Billets qui ont '2019-08-06' comme date.

Projets de jardin

Six heures du matin. Il fait frais. Je n'ai pas écrit ici depuis deux mois, depuis la fin de mon arrêt maladie (et pas beaucoup la dernière semaine de celui-ci, si je me souviens bien). Je vais tenter de combler les vides.
Il fait frais, il fait gris comme toute aube. Je devrais sortir pour arroser. Il y a beaucoup de travail au jardin: les roses à couper, les arbustes morts à évacuer. Même les framboisiers et le romarin ont des branches sèches.

Notre if malade sera coupé à l'automne. Je ne pense pas le remplacer (à moins d’un sorbier des oiseaux?) mais plutôt tenter une pergola sur la terrasse, ce qui ne sera possible qu'après avoir repeint la façade. Glycine ou bignone? Pas de jasmin ou de chèvrefeuille hélas, trop de risque d’allergie au parfum.
Comme il faut le temps que les plantes poussent, il faudra absolument s’occuper de la façade au printemps, pour ne pas perdre un an.

Je voudrais aussi planter des plantes pour insectes et oiseaux. Je mets le lien ici, pour mémoire.
Dix plantes recommandées: tournesol (helianthus sp.), digitale (digitalis sp.), thym (thymus sp.), lavande (lavendula sp.), chèvrefeuille (lonicera sp.), sorbier des oiseleurs (sorbus aucuparia), sédum remarquable (sedum spectabile), buisson ardent (pyracantha sp.), vinette (berberis sp.), salicaire commune (lythrum salicaria).

Il faudrait aussi que j’écrive les dernières cartes «de Bretagne» (après tout, cela ne fait guère qu’une semaine que nous sommes rentrés...) Il faut, il faut, il faut. Je n’aime pas ce verbe.

Journée en famille

Il s'agissait de fêter avec quelques jours d'avance l'anniversaire de mon père (mais comme en janvier pour celui de ma mère, nous n'avons pas pris de photos de groupe : dommage. Il faut que j'y pense la prochaine fois).
Ma soeur est arrivée vers midi avec sa benjamine, il ne manquait que A. et mon autre nièce. C. était présent avec "son pacs" (ma bru! les mots féminins en u prennent un e sauf bru, glu, tribu, vertu. Quel mot mystérieux appris grâce à M. Bled en CM1 ou CM2. Enfin je peux m'en servir).

Conversation générale et bruyante (le salon fait écho, il faudrait un tapis plus épais), c'était fun. "Ma bru" a des origines polonaises, du côté des lacs de Mazurie, justement. Sa famille parle bien le français car elle a vécu… au Cameroun. C'est inattendu et me fait penser à un article de La mer dans une goutte d'eau.

Incompréhension

Au cours d'une conversation, j’apprends que si je n’ai pas eu de nouvelles pendant cinq jours fin avril, ce n’est pas qu’il y avait des problèmes de connexion internet, mais que comme j’ai répondu «n’envoie plus de photos» à un mail qui disait «j’ai eu beaucoup de mal à envoyer cette photo» (sous-entendu de ma part: ce n’est pas grave, facilite-toi la vie, raconte-moi sans photo), maman (vexée ou à court d’idées ou à court de temps?) n’a plus envoyé de mail.
Cette courte anecdote est l’allégorie parfaite de cinquante ans de relations. (Je ne sais pas bien si j’ai envie de rire ou pleurer. Envie de secouer la tête, désabusée: irrattrapable).


Suite trois jours plus tard : H. et O. me disent que ma réponse («n'envoie plus de photos») hors contexte était agressive. Cela m'a fait de la peine, mais également paniquée, car je sais que j'agresse les gens sans le vouloir.
Je suis donc retournée voir les mails reçus et envoyés.

Celui que ma mère m'a envoyé et qu'elle a résumé par «j'ai eu beaucoup de mal à envoyer cette photo»:
Que t’envoyer tu tu connais déjà tout! (accompagné de quatre photos de Berlin)
Ma réponse qu'elle a traduite par «tu m'as dit de ne plus envoyer de photos»:
Tu n’es pas obligée d’envoyer des photos, donne des impressions de voyage : est-ce que papa a mal au dos, est-ce que vous êtes fatigués, de bonne humeur, bougons?

