Logiciels

Pointage des comptes du club. Le logiciel de gestion, nommé Givav, a été développé au début des années 2000 par le club d’Angers. C’est une merveille de pragmatisme qui intègre une partie « compta pour les nouilles » très bien faite et une approche réaliste des besoins d’un club de planeurs en terme de suivi, de stats, d’immobilisations. Je suis fan.
C’est malgré tout un peu sport car j’ai été lâchée sur le poste sans aucune formation / information. Heureusement, rien ne paraît irréversible tant que les comptes ne sont pas clôturés. J'ai découvert aujourd'hui comment lettrer les comptes de classe 4. Je respire. Ma terreur, ce sont les bonnes âmes qui veulent m'aider et ne saisissent que la moitié des infos, classe 4 à classe 5 en oubliant les charges, ou 7 à 5 en oubliant qui a payé (je sais que je parle chinois, mais ceux qui comprennent comprennent).

Je continue à travailler avec Claude. J’ai l’impression que cela va être lent et demander un certain investissement — pour que je comprenne ce que je peux lui demander et que j’apprenne la façon de le lui demander. Voilà de quoi m’occuper quelques mois, c’est fun.

AG, de nouveau

Pour la première fois, j'ai dormi au rez-de-chaussée. La température ne descend plus en dessous de 28 degrés, même la nuit. Tout est chaud, le bois est chaud, l'escalier est chaud, le carrelage est tiède.


L'assemblée générale de juin est destinée à présenter les résultats, celle de novembre à voter les cotisations de l’année suivante. Parce que nous nous y sommes pris trop tard pour réserver notre amphithéâtre habituel, nous nous retrouvons à la Maison internationale de Saint François d’Assise. Très bien pour une entité de petite taille, avec une solution originale de traiteur.
Mavrommatis sur le même trottoir, librairie Le Divan en face (est-ce celle de St-Germain-des-Près?).

J’y passe après l’AG. Un jeune homme veut emmener trois livres à Singapour, le libraire lui conseille Simon Leys, le Studio de l'inutilité, le jeune homme est parti sur Les trois Mousquetaires (il compare les éditions, la mise en page). J’écoute le libraire, ses conseils me plaisent, je me demande lesquels je donnerais à sa place. C’est si difficile de viser le bon niveau, de faire envie sans décourager.

Je ne sais pas si c’est la chaleur, mais je me lâche.

Ryszard Kapuscinski, D’une guerre l’autre
Sergueï Dovlatov (celui qui disait que même apocryphe, une citation est significative, on ne prête pas les mêmes actions ou paroles à Dostoïevski qu'à Tolstoï), L’étrangère et La valise
Antonio Lobo Antunes, dictionnaire du langage des fleurs
Karl Kraus, Troisième nuit de Walpurgis
Joseph Kessel, Jugements derniers
Simon Leys, Orwell ou l’horreur de la politique

Absolument en nage durant le cours de pilates, transpirante comme dans un sauna.
Assise dans le train de 19h32. Il ne part pas. Nous l’évacuons. Le 19h44 est supprimé. Le 20h16 part lentement.
Nous avons planifié des « alertes rouges » pour les humains, nous nous inquiétons pour la faune et la flore. Nous n’avions pas prévu que le métal et l’électronique crieraient grâce.

Les Misérables

lecteur des Misérables ligne R


Chapitre Cosette.
C'était mon voisin immédiat, cadrage volé difficile.

J’ai lancé un Save the date pour mes 60 ans. Je veux faire une cousinade à Rodez puisque tous mes cousins vivent autour ou dans l’Aveyron.

Vous assumez pleinement votre côté yang

Cette phrase suffit à vous apprendre que je suis retournée chez ma follingue de coiffeuse.

Puisque ma tante a annulé hier soir tard, j’avais une journée libre sans rien de planifié. Donc:
- ménage (aspirateur serpilière) au rez-de chaussée avant la chaleur (26 degrés). La construction de la terrasse a laissé de la sciure partout et il était devenu impossible de marcher pieds nus sur le carrelage froid, luxe bienvenu en ce moment.
- marché : pastèque, fraises, cerises, myrtilles, framboises, kiwis.
- sieste en attendant que la piscine ouvre (à 11h30)
- piscine. Nagé 600 mètres.
- soudain, sur une impulsion en voyant mes cheveux mouillés pendouillants : «et si j’allais chez le coiffeur?» Réservation sur Planity. Coupe à la Jamie Lee Curtis (assume-t-elle son côté yang?)
- bus pour Fontainebleau et cinéma, Vivaldi et moi. Joli, bien fait, mais un peu creux avec une fin totalement invraisemblable (que peut devenir une jeune fille orpheline seule dans Venise sinon une prostituée?)
- visio pour les premiers cadrages de la campagne présidentielle
- salade pastèque melon féta


H. rentre épuisé: le train n'avait pas de climatisation. «Le conducteur nous a dit que s'il mettait la clim en route, la loco allait cramer. A Moret, ils ont fait évacuer les voyageurs des deux dernières rames1 pour les tasser dans la première, et ils ont climatisé cette seule rame».



