Le franglais ne passera pas par elle

— Lundi, il faudra revoir votre calendrier à rebours.

Simplification administrative

La simplification administrative est une volonté affichée du gouvernement. Mais si l'administration parvient à mettre en place des mesures pour les entreprises, j'ai l'impression que c'est un échec en ce qui concerne ses propres troupes.

Je m'explique:
Un décret prévoit qu'à partir de 2022, les employeurs publics rembourseront 15 euros aux "agents" (fonctionnaires et contractuels de la fonction publique) qui prouveront qu'ils cotisent à une complémentaire santé1 («mutuelle» dans le langage courant).

La DGAFP (direction générale de l'administration et de la fonction publique) a mis en ligne un modèle d'attestation (voir en bas de page). Notons en passant que l'attestation prévoit qu'on renseigne le NIR (numéro de sécurité sociale) alors que c'est une donnée sensible au sens de la RGPD, que les complémentaires évitent d'utiliser pour autre chose que le remboursement des soins. Apparemment les agents de la fonction publique n'ont pas d'autre identifiant sur leur bulletin de paie.

Mais ce qui m'assoit, c'est le «Modèle de demande de remboursement forfaitaire des cotisations de protection sociale complémentaire en santé» (je vous laisse l'ouvrir, toujours sur la même page) qui doit ou peut (ce n'est pas clair) accompagner l'attestation. Il consiste en un tableau reprenant la moitié des renseignements disponibles sur l'attestation: pourquoi? Pourquoi ce doublon?
C'est typiquement ce genre de détail que je vis comme une brimade de la part d'un type (terme asexué) assis derrière son bureau et qui se demande «Voyons, que pourrais-je bien leur demander pour remplir cette feuille?»

Mais à quoi ça SERT ?


Note
1 : remarquons au passage que depuis 2016, tous les employeurs privés ont l'obligation d'affilier leurs salariés à une complémentaire santé et à prendre en charge une partie de sa cotisation. Une fois de plus, l'Etat a imposé aux entreprises privées une obligation dont il s'exonère.

Radiateurs

Quand nous sommes arrivés dans le loft à Noël nous avons eu un coup au cœur: les radiateurs faisaient un épouvantable bruit de soufflerie. Comme d'une part nous étions dans le déni (nous venions d'arriver dans le lieu dont nous rêvions depuis six mois: tout devait être parfait), que d'autre part nous avions très peur qu'il faille changer toute la plomberie (est-ce que l'ancien propriétaire nous avait fait un coup de pute? Il paraissait si sympathique), nous avons coupé les radiateurs du rez-de-chaussée et maintenu la température grâce à l'insert; au premier étage nous avons mis les radiateurs au plus bas pour diminuer le bruit et compté sur la chaleur qui monte pour chauffer le deuxième étage.

Depuis les problèmes de plomberie se sont multipliés: plus d'eau chaude fin juin, les robinets de raccordement de la machine à laver fuient (je les ouvre et ferme à chaque utilisation, heureusement pour deux adultes elle tourne moins que pour six), la chasse d'eau de l'étage ne fonctionne plus depuis deux mois et la seule solution durable semble de découper le mur dans le dressing pour accéder au mécanisme sans démolir la salle de bain et le changer pour un neuf. Nous avons coupé l'eau et nous faisons à l'ancienne: deux bassines dans la cuvette chaque matin.

Le seul problème que nous avons réellement traité est celui de l'eau chaude (dur dur pour la vaisselle et la douche). Nous avons appelé un chauffagiste fin juin: la chaudière était restée sur mode «maintenance», d'où selon lui le bruit de cocotte-minute des radiateurs. Le fumiste s'est excusé d'avoir oublié de basculer le mode lors de sa dernière révision et nous a fait un rabais. Il paraît que notre installation est neuve et de très bonne qualité.
Durant les quelques jours chauds de l'été (si, il y en a eus), je me suis rendue compte que la température du local de la chaudière était excessive (considérant qu'il s'agit de gaz, cela me fait peur): nous avons laissé la porte ouverte et baissé la température de la chaudière, ce qui fait que celle-ci s'est mise en mode sécurité et que nous avons dû rappeler le fumiste…

Je me suis mise à surveiller la chaudière. A force d'observations (et de photos pour preuve et mesure du phénomène), je me suis rendue compte que la pression dans la chaudière diminuait: de l'eau s'évaporait (H.: «Mais comment est-ce possible? Il y a une fuite dans le circuit? Moi: Je ne sais pas et je m'en fiche puisque j'ai une solution»). Désormais je rajoute de l'eau tous les quinze jours environ. C'est peut-être dû au fait que c'est une chaudière à condensation.

Avec anxiété, nous avons rallumé le chauffage ce matin.
Les radiateurs ne font plus de bruit.

*******

Sortie du soir, sans doute la dernière de la saison (19h10).



Les jeudis de l'Oulipo se tiendront le mardi

Relayée par Dominique, la nouvelle était tombée il y a quelques temps déjà: les jeudis de l’Oulipo auraient lieu le mardi.

