Pince-nez

Télétravail. Matin tôt (7h): promenade jusqu'à Saint Mammès le long du Loing. Il fait bon, une légère brume s'élève au-dessus de l'eau. Je dérange un ou deux canards. Il doit y avoir des nids. La route traverse un chantier naval destiné à la restauration des péniches avant de devenir un chemin. Les bureaux-hangars sont à gauche, le chantier à droite, côté Loing. Il y a toujours une énorme péniche en cale sèche en train d'être repeinte, j'aime beaucoup cet endroit. On passe tout petit le long de la coque en surplomb qui ne paraît tenir en équilibre sur d'énormes tréteaux que par quelques coins. Est-ce vraiment stable? Je rêve. Se reconvertir pour devenir peintre de coque? Trop tard, trop tard.

Je découvre qu'il est désormais interdit d'emprunter la route. Y a-t-il eu un accident? Trop de touristes? Trop d'enfants qui furètent? Les influenceuses qui ont rendu Moret à la mode (trending) en mai dernier sont-elles en train de changer nos vies, nous obliger à mettre des règles adaptées à une foule essentiellement citadine qui n'a aucune conscience du danger?

le Loing en revenant de Saint Mammès


Soir après le boulot (19h): piscine. Il y a longtemps que je voulais y retourner. Nous avons un bassin «nordique», c'est-à-dire un bassin extérieur chauffée par géothermie. Un gigantesque panneau à l'entrée explique que conserver ce bassin chauffé l'hiver ou le vider et le remettre en eau au printemps dépense la même énergie: il a donc été décidé de le conserver toute l'année.
Evidemment, ce qui me plaît, c'est l'idée de nager l'hiver, quand il fait nuit, dans les fumeroles. Evidemment je n'ai pas réussi à m'organiser une seule fois avant le changement d'heure.
Donc aujourd'hui je me suis inscrite et j'ai testé mon pince-nez, suggestion de mon chef tri-athlète pour contrer mon allergie au chlore. Le résultat est mitigé: si je ne nage qu'une fois par semaine, ça devrait passer.

Blanc

Même températures annoncées pour aujourd'hui. Casse-tête des vêtements: avec les deux heures de décalage par rapport au soleil, il fait froid le matin et le soir on cuit. Je farfouille dans les placards et m'habille tout en blanc.

Réunion pour un projet avec un ancien agent général du Gan. Nous évoquons nos souvenirs de vieux combattants de l'assurance. C'est amusant.

Gemma en terrasse le soir. Commenter les tenues des personnes qui passent (bitcher) reste un grand plaisir.

J'ai mal au genou. J'ai mal depuis ma chute en janvier, mais au lieu de s'atténuer, ça empire avec le temps. Ça m'ennuie. Je n'ai pas envie d'aller passer une radio/scanner/IRM pour apprendre finalement qu'on ne peut rien faire et qu'il faut attendre.
Je vais directement continuer d'attendre.

Tolkien

Fini Le Seigneur des anneaux. Même si le chemin, la longue route, m'a paru plus courte, et les événements, les guerres, m'ont paru plus rapides (on dirait que les pages sont désormais comme les jours: on se retourne et l'on ne comprend pas bien où elles sont passées, ce qu'il est advenu de leur contenu), j'en ressors avec le même chagrin et le même regret qu'à chaque fois.

Il fait très beau. Je cuis à l'étouffé dans mon bureau.

Les couleurs du printemps

Appris qu'au printemps, les fleurs des bois et des champs fleurissaient dans l'ordre suivant: d'abord les blanches, puis les jaunes, enfin les bleues.

200 kilomètres pour un gigot

Dans la matinée, coup de fil pour prendre des nouvelles d'A. Nous bavardons.
— Papa attend que la tarte à l'orange ait fini de cuire pour mettre le gigot au four. J'aurais dû le laisser faire cuire le gigot en premier, on va manger super tard.
— Avec de la coriandre et beaucoup d'ail?
— Oui, le gigot habituel.
— Ça fait envie.
[Moi, en boutade] — Tu peux venir, si tu veux. Ça fait beaucoup pour deux.
— Je vais réfléchir. J'ai du travail dans le jardin, il faut que j'enlève les branches mortes du tilleul dans l'herbe pour pouvoir tondre, mais je peux venir après.
[Moi, incrédule] — Tu vas faire trois heures de route pour un gigot?

