Journée remplie
Par Alice, vendredi 3 avril 2026 à 05:46 :: 2026
A midi, passé récupérer quatre petits Mandelstam magnifiquement reliés. Sophie me donne le reste de la collection des Temps modernes de sa tante. Je lui laisse mes trois tomes du Lord of the Ring. Je n'ai pas eu le temps de terminer le dernier; je le continuerai en français (j'ai les poches à la maison).
Bonne idée d'être passé le midi plutôt que le soir. Je l'invite à la brasserie du coin, nous papotons, comparons l'esprit casanier de nos époux respectifs (et notre bougeotte). Elle me demande si l'aviron me manque: oui pour la lumière, la recherche de la perfection du geste, la suspension entre l'eau et le ciel, non pour l'aspect musculaire, la dépense physique, qui était ce à quoi elle pensait. Nous échangeons sur nos coïncidences, l'art de penser à quelqu'un quelques heures avant d'en avoir des nouvelles. Elle me parle de sa façon de regarder les pendules aux heures doubles (12h12) et moi de celle de me réveiller à 2h22 ou 3h33. (Le faisons-nous réellement, ou ne remarquons-nous que ces heures particulières, soit un biais de perception? Cette deuxième hypothèse reste la plus probable).
Vers six heures glace chez Raimo puis Passion selon Saint Matthieu au TCE. Je suis assise au milieu du rang et dérange tout le monde en m'installant dans les derniers. Mon problème en concert est que je m'endors. Il y a une règle: dès que j'arrête de bouger ou de parler je m'endors (une longue réunion est très difficile à tenir pour moi). Je somnole plus ou moins profondément, avec la terreur de me mettre à ronfler. J'entends donc cette Passion en pointillé et l'aspect lancinant, envoûtant, de la partition n'en est que renforcé. Je suis toujours surprise de la précision avec laquelle le texte suit l'évangile. A l'entracte, mon voisin regrette le choix d'un chœur minimaliste (quatre à douze personnes, selon comment on compte). Pour ma part j'apprécie cette version dépouillée.
Retour en bus. C'était prévu, trois heures de concert n'offre pas d'autre solution. Gare de Lyon, je manque de défaillir de joie et d'admiration: enfin, enfin, ils ont organisé l'accès aux bus, prévu des files, planifié des bus qui vont à Melun et des bus qui ne s'y arrêtent pas, fini la confusion, l'écrasement, la précipitation, la presse, la peur de tomber et celle de monter dans le mauvais bus.
Finalement, il ne leur aura fallu que cinq ans pour y parvenir.
Bonne idée d'être passé le midi plutôt que le soir. Je l'invite à la brasserie du coin, nous papotons, comparons l'esprit casanier de nos époux respectifs (et notre bougeotte). Elle me demande si l'aviron me manque: oui pour la lumière, la recherche de la perfection du geste, la suspension entre l'eau et le ciel, non pour l'aspect musculaire, la dépense physique, qui était ce à quoi elle pensait. Nous échangeons sur nos coïncidences, l'art de penser à quelqu'un quelques heures avant d'en avoir des nouvelles. Elle me parle de sa façon de regarder les pendules aux heures doubles (12h12) et moi de celle de me réveiller à 2h22 ou 3h33. (Le faisons-nous réellement, ou ne remarquons-nous que ces heures particulières, soit un biais de perception? Cette deuxième hypothèse reste la plus probable).
Vers six heures glace chez Raimo puis Passion selon Saint Matthieu au TCE. Je suis assise au milieu du rang et dérange tout le monde en m'installant dans les derniers. Mon problème en concert est que je m'endors. Il y a une règle: dès que j'arrête de bouger ou de parler je m'endors (une longue réunion est très difficile à tenir pour moi). Je somnole plus ou moins profondément, avec la terreur de me mettre à ronfler. J'entends donc cette Passion en pointillé et l'aspect lancinant, envoûtant, de la partition n'en est que renforcé. Je suis toujours surprise de la précision avec laquelle le texte suit l'évangile. A l'entracte, mon voisin regrette le choix d'un chœur minimaliste (quatre à douze personnes, selon comment on compte). Pour ma part j'apprécie cette version dépouillée.
Retour en bus. C'était prévu, trois heures de concert n'offre pas d'autre solution. Gare de Lyon, je manque de défaillir de joie et d'admiration: enfin, enfin, ils ont organisé l'accès aux bus, prévu des files, planifié des bus qui vont à Melun et des bus qui ne s'y arrêtent pas, fini la confusion, l'écrasement, la précipitation, la presse, la peur de tomber et celle de monter dans le mauvais bus.
Finalement, il ne leur aura fallu que cinq ans pour y parvenir.


