l'ensemble des écritures.

Bref, j'ai fini par lui répondre que je les amenais demain et qu'il pourrait les feuilleter sur place.

Maintenant il faut que je les imprime.

Télétravail

Journée interrompue à cinq heures pour aller choisir des échantillons de tissu pour les canapés. Chou blanc, il n'y avait pas d'échantillons. Nous irons donc à la halle St Pierre choisir ce qui nous plaît (dont nous n'avons pas une idée nette, d'où la nécessité de voir et toucher).

Attirés par les sièges divins (larges, neufs, inclinables), nous avons échoué au cinéma de Montereau pour voir Pris au piège - Caught stealing. Qu'en dire? pas si pire. Ne le choisissez pas volontairement, mais si vous devez choisir entre des films qui ne vous font pas envie, prenez celui-ci. Le problème de tous ces films moyens, c'est le rythme: il y a des idées, du suspens, mais aussi des longueurs et des incohérences qui mettent à rude épreuve la suspension d'incrédulité la plus bienveillante.

Puis couscous à deux pas. Nous avons dîné à une table proche de celle de six personnes de l'actuelle équipe municipale. Au fur à mesure de l'avancée du repas, les récriminations se faisaient plus nombreuses.

Je viens de m'inscrire pour une nouvelle année de grec (j'ai beaucoup hésité).

------------
Actualités internationales : pour la première fois, Xi Jiping a envoyé une lettre de félicitation pour la fête de l'indépendance ukrainienne (ce qui ne l'a pas empêché de recevoir Poutine quelques heures plus tard).
H. me parle du thorium chinois. Si la Chine utilise des énérgies propres, toute la planète en bénéficiera.

Mangas, montre, glace

Découvert que les tomes 16 et 17 de Bucket list sont sortis. Je les ai achetés en même temps que les trois premiers tomes destinés à être offerts (librairie MCBD rue Taillandiers, je fais de la pub).
Je les ai lus trop vite, ils sont finis ce soir. J'ai découvert à cette occasion le mont Aso et surtout le cèdre Jomon Suji que j'inscris aussitôt sur ma propre bucket list de la mort à venir. C'est tout de même étonnant que les mangas donnent tant de précisions sur le Japon: les Japonais n'apprennent-ils pas cela à l'école? Ou y a-t-il résolument la décision d'écrire pour des lecteurs étrangers, quitte à ennuyer/étonner les lecteurs autochtones?

Fait ajuster à mon bras le bracelet métallique de la montre de H. — qui est désormais mienne (horloger Passage des chantiers).

Commandé un comic introuvable sur un site australien. Reste à savoir si le livre sera effectivement disponible et envoyé.

A six heures, mangé une coupe Impératrice Sophie (framboise, litchee, rose) chez Raimo dans le 12e.

Rentrés par le train de 21h16. Comme toujours, seule la rame avant est accessible et les (futurs) passagers sprintent en remontant le quai pour ne pas rater leur train. La rame est pleine.

PS : j'ai fait une recherche sur les perruques sur chatGPT: Dvora K semble ce que je cherche.

Mou si mou

Retour au bureau la tête ailleurs (la tête nulle part, en fait). J'ai tout oublié. Je refais le planning pour laisser les salariés en télétravail le 10 septembre.
Une demi-heure d'abdos le midi.

Parce que je songe à l'offrir à ma sœur, j'ai repris le tome 1 de Bucket list of the Dead. C'est un pari risqué. Tant de gens de notre génération plissent le nez devant les mangas.

-----------
Actualités : Bayrou met son siège en jeu le 8 septembre. S'il n'obtient pas la confiance, je me demande qui sera apte à et volontaire pour le remplacer.

-----------
Tard le soir, téléphoné longuement à Annie (est-il possible de téléphoner brièvement à Annie?)
Elle songe à une retraite progressive. Je lui fais part de mes prédictions et recommandations: bien profiter de l'instant présent car dieu sait ce que l'avenir nous réserve. La logique voudrait que d'ici quelques années les pensions de retraite diminuent comme en Grèce.
Nous évoquons la civilisation du non-emploi (IA, robots) qui se profile: comment nos contemporains vont-ils trouver à s'occuper? Quels loisirs dans une société inculte? Du pain et des jeux, c'est la seule solution rapide à mettre en place. Nous sommes déjà bien avancés dans cette voie.

Cœur lourd

A quoi servent les blogs? à parler de ce dont on ne veut pas parler aux personnes autour de soi, pour des raisons variées.

Dans le cas présent, je ne veux pas faire peur; mais aussi je sais que mon chagrin ne serait pas compris.
(«— Tu les connaissais? — Non» («Alors pourquoi es-tu triste?» ne serait pas prononcé mais pensé. Je le pense moi-même.))

Trois accidents, six morts en deux jours, dans le monde des vélivoles. Je ne les connais pas, mais c'est un tout petit monde, deux instructeurs morts parmi les six, je suis sûre qu'au club certains ont perdu un ami ou une connaissance.

