Billets pour la catégorie 2019 :

Un esprit non soupçonneux

Je fais partie du bureau de l'association sportive des entreprises du groupe. Nous avions organisé un déjeuner pour Laurent, le salarié de l'association, qui part à la retraite après… quarante-huit ans dans le groupe (et une seule entreprise) (et encore, il a un an de vacances à prendre (qui génèreront trente jours supplémentaires et des RTT) ce qui fait qu'il partira avec quarante-neuf ans de carrière).
Cela aurait dû être surprise — nous tous l'attendant au restaurant où l'entraînait sa collègue sous un faux prétexte, mais il y a eu incompréhension et maladresse et plusieurs se sont retrouvés à midi dans les locaux de l'association à papoter.

Le plus extraordinaire, c'est que Laurent n'a rien trouvé étrange: il voit arriver cinq administrateurs à peu près au même moment, dont deux de Bordeaux, et sa seule réaction est «je suis désolé, il faut que nous partions, Clara a gagné deux places au restaurant et nous allons être en retard. […] Bon allez, à bientôt, enfin peut-être pas, parce que je pars en congé à la fin du mois et je ne reviens pas…»

Et il s'apprêtait à partir car il déteste être en retard.


Restaurant sur le lac au bois de Boulogne. Beaucoup ri et sans doute un peu trop bu pour mon entraînement à l'ergo du soir. Fourbue.

Barbecue

Le premier de l'année — avec les voisins.

Une bouteille de Côte-rôtie, ce qui est peut-être un peu riche pour boire avec des andouillettes.

Concert

Dîner dans le soir qui tombe au café des Concerts à deux pas de la Philarmonie.

— A quoi ça sert de dîner en terrasse s'il n'y a même pas de jolies demoiselles à regarder?
— Ce n'est sans doute pas le bon concert.
— Je vais changer de concert.




Messe en si de Bach. Raphaël Pichon et le chœur et orchestre Pygmalion.
Mention spéciale à Anneke Scott au cor et Julien Léonard à la viole de gambe.
Je vais regarder la vidéo avec soin car le choeur a changé de disposition au cours du concert et je ne l'ai pas vu faire. C'est très pertubant quand on s'en rend compte.

Vincent Lambert

Faut-il ou non cesser d'apporter des soins à un homme dans le coma depuis dix ans?
Son épouse dit oui, ses parents disent non; la justice consultée dit oui, puis non, etc, selon les instances consultées.
(Que dit l'I.A. ? Il paraît que les machines font des pronostics sur les chances de réveil à partir de la concaténation des cas déjà survenus. J'aurais tendance à avoir confiance dans ce genre d'analyse.)

Deux souvenirs.
Je pense avoir déjà parlé du premier. Quand j'ai commencé à travailler à la GMF en 1990, j'avais un collègue qui venait d'avoir un bébé mal formé. Cela n'avait pas été détecté à l'échographie, cela n'avait pas été détecté à la naissance. Mais le bébé ne grossissait pas on avait fini par diagnostiquer qu'il n'avait pas d'œsophage ainsi qu'un cerveau atrophié.
Comme on ne s'en était pas aperçu tout de suite et puisque le bébé ne grossissait pas, à la première hospitalisation il a été nourri par une sonde, ce qui compensait le problème de l'œsophage — dont on ne savait pas encore qu'il manquait ou était insuffisant.

Souvenir de lecture : mon grand-père était abonné au Reader's digest. A l'américaine, cette revue aime beaucoup les récits de persévérance et réussite dans l'adversité. Je me souviens du récit de trois naufragés dans le Pacifique. La surface du radeau ne permettait d'accueillir que deux hommes, donc l'un des trois restait dans l'eau et ils se relayaient régulièrement.
Cela a duré des jours. Je ne sais plus combien de temps mais c'était impressionnant, bien plus qu'il ne paraissait possible. Et lorsqu'on leur avait demandé comment ils avaient tenu, ils avaient répondu: «Une fois que nous avions commencé, nous ne pouvions plus abandonner. Nous ne pouvions pas laisser mourir celui qui était dans l'eau.»