Note
1: Les trains se vident pour moitié à Melun, puis encore à Fontainebleau. Il devient dès lors possible de mettre tous les voyageurs dans une seule rame, surtout avec la motivation d'une clim.

Claude-IA, ma nouvelle assistante

Il y a quelques semaines H. m’avait montré un prompt écrit pour obtenir une application de suivi des horaires de son équipe. J’avais été très surprise par la forme: «mais tu écris totalement en langage naturel, tu ne fais pas des points avec des phrases raccourcies?».

Donc aujourd’hui, j’ai essayé.
Je suis conquise : enfin quelqu’un à qui je peux expliquer le contexte et le but à atteindre sans qu’il meure d’ennui, avant de lui fournir les éléments à utiliser pour la réponse. C’est comme avoir un ou une secrétaire qui comprendrait parfaitement vos besoins.
En deux minutes, Claude m'a fourni un texte à rédiger selon des contraintes précises. J’ai changé un titre de paragraphe et viré une phrase. J’ai gagné une après-midi de boulot, mais surtout, une après-midi d’ennui, car tout cela m’ennuie profondément : écrire des articles, des présentations, des procédures, mettre en forme, m’ennuie profondément, sans compter que je n’ai jamais été réellement formée sur Power Point et que je tâtonne beaucoup.

Adoptée, donc (oui, féminin, une IA). Je brûle de la tester davantage. Cela suppose deux choses : savoir exactement ce que l’on veut (le retour des plans ou des expressions de besoin détaillés), relire avec soin pour vérifier, améliorer ou censurer.

J’utilise la version gratuite de Claude.
La limite, d’après H, c’est qu’au bout de quelques questions/réponses, Claude arrête: il faut attendre 4 heures ou payer (comme Candycrush, en somme). «Puis quand tu reprends, elle a tout oublié, il faut tout recommencer».

Trois heures entre 2000 et 3000 mètres

9h15 : Matthieu passe me chercher et pour une fois accepte un café. Discussion sur la cybersécurité.
9H45 : Club. 28 degrés dans la salle de parachute. Début du pliage du dernier Spekon. Gaby passe la tête (c’est un plieur instructeur en poste à l’étranger toute l’année, donc indisponible pour le club) et nous donne des repères utiles: «ici, ça doit arriver au ras du changement de couleur, tandis que là, c’est dedans, avec les coutures qui font un bourrelet».

A table, discussion: il n’existe pas véritablement de normes de pliage pour les parachutes de sauvetage. La législation est confuse, les instructeurs délivrent des numéros de plieurs qui ne sont pas nationaux — mais il n’y a pas de registre national. Depuis quelques années, le parachute n’est plus obligatoire en planeur. La question devient donc : vaut-il mieux pour un club ne pas avoir de parachute qu’en mettre un au risque qu’en cas d’accident, on vous reproche qu’il soit mal plié ou plus aux normes?

En piste. Ma voisine fait un baptême, son époux n’est pas rassuré. J’espère qu’elle va s’inscrire.

Il fait si chaud qu’à deux reprises, il faut laisser refroidir le moteur de l'avion remorqueur. Je foire mon remorqué (ça faisait longtemps que ça ne m’était pas arrivé) et je me déconcentre à l’atterrissage. Ça m’agace.
Entre les deux, beau vol, trois heures entre 2000 et 3000 mètres. J’aurais dû emmener de l’eau et quelque chose à manger; vers la fin je me suis réveillée en sursaut à deux reprises. Epuisement insidieux dû à la chaleur, d'où mon atterrissage loupé, aussi. (Enfin, un peu loupé, je veux dire qu'il n'était pas suffisamment dans la norme pour que je sois "relâchée" (solo), ce qui est mon but).

Le radio-réveil s'est mis en grève quelque part dans la journée et indique fixement 8h08 — il fait trop chaud. Je le débranche. J'espère qu'il rescussitera quand il fera meilleur: il a plus de quarante ans, c'est le plus vieil appareil électronique de la maison, j'y suis attachée.

radio-réveil en PLS

Soir. Cette nuit devrait être la dernière où la température baisse; on nous annonce une canicule pour les jours à venir (ie, une température qui ne descend plus la nuit).

Télétravail à temps partiel

Marché à neuf heures (pastèque, tomates, fraises, pad thaï au poulet), piscine à midi. Impossible de retrouver mon pince-nez et mon bonnet (mais qu’est-ce que j’en ai fait, il n’y a pourtant pas beaucoup d’endroits où ils peuvent être. Avais-je constitué un « sac de piscine »? Ou sont-ils en vrac dans un tiroir?); donc j’en rachète à trois et quatre euros au distributeur de la piscine (ces prix me laisseront toujours stupéfaite). Les horaires d'ouverture ont été étendus sans interruption jusqu’à huit heures (au lieu d’une coupure entre deux et six heures). Il faut bien occuper les enfants, beaucoup d’écoles sont fermées.
Je nage une demi-heure et je rentre.

L’après-midi je m’installe au rez-de-chaussée pour travailler.

