Buchholz-Houffalize
Par Alice, dimanche 19 juillet 2026 à 22:07 :: 2026
Cette dérive/mutation paraît toucher tous les pays occidentaux, puisqu'il y a quelques semaines j'ai commencé une série japonaise sur le même thème.
Le discours indigné et la déploration font très réactionnaires, mais j'ai du mal à voir à quoi tout cela va aboutir, surtout si l'IA et la robotisation s'en mêlent. («Je ne suis tout l'inverse d'une intelligence artificielle: un crétin naturel.»)
Valise, embrassades, départ.
Vers Brême hors autoroute, il fait frais. Toujours les mêmes arbres magnifiques. Dimanche, tout est calme, vide.
Arrêt à Brême. Nous partons à la recherche de la statue des animaux musiciens et tombons par hasard sur le quartier de la Bötterstraße qui date des années 20 et a été détruit pendant la guerre et reconstruit dans les années 50. Je me rends compte que je connais Paula Becker: j'avais lu sa biographie par Marie Darrieussecq (Être ici est une splendeur).
Déjeuner dans la brasserie (au sens littéral) locale. Dernier Lillet fruits des bois et première (et dernière) Schnitzel des vacances.
Trois variations sur les musiciens de Brême.

Autoroute. Je dors. Travaux et vitesse, successivement, incessamment. Nous changeons de conducteur. Travaux et vitesse, successivement, incessamment. Le paysage change, moins de forêts et peu à peu de l'herbe jaune, desséchée, sur les bas côtés.
Aachen, Aix-la-Chapelle. Il faut trouver une boîte aux lettres pour les trois dernières cartes timbrées avec des timbres allemands. Nous tapons Eiscafee dans Waze et nous nous retrouvons dans un quartier résidentiel, sans une place pour se garer: un glacier, ici? Waze a dû se tromper.
Et non, dans ce quartier tranquille, à l'angle d'une rue, se trouve le Panorama Eiscafee ouvert le dimanche, accueillant un flot ininterrompu d'habitués de tous âges qui viennent chercher leur glace ou leur x-ième glace de la journée (de ce que nous comprenons des conversations). Nous faisons sensation, on nous regarde à la dérobée jusqu'à ce que la serveuse craque et nous demande d'où nous venons (Paris ou Hambourg, que répondre?).
Dernière coupe de glace, adieu à l'Allemagne.
Deuxième sensation quand nous demandons où se trouve la boîte aux lettres la plus proche. Le propriétaire, qui quoi qu'il en soit, n'a pas la réponse, parle «portugais et un peu allemand», les serveuses, allemand. Une cliente se dévoue, parlons-nous anglais? J'ai une illumination: «anglais et français». «Je vais essayer en français», répond-elle.
Ses explications sont parfaites et nous postons nos cartes.
Nous quittons l'autoroute, abordons les Ardennes belges. A vue dœil, un bouleau sur dix est jaune. H. passionné par la seconde guerre mondiale veut voir Bastogne. Par Booking, je nous trouve un hôtel à Houffalize. (Ce n'était pas mon préféré, mais c'est le mieux situé par rapport à notre trajet).
Petite route parmi la forêt au flanc d'une colline:
— Je ne vois pas comment on peut se croiser ici, entre le rocher et le trottoir de vingt centimètres.
— Je pense que c'est un sens unique, du moins c'est ce que j'ai compris.
Nous arrivons devant un paquebot. La carte de la chambre est donnée avec un plan, il doit y avoir plus d'une centaine de chambres. Les gens viennent ici en famille, tout est sur place (piscine, canoë, balades en forêt, etc); ils ne doivent plus quitter l'endroit pendant une semaine ou deux, sirotant leurs bières pendant que les enfants jouent ensemble.
Dîner (la cuisine ferme à 21 heures, mais le serveur est habilité à faire des crêpes pour les desserts.) Il fait frais, suffisamment pour que des manches longues soient nécessaires.