Quel plaisir de se retrouver pour la première fois depuis février 2020. Tout le monde est là, un peu plus blanc, en forme, je suis rassurée. La pizzeria est toujours ouverte, ouf, mais elle a dû changer de cuisinier — je ne mangerai sans doute plus de spaghettis cuits dans une meule de parmesan.
Nicolas a sorti un nouveau livre de poèmes sur les éléments, plus modeste, plus personnel que celui de février 2020. C’est un livre à compte d’auteur et il nous le distribue. Les contraintes de versification sont données à la fin du volume et les thèmes des poèmes sont expliqués ainsi: «Pour chaque élément, un mot ou une expression a ainsi été extrait de son étymologie (parfois incertaine, voire fantaisiste) pour inspirer le sujet du poème.»
Exemple : élément 59 praséodyme: jumeau couleur poireau

59. Destin

Deux poireaux s'aimaient d'amour tendre.
L'un d'eux, s'ennuyant dans son champ,
Voulut entreprendre un voyage.
Il pria l'autre de l'attendre
Et fit promesse d'être sage
Pour ne point finir en potage.
Après un adieu fort touchant,
L'aventurier prit son bagage
Et s'en alla de bon matin.
Hélas! Bien avant le couchant
Il fut trouvé très alléchant
Et termina dans un gratin.

Nicolas Graner, De tout un peu
Je parle à M. de mon projet de suivre le colloque sur Balzac en août prochain à Cerisy.
— J’ai commencé un marathon Balzac, la lecture de tous les Pléiade.
— Ah oui, tu révises. (Il a un sourire amusé.) Ce qu’il y a de bien, moi, c’est que même si je révise, je ne me souviens plus de rien.
J’ai le cœur serré. Je sais de quoi il parle: vieillir, et il est trop fin pour être consolé par quelques mots creux et convenus. Je me tais.

J’évoque avec GEF mon désir d’un colloque à Cerisy avec d’Hofstadter. Il s’exclame les yeux ronds: «Mais c’est beaucoup de travail!»
Certes : il faut trouver le sujet, trouver les intervenants. Il faut avouer que je me défausse sur lui, mais d’un autre côté, moi, je ne connais pas Hofstadter.

Pour ou contre la Pléiade?
— Je déteste ce papier.
— Ah, tu pousses ton anticléricalisme jusque là?
— Tu n’aimes pas la Pléiade parce que tu as de la place. Tu en comprendrais l’intérêt si tu avais un tout petit appartement.
— J’ai un petit appartement et je croule sous les livres.

*******

Le lundi et le mardi, la ligne 14 s’arrête à 22 heures. Je quitte donc le restaurant dès 21h30 car je ne veux pas prendre risque.
Par ailleurs, j’avais en tête que pour cause de travaux, à partir de 23 heures les trains s'arrêtaient à Melun et qu'il fallait continuer en car jusqu'à Moret. Pour éviter cela il fallait attrapper au plus tard le train de 22h46.
J'arrive à la gare à dix heures moins dix. Je découvre ô joie qu'il existe un train de 22h16 dont je n'avais pas connaissance.
Et heureusement, car il ne fallait pas comprendre «les trains partant de la gare de Lyon à partir de 23 heures auront pour terminus Melun», mais «aucun train ne quittera Melun à partir de 23 heures», c'est-à-dire que le train de 22h46 m'aurait entraînée dans la galère du car et du trajet interminable.

Cependant, pour compenser ce coup de bonheur, le train de 22h16 est mis à quai à 22h12 et ne démarre qu'une demi-heure plus tard, ce qui fait que je commence à m'inquiéter de notre heure d'arrivée à Melun: allons-nous finalement prendre le car? Je pose la question sur Twitter à @ligneR, et miracle, on me répond que non (double miracle: qu'on me réponde, et que le train aille jusqu'à Moret).

Rentrée

En milieu de journée j'ai la confirmation que je vais ramer avec Bourges, sans doute en cinquième place (j'ai proposé d'être le relais vers l'arrière). C'est un bateau sans prétention, monté pour le plaisir et la volonté de faire la coupe des Dames: deux rameuses qui l'ont déjà couru, des rameuses qui ont quatre mois d'aviron derrière elles (!! jamais cela ne serait passé au CNF, mais c'est à peu près ce que je tenterai à Pâques si rien ne change d'ici là).

Rendez-vous LREM à Fontainebleau à 19h30. Il y a une grève de bus en Seine-et-Marne depuis la rentrée, il faut rejoindre le centre à pied. Soirée un peu lente, gaie. Nous avons chacun nos dadas (le mien c'est «Macron a été élu avec des voix de gauche, il faut se placer sur la niche «prévention» et non ressasser l'insécurité»). Le constat simple est que même si «les salaires ont été nationalisés pendant six mois» (selon l'expression d'un participant), la suppression de l'ISF reste l'arme par excellence des anti-macronistes.
Nous sommes en terrasse. Nous voyons sortir les LR, masculins, grands, visages fermés, manteaux bleu marine. Nous avons au moins la satisfaction de nous dire que nous sommes joyeux et heureux d'être ensemble.

Sous le signe de l'amitié

O. (le parrain de O.) nous a rendu visite en famille. Ça fait plaisir, les amis ne paraissent pas hésiter à faire les 80 km nécessaires à venir nous voir.
Journée gaie et détendue, facilitée par le fait qu'il a fait beau.
Comme je m'étonne que la chatte à seize ans soit si patiente avec les enfants, H. me rappelle qu'elle a grandi avec des enfants. 2005, comme cela paraît loin.
Bougie. Une. Après cinquante ans, j'ai décrété qu'on n'ajouterait pas plus de précision. (Voilà qui ne facilitera pas la datation des photos dans cinquante ans).