Le soir, nous avions l’intention, Matthieu et moi, de plier le dernier parachute. Il habite plus loin du club que moi, je lui envoie un sms: «veux-tu que j’aille faire un tour au club à 16:30 pour aérer? La limite pour plier est 30 degrés. Inutile que tu fasses des km si les conditions ne sont pas réunies.»
Comme je l'anticipais, impossible de plier: 32 degrés et 20% d’humidité dans la salle de pliage.

Cependant je ne suis pas passée au club pour rien. Je suis interpelée de toutes parts pour des problèmes de compta et d’organisation d’un événement en juillet. Je distribue par ailleurs des affiches «Ça plane pour elles», une tentative de la fédération de motiver le public féminin.
Bref, je m’occupe et ne vois pas le temps passer. Quand je rentre, H. fait la tête. Mon absence n’est qu’un prétexte: en réalité, je finis par démêler que suite à une mauvaise manip, il a perdu une partie de son travail de l’après-midi.

Rien

J'essaie périodiquement de prendre la bonne résolution d'écrire régulièrement dans ce blog, mais aujourd'hui pas grand chose à dire. En semaine pas grand chose à dire.

Regardé la saison 2 de Meurtres Zen. Episodes 4 et 8 hilarants dans leur façon de se moquer des écolos bobos.
Commencé 1983, dystopsie polonaise. Je n'y comprends rien.

Dimanche

- détartrage du fer inachevé (je le note car c'est un processus assez long au ocurs duquel j'ai commencé à brûler un torchon en lin — lin brut, héritage familial)
- car interrompue par des questions sur mon autre blog. J'avais dit à H. que je comptais le remettre en ligne en utilisant de l'IA ou une IA. Il s'est emparé de l'idée, a récupéré/sauvegardé la base de données en perdition et maintenant me pose des questions sur mes tags et catégories avant d'écrire ses prompts. Cinq ans après, je ne sais plus ce que j'ai fait. Surtout, je sais que je ne pourrai pas écrire sur RC avant vingt ans au moins, et que probablement alors mon cerveau sera de la sauce blanche, donc que tout cela est un peu vain. Essayons malgré tout.
- retrouvé des docs d'organisation de mon assoc d'aviron pour les utiliser pour l'assoc de planeur. Ces pilotes si rigoureux quand il s'agit de leurs machines sont totalement désorganisés pour la vie du club. Ils n'écrivent rien, n'archivent rien, n'ont aucune procédure, recommencent tout chaque année et perdent beaucoup de temps. Nous décidons à deux au téléphone des tarifs de concours, sans validation par l'ensemble du codir. Pour moi c'est lunaire. Le bilan dépasse tout de même les cinq cent mille euros (valeur des immobilisations).
- déplié cinq parachutes pour les mettre à sécher. Pliage prévu le week-end prochain.
- H. m'a déclaré qu'il continuerait le tai-chi quand il serait à la retraite car il ne veut pas gâcher ses grasses matinées. Je suis déçue car cela semblait avoir un profond effet sur lui (même si je ne sais pas lequel) et je comptais sur cela pour retarder son arthrose du dos. S'il laisse tomber, je vais y aller le mercredi soir de façon à libérer mes samedis pour voler, car c'est compliqué de faire tenir tai-chi et planeur et le reste en deux jours de week-end.

Meeting

Déjeuné avec une militante dont la naïveté à 33 ans m'effare. Elle est charmante, elle est marrante, elle vit au-dessus de chez ses parents dans un appartement appartenant à ses parents dans un bourg perdu de Seine-et-Marne. Ses parents vont me détester, je lui ai dit de s'échapper au plus vite de ce piège («reste ici, ça te fait des économies»). Celui-ci est déjà suffisamment refermé pour qu'ils ne supportent pas son absence deux ou trois semaines si elle part en vacances sans eux (ce fut le cas l'année dernière, mais pas cette année). Pendant ce temps, ils ont laissé le deux pièces de Melun à son frère, «il est bien moins installé que toi».
— Mais tu vas faire comment si tu ramènes un copain?
— Ah oui, c'est un problème.

Meeting de lancement de campagne de Gabriel Attal. A mon sens c'est un peu tôt. Il nomme clairement ses deux adversaires: RN et LFI. Je suis très satisfaite qu'il ne se contente pas de périphrases en essayant de ne déplaire à personne ou de plaire à tout le monde. On s'en fout de plaire à tout le monde, il s'agit de rassembler ceux qui pensent (à peu près, on ne sera jamais d'accord sur tout) comme nous.
4 priorités : école (et excellence); travail (et un salaire qui permet de vivre, pas de survivre); frontières (et Europe, immigration); IA (et innovation, recherche, avenir).
2 dettes à résorber : dette publique (relancer la productivité); dette écologique (économie et écologie doivent marcher de pair)
Une réforme en profondeur des retraites avec 1000 euros placés à chaque naissance pour la retraite plus de 60 ans plus tard et un mandat donné aux partenaires sociaux pour gérer, à l'image de ce qui existe pour les retraites complémentaires.

Je pensais rentrer dans des rues désertées pour cause de foot mais Paris, les métros, débordent malgré la chaleur. Dans le train, un garçonnet de quatre ans fait un bruit épouvantable tout le trajet — il joue, il s'amuse, il rit, rien de désagréable, mais qu'il est bruyant!