C'est toujours à cela que je pense lors de ces dilemmes. J'avais posé la question à Pascal quand il m'avait dit que le bébé était condamné: «Mais vous ne voulez pas le débrancher?» (il était possible d'en discuter car il était dévasté mais rationnel, il en parlait). Il m'avait répondu: «Comment veux-tu faire? Ce serait le laisser mourir de faim, on ne peut pas faire ça.»
Et non, on ne pouvait pas. La famille vivait le drame, l'équipe hospitalière avait interdit à la mère de voir son bébé car cela la bouleversait et elle devait conserver des forces pour s'occuper de ses deux autres jeunes fils. Le bébé a mis huit mois à mourir.

Je pense aux naufragés : une fois qu'on a commencé, comment arrêter? Débrancher quelqu'un qui respire artificiellement et donc cesse de respirer quasi instantanément, oui, mais condamner quelqu'un à mourir de faim ou de soif?

Journée avachie

Je commence à avoir passé trop de jours chez moi, il est temps que cela se termine. Limoncello et chips à la truffe.

Lu WWII - Histoires de guerre d'Hugo Pratt, la réimpression de douze comics édités en Angleterre après la deuxième guerre. J'avais acheté ce livre à la Pinacothèque en 2011 lors de l'exposition Hugo Pratt. Cette lecture fait donc partie du projet "lire sa bibliothèque avant de mourir".

Reçu des ballerines très souples : le pied droit entre difficilement mais j'ai ainsi une allure humaine. Je pourrai reprendre le travail sans moon boot (soulagement, fierté sauvée).

Dans la soirée, vidé quatre ou cinq cartons de poches et réorganisé les étagères. Quelle chance réelle y a-t-il que je les lise tous? Beaucoup ne m'intéressent pas, je n'ai pas vraiment envie de les lire, je les garde par amitié, nous avons développé des liens réciproques depuis le temps que je les regarde (oui, je passe du temps à regarder mes livres comme d'autres regardent leurs fleurs, ça me détend). Et puis ils peuvent intéresser d'autres lecteurs.

Je découvre que j'en ai en double, le tome I de L'Homme qui rit en Garnier Flammarion, Rimbaud en Folio. D'où viennent-ils?
Quelqu'un veut-il un Malices de Plick et Plock? (en double aussi)

Non, je me suis trompée : je donne un Idée fixe du savant Cosinus.

Options

Etabli un récapitulatif de différentes options : passer à 80% ou prendre un congé sans solde pour travailler en indépendant, changer d'entreprise (mais je ne crois plus beaucoup à cette option, ni à celle de trouver un autre poste dans la même boîte).

Le problème est de s'être habituée à une certaine aisance financière.

Pop

Bonnie Tyler à l'Olympia. Emouvant.

Langelot et le Présidentissime (1978)

C'était le dernier qu'il me restait à lire.

— C’est tout de même tout le temps la même chose, les Langelot.
— Oui, comme Agatha Christie ou San-Antonio : trois ou quatre trames. Et tu lisais ça à dix ans, tu en as cinquante.

Si l’on considère que Ralph König est accusé de transphobie et racisme (des grosses lèvres? Reiser et Wolinski ont disparu à temps), il faut en conclure que certains Langelot seraient impubliables aujourd’hui. Ils seraient considérés comme colonialistes ou paternalistes. D’ailleurs ils le sont sans doute (la défense des intérêts de la France en Afrique et en Outre-Mer), mais cela a-t-il davantage de sens que de juger Shakespeare ou Mozart avec des critères féministes?

Déception

Fini la saison 4. Elle n’est pas du tout raccord avec les précédentes. Pas le glamour, pas la finesse, des trois premières : ont-ils perdu un scénariste? Le côté crise identitaire et acceptation de soi-même sur fond d’Amicalement vôtre a disparu, il ne reste que des grosses ficelles de démon malheureux holywoodiennes.
Dommage.

(Donc ne regardez pas la 4).

Les anges

Je viens de comprendre que si Lucifer se passe à Los Angeles, c’est que Los Angeles signifie « les anges ». Cela m’aura pris quatre jours.
La série est juste magique. Lucifer et Caïn. C’est grand. Suis-je le gardien de mon frère? (conférence de Hans Jonas. Il est sûr que je projette beaucoup de choses dans cette série).
Plus la série avance plus je pense au Maître et Marguerite. Le principe de la culpabilité again and again, comme le mouchoir toutes les nuits, et la compassion. Une série entièrement sur la compassion — ou la définition de l’humain: qu’est-ce qui nous définit comme humain?
Je suis vraiment impressionnée (à cela près que Caïn est une erreur de casting: vraiment trop beefy.).