Je n'y croyais pas. Nous n'y croyions pas. Elle est venue.

Des nouvelles de Watson

Watson attendait devant chez le voisin d'en face, celui qui est fan de voitures (il a une Tesla et a remplacé sa Mustang par une Porsche).
Une passante s'est arrêté le caresser, nous avons engagé la conversation.
Watson a dix-neuf ans. Il ne va pas bien. Depuis qu'il a perdu sa maîtresse il y a un an, il refuse de rentrer chez lui. Il squatte chez un ou deux voisins.
J'avais remarqué qu'en un an, il s'était décharné. Je ne l'imaginais pas si vieux. Il est en train de mourir d'ennui et de chagrin. Ses yeux sont voilés, sans doute ne voit-il plus très bien. J'ai le cœur serré.

Journée remplie

A midi, passé récupérer quatre petits Mandelstam magnifiquement reliés. Sophie me donne le reste de la collection des Temps modernes de sa tante. Je lui laisse mes trois tomes du Lord of the Ring. Je n'ai pas eu le temps de terminer le dernier; je le continuerai en français (j'ai les poches à la maison).
Bonne idée d'être passé le midi plutôt que le soir. Je l'invite à la brasserie du coin, nous papotons, comparons l'esprit casanier de nos époux respectifs (et notre bougeotte). Elle me demande si l'aviron me manque: oui pour la lumière, la recherche de la perfection du geste, la suspension entre l'eau et le ciel, non pour l'aspect musculaire, la dépense physique, qui était ce à quoi elle pensait. Nous échangeons sur nos coïncidences, l'art de penser à quelqu'un quelques heures avant d'en avoir des nouvelles. Elle me parle de sa façon de regarder les pendules aux heures doubles (12h12) et moi de celle de me réveiller à 2h22 ou 3h33. (Le faisons-nous réellement, ou ne remarquons-nous que ces heures particulières, soit un biais de perception? Cette deuxième hypothèse reste la plus probable).

Vers six heures glace chez Raimo puis Passion selon Saint Matthieu au TCE. Je suis assise au milieu du rang et dérange tout le monde en m'installant dans les derniers. Mon problème en concert est que je m'endors. Il y a une règle: dès que j'arrête de bouger ou de parler je m'endors (une longue réunion est très difficile à tenir pour moi). Je somnole plus ou moins profondément, avec la terreur de me mettre à ronfler. J'entends donc cette Passion en pointillé et l'aspect lancinant, envoûtant, de la partition n'en est que renforcé. Je suis toujours surprise de la précision avec laquelle le texte suit l'évangile. A l'entracte, mon voisin regrette le choix d'un chœur minimaliste (quatre à douze personnes, selon comment on compte). Pour ma part j'apprécie cette version dépouillée.

Retour en bus. C'était prévu, trois heures de concert n'offre pas d'autre solution. Gare de Lyon, je manque de défaillir de joie et d'admiration: enfin, enfin, ils ont organisé l'accès aux bus, prévu des files, planifié des bus qui vont à Melun et des bus qui ne s'y arrêtent pas, fini la confusion, l'écrasement, la précipitation, la presse, la peur de tomber et celle de monter dans le mauvais bus.
Finalement, il ne leur aura fallu que cinq ans pour y parvenir.

Pas de petit plaisir

Comme j'ai une réunion importante, nous sommes partis tôt et nous petit-déjeunons gare de Lyon (ça permet de réduire le risque de retard dû aux trains).

Nous nous installons à une table, H. se lève et revient avec un gobelet, hilare:
— J'ai eu droit à «Bonne dégustation» pour un verre d'eau.