Pendant ce temps, H. et les ouvriers ont totalement démonté la terrasse.

travaux


Ce soir le PSG a gagné pour la deuxième année consécutive la ligue des champions.

Premier vol

Vu le chat qu'il ne faut pas laisser entrer. Il dort toute la journée sur une chaise dédiée.



(En réalité la règle n'est pas si stricte: il s'agit simplement de ne pas le laisser seul dans la cuisine pour ne pas qu'il vole. Commentaire de H.:«tout le monde vole, chez toi».)

Le dimanche, il n'y a pas réellement d'activité sur la base (les salariés sont absents), mais il y a toujours un chef pilote, de jeunes remorqueurs et la demoiselle de la tour de contrôle (demoiselle très demoiselle: une vingtaine d'années, sans doute en stage ou service civique).

Routine : briefing à 9h45, («à quelle heure voulez-vous décoller?»), préparation des machines, déjeuner, vol, nettoyage des machines, dîner, retour aux chambres.

Les prévisions météo sont si mauvaises que nous décidons de voler aujourd'hui, pour les nouveaux arrivants (Matthieu et moi) aient volé au moins une fois cette semaine (encourageant). Vol d'environ deux heures vers le lac de Sainte-Croix. Yves qui pilote (commandant de bord: c'est lui le responsable du vol puisque je ne suis pas brevetée) est inquiet: «tu n'es pas malade? Tu as fait des longs vols depuis le début de la saison?»
Matthieu vole ensuite avec Yves. Michel ronge son frein: comme il n'est «lâché montagne » que tout récemment et qu'il n'y a pas d'instructeur dans notre groupe pour le superviser, il ne peut pas voler en solo. Il restera au sol aujourd'hui.

Noël (pilote instructeur) arrive demain. Vu la météo, je me demande si cela vaut la peine qu'il se déplace (deux à trois heures de route).
Le soir, repas dans une pizzéria. L'ambiance est au beau fixe, pluie ou pas: en planeur, la météo fait partie des risques, nous l'acceptons avec philosophie.

Descente vers Saint-Auban

Impression d'une étiquette de colis postal dans le but d'envoyer un paquet durant cette semaine.
Valise en reprenant mes notes de l'année dernière (heureusement, sinon j'aurais emmené moins de tee-shirts, plus de pulls). J'emmène des Country store (céréales de Kellogs) que j'ai commandées sur Amazon car introuvables en magasin et un litre de lait.
Matthieu passe me prendre à dix heures et nous roulons toute la journée. Il fait gris.
Cette année nous ne descendons pas à Sisteron mais à Saint-Auban, au centre national de vol en planeur. C'est plus officiel, moins amical, mais sans doute mieux pour progresser.

Courses dès notre arrivée. Six bouteilles de coca d'un demi-litre (souvenir du ski) et trois pots de nooddles.
Affichette sur la porte du bâtiment : ne pas faire entrer le chat (mais nul chat à l'horizon). Chambre telle une chambre de Cité U. Blanche, propre, tranquille.
Pastis et couscous à l'Aérodyne, le restaurant de l'aérodrome. Pas de bol, il sera fermé toute la semaine, non pour partir en vacances, mais pour travailler tranquille (ranger, récurer, faire l'administratif).
La semaine s'annonce mal, très pluvieuse. Le stage ne commence officiellement que lundi: ici les instructeurs et administratifs sont salariés et non bénévoles, le rythme de la plateforme est donc inversé. Présentation de l'aérodrome par les pilotes d'Episy qui sont présents depuis une semaine. Saint-Auban est le dernier champ d'aviation de France, c'est-à-dire que c'est un champ, sans piste définie. On décolle sur trois ou quatre bandes en dur, mais on atterrit comme on veut en fonction du vent.

Tard dans la nuit des jeunes alcoolisés jouent aux boules sous la fenêtre. Je regarde une heure de Shoah sur Arte, avec surprise, car je ne reconnais pas le montage (l'ordre des séquences) dont je me souvenais.

Petit nuage

Idem aujourd'hui, à ceci près que le deuxième élève pilote s'est fait peur hier et que je suis la seule à voler. Moins de vent mais toujours pas de nuage, thermique pur.

Trois tours de piste, au deuxième je trouve une première ascendance, puis une seconde, violente. Deux mètres, trois mètres/secondes, elle est irrégulière, le planeur fait le dos rond et renâcle et bondit comme un bronco arcbouté sur ses quatre fers; je le tiens, nous tournons et montons et bondissons; j'entends D derrière moi incrédule qui rit de plaisir. Nous atteignons le plafond, huit cent mètres environ.

D. reprend les fondamentaux, patiemment. Lui ne décale pas le seuil de piste, il tourne comme d'habitude mais oblique pour contrer la dérive due au vent de travers en étape de base. Il essaie de me détourner d'une application mécanique des règles en m'expliquant les objectifs de chaque manœuvre; il veut me rendre plus adaptable, plus réactive. (Suis-je devenue si méfiante envers mes réactions instinctives à cause de toutes les fois où on me les a reprochées, aurais-je été différente à vingt ans?)