Asile de fous. Un homme se prend pour Dieu. (Rappel: Lucifer est une série policière.)
L’inspecteur : — On vient de trouver l’assassin de dieu.
Lucifer, surpris : — Nietzsche ?

Reçu les trois derniers Langelot avec les bonnes couvertures : la collection est complète !

Neil Gaiman

J’ai réfléchi pendant la nuit : cette série n’est pas chrétienne, on ne parle qu’Ancien Testament (avec cependant des églises parce que c'est sans doute plus mainstream qu'une synagogue). Donc les scénaristes doivent être juifs.

Vérification : effectivement, et le scénariste est Neil Gaiman, plutôt athée (suppose que les chances qu'il y ait un Dieu sont de 50/50), élevé dans une ambiance scientologue et juive (!!??) Je connais Gaiman à travers la bibliographie de Pratchett.
Apparemment lui-même est un grand admirateur d’Alan Moore, qui est pour moi une référence (alors que je n’apprécie pas spécialement Pratchett (peut-être qu’il faudrait que je réessaie)). Donc il faudrait que je lise The Sandman.

Lucifer

Que le diable puisse éprouver de la culpabilité. Qu’il consulte un psychologue (une thérapeute : ce mot est bien meilleur, il permet de ne pas choisi entre psychiatre et psychanalyste): «vous avez un pb d’identité. Qui pensez-vous que vous êtes?» Mais comment vont-ils tenir quatre saisons avec des équilibres si fragiles entre humour, références bibliques et clin d'œil (exemple: une étiquette Prada entrevue une seconde)?
Ce que j’aime, ce sont les dialogues, le vocabulaire, la grammaire. Jamais entendu autant de may I, shouldn’t we. Et des mots comme scintillating. C’est si plaisant.

Reconnaissons cependant que les enquêtes policières sont simplistes et ne sont là qu'en prétexte.

La série essaie de sauver Lucifer, tout en reprenant l’obsession cinématographique américaine: le père, l’image du père, l’ombre du père. De Star Wars au Roi lion en passant par Top Gun ou Le parrain, le cinéma américain ne parle que de ça, du père, celui auquel on veut ressembler ou celui auquel on veut échapper. Et maintenant, Lucifer.

Quel pied !

Vu le chirurgien. Tout va bien. Cependant il m'a fait peur : «Oui, le pied reste gonflé trois à six mois après l'opération, c'est normal.»

Normal? Mais il ne m'avait pas prévenue! Comment vais-je aller travailler? Je ne peux enfiler aucune chaussure, d'une part parce que je ne plie pas l'avant-pied (au niveau orteils-plante de pied), d'autre part parce que le pied est trop gonflé.

Devinette

— Comment appelle-t-on quelqu'un qui croit que la terre est plate ?

Un lilas centenaire

Radio de contrôle (tout va bien).

Lorsque nous regagnons notre voiture, nous sommes interpelés par un vieux monsieur qui était en train de l'admirer en refermant son portail. Toute la conversation (ou monologue) se déroulera dans le ronronnement de son Opel mi-sur le trottoir mi-sur la chaussée.

Je l'interroge sur son lilas que j'avais remarqué en arrivant: un tronc de dix à douze centimètres de diamètre, je n'ai jamais vu ça. Il commence à en remonter la généalogie: la maison appartenait aux grands-parents de sa femme, qui avaient planté le lilas à la naissance de sa mère.
Et il enchaîne :
— Votre voiture me fait penser… J'avais un cousin, c'était le fils de l'homme de la publicité Banania. Il avait dans son garage une Oldsmobile et un coupé Mercedès. Son fils avait gagné un solex à la loterie, et comme il était avoué à la Croix-des-petits-Champs, il préférait le solex, c'était plus facile pour le garer. Je me rappelle, on le regardait partir par la fenêtre à Neuilly, très british avec son chapeau et son parapluie, il courait le long du solex, et hop, il montait dessus.