Le voisin frétille

Cela fait environ un an que nous avons un nouveau voisin. C'est un quinquagénaire solitaire, discret et triste. Nous sommes deux maisons de ville mitoyennes et de l'étage nous avons une vue plongeante sur son minuscule jardin, ou terrasse: espace clos et dallé de six mètre sur quatre, avec un barbecue sur roues et un énorme pot de basilic.

Il y a installé trois vastes parasols ouverts quasi toute l'année. Dessous il fume une partie de la nuit en regardant des films sur sa tablette. Malgré les rideaux occultants, les appliques de sa façade se projettent directement sur le plafond de notre chambre. Nous avons hésité (ne pas se fâcher avec un voisin tout neuf, de bonnes relations de voisinage sont essentielles à une vie heureuse) puis nous lui avons demandé s'il était possible qu'il pense à éteindre sa lumière quand il allait se coucher, ou même, idéalement, qu'il éteigne à minuit, en même temps que l'éclairage municipal, avant ne faisant pas grande différence.
Il s'est excusé et nous a promis de faire attention. Il tient parole.

Ce soir, vers dix heures, H. remarque:
— Tiens, c'est éteint chez le voisin.
— Pas possible, il est peut-être malade ?
— Mais non, je l'ai vu ce matin, il était frétillant.

Télétravail

Journée à faire des petits shémas sur ou avec power point.

Regardé Aniela sur Netflix. J'explore le comique polonais.

Quotidien

Il faut que je m'y remette. Entre les événements dont je crains qu'ils soient identifiés si j'en parle et les jours où il ne se passe rien (ou pas grand chose), j'ai perdu la cadence.
Et écrire est long. J'essaie de dormir plus, ou du moins assez, planeur oblige, donc j'ai moins de temps.

Fini The Two Towers, oublié mes lunettes et passé la journée avec mes lunettes de secours, fait des petits dessins (de jolis graphiques) pour la formation que je dois faire aux administrateurs, formation que j'ai intitulée «La santé en une heure», en référence à Cours de philosophie en six heures un quart de Gombrowicz — mais ça évidemment personne ne le saura, d'autant que la structure du titre n'est pas la même.

L'exposé des exceptions me fascine.

AG 5 - CDOS

Encore une AG, mais non plus entre clubs de planeur de la région, mais entre clubs de sports de toute nature du département. Beaucoup de messieurs habillés en gris avec des cheveux blancs. Je suis invitée (par mon président qui veut que je le remplace à la fin de "l'olympiade." J'aime ce nom d'olympiade).
Je démêle tant bien que mal les présents: les agents territoriaux ou d'Etat (département, éducation nationale), les élus politiques, les élus de clubs et les salariés du comité. Il y a ceux qui gèrent, ceux qui demandent des subventions et ceux qui les distribuent. Je murmure à mon voisin «en fait, nous sommes tous concurrents dans cette salle».

Le cabinet de commissaire aux comptes qui valide les comptes du comité est en train de fusionner avec un cabinet plus gros: «pour prendre en compte les conséquences de l'IA, nous avions besoin d'intégrer une structure plus grande» et je pense que la compta et l'analyse de comptes vont effectivement être mangées par l'IA.

Ça parle de subventions à la baisse (à quoi H. commentera: «tu ne te rends pas compte, il y a quinze ans, c'était une telle gabegie»), de diminution des bénévoles: «quand la génération des boomers aura disparu, nous irons droit vers la privatisation du sport. On y est déjà»). Tous ces gens sont pessimistes. J'ai davantage confiance en la jeunesse (comprendre: plus jeunes que moi). Je ne pense pas que le bénévolat et l'engagement disparaîtront. Ils prendront d'autres formes, nos successeurs inventeront autre chose.

En discutant à la fin de l'AG, je comprends (enfin) une évolution majeure de la société: ma vision du sport — perfection technique et compétition — n'est plus du tout ce qui intéresse les pouvoirs publics. Il faut "bouger" pour être en bonne santé. Il faut "s'hydrater" pour être en bonne santé. Il faut "manger moins" pour être en bonne santé. Bref, il faut faire baisser les coûts de l'Assurance maladie.
Tout cela manque de joie. Ça ne pétille pas beaucoup, Kevin.


