Alice du fromage

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Billets qui ont '2016-04-07' comme date.

mercredi 6 avril 2016

Rien (encore)

Un conseil d'administration rondement mené. C'était celui de l'arrêté des comptes, j'avais prévenu la commissaire aux comptes que nous avions un pinailleur susceptible de prendre longuement la parole — et puis rien, il avait un train ou un rendez-vous, tout a été plié en deux heures (ce qui respecte la loi expérimentale suivante: tout est à peu près prévisible mais rien ne se passe comme prévu).

J'apprends que l'assemblée générale du 28 juin sera précédée d'une assemblée le 21 juin (tant nous sommes sûrs de ne pas avoir le quorum requis): ç'aurait été gentil de me prévenir, malgré tout, détail, c'est moi qui suis en charge des relations avec la poste (fabrication des enveloppes T), le service courrier (mise sous pli) et l'huissier (réception des votes par correspondance). Et puis il faut trouver une salle (l'enfer est dans les détails). Bon bon bon. Moi qui pensais pour la première fois depuis quatre ans avoir maîtrisé les délais, j'ai désormais une semaine de retard.


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Agenda:
Dans les bonheurs du jour, j'ai commandé des livres (est-ce que ça compte?) (et des draps (au bout de quinze ou vingt ans les nôtres se déchirent spontanément et finissent en chiffon pour les rails d'aviron) et des cartouches, mais ça, ça ne compte pas).
Bon évidemment, j'en achète toujours un peu, mais maintenant (à partir d'il y a quelques jours) je sais que je vais pouvoir les ranger: H. fait réaménager l'ensemble des locaux de bureau que sa boîte vient d'acheter et il va récupérer… des étagères, une bibliothèque, qui part à la casse: Noël!! (Vous me direz que nous aurions pu acheter de nous-mêmes des étagères: oui mais non, car cela aurait été entériné officiellement l'idée que j'achète des livres, alors que je jure mes grands dieux que non, j'ai arrêté. Alors que là, ça tombe du ciel, ce n'est pas du tout pareil. (De ma difficulté à ne pas rire quand on me parle de l'homme rationnel et de la rationalité des choix)).

dimanche 13 mars 2016

Bleu

Peu de monde. Deux yolettes de quatre (ce qui est une anomalie: quatre rameurs plus un barreurs, cela fait cinq. Nous faisons deux yolettes de trois rameurs.)

Il fait encore un peu plus bleu que la semaine dernière.

2016-0313-seine-un-peu-de-bleu.jpg


Je réussis à convaincre tout le monde de voir Merci patron, et donc j'y retourne — je ne vais pas rester seule à la maison —, même si je n'ai pas envie d'éprouver à nouveau le goût amer que laisse le film.

Goûter («On va prendre un pot?») au Café Beaubourg, en face du cinéma. La conversation roule. Le film laisse tout le monde pantois, sauf O., qui n'arrive pas à croire que ce ne soit pas une fiction. Nous googlons le nom de l'homme politique pour le convaincre. Mais je le comprends : l'enchaînement des circonstances est incroyable. Est-ce que l'équipe suivait plusieurs familles et a filmé le cas qui a "pris" (comme une sauce)?
— La seule chose qui me paraît obligatoirement reconstituée, c'est quand Ruffin répond au téléphone: il ne pouvait pas prévoir qu'il allait être appelé justement à ce moment-là. (Et je n'ajoute pas que ces deux moments le filment en train de jouer avec des enfants, symbole d'innocence et de joie. Ce film est très habilement mis en scène.)

En fond sonore, de la techno. Machinalement j'essaie de battre la mesure, je me rends compte que j'y arrive encore moins qu'avant, dans un sens je ne comprends même plus ce que ça veut dire, mon cerveau ne sait pas quel ordre envoyer à mes mains. J'en fais la remarque à voix haute, esquisse un geste maladroit des mains, I., qui me découvre ce handicap, a les yeux qui s'exorbitent d'incrédulité (je crois que le geste de mes mains ne laisse aucun doute sur l'amplitude de mon inaptitude alors que le boum boum de la techno s'élève sans ambiguité). Les autres rient.

La conversation roule sur la musique. Chacun essaie d'expliquer à I. combien je suis nulle (charmant). Elle a du mal à prendre la mesure du phénomène. Je raconte mes années de flûte à bec au collège:
— Je faisais partie du club musique au collège (entre midi et deux: en grande partie pour échapper au froid dans la cour). Je jouais de la flûte alto, une grosse flûte. Je m'entrainais beaucoup, j'était devenue excellente sur la sortie des notes graves, plus jamais un couac, mais c'était horrible, je devais souvent partir la première et j'attendais les autres, j'avais peur qu'on m'entende, je n'arrivais pas à compter les blanches et les rondes.
Je vois O. réaliser quelque chose, ses yeux s'arrondir:
— Mais la flûte alto, c'est elle qui donne le rythme??!
Et il se met à rire, rire, d'un fou rire inextinguible.
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