J'atterris trois fois de façon potable, pas parfaite mais potable. Je n'ai pas rebondi, ce qui est mon objectif principal (mais l'ennui, c'est que je ne sais pas au moment où je touche si je vais rebondir ou pas. Je n'ai toujours pas compris dans quelle configuration je me trouve).

Ça m'est égal, j'ai le rire de D. dans l'oreille, ce soir je suis piquée, addicte. Je ne pense plus qu'à la prochaine fois.

Bières, anecdotes et figolus.

Pour transformer de tête des nœuds en kilomètres, multipliez par 2 et enlevez dix pour cent:
25 nœuds x2 = 50
10% de 50 => 5
50 - 5 = 45 km/h environ
(Dans l'autre sens, km/h en nœuds, il suffit de diviser par deux.)

La météo promettait d'être belle donc j'ai posé deux jours pour voler.
Le problème, c'est qu'il y avait un vent à décorner les bœufs. Briefing très intéressant, avec la carte de météoFrance annonçant du sable et des révisions:
— De combien décale-t-on le point d'aboutissement (la construction du tour de piste) en cas de vent?
— 100 m pour 10 nœuds de vent.

— De combien est décalé le seuil de piste?
Personne ne savait répondre. On a vérifié: deux cents mètres. Jamais je n'aurais imaginé que c'était autant. (Il faut donc décaler le décalage, 150 mètres au-delà du seuil décalé).

Impossible d'aller bien loin, pas d'ascendance. Nous faisons des tours de pistes, je travaille mes atterrissages. Aucune chance d'être relâchée un jour comme celui-ci. Trop dangereux, trop impressionnant.

L'instructeur est pilote d'avion dans la marine. Il vient faire du planeur pendant ses vacances.
— Combien tu embarques de carburant dans ton zinc?
— 16 tonnes.

Discussion sur les jeunes. Moins d'apprentis pilotes, «je n'ai jamais vu le club désert comme ça pendant les vacances de Pâques».
— Voler ne fait plus rêver. Avant on avait huit cents candidats au concours pour entrer dans la marine, maintenant, on en a deux cents. Et ils se barrent au premier week-end d'astreinte pour aller dans le privé.
— Mais il y a aussi des astreintes, dans le privé!?
— Oui, mais ils sont payés double.

C'est le moment où je ne comprends plus. J'ai toujours l'impression que la jeune génération est plus idéaliste que nous, et à la fin, patatras, elle a juste l'air plus pragmatique.

Temps contraint

Réunions à dix heures puis à midi et demie, sans débotter.
Atelier de travail avec un collaborateur sur une méthode de calcul de prestation que nous n'arrivons pas à stabiliser.
Coiffeur.
Je prends une glace chez Raimo et dors dans le train.

Ce billet aurait pu aussi s'intituler: «ma vie passionnante».
J'ai commencé Le manuscrit trouvé à Saragosse, beaucoup plus amusant que je l'imaginais (ou moins ennuyeux que je ne le craignais).

60

Anniversaire. Il y a longtemps, au moins dix-huit mois (pour qu'il ait le temps d'oublier), je lui avais demandé quelle cuisine de chef il souhaitait découvrir. Il m'avait répondu sans hésiter : «Zanoni», totalement inconnu de moi.
Nous avons donc déjeuné au Georges.

J'ai ensuite profité que nous descendions les Champs-Elysées pour le traîner chez Artcurial, où nous avons constaté qu'on pouvait s'offrir un Miró pour le prix d'une voiture. Nous passons un long moment parmi les livres de Jean Bourdel. J'aime venir ici. C'est petit, tranquille, on ne sait jamais ce que l'on va voir. Que ce soit à vendre (et non exposé) permet de rêver.

Disparition d'un mur de livres

Je suis difficile en matière de boîtes à livres. Je redoute le bricolage, les boîtes en bois mal fermées, les livres humides, tordus, désarticulés par le temps passé dans ces endroits malsains.
Alors je choisis des boîtes à livres en intérieur, dans des salles. C'est rare, j'en connais deux: salle d'attente gare d'Austerlitz et hall du cinéma Paradis à Fontainebleau.

A midi j'avais enfin décidé d'aller porter le sac de livres que je stocke dans mon bureau depuis des mois.
Trop tard, la boîte à livres (un mur: des étagères entières) de la gare d'Austerlitz a disparu. La salle d'attente elle-même a disparu. Tout l'ancien Austerlitz a disparu, le hall des billets avec ses fresques, tout est en travaux, bâché, fermé. Cela fait des mois que ça dure. Je remarque un nouvel accès au RER C. Un squelette de zeppelin s'aperçoit derrière les travaux, prendra-t-il chair ou restera-t-il ainsi; des kilomètres de fils, de câbles, courrent le long des murs, la verrière a été dégagée, immense. La dernière fois que je suis venue ici, de nuit, c'était en passe d'être magnifique; l'impression se confirme au soleil.
Photo comme témoignage, Pic or it didn't happen1, pic because it is happening, it happened2, j'aime les photos de travaux, de transition entre deux états.