Il fait froid. Les arbres sont verts avec dix jours d'avance. Belle journée de planeur, mais AG ou voler, il faut choisir.

Ennemis

Il y avait six listes, quatre ont obtenu plus de dix pour cent des voix et peuvent se présenter au second tour. La répartition est du type 46% pour le maire sortant, 13%, 12%, 12%, 9% et 7%.
Si les opposants au maire sortant souhaitaient réellement s'en débarrasser, ils s'uniraient contre lui (c'est ce que nous faisions à Yerres contre Dupont-Aignan (c'est ce que nous faisions à Yerres, sauf LFI évidemment)). Cela suppose de ne pas s'être insultés dans les semaines précédentes, au moins entre candidats fréquentables (le spectre de la social-démocratie).

Il faut se décider vite, très vite: les résultats sont tombés dimanche vers dix heures, les listes du second tour devaient être déclarées en préfecture ce soir avant cinq heures. Aux élections auxquelles j'ai participé, Dupont-Aignan était élu au premier tour. Je n'avais pas eu l'expérience de la rapidité avec laquelle il fallait se décider à faire alliance avec les opposants de la veille: trente-six heures pour décider de fusionner, trouver avec qui fusionner, décider comment fusionner (qui reste tête de liste, comment se répartissent les sièges suivants, qui accepte (est soulagé) de quitter la liste fusionnée).
Il faut faire les tracts, concevoir les documents «de propagande» (terme officiel: bulletins, profession de foi) et les présenter devant la commission électorale de la préfecture qui les accepte ou les refuse.

La question ne s'est pas réellement posé car le dogmatisme a prévalu. Mon candidat centriste étant considéré comme d'extrême-droite, il a été repoussé avec horreur. Les deux autres, aveuglés par leurs egos, ont été incapables de s'entendre. Cela a d'ailleurs donné lieu entre militants à des passes d'armes assez comiques sur FB ou ailleurs. Comique mais pas très sérieux: cela ne laisse aucun doute sur le fait que l'intérêt des citoyens est secondaire. Pas étonnant que les gens ne se déplacent plus pour voter pour de tels guignols. Même si c'était très amusant, j'espère que peu de personnes l'ont lu.

J'atterris

Premier atterrissage réussi depuis le 11 octobre. J'espère avoir assimilé quelque chose. Il faut que j'arrive à être régulière si je veux être de nouveau lâchée solo. Le but est de faire de la campagne, mais je ne sais pas dans combien d'années (smiley clin d'œil, lunettes noires, points d'exclamation, etc.)

Le maire sortant de la commune est réélu.
Le candidat dont je suis mandataire financière est second dans une quadrangulaire.

AG 4 - Comité régional

AG à Gentilly. Il fait beau. Je roule décapotée en continuant Gombrowicz.

AG du comité régional qui regroupe les comités départementaux d'Ile-de-France (cf l'AG du 10 janvier) dans les locaux neufs du CROS (comité régional olympique et sportif). On me raconte que les anciens étaient piteux.

Exposé de l'année dernière, projets de l'année à venir. Je connais le nom des clubs de la région mais j'ai du mal à les situer géographiquement. Dans l'ensemble c'est sympa et angoissé. Comme tous les responsables, ils sont inquiets pour leur club, pour leur activité. Il faut des adhérents pour intéresser les pouvoirs publics et leur nombre baisse. Une piste semble être l'e-planeur: possible l'hiver, écolo, faisant partie de l'e-sport.

Nous déjeunons dans un excellent restaurant marocain avenue Lénine. Je pense à Roubaud qui expliquait que nous sommes l'un des rares pays à avoir gardé une station de métro Stalingrad.
Je m'étouffe en découvrant l'ancien nom de la rue.




Elections municipales. Ouf, l'ancien maire (non élu en 2022) qui briguait un septième mandat n'est pas passé au premier tour comme il était persuadé que ce serait le cas.
Le candidat dont je suis mandataire financiaire est arrivé second dans une élection à six candidats.