Au moment de me coucher je découvre un sms de Claudine: une rameuse de Bourges est blessée, le huit cherche une fille pour la remplacer, suis-je intéressée?
Je réponds aussitôt oui, mille fois oui.
Et à l'allégresse qui m'emplit, je comprends que j'étais triste.

Rhinocéros

Sortie en huit où nous travaillons plus l’endurance que la technique. Il fait un temps magnifique. L’automne n’a encore touché qu’une sorte de vigne dont les feuilles virent très tôt au rouge sombre. Sur le reste du vert c’est splendide.
Je regarde chaque fois le paysage comme si c’était la dernière fois, « Regarde de tous tes yeux, regarde. »
Malheureusement il est difficile d’arrêter le bateau pour prendre des photos.




Le soir, sortie au théâtre à Fontainebleau: un des rameurs, professeur de théâtre, joue dans Rhinocéros.
Je ne connaissais que La cantatrice chauve et je redoutais l’absurde car La cantatrice me fatigue.
Heureuse découverte. La mise en scène a choisi de mettre en avant l’incommunicabilité en traduisant une partie des dialogues en anglais. (Je me demande ce que cela aurait donné dans une langue que je n’aurais pas comprise du tout.) Finalement cela ressemble à écouter une personne au téléphone sans entendre son interlocuteur.
Beaucoup deviennent rhinocéros, mais si l’on est le dernier non-rhinocéros, quel sens à résister?

L’affiche aussi m’a plu.



6 et 7

Sixième et septième symphonies de Beethoven par Jordi Saval ce soir. H. intervient dans une AG et ne peut pas être là; j’ai invité Brigitte, administratrice de mon ancienne mutuelle et que je connais depuis 2009. Je lui ai proposé la veille pour le lendemain, elle a accepté aussitôt, ce qui fait plaisir. Je n’ose plus inviter Nicole qui doit en être à trois refus: peut-être qu’elle n’aime pas ce genre de concert, après tout, car pour Expendable, c’était oui.

Pas convaincue par la sixième: les cordes résonnent curieusement, sont-ce les violoncelles qui chevrotent? Le rythme est languissant, amolli. Je ne reconnais pas « ma » (stupide pronom possessif) symphonie. Tout cela manque d'énergie.
La septième sera plus vive, enlevée: le contraste était-il voulu, l'orchestre s'était-il échauffé, le chef a-t-il décidé de donner de la vivacité à la soirée? Quoi qu'il en soit, c'était tonique et j'ai pris beaucoup de plaisir, comme toujours dans Beethoven, à regarder le percusionniste.

Retour en voiture, quatre-vingt kilomètres jusqu'à Moret, forêt à l'approche de Fontainebleau, biches à trois reprises sur le bord de la route (embardée de la voiture devant nous jusqu'à entrevoir les silhouettes à la limite des arbres).

Pluie

Quatre sous la pluie.
Je n’ai pas eu froid sur l'eau le matin mais impossible de me réchauffer l’après-midi.

Après-midi et soirée à regarder Mytho. Ça me fait penser à l'affaire Romand.
Par ailleurs, c'est totalement irréaliste, à commencer par le jeune homme trans de quinze ans qui se promène sans problème dans son lycée. Je me demande si c'est possible en France.
Crêpes.

Très très peu envie de retrouner au boulot demain.

Car

Les problèmes de transport du week-end comptent-ils? Sans doute pas, surtout quand ils sont planifiés.

A cause des clés de voiture inopérantes, j'avais prévu ce matin de mettre mon vélo dans le train jusqu'à Fontainebleau afin d'éviter de marcher les trois derniers kilomètres entre la gare et le club d'aviron. Hier soir en me couchant j'ai donc vérifié les horaires des trains afin d'adapter mon heure de réveil.
Bien m'en a pris: pas de train. Pas de train pendant trois week-ends, mais des cars de Montargis à Lieusaint.

Quelle est la différence entre un bus et un car? Dans un car, vous ne pouvez pas mettre de vélo. J'ai donc laissé mon vélo à la gare de Moret, pris le car jusqu'à Fontainebleau, et au lieu de suivre la route principale, j'ai descendu un escalier qui paraissait mener au niveau de la Seine.

C'est ainsi que j'ai trouvé la rue Katherine Mansfield et une notice sur Gurdjieff.



Problèmes de clés variés

Rêve au creux du matin juste avant le réveil. Nuit, brume entre les piliers d’un cloître. Je sais que nous sommes en novembre et je me demande où est passé octobre. J’ai l’impression de ne pas l’avoir vécu.

Aujourd’hui je suis en congé puisque j’ai prévu d’aller boire un pot avec mes anciens collègues (plus exactement les administrateurs de l’association sportive, avec lesquels je n’ai jamais travaillé… mais bu pas mal de pots).

Cependant H. allant lui au bureau, nous sommes malgré tout partis à l’aube, visant le train de 6h33.
Sauf que la clé électronique d’H. était à bout de pile et que pour une fois — la seule fois, la première fois — je n’avais pas pris la mienne, d’où petit trot jusqu’à la maison (cinquante mètres), retour avec la mienne dont la pile n’est pas bien vaillante, cinq minutes pour aller à la gare (quand je suis seule et qu’il ne pleut pas, j’y vais à pied ou à vélo), le temps de voir partir le train précédent (6h24), de s’engueuler parce que je me gare trop loin dans le parking, de revenir pour fermer la voiture parce que la pile n’a plus beaucoup de forces et que nous sommes déjà loin, et nous voyons arriver le train de 6h33.