Pendant ce temps le moteur de l'Opel tournait.
Il a fini par nous laisser partir, mais un moment, je me suis demandée combien de temps nous allions rester là, depuis combien de temps il n'avait eu personne à qui raconter ses souvenirs.

A chacun son dirty secret

Série Netflix, Dogs of Berlin. VO en allemand (j'ai essayé le sous-titrage allemand, mais je ne tiens pas longtemps). Très violent et très noir, avec une dilection pour les gros plans sur les blessures gore (mais l'image ne dure qu'une à deux secondes).
L'équivalent du quai des Orfèvres est très inattendu, un côté soucoupe volante graffittée.

Entretien d'embauche :
— Dites-moi un secret qu'on ne dit pas normalement en entretien d'embauche.
— Je suis hôtesse pour téléphone rose. Ça me permet de travailler à domicile.

Et je me dis que mon secret serait «j'étudie la théologie» ou «je suis (ou j'ai été) spécialiste du RC littéraire».

L'autre blog

Je relis Le Concept de Dieu après Auschwitz.
Page de garde : "acheté à Levallois le 17 août 1994". Je ne sais pas quand je l'ai lu la première fois. Je me demande ce que j'y avais compris (non que ce soit difficile, mais les concepts qui me sont aujourd'hui familiers m'étaient inconnus). Je me souviens vaguement que l'essai de Catherine Chalier m'avait paru plus intéressant. Aujourd'hui j'ai l'impression d'une redite du texte de Jonas.

***

Avoir cassé Alice a occasionné quelques opérations informatiques qui m'ont ouvert des horizons (une simplification dans l'indexation de Véhesse que je n'ai jamais menée à terme depuis 2010: pas le temps, trop volumineux). J'ai tourné un peu dans ce blog, mis à jour quelques billets (la catégorie "Livres" doit disparaître, "Citations RC" aussi), réouvert Vaisseaux brûlés. Toujours le même charme d'écriture, mais habité désormais par l'omniprésence du mensonge. La bathmologie était un mensonge à soi-même destinée à couvrir un dogmatisme en ciment.
En août, cela fera dix ans que sa mère est morte.
***


L'infirmier m'a dit de passer mon pied sous la douche dans deux jours pour faire partir les derniers fils.

***

Ce matin nous étions en train de discuter Gilets Jaunes, du fait que la France était divisée en quatre (cf. les élections de 2017) et donc ingouvernable, mais:
— L'a-t-elle jamais été? Quand on voit dessinait les scénarios de Goscinny dans Astérix…
Débat : Goscinny, les années 50 ou 60? Après 68?
— Avant 68: il a commencé dans Pilote.

Un tour dans wikipédia, premier album en 1961, trois ou quatre ans plus tard des tirages à un million d'exemplaires, le premier satellite français nommé Astérix.

Et soudain je me souviens.
***

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Séries

L'addiction a frappé : Braquage à la suédoise et The wrong mans hier (Arte), Dead to me (Netflix) aujourd'hui.

La première suédoise amusante, la deuxième anglaise trépidante, la troisième américaine plus réflexive, sur la culpabilité, la colère et l'amitié. Une variation continuelle autour de «chacun a ses raisons» (Renoir).
Les scénaristes américains m'épatent continuellement: choisir une situation intenable et la faire tenir dix heures.

Mystère

Reçu un PV pour un excès de vitesse le 19 avril à 18h58 sur la A11 en direction du Mans à la hauteur du village de Saint Bomer.

Il va falloir contester et demander une photo.

Blanc

Version définitive (le bleu, c'était pour vous faire peur)


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Jaune blan rouge : drapeau de l'Océtie du sud, non reconnu par l'ONU.

Les livres et les BD reprennent leur place progressivement.


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Plus de peur de mal : j'ai cassé Alice, pendant deux heures je n'ai pas été sûre de pouvoir le récupérer (problème de mot de passe et de base).

Deux gîtes de deux anciennes sages-femmes: l'une est une amie de lycée, l'autre fut ma sage-femme (idéal pour visiter Giverny).

Sous le signe de la Suède

H. et O. travaillent à terminer le meuble de la cuisine, qui est en réalité un meuble de salon ou bureau acheté chez Ikea (les meubles de cuisine sont trop profonds pour la place dont nous disposons).

Donc nous avons pour l'instant un meuble bleu sur le fond circus de notre cuisine.