A l'un des derniers briefings, peu après la catastrophe aérienne en Inde, on nous avait encore alertés: «les accidents arrivent par vague; en ce moment il y en a beaucoup, soyez prudents, appliquez les consignes, n'oubliez pas vos check-lists, refusez la pression de l'urgence.»

L'un des accidents est une autorotation (vrille) pendant une phase de l'atterrissage. Je me souviens de la colère de T.:«Tu m'as fait un virage à plat en base! Tu ne refais jamais ça, c'est comme ça qu'on se tue!» (comprendre: un virage dissymétrique, sans orienter le nez du planeur dans la direction de la courbe. Nos planeurs-école sont peu sensibles à ces erreurs, mais avec un planeur plus fin, on part en vrille. Et en phase d'atterrissage — près du sol, donc — ce n'est pas rattrapable).

Couleur

Soudain, une révélation : olive, la couleur à la mode, est en fait couleur feuille d'olivier.

De Dolomieu à Apt

Nuit difficile : la VMC fait un bruit d'enfer et si l'on ouvre la fenêtre, le compresseur du voisin (mais que fait-il avec des bouteilles de gaz d'un mètre quatre-vingt?) lui fait écho. Je mets deux boules quiès et je dors en regrettant le silence que j'avais imaginé ici.

Nous avons décidé de rouler un maximum aujourd'hui pour être tranquilles demain. Autoroute pour dépasser Grenoble, puis routes de montagne, de nouveau Higelin, je nomme mes photos — activité futile et inutile puisque j'ai découvert que la recherche dans mes fichiers se fait désormais sur le contenu des photos indépendamment de leur titre: si je tape "papillon", je vois non seulement remonter toutes les photos contenant un papillon, mais aussi une photo de Delon en nœud papillon, entouré de Paul Newman et Marlon Brandon.
Mais j'aime bien. Donner un titre à chaque photo permet de choisir celles que j'envoie rejoindre mon bric-à-brac de témoignages sur l'époque et souvenirs plus personnels. Je supprime les autres.

Conversations diverses, cours sur la PAC (pompe à chaleur) dont H. est un fervent défenseur: «tu vois, un radiateur, tu chauffes une résistance et tu disperses l'énergie. Chauffer, ça coûte. Alors qu'avec une PAC, tu échanges des calories: tu les prends à un endroit pour les mettre à un autre. Tu échanges, tu ne crées pas. C'est beaucoup moins coûteux en énergie; le rendement est bien meilleur.»
Pourquoi pas, mais la PAC de nos voisins fait du bruit la nuit.

Déjeuner à Aspres-sur-Buëch «Chez les papa's» (je recommande) où nous découvrons les ravioles frites de Champsaur. Le restaurant vient de rouvrir, c'est un beau projet et un pari un peu fou. Encore un morceau d'autoroute (champêtre, très peu autoroute) au niveau de Sisteron avant de sortir vers Forcalquier. La Durance est haute, plus haute que dans mon souvenir du printemps, et la végétation étonnamment verte.

Arrivée à l'hôtel vers quatre heures. Sieste et farniente, sentiment étrange d'avoir le temps — de n'avoir rien à faire — ça n'arrive jamais. Repas sur place, pieds dans la piscine trop froide pour se baigner («pas Bretagne froid, c'est juste le contraste»). Je m'installe sur un transat, j'y reste jusqu'à la nuit, jusqu'aux premiers moustiques.

Je consulte Wikipedia pour avoir la liste des albums d'Higelin. Pas trace du disque blanc, vinyles blancs de lait prêtés par Jacqueline circa 1987. J'apprends avec effroi la maladie dont il est mort, un mélange démoniaque de Parkinson et Alzheimer.

J'ai quatre cartes à écrire, par qui commençé-je?

Une basilique et un monastère

10:01. C'est ce qu'indique mon téléphone quand j'ouvre les yeux. Je ne les crois pas, d'ailleurs: est-il possible que mon téléphone se trompe? est-il possible qu'il y ait un bug? Où puis-je confirmer cette information incroyable? Je secoue H. «Debout, il est dix heures, on ne va plus pouvoir petit déjeuner». Je ne sais plus quelle est la dernière fois où nous nous sommes réveillés si tard. Nos grasses mat' atteignent péniblement neuf heures une ou deux fois par an. Organismes calés sur les horaires de boulot.

Délicieux petit déjeuner (servi jusqu'à dix heures, mais nous sommes accueillis avec le sourire), moins de variété (pas d'omelette à base de poudre ou de salade de fruits issue de conserve) mais des produits frais (des abricots mûrs, enfin!) et des recettes maison, cakes et marmelades. Plus tard, une serveuse paraîtra soulagée d'entendre nos compliments: «ça fait plaisir, des clients nous reprochent de ne pas avoir assez de choix».
Je ne comprends pas les gens, numéro trente-quatre mille deux cent cinquante-six.
Pour info, c'est gay friendly, renseignement sans doute intéressant à Paray-le-Monial.