Ici, il faut expliquer que les trains qui viennent de Montereau (le 5h55, le 6h24) sont directement accessibles de la route, il suffit de franchir une trouée dans la clôture. En revanche, pour atteindre ceux qui viennent de Montargis, il faut remonter jusqu’aux bâtiments de la gare, descendre les escaliers, marcher dans un couloir et remonter sur le quai vers Paris.
Dernière précision, à ces heures matinales, les trains ont souvent quelques minutes d’avance et stationnent en gare deux ou trois minutes pour ne pas partir avant l’heure (ce qui est une autre façon de rater son train: non parce qu’on est en retard, mais parce qu’il est en avance).

Nous voyons donc arriver le train de 6h33 à 6h30. Je propose à H. de se dépêcher, de tenter de l’avoir (sinon, à quoi bon s’être levés si tôt?) mais il refuse: «j’ai déjà couru deux fois, à chaque fois je l’ai raté. Allons plutôt prendre un café». Nous sommes encore tout renfrognés de sommeil et de l’éclat dans le parking. Nous remontons vers la buvette, j’accélère spontanément le pas car le train est toujours stationné, je propose encore de tenter de l’avoir, nouveau refus.

Buvette, café. Le barman est très gentil. Pas sympa, gentil: serviable, accueillant, de voix égale, enjoué sans être intrusif. H. prétend qu’il n’a jamais bu de meilleur café (retenez: la buvette de la gare à Moret). De la fenêtre nous contemplons le train toujours stationné. Cela devient bizarre, il devrait être reparti. Des clients arrivent, comme nous avons le temps (le suivant est à 6h53) nous sommes servis dans des tasses en porcelaine. En ces temps de post-Covid, j’apprécie ces détails, une vie presque normale.

Nous finissons notre café; le train n’est toujours pas parti. Je propose d’aller le prendre (être assis, être au chaud), commence à descendre l’escalier quand je vois arriver un couple du quai d’en face:
— Vous venez du train? Il ne part plus? (Un seul couple, c’est étrange; un train qui ne part plus, ce sont tous les voyageurs sur le quai.)
— Le conducteur est descendu pisser et la porte est coincée.

Germaine

Ma chef, c'est Germaine de Monsters & Cie. Le style, le rythme.

Elle a une spécialité : terminer une réunion en disant «Ne partez pas, nous avons encore des choses à voir» puis distribuer les tâches comme un prof de sup: trop pour tout de suite.

Rêve

Une table avec des gens que je ne connais pas, j'aperçois de loin un homme que je reconnais, un croisé Marc Boss Paul Ricœur (donc quelqu'un qui n'exite pas dans la réalité). Je lui demande s'il refera des cours de grec: «Non».
A-t-il des nouvelles d'Anne-Catherine Baudoin? Il hésite. Covid long? Il ne répond pas vraiment. Reprendra-t-elle les cours de grec? «Non».
Mais là, j'ai l'impression que c'est elle qui a répondu. Je ne me souviens déjà plus de mon rêve.
Je serais la seule à lui avoir écrit mais cela me paraît incroyable.
Il faut que je contacte les autres élèves.

Automne

Des jours comme ça où on ne sait pas trop que raconter. Je vais à vélo à la gare, il fait plus froid, j'ai remis une couverture sur le lit, j'ai réécrit la procédure de réclamations pour la mettre en ligne, vendredi prochain j'ai prévu d'aller offrir l'apéro à ceux qui m'ont offert un olivier pour mon départ en février dernier: jusqu'à peu ils étaient encore en télétravail.

La logique anglaise (chronique du Brexit)

Les transporteurs et les routiers manquent et on redoute des pénuries à Noël.

Tandis qu'un syndicat de routiers, qui se souvient sans doute de la façon dont les transporteurs ont été traités à Noël dernier, annonce qu'il n'a pas l'intention d'aider la Grande-Bretagne, le gouvernement anglais avertit qu'il expulsera dès le lendemain de Noël ceux qui seront ou seraient venus aider car il n'est pas question qu'ils «abusent du privilège de travailler» en GB.
Ça donne envie de rendre service.



Je le conserve ici au dossier de la grande absurdité du monde.

*****
J’ai pris un coiffeur à Vincennes à cinquante mètres de mon bureau. Contrairement à l’autre, il est provax à fond. Il a fait vacciner tout son personnel, mais aussi toute la famille de son personnel.
— La famille? Comment vous avez réussi ça? (Je songe à toutes les fois où je me tais pour ne pas être accusée d’ingérence dans la vie privée de mes salariés.)
— Il suffit de bien expliquer.

J’ai mes doutes. Il me raconte comment il s’est disputé avec une amie qui ne pouvait pas rentrer dans un café parce qu’elle n’avait pas de pass sanitaire: «comment ça, c’est risqué? Tu fumes un paquet par jour et tu prends la pilule depuis vingt ans et tu me dis qu’on n’a pas assez de recul? Mais l’ARN messager existe depuis longtemps.»
Je fais remarquer que certes, mais justement, il était interdit (c’est l’argument de A.).
— Oui, en France. En Suisse, il est utilisé depuis 2015 ou 2016 pour la rougeole.

Première fois que j’entends ça. A vérifier.

Désillusion

Ce matin huit brinquebalant, par un temps gris et doux.