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H. est allé chercher une étagère (planche) de plus et nous a ramené les célèbres boulettes de viandes Ikea. Vingt-cinq ans que je n'en avais pas mangées, ça n'a absolument aucun goût (plus de six cents calories la barquette de 380 grammes: que mettent-ils dedans?) Heureusement que j'avais exigé de la confiture d'airelles.

Le soir, un épisode de Braquage à la suédoise repéré hier tandis que je cherchais le reportage sur le Brexit. Plaisant
Et dans la foulée, un documentaire sur Stallone (le moment où je découvre d'où vient "Adrienne", qui est en fait "Adrian".)


Sans rapport, mais curiosité : en revoyant Pour elle il y a quelques jours, j'ai découvert que l'un des thèmes musicaux est repris par Mad Max 4.

Brexit - The clock is ticking

Je regarde un documentaire sur Arte disponible jusqu'au 30 mai.

Des citations à peu près, pour mémoire :
Michel Barnier : «On ne résilie pas son abonnement téléphonique ou on ne rend pas sa carte de gym. Quitter l'Union européenne, c'est détricoter des centaines d'accords.»
J'ai toujours pensé que cette Europe est plus forte si on est ensemble. A 21 ans, j'ai fait campagne pour l'adhésion du Royaume-Uni à l'Union européenne. Il vaut mieux être ensemble que chacun pour soi. C'est encore plus vrai aujourd'hui qu'en 72.

Philippe Lamberts : l'idée de l'union européenne, c'est ensemble on est plus fort. Et c'est vrai qu'au sein des 27, cette conscience-là recule.

Yánis Varoufákis : Il y a une chose à comprendre à propos des négociations avec Bruxelles, c'est qu'il n'y a pas de négociation. Pendant cinq à six mois j'ai négocié avec Bruxelles le droit de négocier. Je n'y suis pas parvenu.

Le R-U commerce davantage avec l'Allemagne qu'avec tous les pays du Commonwealth réunis, davantage avec les Pays-Bas qu'avec l'Australie, la Nouvelle-Zélande et l'Inde réunies.
Cameron a joué à l'apprenti-sorcier. Mais il n'y a pas de maître pour rattrapper ses bêtises.

Récit d'un Irlandais qui a vu son ami abattu par un militaire anglais. Comment les gens ne sont-ils pas prêts à tout pour éviter que cela recommence, comment peuvent-ils menacer de recommencer? A quoi bon, quel intérêt?
Ceux qui refusent tout compromis, comme d'habitude, c'est l'extrême-droite nord-irlandaise. Ils refusent tout amènagement qui ferait de l'Irlande du Nord une terre de droit légèrement différente du reste du Royaume-Uni. Or pour des raisons commerciales, sanitaires, il n'est pas possible de laisser circuler librement les produits entre les deux Irlande: ce serait la porte ouverte à tous les produits que nous ne voulons pas (poulets chlorés américains, etc). Donc soit on crée une frontière physique (donc la guerre), soit on met en place des règles légèrement différentes sur l'île irlandaise (ce que refuse l'extrême-droite). Quadrature du cercle.

Résumé: sans accord entre le Royaume-Uni et l'Union européenne ("Brexit no deal"), la sortie de l'UE signifie mettre en place une frontière physique entre les deux Irlande, ce qui entraîne la guerre.
C'est d'ailleurs la seule chose qui fait reculer Barnier: il accepte des compromis pour sauver la tête de May car «si le gouvernement tombe, il n'y aura plus personne pour négocier». Et il veut à tout prix éviter la guerre en Irlande, c'est ce qui ressort non de ses paroles, mais de ses actes, des compromis qu'il accepte.

Un accord ou la guerre.
Lassitude à l'idée que cela reprenne. Nous avons grandi avec ça à la radio, à la télé.

Journée

8400. Rien fichu de la journée.

Hier comme aujourd'hui, j'ai dormi comme une masse dans l'après-midi. Peut-être le contre-coup de l'anesthésie.

"Mon" infirmier est en vacances, retour à l'infirmière. Son style me fait rire: petite, brune, jupe en cuir. Elle me fait penser à Maria de Medeiros dans Pulp Fiction.


Bandé, le pied reste très présentable.

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Principal enjeu

8400.

