Billets qui ont 'Skot' comme nom propre.

Journée fructueuse

Sk†ns m'a appris comment entretenir mes DocMartens.

Bbk

Partie à l'heure où je devais arriver. Accident, bouchon, place de parking introuvable.
Fièvre.
Heureusement la pluie menace. Ce bbk sans pluie menaçante trahirait la tradition.

— Alors, quand est-ce qu'il meurt?
— Normalement en décembre.
— Oh mais c'est loin!
— Ça peut être beaucoup plus long: appel, cassation, cour européenne, ça peut durer cinq ans.

Cigare, gaspacho dans mon verre de vin, puis vin dans mon verre de gaspacho. Les assiettes et les couverts sont en bois, on progresse. V. de plus en plus bleue et dorée, merveilleuse.

— Tu as un blog? (Je me force, j'ai pensé: «Vous avez un blog?» Mais déjà que je me fais remarquer à tendre la main aux hommes que je ne connais pas...)
— Non, mais je vais en avoir un, et il sera génial.
WTF ??

Cerisy. David Bellos. Le bleu dans l'impressionnisme.

— P. n'est pas là?
Insistance déplacée de ma part. Mea culpa.

Je ne sais pas où est passé le temps. Quatre heures du matin, entassés dans la voiture, Pigalle animée, pont de Saint Cloud, Voulzy (depuis je chante les Nuits sans Kim Wilde), Guy Marchand. Inattendu.
Le ciel blanchit.
Je rentre au radar. Drame de l'inquiétude.
Je dors. Ce n'est pas moi qui irai à Austerlitz.

Samedi

Ange sur portail noir graffité à l'angle de la rue des Prés et de la rue du Moulinet.





Un magasin consacré au tennis de table 6 rue du Moulinet, quelque chose de l'antre de M. Ollivander. Dans une niche, deux ampoules rouges illuminent un bouddha. Epaisseur de plaques en dixièmes de millimètre, stockage d'énergie, «vous tapez un peu fort ou tout le temps fort?», j'écoute en me disant que celui qui ne sait pas décrire ce qu'il ressent et ce qu'il cherche ne peut pas jouer au ping-pong.

Un thé à la mosquée, je traîne H. jusque devant le château du jardin des Plantes pour qu'il voit carte géologique : «Oh, la carte BRGM! C'est la première que nous ayons faite sur Dry! Il faut vingt-sept vraies couleurs ''(NDB: au lieu de la quadichromie habituelle)'' pour l'imprimer et du papier très épais, ça coûte une fortune...» (etc).

Gare de Lyon, nous récupérons C., je les abandonne pour un Vélib et remonte jusqu'à Ménilmontant. Il fait très beau, je fais quelques détours pour privilégier les petites rues, la jeune fille à qui je demande où se trouve le parking de vélib le plus proche de Notre-Dame de la Croix me l'indique en me précisant que je ne dois pas prendre le chemin le plus court car la rue, piétonne et en travaux, est en sens interdit. Je ravale une réponse ironique et remercie.

Barbecue de blogueurs. Je n'en connais pas beaucoup. Enclave tranquille. Enfants. Soleil. Bouteilles. Discussions à bâtons rompus sur tout et n'importe quoi, surtout n'importe quoi.
(Note après réflexion à l'intention de Virginie (si elle parvient jusqu'ici) qui s'exclama rieuse en apprenant l'un de mes pseudos (alors que nous étions parvenues à la conclusion que mon blog "manqu[ait] de chair"): «mais tu es très sexe, alors!» (non-sic, mais à peu près): la chair est dans les commentaires, chez les autres: c'est plus caché, donc plus facile.)
J'ai perdu la notion du temps. Il fait de plus en plus froid.
Je comprends pourquoi en arrivant devant la gare de Lyon: il est 4h20. Je prends le dernier car avant la reprise du trafic du RER.

Je rentre de la gare à pied. Le soleil se lève, il fait tout à fait jour quand j'arrive chez moi. Il est six heures passées quand je me couche.

Un blog vous manque, et tout est dépeuplé

Par curiosité, je lance une recherche sur "G vgvsse" dans Google, et je tombe sur cet aphorisme : «Le bonheur est le premier ennemi du blog.»