Le Purgatoire, chant XVIII

Ligne 8



AG 3 - Soutien moral

Le trésorier du club a démissionné. J'ai été élue à sa place.

Commentaire d'un pilote médecin en prison : «Si tu vas à Fresnes, ne t'inquiète pas, je serai là».

Le président du club a préparé la meilleure des sauces gribiche.

Roubaud

H. est parti voir sa mère avec les enfants (je me suis engagée à l'accompagner le plus souvent possible car y aller seul le déprime, mais comme il y a les enfants je me suis désistée).

Je me suis lancée dans le ménage en continuant d'écouter Jacques Roubaud. Il évoque beaucoup la mémoire, avec l'idée qu'on se souvient de ce dont on s'est souvenu: j'écris ce dont je me souviens, je le relis, je me souviens de ce que j'ai écrit (et non plus des faits, si tant est qu'on se souvienne jamais des faits).
Je me sens plus proche de la vision de Nabokov: une fois que j'ai écrit, j'oublie les faits et ce que j'ai écrit, car je suis déchargé de la charge de me souvenir: je saurai où retrouver mon souvenir.

Roubaud se plaint (ou regrette, ou constate) qu'il perd la mémoire en vieillissant. Il donne l'âge de soixante, soixante-cinq ans, ce qui me paraît encore jeune. A un moment il parle «d'anesthésies qui m'ont lessivé le cerveau» et je comprends mieux.
Je découvre avec ravissement que dans Ode à la ligne 29 des autobus parisiens, il parle du glacier Raimo. Peut-être y organiser une réunion amicale des anciens des jeudis de l'Oulipo?

Je lave et j'astique. Il est clair que je ferai pas tout ce que j'avais prévu. Mais c'est déjà mieux. L'aspirateur n'aspire plus rien. Il faudra le changer. Aurai-je la patience d'attendre d'avoir utilisé l'ensemble des sacs aspirateur achetés d'avance? (c'est mon côté paysan: consommer ce qui est acheté.)

Le soir j'emmène Martial au restau mexicain à Fontainebleau. Il poursuit des études de journaliste à Lille et me raconte ses expériences, par exemple faire une intervention de cinq minutes sur un sujet qui demanderait douze heures. Je suis surprise des stages qu'il décroche, dans de grands groupes télévisés. Je ris: «En fait, le stagiaire BFM, c'est toi».

Nous rentrons. H. nous annonce: «c'est la guerre».

Pointe de la Masse

Mangé d'excellentes frites dans une chaise longue face aux aiguilles d'Arves que j'avais déjà vues en planeur. Je suis fière de moi car je les avais reconnues l'autre jour à Orelle.

En haut de la Pointe de la Masse se trouve un dispositif ingénieux qui permet de réellement identifier les montagnes: il faut aligner les lettres et la flèche indique le bon sommet.
La vue est magnifique.

Les Ménuires - Mont Blanc vu à partir de la Pointe de la Masse


Sur les pylones des Ménuires sont collées des affiches qui proclament (en anglais) «Avant il fallait se protéger de l'hiver, maintenant nous devons protéger l'hiver», «Quand on aime la neige, on aime le ski; mais quand on skie, on menace la neige, alors que faire?», «Les sports d'hiver sont essentiels à l'économie de nos vallées». J'ai oublié l'adresse d'un site. En faisant des recherches ce soir, j'ai trouvé POW, Protect our Winters. Est-ce hypocrite, est-ce woke, est-ce du greenwashing ?

Le soir je pars à la recherche de bain moussant au SPA des Balcons. Bredouille. Il faut se rendre à l'évidence, il n'y a pas de bain moussant sur la station.

Orelle

La techno a recommencé ce matin à six heures. Il neigeait. Je me suis levée, j'ai mis France Musique pour couvrir le bruit et j'ai bricolé sur mon ordi. Petit déjeuner. Autre supérette, toujours pas de bain moussant. Le caissier me conseille gentiment de voir dans les SPA s'ils n'en vendent pas.