A la pause café qui suit, j'essaie de comprendre la composition des huit à Angers (la Coupe des dames mi-octobre). De l'enthousiasme post-Creusot il ne reste rien. Au départ on avait parlé de deux mixtes de pointe le dimanche, ce qui logiquement donnait un huit de femmes le samedi. Mais le pass sanitaire est passé par là, certaines ne se sont pas réinscrites au club.

Je ne comprenais pas pourquoi il n'y avait pas d'entraînement en huit d'organisé, je découvre qu'il y a un huit furtif dont on ne parle pas, qui a piqué les quatre filles les meilleures (pincement au cœur de ne pas en être). L'autre huit est le regroupement des rameurs qui restent. Nous ne sommes plus que deux filles dedans, ce qui fait que le bateau sera classé en "hommes" et non en mixte.
Ce bateau ne s'est encore jamais entraîné ensemble. Quand on sait qu'à notre niveau et notre âge, 90% de la réussite dépend de notre capacité à être parfaitement synchrone…

Je suis très déçue, mais surtout je ne comprends pas ce qui s'est passé. Comment est-on passé d'une situation où on a fait le forcing pour que j'aille au Creusot à une situation où il n'y a pas de huit femmes pour la Coupe des dames et où je ne suis pas dans le "bon" huit? Est-ce parce que j'ai été absente deux semaines, parce que j'agace Micheline (du moins je crois que je l'agace. Je suis peut-être paranoïaque, mais en général j'ai un bon feeling de ce genre de chose), ou tout simplement parce que je n’ai pas le niveau? (les explications les plus simples sont souvent les meilleures).

Je termine Mes funérailles qui a l'inconvénient d'être en islandais et donc d'obliger à lire les sous-titres plutôt que d'écouter d'une oreille.
Tard le soir je me mets à Wordpress, télécharge une fois de plus Divi et me met à paramétrer et à traduire une extension de gestion de cookies pour le site de mon ancien boulot.
Je me couche bien trop tard.

Anniversaire crémaillère

Panne de réveil. Dans un interstice de l'espace-temps, j'ai effacé la programmation de mon téléphone pour l'entraînement du week-end: 7h10, heure qui me permet de ne pas me presser. (Dormir plus ou ne pas me presser: le plus souvent je choisis le second.)
Je pars un peu à la bourre, après un petit déjeuner devant Le grand blond avec une chaussure noire commencé la veille (pourquoi? aucune idée. Un besoin de film non tragique, avec une pointe de subversion).

Belle sortie en quatre. Bassin magnifique (pas de vent, pas de vague, pas de péniche), soleil, fraîcheur.



En face du ponton vers 9h30.


L'après-midi passe vite. Nous avons rendez-vous à 18h chez O. pour son anniversaire et sa crémaillère. Nous devons apporter de la vaisselle car il n'en a pas assez pour les neuf que nous allons être et nous utilisons la Dacia de A. car le soir elle rentrera à Moret avec nous; or notre voiture n'a que deux places (nous appelerons celle-ci Georges: Georges est frais, Georges est doux, mais il n'est pas très pratique).

Pas de place pour le carton de vaisselle dans le coffre de la Dacia. Une seule place possible, sur le siège derrière le conducteur; à côté, un des cartons que nous avons laissés à A. à Noël, sur son assurance qu'elle le donnerait à la Croix-rouge ou à son association de théâtre ou que sais-je, est encore sur le siège arrière. Syllogomanie. Quand H. veut reculer le siège conducteur, celui-ci est bloqué, nous découvrons un sac de livres à l'arrière, lui aussi donné à Noël.
Je récupère les livres, des moules à madeleine, une boîte de chevaux en plastique. Je les donnerai moi-même.

O. habite Corbeil le long de l'Essonne, à dix minutes à vélo de son boulot. Il nous avait dit «un immeuble», nous arrivons devant un bâtiment si inattendu, sorte d'immense chalet en pierres de simili meulière, que nous faisons demi-tour. Deux tours de pâté de maison plus tard (dans un sens puis l'autre, pas de numéro sur les portes) j'appelle O., il me dit que de sa fenêtre il nous a vus repartir: nous étions au bon endroit.
Plus tard il nous dira que c'est sans doute un pensionnat du début du XXe siècle. Il avait visité l'appartement il y a longtemps, mais il y avait un problème: «l'ancien locataire est parti à l'hôpital en octobre, et en fait il est mort, et les héritiers ne venaient pas vider l'appart et donc le propriétaire ne pouvait pas le relouer».

O. a également invité son parrain et nous revoyons toute la famille pour la première fois depuis le covid (de quand date la dernière fois? aucune idée).

Très bonne soirée, beaucoup de plaisir à se retrouver et appart très agréable, avec vue sur l'Essonne. L'ambiance nous ramène à nos années étudiantes, avec la table basse constituée d'un gros carton et les objets récupérés à Yerres qui donnent à l'ensemble un look familier et chaleureux.

J'ai découvert la version militaire de PIPE: «pas de couille pas d'embrouille». Ça a davantage de gueule (si je puis dire).

Boulette

Désolée, j'ai beaucoup de spams en ce moment, et en les supprimant, j'ai supprimé tous les commentaires depuis le 5 août.

Sorry sorry, sentez-vous libre d'aller les réécrire si ça vous chante.