Je crois que c'est très vrai, à condition de remplacer "bonheur" par "équilibre": il faut pencher un peu pour tenir un blog, que l'on considère qu'il faut manquer d'équilibre pour tenir un blog ou que le blog permette de trouver un équilibre (voilà qui me rappelle l'opium du peuple... je viens de passer une semaine trop catholique).

L'aphorisme est plus loin corrigé, ou amendé: le couple est un autre ennemi du blog (je ne sais déjà plus si c'est le deuxième ou un ennemi inclassé).
Sur ce point, je crois la relation beaucoup plus perverse. J'ai cru constater que lorsque qu'un blogueur était en couple, l'autre, non blogueur, ne lisait pas. Sauf de temps en temps, par accident, bien sûr. Et bien sûr, il tombait toujours sur les billets qu'il n'était pas censé lire.

Les gens vous trouvent bizarre, il est possible que vous soyez simplement malade

Samedi soir, désir de billet court après une journée fatigante et peu enrichissante (je crois que j'ai mangé trop de chamalows).

Guillaume me fournit donc une idée simple et facile, le test en ligne. J'ai fait celui qu'il proposait, puis le site proposant "quel livre êtes-vous", je n'ai pas pu résisté.
Au total, il me semble qu'il se dessine une certaine cohérence entre les deux tests, une cohérence un peu inquiétante.

Tout cela m'éloigne de la discrétion prônée par Tlön, mais je ne pense pas que mon blog attire beaucoup de marketteurs: que pourraient-ils me vendre? Ce que je cherche n'est pas à vendre.


Quel pays êtes-vous?

You're South Africa!
After almost endless suffering, you've finally freed yourself from the oppression that somehow held you back. Now your diamond in the rough is shining through, and the world can accept you for who you really are. You were trying to show who you were to the world, but they weren't interested in helping you become that until it was almost too late. Suddenly you're a very hopeful person, even if you still have some troubles.

Si je comprends bien, j'ai eu des problèmes, mais je vais mieux.
Je confirme, j'ai eu des problèmes, mais je vais mieux.


Quel livre êtes-vous?

You're Pale Fire!
You're really into poetry and the interpretation thereof. Along the road of life, you have had several identity crises which make it very unclear who you are, let alone how to interpret poetry. You probably came from a foreign country, but then again you seem foreign to everyone in ways unrelated to immigration. Most people think you're quite funny, but maybe you're just sick. Talking to you ends up being much like playing a round of the popular board game Clue.

Evidemment, en voyant apparaître ce titre, j'étais enchantée, mais après lecture du commentaire, je suis un peu embarrassée : ce n'est pas forcément faux, mais n'est-ce pas un peu théâtral et mélodramatique?
Je suis retournée dans le test, j'ai coché des choix différents, pour tester le test. De tous les livres proposés que j'ai réussi à faire sortir de la machine, Pale Fire est de loin mon favori (ce qui est normal, puisque Pale Fire fait partie de mes cinq ou six livres favoris).

Harcèlement sexuel

Je sors du métro, station Madeleine, rue Tronchet.
En arrivant en haut des escaliers, je remarque deux jeunes femmes qui s'insurgent, un certain émoi autour de moi, des yeux posés sur moi. Je m'informe:
— Que se passe-t-il?
— Vous n'avez pas vu? Un homme qui regardait sous votre jupe.
Je me retourne. Je vois un dos qui descend l'escalier.
— Celui-là? (Prête à redescendre pour le regarder dans les yeux, histoire de voir. Toujours curieuse de voir les gens en face, leur courage ou leur dérobade.)
— Non, un noir, il s'est presque couché sur les marches.
Je ne comprends pas vraiment, tout cela me paraît improbable (pourquoi moi? ce n'est pas moi que je choisirais pour ce genre de sport), trop bu, pensée lente. Je remarque:
— Il n'a pas dû voir grand chose avec la forme de ma robe.
Je m'éloigne.

C'est drôle, cela m'est indifférent (plus exactement, je m'en fous). Il y a quelques années, j'aurais été furieuse et je me serais sentie humiliée. Aujourd'hui, ce serait plutôt du mépris. Tout ce que j'arrive à faire, c'est à penser à Skot (vous bloguez trop quand…). D'après Zvezdo, c'est un honnête père de famille (Bon. Toutes choses égales par ailleurs, je suppose). Il serait bien attrapé si certains venaient à pratiquer ce qu'il prose voir le 19 juillet.

Et je me dis que cela fait un sujet de billet, rien ne se perd.
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