Toute la difficulté va être de ne pas prendre trois kilos en six semaines, à rester assise ou couchée toute la journée.

Rien de passionnant

A propos de qui RC disait-il qu'il était facile de tenir un journal quant on rencontrait tout Paris?
En tout cas, il est certain que c'est plus compliqué quand on reste assis toute la journée dans une chambre.

Ecrit cinq mille signes en six heures (sur cent mille à fournir) en écoutant les Nocturnes de Chopin. Cinq pour cent. C'est un début. (C'est peu, certes, mais avec toutes les notes de bas de page, le respect des normes typographiques, etc.)
Trié la pile des t-shirts et des pyjamas. Rempli un sac de vêtements à donner en y ajoutant quelques robes.
Passé sur l'ordinateur pro pour vérifier s'il n'y avait pas d'urgence depuis dix jours (il y en avait une que j'ai traitée tôt ce matin). Je me suis reconnectée à 18 heures pour mettre à jour la base de données de ce que je pouvais: comme elle ferme à 19 heures, j'était sûre de ne pas me laisser entraîner (mesure d'auto-contrôle).
Lu deux Langelots que je venais de recevoir. Les trois derniers (ici Langelot et le commando perdu) ont l'air de faire référence au GIGN et à l'agitation en Nouvelle-Calédonie. Ils sont nettement plus militaire et moins espionnage. Ce soir j'en ai commandé quatre: s'ils sont conformes aux photos des annonces (il existe plusieurs couvertures pour certains et je recherche les plus anciennes illustrations), j'aurai bouclé ma collection.

La plaie saigne dans le pansement imperméable (un grand pansement ovale de dix centimètres sur dix-sept environ, avec des bords découpés en fleur, sans doute pour coller sur des formes arrondies (Mepilex Border Flex)). Un point de suture a sauté dès le premier jour et malgré les strips, la plaie saigne. Est-ce que je me fais ça le jour ou la nuit? En marchant ou dans le lit quand le pied n'est pas tenu? Est-ce que j'ai le droit d'appuyer le pied à plat contre le matelas quand je suis allongée, est-ce que le poids du tibia est déjà trop pour la plaie qu'il écrase et rouvre? Je n'ai personne à qui poser la question. Flemme de googler, de devoir séparer le bon grain de l'ivraie parmi les réponses.

Frankenstein

Teasing : je vais mettre en ligne ici une photo de mon pied couturé, mais comme c'est gore, je vais attendre trois ou quatre jours, que ce billet soit un peu plus bas et que vous puissiez y échapper si ce genre de photo vous révulse.


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(On voit bien l'endroit où un point de suture a sauté (l'infirmier a posé des strips). La plaie saigne à cet endroit, d'où mes interrogations sur la façon d'appuyer sur mon pied quand je dors.)

Une mère has been

O. était parti vendredi après-midi pour Poitiers avec des copains:
— Baptiste m'a dit de prendre mon clavier, mon sac est tout rigide! (trémolo dans la voix genre je suis très malheureux)
— Ah bon, vous allez faire de la musique?
Regard d'incompréhension interloqué.
— Ah non, ce clavier, excuse-moi! (clavier d'ordinateur, pour jouer aux jeux vidéo.)

Il est rentré hier après-midi.
— Alors c'était bien? T'as bronzé?
— Euh non. Pourquoi bronzer?
— T'étais pas dehors? Vous n'êtes pas allés au Futuroscope?
— Mais non. On est allé à la LAN, un concours de Gamers, Baptiste était concurrent.
— LAN? C'est un acronyme?
— Euh non. Euh je ne sais pas.
— Il s'est bien classé?
— Ils sont arrivés en huitième de finale (de LoL, League of Legends).

Clavier = musique, Poitiers = Futuroscope. J'ai des réflexes old fashion. Heureusement que la jeune génération me sert de mise à jour.



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Nuançons : je suis quand même un peu moderne : je suis en train de lui envoyer des sms pour le faire sortir de son lit à… 12h34. (Je ne vais pas ouvrir sa porte car j'ai la flemme de mettre ma chaussure Barouk à trois velcros pour faire cinq mètres).

Vocabulaire : pécho

Suite du LFV (Langue française du XXIe siècle).

Question: à votre avis, pécho, c'est le verlan de choper ou une déformation de pêcher ou de pécher?