Brrr

Quand H. fait du "présentiel" (quel mot correct devrait-on utiliser? A situation nouvelle mot nouveau, je n'ai jamais su traduire IRL (in real live) autrement que par "en chair et en os", à la fois désuet et légèrement emphatique: «Viens, on se verra enfin en chair et en os» sonne malgré tout étrange) — quand H. fait du présentiel, donc, nous partons ensemble.

Le choix est le suivant : soit je m'adapte à son horaire et pars une heure plus tard, et donc arrive une heure plus tard; soit il s'adapte à mon horaire et arrive beaucoup trop tôt (son bureau ouvre à une heure décente, c'est-à-dire neuf heures), temps qu'il passe à petit-déjeuner au Terminus en face de la gare de Lyon, un bistrot ouvert dès cinq heures avec cuisine opérationnelle (le nombre de fois où à sept heures et demie il est impossible d'avoir une omelette) qui sert des toasts au saumon à six heures du matin.

Ce matin nous avons choisi le pire des deux mondes: il est parti avec moi et j'ai petit déjeuné avec lui — hagards de sommeil, n'échangeant pas un mot — nous aurions mieux fait de dormir une heure de plus.

Journée toujours aussi speed et décousue, je suis frustrée de ne rien réussir de propre, de ne jamais réellement traiter un sujet à fond. Je suppose que ça viendra — dans un, deux, ou trois ans. Comme s'est exclamé l'un des jeunes de l'équipe: «la patience est une vertu». (Non, ce n'était pas à moi qu'il s'adressait.)

Présentation des futurs locaux à l'équipe. Au printemps nous passerons de Vincennes actuellement à rue Picpus. J'ai cru comprendre que j'allais y perdre un quart d'heure… il sera temps de faire deux jours de télétravail.

Je papote avec Dominique, la responsable compta finance. Son père est mort d'Alzheimer («On ne meurt pas d'Alzheimer mais des conséquences d'Alzheimer. — Qu'est-ce que tu veux dire? — Lui faisait beaucoup de fausses routes, d'où des pneumonies à répétition. Il est mort de cela.»), sa mère a une maladie neuro-dégénérative qui n'est pas Alzheimer («nous, on ne voit pas la différence»), elle suit les infos sur le sujet, me parle des deux hippocampes, de la mémoire, de la musique qui passe outre l'hippocampe (et donc échappe en partie à la perte de mémoire).
Je lui raconte mes troubles de langage depuis que j'ai été très fatiguée lors de ma première grossesse (et les dix ans qui ont suivi), ma façon de dire «tu sortiras la boîte aux lettres» quand je veux parler de la poubelle (par exemple) ou d'avoir des blancs de plusieurs secondes quand soudain un mot m'échappe, non que je l'ai sur le bout de la langue, mais que mon cerveau se transforme en lande brumeuse dans lequel je ne vois plus rien. Je suis aphasique quelques instants.
— Tu as peut-être fait un micro-AVC. La seule façon de le savoir c'est de passer un scanner.
— A vingt-quatre ans?

Moi qui me disais que ça me faisait un point commun avec Mallarmé, qui aurait vécu après la mort de son fils une période d'aphasie ou équivalent. (Il me semble que ça correspond à une période d'absence d'écriture.) Un micro-AVC, c'est moins glamour.
Ce que ne sait pas Dominique, ce qu'elle ne peut pas savoir, c'est qu'elle me ramène à la mort de Jacqueline, ma coéquipière d'aviron à quatorze ans, morte d'un AVC à trente-sept ans.
Ne nous affolons pas (en fait cela me fait sourire mi-figue mi-raisin). N'empêche que le soir j'ai mesuré ma tension, qui forcément avec la frustration de la journée n'est pas mirobolante.
La doctoresse l'autre jour a regardé mes diverses mesures et a été rassurée: ma tension fait des pics, mais redescend en vacances ou le week-end après l'aviron. Apparemment c'est ce qui compte. Une vraie tension haute ne cède pas (si j'ai bien compris).

Le soir A. nous ramène le chat. Dîner d'une flameküche. Elle a l'air en forme. Elle raconte qu'elle se fait mal voir de ses collègues car elle a accepté de faire deux tournées: sa hiérarchie directe la remercie (parce que le travail est fait, je suppose), sa hiérarchie N+1 n'est pas enchantée car cela fausse leurs arguments à l'appui d'un recrutement pour remplacer un facteur qui vient de partir à la retraite.
Je ne sais qu'en penser. Les deux positions ont leurs avantages et leurs inconvénients.
— Tu veux dire que le jour où tu pars ils perdent deux postes?
— Pas vraiment, parce que lorsque je fais deux tournées, je ne fais que l'urgent, les paquets, les lettres urgentes. Pas la publicité, pas les lettres vertes.
— Mais c'est distribué quand alors ? Tu connais le cas du facteur qui repostait tout le courrier? (Histoire vraie. Elle rit.)
— Le titulaire le fait le lendemain.

Le soir je termine Alexandre le bienheureux, commencé hier et que je n'avais jamais vu.

Skiff

J’arrive en retard (c’est à dire à l’heure mais ici les rameurs sont toujours en avance (ça me rappelle le capitaine Binger, le grand-père de Barthes qui avançait les horloges parce qu’il s’ennuyait: eh bien pareil: toujours en avance)) et tous les bateaux sont constitués.

Je sors en skiff, ce qui n’est pas pour me déplaire. Le bassin est un miroir, ciel bleu eau bleue.
A vingt heures le soleil se couche et il fait presque froid.