En route pour la basilique. C'est bizarre, je ne reconnais rien, la topographie n'est pas la bonne: où sont les vallons, la montagne?
Il me faudra un petit moment pour comprendre que lorsque H. a dit «Paray-le-Monial», j'ai visualisé Vézelay. Il y avait quelque chose qui ne collait pas, le nom de l'église ne correspondait pas — mais c'était une gêne inconsciente, indéfinie. Ce n'est que sur place que j'ai compris: le nom aurait dû être Marie-Madeleine.
Bref, je suis à Paray-le-Monial, entre déception (je voulais cette fois prendre le temps d'une visite guidée de Vézelay) et curiosité (je ne suis jamais venue à Paray-le-Monial). Je pense que ce qui m'a trompée, c'est de partir de Bourges et non de Paris. Tous mes repères sont faux de deux cents kilomètres trop au nord.

Qu'à cela ne tienne. Visite de la ville en attendant la fin de la messe. Nous avons l'œil critique de visiteurs à la recherche d'idées pour leur propre ville (les élections municipales ne sont pas loin). Nous sommes impressionnés par un raffinement de détails comme des panneaux cloués au sol à l'horizontale (eau non potable, interdit de monter sur la balustrade) et non à la verticale sur un poteau, des boîtes aux lettres basses pour ne pas dépasser des murets, d'immenses jeux d'enfants à l'ombre — et de façon générale par la gestion de l'afflux des pélerins (en même temps, il est plus facile de gérer des cathos en pélerinage que les participants d'une rave party). Nous contemplons les places (qu'est-ce qu'une place sans fontaine?), le pavage, la propreté. Je me rends compte que la saleté de mon quartier parisien me pèse, je m'extasie devant la moindre rue nette. Plus tard je vérifierai le nom du maire: un LR bien LR, contre le mariage gay, à l'origine de plusieurs scandales de crèches en mairie. Mais enfin, maire de Paray-le-Monial, what did you expect?

Visite de l'église, aussi sobre à l'intérieur qu'à l'extérieur. Si vous le souhaitez, vous pouvez participer au finacement de l'orgue.

Pas de repas, petit déjeuner trop tardif, mais ce genre de décision innocente pour tous a des conséquences pour un diabétique. Direction le monastère de Brou, traversée de la Bourgogne puis de la vallée du Rhône. Cette destination aurait dû entrainer une visite à ma sœur (je ne suis pas allée chez elle depuis vingt-cinq ans — elle est venue chez moi il y a vingt ans) mais elle n'est pas chez elle.

Nous visitons le monastère de Brou pressés par le temps car nous avons cru comprendre qu'il fermait ses portes à 17h30; en réalité nous aurions pu rester une demi-heure de plus. Je suis tombée amoureuse de Marguerite d'Autriche (quelle femme! quel destin!); je regrette de ne pas avoir photographié son arbre généaloqique (c'était compliqué: un mur entier, il fallait du recul, il y avait des visiteurs).
En revanche, avec malice et en songeant à un certain nombre d'amis, j'ai photographié les sculptures disposées dans le cloître et leur présentation (LTM, Lingua Tertii Millennii).

Jérémy Gobé, Antropocène, Témoins Jérémy Gobé, Antropocène, Témoins Jérémy Gobé, Antropocène, Témoins


Une exposition présente une série de peintures hollandaises sur Dymphne, une sainte dont je n'avais jamais entendu parler. Elle est une source du conte Peau d'Âne dont je me rends compte que j'avais occulté la dimension incestueuse du début — sans doute parce que j'ai entendu le conte bien avant d'avoir une notion de sexualité.

Nous réservons pour le soir une chambre à Dolomieu, loin des axes fréquentés.

Papal

Déjeuner chez mes parents, nous prenons notre temps, et donc arrivée tardive chez ma tante aux environs de Bourges. Conversation à bâtons rompus dont je retiens cet élément essentiel: il est possible que je sois apparentée au pape (nananère, bique bisque bisque rage, et pas vous), nous avions une cousine éloignée qui s'appelait Prévost.

les origines bérichonnes du pape Léon XIV


(Rappel : vous pouvez ouvrir la photo dans un onglet à part pour l'agrandir à votre aise.)
Ma tante paraît embarassée par mon enthousiasme et tente de le modérer: « Prévost, c'est très commun; c'est très peu probable.» Mais rien à faire, ça me fait rire, le pape est mon cousin.

Nous repartons vite, très vite, trop vite; nous devons être à Paray-le-Monial ce soir. J'ai honte, elle est seule, elle et sa sœur sont malades de solitude. Entre l'anniversaire sans bougie d'hier et cette fuite, je suis extrêmement mal à l'aise.

Campagne de France, champs militaires, nous dînons à Decize près d'un bras mort de la Loire et arrivons dans la nuit à Paray-le-Monial. J'ai repris le podcast sur Higelin que j'avais écouté en allant à l'enterrement de Didier. Je veux le faire découvrir à Hervé. Il y a des passages entiers que je n'ai pas entendu la première fois, sans doute à cause de mes passagers blablacar.
Les billets et commentaires du blog Alice du fromage sont utilisables sous licence Creatives Commons : citation de la source, pas d'utilisation commerciale ni de modification.