(Définition: drague couronnée de succès)

Journée vide

A ne pas pouvoir bouger, ou pas longtemps (je peux marcher sur le talon, c'est difficile de rester debout), à ne pas devoir m'assoir à un bureau (le pied doit rester en hauteur pour ne pas gonfler), les journées deviennent vite moroses.

Réveillée et levée tôt (6h30), comme d'habitude, rendormie de 8h30 à 11h : je déconseille, ça déboussole. Passage de l'infirmer pour la piqûre quotidienne d'anticoagulant (j'avais envisagé de la faire moi-même mais j'ai reculé), repas, déclaration d'impôts (première déclaration de l'appartement acheté en loi Pinel: je suis impressionnée, l'impôt est divisé par deux). Quelques lectures mais pas grand chose (cette impression que l'Eglise catholique est davantage préoccupée d'elle-même que du message chrétien: comment écrire un mémoire dans le cadre ecclésial dans ces conditions? Je n'y arrive pas. Mais il y a aussi la peur de ne pas y arriver, et je ne sais plus ce qui sert d'excuse à l'autre).

Divers: commandé Langelot et le commando perdu (jamais lu) et ce que j'espère être la première édition de Langelot et le plan Rubis (les couvertures changent dans les éditions suivantes).
Tard le soir, premier épisode de la saison 7 de Homeland (S0701), en espérant que cela n'entraînera pas de dérive.
Plus tard encore, flash: vingt-neuf ans de mariage aujourd'hui (nous ne sommes pas très doués pour ce genre de choses. Je m'interroge sur la possibilité et le désir d'organiser quelque chose l'année prochaine).

Un monde qui m'échappe

Interloquée par un tweet de l'UNEF: «En tant que femme transgenre racisée je suis intersectionnelle. Mais ma racisation fait de moi une personne plus privilégiée qu'une afro descente et c'est à cause du colorisme qui crée un privilège entre les personnes racisées.» Clémence Zamora-Cruz


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tandis que ce genre de dessin circule (dessinateur inconnu pour le moment)


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alimentant les insultes d'une gauche qui ne sait plus prendre de recul.


(En fait ce ne sont pas les revendications que je rejette, c'est le vocabulaire1. Les mêmes idées exprimées de façon compréhensible remporteraient peut-être mon adhésion, ou au moins ma sympathie. Dans le cas d'espèce, il y a trop de mots dont je ne comprends pas le sens exact. Le lecteur (ou auditeur) est arrêté par le langage qui fait barrage aux faits. (Il essaie de démêler le sens des mots plutôt qu'accéder directement à la revendication.))

La fin doit vouloir dire : «il y a une hiérarchie2 dans le racisme subi en fonction de la couleur de peau. J'ai conscience d'avoir davantage de chances qu'une Africaine à peau très noire.» ("descente": est-ce une faute de frappe pour descendante ou pour décente? (mais dans le second cas, qu'est-ce que ça veut dire?))
Et le début : «je suis une femme latinos trangenre: je fais donc miennes les revendications des femmes, des personnes de couleur et des LGBT» (est-ce cela que veut dire «intersectionnelle3»? je n'en suis pas sûre car je ne sais pas exactement ce que désigne "sections" (pour moi une section était quelque chose de l'ordre d'une cellule du parti communiste).

Que ceci soit considéré comme une première contribution à un LTI contemporain (LFV, Langue française du XXIe siècle ?)



Notes :
1 : Ce doit être une preuve de mépris de classe blanc élitiste.
2 : On remarquera le choix de "privilège" plutôt que "hiérarchie": une tendance à s'excuser par avance, ce qui est certes sympathique, mais sans doute inutile pour un état de fait que l'on subit et dont on n'est pas responsable.
Hiérarchie des couleurs de peau (ce que veut dire colorisme?): c'est un fait connu; par exemple la société du Brésil est connue pour hiérarchiser subtilement le métissage. En France la hiérarchie me paraît moins subtile (euphémisme) et tenir davantage à la beauté (oui, personne ne le dit, mais oui) et aux vêtements qu'à la simple couleur de peau. Evidemment, ce genre d'intuition serait à mesurer.
3 : Je me suis renseignée: à l'intersection du racisme et de la mysoginie.
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