Des nouvelles de la Lituanie

Maman : Finalement on jette l’éponge, ce matin à 6h vérification de nos papiers par la police, des camions militaires pas la peine de chercher les ennuis. On arrive à Varsovie.On compte visiter. Bises
Moi : Vous n’allez pas essayer de remonter vers la Lituanie ?
Il faut un visa ?
Maman : Regarde la carte la Lituanie est pile à côté de la Biélorussie et le passage est tout petit entre la Biélorussie et la Russie. De plus la Russie est en train de faire des grandes manœuvres militaires à sa frontière….
Moi : J’ai regardé avant d’envoyer le sms. C’est petit, mais si c’est autorisé…
Maman : Papa ne comprenait pas tout mais on a vu des images surprenantes à la télé qui faisaient peur
La Russie, des grandes manœuvres militaires à la frontière de la Pologne, «des images qui faisaient peur.» C'est bizarre que rien ne filtre en France. Je l'écris ici à toutes fins utiles, comme témoignage.

Des nouvelles de la Pologne

Mes parents sont partis en Pologne il y a une dizaine de jours. Aujourd'hui je reçois ces sms :
Très déçu on ne peut pas aller à Bialowieza c’est dans le périmètre de 3km avec la frontière de Biélorussie
[…]
C'est la dernière forêt primaire d’Europe. Les derniers bisons d’Europe. Le village en lui-même est minuscule
[…]
Militaires bottés partout! Nous somme dans.hôtel sympa à Narewka. Heureusement papa se débrouille bien en polonais et a pu avoir des renseignements. En plus on a vu des images à la télé
[…]
Narewka est à 10km de la frontière au nord de la forêt on a pu faire une belle marche. On va essayer de recommencer demain. En fait le gros des troupes est à la frontière on les voit juste y aller. On est prudents! Bises
Donc il y a des mouvements de troupe entre la Pologne et la Biélorussie.
Ce n'est pas rassurant.

Incompréhension

Hier je suis revenue ramer pour la première fois depuis trois semaines. Je pensais qu’on allait reprendre les entraînements en huit comme en août puisque la coupe des Dames approche, mais aucun huit n’est sorti.

Hier on m’a demandé d’encadrer une yolette, aujourd’hui de sortir avec un soi-disant aviron d’argent — jamais Vincent n’aurait donné un aviron d’argent à quelqu’un de ce niveau. Je ramais derrière lui en demi-coulisse et nous n’avons pas dépassé Thomery.

Je ne comprends pas ce qui se passe. Où sont les huit? Certes nous avons été prévenus qu’il n’y aurait pas de huit de filles le samedi, mais il y a quand même deux huit mixtes: quelle en est la composition, pourquoi ne s’entraînent-ils pas?
Je ne sais pas à qui poser la question.

Vocation inattendue

Nous avons invité des amis voir le loft. Nous nous sommes vus pour la dernière fois le 27 mars 2017 — qui était aussi une première fois amicale, les précédentes étant des rencontres professionnelle. H. avait revu monsieur dans le cadre du boulot, mais nous n'avions jamais redîner ensemble

Ils ont adoré le loft et Moret — surtout elle, lui étant plus citadin, drogué à Manhattan où il passe la moitié de son temps.

Le long du Loing, elle me raconte ses difficultés: licenciée avant le Covid, elle a suivi une formation de décoratrice d'intérieur (« Pôle emploi m'a dit qu'à mon âge je ne pouvais rien me faire financer d'autre puisque c'était ma formation initiale»). Ils ont quitté Saint-Rémy-les-Chevreuses pour le 16e afin de se rapprocher du fils de OA («son fils ne veut pas venir en banlieue, il veut rester avec ses copains. — Il a quel âge? — A l'époque quatorze ou quinze ans. — Les enfants ne se rendent pas compte»), ils ont passé le confinement dans un trois pièces. «Dès que le confinement a été terminé, j'ai expédié OA à New York et je suis revenue à Gif-sur-Yvette. On n'en pouvait plus.»

— Ça n'a pas l'air de t'enchanter. Qu'est-ce que tu voudrais faire?
— De la théologie.


J'ai été prise par surprise.
Comme elle est protestante, elle a au moins la ressource de devenir pasteur.
A suivre.

Fonctionnaires

Je n'en finis pas de m'étonner du monde fonctionnaire. Comment dire cela? Je les admire et ils m'agacent; j'admire leur dévouement sans borne et leur conscience professionnelle; leur vision décalée du monde (resté dans les années 50: ils constatent désolés la disparition de leurs valeurs mais ne prennent pas ce constat en compte) me surprend et m'agace. Je ne suis pas mi-admirative, mi-agacée, mais 100% admirative et 100% agacée.

Je parle ici de classe A ayant entre cinquante et soixante-dix ans. Je découvre (sur un très petit échantillon dont je ne sais absolument pas s'il est représentatif) leur façon indienne de considérer le monde, en castes et sous-castes: d'égal à égal avec un autre classe A, saluant les non-fonctionnaires parce qu'il faut bien qu'il y en ait, effaçant du regard les classes B et C. Lorsque je m'en étonne, Nadine (classe B, quarante ans de fonctionnariat) les excuse ainsi: «ce n'est pas de leur faute, je pense qu'on leur a appris dans les bureaux qu'il n'était pas nécessaire de saluer tout le monde.»