Travaux gare d'Austerlitz


Je suis les flèches, salle d'attente entre les voies 7 et 14, certes, mais de boîte ou mur de livres, point. Je repars avec mon sac d'une main, One Piece 66 de l'autre. Ce n'est pas pratique, tous les vingt mètres je dois poser le sac pour tourner la page. Je traverse le pont Charles de Gaulle, décide d'aller vérifier si par hasard il n'y aurait pas une boîte dans la salle d'attente grands voyageurs gare de Lyon (me laissera-t-on entrer sans billet?)
Las, elle aussi est fermée pour travaux.
Je rentre au bureau avec mes livres.

Note
1: «Photo ou mytho», traduction proposée sur Reddit, ie, «une photo ou j'y crois pas».
2: Photo parce que c'est en train de se produire, cela s'est produit.

Pince-nez

Télétravail. Matin tôt (7h): promenade jusqu'à Saint Mammès le long du Loing. Il fait bon, une légère brume s'élève au-dessus de l'eau. Je dérange un ou deux canards. Il doit y avoir des nids. La route traverse un chantier naval destiné à la restauration des péniches avant de devenir un chemin. Les bureaux-hangars sont à gauche, le chantier à droite, côté Loing. Il y a toujours une énorme péniche en cale sèche en train d'être repeinte, j'aime beaucoup cet endroit. On passe tout petit le long de la coque en surplomb qui ne paraît tenir en équilibre sur d'énormes tréteaux que par quelques coins. Est-ce vraiment stable? Je rêve. Se reconvertir pour devenir peintre de coque? Trop tard, trop tard.

Je découvre qu'il est désormais interdit d'emprunter la route. Y a-t-il eu un accident? Trop de touristes? Trop d'enfants qui furètent? Les influenceuses qui ont rendu Moret à la mode (trending) en mai dernier sont-elles en train de changer nos vies, nous obliger à mettre des règles adaptées à une foule essentiellement citadine qui n'a aucune conscience du danger?

le Loing en revenant de Saint Mammès


Soir après le boulot (19h): piscine. Il y a longtemps que je voulais y retourner. Nous avons un bassin «nordique», c'est-à-dire un bassin extérieur chauffée par géothermie. Un gigantesque panneau à l'entrée explique que conserver ce bassin chauffé l'hiver ou le vider et le remettre en eau au printemps dépense la même énergie: il a donc été décidé de le conserver toute l'année.
Evidemment, ce qui me plaît, c'est l'idée de nager l'hiver, quand il fait nuit, dans les fumeroles. Evidemment je n'ai pas réussi à m'organiser une seule fois avant le changement d'heure.
Donc aujourd'hui je me suis inscrite et j'ai testé mon pince-nez, suggestion de mon chef tri-athlète pour contrer mon allergie au chlore. Le résultat est mitigé: si je ne nage qu'une fois par semaine, ça devrait passer.

Blanc

Même températures annoncées pour aujourd'hui. Casse-tête des vêtements: avec les deux heures de décalage par rapport au soleil, il fait froid le matin et le soir on cuit. Je farfouille dans les placards et m'habille tout en blanc.

Réunion pour un projet avec un ancien agent général du Gan. Nous évoquons nos souvenirs de vieux combattants de l'assurance. C'est amusant.

Gemma en terrasse le soir. Commenter les tenues des personnes qui passent (bitcher) reste un grand plaisir.

J'ai mal au genou. J'ai mal depuis ma chute en janvier, mais au lieu de s'atténuer, ça empire avec le temps. Ça m'ennuie. Je n'ai pas envie d'aller passer une radio/scanner/IRM pour apprendre finalement qu'on ne peut rien faire et qu'il faut attendre.
Je vais directement continuer d'attendre.

Tolkien

Fini Le Seigneur des anneaux. Même si le chemin, la longue route, m'a paru plus court, et les événements, les guerres, m'ont paru plus rapides (on dirait que les pages sont désormais comme les jours: on se retourne et l'on ne comprend pas bien où elles sont passées, ce qu'il est advenu de leur contenu), j'en ressors avec le même chagrin et le même regret qu'à chaque fois.

Il fait très beau. Je cuis à l'étouffé dans mon bureau.

Les couleurs du printemps

Appris qu'au printemps, les fleurs des bois et des champs fleurissaient dans l'ordre suivant: d'abord les blanches, puis les jaunes, enfin les bleues.

200 kilomètres pour un gigot

Dans la matinée, coup de fil pour prendre des nouvelles d'A. Nous bavardons.
— Papa attend que la tarte à l'orange ait fini de cuire pour mettre le gigot au four. J'aurais dû le laisser faire cuire le gigot en premier, on va manger super tard.
— Avec de la coriandre et beaucoup d'ail?
— Oui, le gigot habituel.
— Ça fait envie.
[Moi, en boutade] — Tu peux venir, si tu veux. Ça fait beaucoup pour deux.
— Je vais réfléchir. J'ai du travail dans le jardin, il faut que j'enlève les branches mortes du tilleul dans l'herbe pour pouvoir tondre, mais je peux venir après.
[Moi, incrédule] — Tu vas faire trois heures de route pour un gigot?

