Billets qui ont 'Magus of the Library' comme oeuvre.

Comme un lundi

Lu le tome 2 de Magus of the Library. C'est plutôt pour enfants (il faut que je me renseigne sur les catégories shonen, etc : il est évident que j'aime un type particulier, mais je n'en connais pas le nom) et plutôt de la fantasy. Les dessins sont très beaux; l'un des thèmes en est la peur de l'étranger (et la conviction que la lecture fait reculer cette peur, ce qui depuis RC me paraît tout à fait illusoire).

Visite de contrôle chez le dentiste. Je commence à soupçonner la surfacturation, mais très intelligemment il ne me fait rien payer («c'est un contrôle, je ne vous prends rien») et me conseille de prendre rendez-vous mais sans me confier à sa secrétaire («prenez rendez-vous dans un mois sur Doctolib»). Je suis désarmée: est-il suprêmement malin (optique commerçante), pense-t-il que c'est à chacun de choisir sa santé (optique libertaire) ou ne pense-t-il rien du tout et se contente-t-il de faire son métier (optique je suis complètement paranoïaque)?

Il va falloir me méfier de mon nouveau patron (ou lui faire tout à fait confiance): il sent les vibes (aura, émanations?). Il a détecté rien qu'à ma tête la déstabilisation subie ce week-end.
— Ça a l'air dur ce matin.
Je ne le connais pas, je ne vais pas lui raconter mes trois derniers jours. Je réponds la première chose qui me passe par la tête, en réalisant en même temps que je parle que je vais me décrédibiliser à tout jamais:
— C'est à cause de ce que je suis en train de lire, j'ai encore la tête ailleurs.
— Ah bon, qu'est-ce que vous lisez?
— Un manga (réponds-je en me sentant parfaitement idiote. A ma grande surprise il paraît amusé et favorablement surpris.)
— Ah bon? Qu'est-ce que c'est ?
Je tire Magus of the Library de mon sac, il regarde.
— Je ne connais pas (ça m'aurait étonné, c'est tout de même très enfantin, plus que je ne l'avais perçu en le feuilletant).

Nous parlons SF. Nous parlons poésie. C'est un amoureux de Michaux.
Bon. Trop beau pour être vrai, que cela cache-t-il comme désillusion à venir?

Succession

Journée chez madame Mère pour signer les papiers de la succession. En tant que pièce rapportée je ne vais pas chez le notaire: je reste à flâner dans la librairie Mau (j'apprends au dos d'une carte postale que c'est le nom de l'un des deux cours d'eau de la ville, le Nau et le Mau), j'achète les tomes 1 et 2 du manga Magus of the Library (avoir traduit le titre en anglais, quel snobisme), des cartes postales, un stylo encre et je fais la sieste vingt minutes à l'hôtel (minuteur vingt-trois minutes).

Le soir nous fêtons les anniversaires de Madame et de mon beau-frère à la brasserie où elle avait ses habitudes avec mon beau-père. Elle reçoit un accueil de reine, ils étaient inquiets de sa longue absence (à quand remonte la dernière fois? cet été? nous l'amenions prendre une glace quand nous avions encore la voiture de mon beau-père, mais c'est bien sûr impossible dans le cabriolet (voilà qui ajoute un critère au choix d'une voiture: qu'elle soit de la bonne hauteur, ni trop haute ni trop basse, pour que Madame puisse s'y asseoir facilement)). Je crois que cet accueil lui a fait plaisir. Je la soupçonne d'être complexée ou intimidée par la grande popularité de mon beau-père.

Nous passons une soirée agréable. La seule difficulté est de ne pas répondre trop vite aux rodomontades de mon beau-frère et ravaler notre humour acidulé. Nous avons fait de nets progrès en ce domaine, ce doit être l'âge.

Mon beauf raccompagne sa mère chez elle. En le voyant l'installer dans la voiture, je me demande comment faisait beau-papa, plus petit et plus frêle à quatre-vints ans passés. Ils venaient tous les jours boire un café, nous a dit le patron. Mon beau-père accomplissait ce travail de force tous les jours? Deux fois par jour? Cela devait être épuisant. Il était épuisé. Comment avons-nous fait pour ne pas le voir? Il nous l'avait dit, nous n'avons pas fait assez attention.

Au moment de me coucher, je découvre que j'ai acheté deux tomes 2 de Magus of the Library.
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