Je songe à mes amis de Sciences-Po qui préparaient les grands concours de la fonction publique; je songe aux ministères qui préparent les lois et leurs applications et cela me fait frémir.

Une charlotte à la kriek

Télétravail. H. est à Paris, ce qui me permet de travailler efficacement (!)
Je déconnecte tôt en prenant le prétexte de ma fièvre légère. Doliprane.

Je sors faire les courses et prépare une charlotte à la kriek, dessert que je n'ai pas réalisé depuis 1996 (j'ai un point de repère).

Des nouvelles de ma doctoresse

— Quatre semaines de vacances, ça fait du bien! Je ne prendrai plus que quatre semaines. Et puis quel bonheur de revenir au travail, de retrouver ses patients… Il n'y a plus beaucoup de Covid hospitalisés, la situation est quasi normale.

— L'ivermectine… je ne sais pas ce qui s'est passé, mais à l'origine, on l'utilisait. Dans les cas de Covid aigu, on donnait beaucoup de cortisone, et la cortisone baisse les défenses immunitaires. Or on a tous des parasites dormants qui pourraient en profiter. Alors avant de donner de la cortisone, on vermifugeait les patients. Je ne sais pas comment c'est parti, mais je suppose que ça vient de là.

— Nous, ce qui nous intéresse, ce ne sont pas les cas de covid sur personnes vaccinées, ce sont les cas de Covid graves sur personnes vaccinées. Sur ceux-là on collecte un maximum de données. En général ce sont des personnes affaiblies, soit très âgées, soit traitées par chimio, immuno-déprimées, etc. Les vaccins ARN ont prouvé leur supériorité.

— Janssen France n'a plus de nouvelles de Janssen monde. Plus rien. Ils nous ont dit que ceux qui recevraient un autre vaccin que Janssen seraient sortis de l'étude. Mais nous, nous ne voulons pas attendre.

— On nous dit «mais alors, tout ça n'a servi à rien». Mais tout les pays n'ont pas les moyens d'avoir des frigos à -80°. Les gens ne se rendent pas compte. Ça fait toujours ça.
Et ainsi s'évanouit le complotisme anti-pauvre à qui on refilerait les "mauvais" vaccins: il s'agit hélas "simplement" de contraintes d'infrastructure.

— Eh bien au revoir. Il est probable que nous ne nous reverrons pas.
— Je le regrette. Je vous aurais volontiers choisie en médecin traitant.

*****

A partir d'aujourd'hui les soignants (médecins, infirmières, mais aussi personnes qui s'occupent des personnes âgées) doivent être vaccinés. Si vous voulez dans un premier temps sourire, dans un second temps réfléchir, je vous conseille de lire ce thread d'un médecin neurologue en hôpital.

Deux sinon rien

J'ai reçu un coup de fil de Saint-Antoine: les autorités sanitaires conseillent d'injecter une dose de vaccin ARNm à ceux qui ont reçu du Janssen. Rendez-vous mercredi.

Un arbre sur la voie

Partie tôt du boulot, vu Titane aux Halles (je ne sais qu'en dire. Ce n'est pas un film d'horreur. C'est un film corporel: du corps nu non enjolivé… et du bizarre violent), attrapé le train de 18h07.

Arrêt à Cesson sous une pluie battante. Il y a un arbre sur la voie à Bois-le-Roi, tous les trains s’arrêtent à Melun, bouchon devant nous, attente, puis nous sommes invités à descendre du train pour prendre celui sur le quai d’en face qui va nous emmener à Melun.

Photo de la Seine sous la pluie juste avant la gare de Melun. La photo indique 19h07. Nous avons déjà perdu une demi-heure.



Melun. Attente sur le quai. Pluie fine. Toutes les cinq minutes les hauts-parleurs nous invitent à nous écarter car «des trains à grande vitesse circulent sur les voies». Je finis par demander à @ligneR (compte Twitter) si c’est vraiment indispensable. Je me demande d’ailleurs à quoi servent ces comptes Twitter: à nous permettre de nous défouler? A canaliser l’agressivité en lui donnant un échappatoire? Il me semble vaguement que les messages s’espacent, mais c’est peut-être purement psychologique, comme ces faux thermostats dans les bureaux pour régler la température.
Toujours est-il que lorsqu’enfin un train grande ligne passe, ce n’est pas le message enregistré qui passe, mais bien quelqu’un de la gare qui parle: le problème des enregistrements, c’est que plus personne ne les croit.

L’enfer de Dante traduit par Antoine Bréa en «parlure vulgaire». H. ne peut pas venir me chercher car la voiture est dans le parking et sa carte navigo n’est toujours pas activée pour permettre d’en sortir.

Je rentre à la maison avec deux heures de retard. Relativisons, c’est la première fois que cela arrive en six mois. Crêperie.

Belmondo

100 000 dollars au soleil
Week-end à Zuidcoote
Le Voleur

Déçue et étonnée qu'on évoque surtout Le Magnifique, qui certes était très drôle, mais avant tout une bonne blague. Je l'aimais plus grave, réfléchi. Je trouvais qu'il avait un physique à être grave et non clown. Comme Ventura, en somme.

Dans A bout de souffle, une beauté candide, à peine sortie de l'enfance, quelque chose d'inoffensif dans sa force.

Belmondo dans à Bout de souffle


Les billets et commentaires du blog Alice du fromage sont utilisables sous licence Creatives Commons : citation de la source, pas d'utilisation commerciale ni de modification.