Je n'y croyais pas. Nous n'y croyions pas. Elle est venue.

Des nouvelles de Watson

Watson attendait devant chez le voisin d'en face, celui qui est fan de voitures (il a une Tesla et a remplacé sa Mustang par une Porsche).
Une passante s'est arrêté le caresser, nous avons engagé la conversation.
Watson a dix-neuf ans. Il ne va pas bien. Depuis qu'il a perdu sa maîtresse il y a un an, il refuse de rentrer chez lui. Il squatte chez un ou deux voisins.
J'avais remarqué qu'en un an, il s'était décharné. Je ne l'imaginais pas si vieux. Il est en train de mourir d'ennui et de chagrin. Ses yeux sont voilés, sans doute ne voit-il plus très bien. J'ai le cœur serré.

Journée remplie

A midi, passé récupérer quatre petits Mandelstam magnifiquement reliés. Sophie me donne le reste de la collection des Temps modernes de sa tante. Je lui laisse mes trois tomes du Lord of the Ring. Je n'ai pas eu le temps de terminer le dernier; je le continuerai en français (j'ai les poches à la maison).
Bonne idée d'être passé le midi plutôt que le soir. Je l'invite à la brasserie du coin, nous papotons, comparons l'esprit casanier de nos époux respectifs (et notre bougeotte). Elle me demande si l'aviron me manque: oui pour la lumière, la recherche de la perfection du geste, la suspension entre l'eau et le ciel, non pour l'aspect musculaire, la dépense physique, qui était ce à quoi elle pensait. Nous échangeons sur nos coïncidences, l'art de penser à quelqu'un quelques heures avant d'en avoir des nouvelles. Elle me parle de sa façon de regarder les pendules aux heures doubles (12h12) et moi de celle de me réveiller à 2h22 ou 3h33. (Le faisons-nous réellement, ou ne remarquons-nous que ces heures particulières, soit un biais de perception? Cette deuxième hypothèse reste la plus probable).

Point expérience reliure : ne pas mettre sous presse un livre en braille (le genre de précision qui paraît évidente une fois qu'on l'a énoncée, mais qui résulte d'expériences douloureuses).

Vers six heures glace chez Raimo puis Passion selon Saint Matthieu au TCE. Je suis assise au milieu du rang et dérange tout le monde en m'installant dans les derniers. Mon problème en concert est que je m'endors. Il y a une règle: dès que j'arrête de bouger ou de parler je m'endors (une longue réunion est très difficile à tenir pour moi). Je somnole plus ou moins profondément, avec la terreur de me mettre à ronfler. J'entends donc cette Passion en pointillé et l'aspect lancinant, envoûtant, de la partition n'en est que renforcé. Je suis toujours surprise de la précision avec laquelle le texte suit l'évangile. A l'entracte, mon voisin regrette le choix d'un chœur minimaliste (quatre à douze personnes, selon comment on compte). Pour ma part j'apprécie cette version dépouillée.

Retour en bus. C'était prévu, trois heures de concert n'offre pas d'autre solution. Gare de Lyon, je manque de défaillir de joie et d'admiration: enfin, enfin, ils ont organisé l'accès aux bus, prévu des files, planifié des bus qui vont à Melun et des bus qui ne s'y arrêtent pas, fini la confusion, l'écrasement, la précipitation, la presse, la peur de tomber et celle de monter dans le mauvais bus.
Finalement, il ne leur aura fallu que cinq ans pour y parvenir.

Pas de petit plaisir

Comme j'ai une réunion importante, nous sommes partis tôt et nous petit-déjeunons gare de Lyon (ça permet de réduire le risque de retard dû aux trains).

Nous nous installons à une table, H. se lève et revient avec un gobelet, hilare:
— J'ai eu droit à «Bonne dégustation» pour un verre d'eau.

Le voisin frétille

Cela fait environ un an que nous avons un nouveau voisin. C'est un quinquagénaire solitaire, discret et triste. Nous sommes deux maisons de ville mitoyennes et de l'étage nous avons une vue plongeante sur son minuscule jardin, ou terrasse: espace clos et dallé de six mètre sur quatre, avec un barbecue sur roues et un énorme pot de basilic.

Il y a installé trois vastes parasols ouverts quasi toute l'année. Dessous il fume une partie de la nuit en regardant des films sur sa tablette. Malgré les rideaux occultants, les appliques de sa façade se projettent directement sur le plafond de notre chambre. Nous avons hésité (ne pas se fâcher avec un voisin tout neuf, de bonnes relations de voisinage sont essentielles à une vie heureuse) puis nous lui avons demandé s'il était possible qu'il pense à éteindre sa lumière quand il allait se coucher, ou même, idéalement, qu'il éteigne à minuit, en même temps que l'éclairage municipal, avant ne faisant pas grande différence.
Il s'est excusé et nous a promis de faire attention. Il tient parole.

Ce soir, vers dix heures, H. remarque:
— Tiens, c'est éteint chez le voisin.
— Pas possible, il est peut-être malade ?
— Mais non, je l'ai vu ce matin, il était frétillant.