Que pensez-vous de la cuisine (Olivier: « ce n’est pas que ce soit mauvais, mais ce n’est pas varié » ), du petit déjeuner, des boissons ?

Le poisson est souvent une bonne option. J’aime bien les Currywürst, mais c’est personnel ! Il font de bonnes choses avec les lentilles.

Bises

Retour de Pologne

Visite chez ou à mes parents. J’avais comme résolution d’y aller tous les mois ou tous les deux mois; j’ai mis du temps à comprendre qu’avec les entraînements d’aviron ce n’était pas possible et qu’il fallait que je pose des jours pour ce faire (d’où la tentative avortée ici).
Bref, je n’y suis pas allée depuis leur voyage en Pologne au printemps.

Maman me raconte les visites à la famille, je me perds un peu mais je comprends que la cousine venue en France est fâchée avec une partie des tantes et cousines et que mes parents se sont trouvés dans la situation délicate et non préméditée de l’entraîner chez des gens auxquels elle n’avait pas parlé depuis des années; brouilles à base de «il est venu chez moi et pas chez toi; il t’a salué et pas moi», tous ces milliers de signes qui interprétés défavorablement (et parfois à juste titre — mais pas toujours) font les brouilles les plus cimentées.

Elle me montre des objets et me raconte l’origine de leur acquisition et je pense au début de Cent ans de solitude: «tu devrais écrire ces histoires et les mettre en étiquette aux objets pour que tout cela ne soit pas oublié» — mais je ne suis pas sûre qu’elle m’ait prise au sérieux alors que je l’étais.

Elle me montre une impressionnante photo d’eux deux devant un chêne: le tronc est si large qu’il déborde de chaque côté (un mètre vingt de diamètre?), on dirait un séquoia. Elle me donne une autre version de «les Polonais coupent la forêt primaire» que j’ai rencontrée sur internet: les conifères (certains conifères) sont malades, araignées rouges, les Polonais souhaitent les couper pour stopper l'infestation mais on le leur interdit, ce qui fait que la maladie gagne. Où est la vérité? Sans doute un peu des deux, je suppose.

Papa est remonté à bloc et prépare déjà un prochain voyage: Gdansk, les lacs de Maurice, la Lituanie, Saint-Pétesbourg («mais c’est loin». Oui certes, pour ma part je n’envisage pas ça en partant de la maison, mais de Varsovie en louant une voiture), il déborde d’idées. Dommage que nous n’ayons pas la même façon d’envisager la vie et qu’il nous soit donc impossible de voyager ensemble, car ce programme m’enchante.

Urgences

Lorsque je rentre du marché, H. est en train de m’attendre: «je crois que j’ai une nouvelle crise. Je reconnais bien la douleur».
Colliques néphrétiques.

Difficile d’évaluer la douleur quand c’est un autre qui la ressent, donc difficile d’évaluer la gravité de la situation.
Est-ce que j’annule la visite à mes parents, est-ce qu’il vient avec moi? Les trépidations de la voiture pourrait aider à faire descendre le caillou, mais je ne me vois pas conduire avec H. hurlant de douleur à mes côtés (la douleur des autres me fait paniquer. L’impuissance me fait paniquer.) Je ne tiens pas non plus à partir seule et à le laisser à la maison dans cet état.
Urgences ou pas urgences? Ce qui plaide contre, c’est qu’ils ne feront pas grand chose un dimanche — à part donner des anti-douleurs — ce qui plaide pour, c’est le risque d’infection, surtout par une telle chaleur (déshydratation par peur de boire par peur d’avoir mal).

En fin d’après-midi H. craque: j’appelle mes parents pour décommander ma venue et nous partons aux urgences.

Dimanche soir. Pas trop de monde. La clim est si froide que les gens s’en éloignent au maximum. Nous rentrons avec une ordonnance pour un scanner le lendemain.
Les billets et commentaires du blog Alice du fromage sont utilisables sous licence Creatives Commons : citation de la source, pas d'utilisation commerciale ni de modification.