Télétravail

Journée à faire des petits shémas sur ou avec power point.

Regardé Aniela sur Netflix. J'explore le comique polonais.

Quotidien

Il faut que je m'y remette. Entre les événements dont je crains qu'ils soient identifiés si j'en parle et les jours où il ne se passe rien (ou pas grand chose), j'ai perdu la cadence.
Et écrire est long. J'essaie de dormir plus, ou du moins assez, planeur oblige, donc j'ai moins de temps.

Fini The Two Towers, oublié mes lunettes et passé la journée avec mes lunettes de secours, fait des petits dessins (de jolis graphiques) pour la formation que je dois faire aux administrateurs, formation que j'ai intitulée «La santé en une heure», en référence à Cours de philosophie en six heures un quart de Gombrowicz — mais ça évidemment personne ne le saura, d'autant que la structure du titre n'est pas la même.

L'exposé des exceptions me fascine.

AG 5 - CDOS

Encore une AG, mais non plus entre clubs de planeur de la région, mais entre clubs de sports de toute nature du département. Beaucoup de messieurs habillés en gris avec des cheveux blancs. Je suis invitée (par mon président qui veut que je le remplace à la fin de "l'olympiade." J'aime ce nom d'olympiade).
Je démêle tant bien que mal les présents: les agents territoriaux ou d'Etat (département, éducation nationale), les élus politiques, les élus de clubs et les salariés du comité. Il y a ceux qui gèrent, ceux qui demandent des subventions et ceux qui les distribuent. Je murmure à mon voisin «en fait, nous sommes tous concurrents dans cette salle».

Le cabinet de commissaire aux comptes qui valide les comptes du comité est en train de fusionner avec un cabinet plus gros: «pour prendre en compte les conséquences de l'IA, nous avions besoin d'intégrer une structure plus grande» et je pense que la compta et l'analyse de comptes vont effectivement être mangées par l'IA.

Ça parle de subventions à la baisse (à quoi H. commentera: «tu ne te rends pas compte, il y a quinze ans, c'était une telle gabegie»), de diminution des bénévoles: «quand la génération des boomers aura disparu, nous irons droit vers la privatisation du sport. On y est déjà»). Tous ces gens sont pessimistes. J'ai davantage confiance en la jeunesse (comprendre: plus jeunes que moi). Je ne pense pas que le bénévolat et l'engagement disparaîtront. Ils prendront d'autres formes, nos successeurs inventeront autre chose.

En discutant à la fin de l'AG, je comprends (enfin) une évolution majeure de la société: ma vision du sport — perfection technique et compétition — n'est plus du tout ce qui intéresse les pouvoirs publics. Il faut "bouger" pour être en bonne santé. Il faut "s'hydrater" pour être en bonne santé. Il faut "manger moins" pour être en bonne santé. Bref, il faut faire baisser les coûts de l'Assurance maladie.
Tout cela manque de joie. Ça ne pétille pas beaucoup, Kevin.


Il fait froid. Les arbres sont verts avec dix jours d'avance. Belle journée de planeur, mais AG ou voler, il faut choisir.

Ennemis

Il y avait six listes, quatre ont obtenu plus de dix pour cent des voix et peuvent se présenter au second tour. La répartition est du type 46% pour le maire sortant, 13%, 12%, 12%, 9% et 7%.
Si les opposants au maire sortant souhaitaient réellement s'en débarrasser, ils s'uniraient contre lui (c'est ce que nous faisions à Yerres contre Dupont-Aignan (c'est ce que nous faisions à Yerres, sauf LFI évidemment)). Cela suppose de ne pas s'être insultés dans les semaines précédentes, au moins entre candidats fréquentables (le spectre de la social-démocratie).

Il faut se décider vite, très vite: les résultats sont tombés dimanche vers dix heures, les listes du second tour devaient être déclarées en préfecture ce soir avant cinq heures. Aux élections auxquelles j'ai participé, Dupont-Aignan était élu au premier tour. Je n'avais pas eu l'expérience de la rapidité avec laquelle il fallait se décider à faire alliance avec les opposants de la veille: trente-six heures pour décider de fusionner, trouver avec qui fusionner, décider comment fusionner (qui reste tête de liste, comment se répartissent les sièges suivants, qui accepte (est soulagé) de quitter la liste fusionnée).
Il faut faire les tracts, concevoir les documents «de propagande» (terme officiel: bulletins, profession de foi) et les présenter devant la commission électorale de la préfecture qui les accepte ou les refuse.

La question ne s'est pas réellement posé car le dogmatisme a prévalu. Mon candidat centriste étant considéré comme d'extrême-droite, il a été repoussé avec horreur. Les deux autres, aveuglés par leurs egos, ont été incapables de s'entendre. Cela a d'ailleurs donné lieu entre militants à des passes d'armes assez comiques sur FB ou ailleurs. Comique mais pas très sérieux: cela ne laisse aucun doute sur le fait que l'intérêt des citoyens est secondaire. Pas étonnant que les gens ne se déplacent plus pour voter pour de tels guignols. Même si c'était très amusant, j'espère que peu de personnes l'ont lu.
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