Matinée dans la vallée d'Orelle par télésièges Moutière et Grand Fond (Grand Fond est la clé vers Orelle comme Plein Sud l'est vers Méribel, il faut que je m'en souvienne). Je suis au niveau des nuages.

Col de Thorens - 3 février 2026


Je descends des pistes non dammées (not groomed, c'est amusant). La poudreuse fait un joli bruit, mais elle est lourde et fatigante. Mes muscles ne sont pas à la hauteur.

Vers midi je me trompe de téléphérique et en prends un qui… descend. Je mets longtemps à comprendre. Il est très long et passe de 3000 à 800 mètres. Il date de 2021. Est-ce le projet fou d'un maire, d'un député? Développer Orelle en permettant d'atteindre les remonte-pentes des 3 Vallées en dix minutes? Quel est le prix de l'immobilier à Orelle? Je ne sors pas de la cabine et remonte.

L'après-midi je repasse du côté de Val Thorens. Cime de Caron dans la brume, Boismint, Moutière, Péclet, Moraine, Grand Fond, Plein Sud, etc. Ce soir, mon appli annonce 73,5km, mais je ne sais pas combien il faut enlever pour l'aller-retour à Orelle. Je suis très fière de ma pointe à 58,6 km/heure.

Le soir je comprends qu'en fonction de la position d'un fusible (ou plutôt de deux qui paraissent solidaires), je peux allumer soit le micro-onde, soit les plaques de cuisson, mais pas les deux à la fois.

La question du jour : acheter ou pas des chaussures de ski? Le loueur me disait dimanche que si je skiais régulièrement, il valait mieux avoir ses chaussures, pour pouvoir les adapter parfaitement.
Je ressasse: je ne skie pas régulièrement, mais vais-je skier régulièrement? Y a-t-il une chance que je skie une semaine par an pendant dix ans?

Lundi

Je me suis très couchée tard. Et une fois au lit, catastrophe: musique que je qualifierais de techno — par simplification. Il est une heure du matin, je me dis qu'il est inutile que je me dérange, que quelqu'un dans l'immeuble va râler. Je mets deux boules quiès. Chaque fois que je me réveille le bruit est là, permanent. Je dors très mal, pas seulement à cause de la musique, mais parce que l'air est desséché, me dessèche et que j'ai chaud et froid alternativement.
Vers six heures le bruit a disparu. Je prends un ibuprofène et dors encore deux heures.

Quelques indications d'orientation (pour l'année prochaine ou dans deux ans, quand je ne me souviendrai de rien): les télésièges Plein Sud, 3 vallées VT 5 vers le col de la Chambre permettent de passer du côté de Méribel. Au pied du télécabine Mont Vallon je fais demi-tour car la piste rouge a été reclassée en noire et un message décourage les skieurs "intermédiaires"; télésièges Plan des mains, Bouquetins. Je descends la piste rouge Alouette, je prends le nouveau téléphérique Côte brune. Je suis avec un moniteur de ski qui explique à ses élèves que les travaux ne peuvent avoir lieu que pendant un court intervalle l'été: «il peut y avoir de la neige jusque mi-juillet et elle recommence à tomber en septembre». Mentalement j'imagine les contrôles auxquels sont soumis tous ces pylônes.

La ligne des montagne est magnifique mais peu la regardent. Smartphones, carte des piste, discussions entre amis… Peu lèvent le nez.
Je descends Pluviomètre une ou deux fois, j'emprunte des pistes rouges. Je prends de l'assurance, je vais plus vite. En fait tout est plus facile quand on va plus vite. Simplement, si on tombe, on se fait plus mal. Téléphériques Bruyères 1 avec quatre jeunes gens hautement puants. L'un d'entre eux raconte ses hauts faits, du genre un resto-baskets au Liban de plusieurs centaines d'euros, des jets de pierre sur des voitures parce qu'il était bourré. Mais comment peut-on se vanter de ça? Il me fait penser à la réputation des étudiants de l'INSEAD à Fontainebleau. Les quatre font des projets pour les années suivantes, parlent budget. «Le problème, c'est de réserver à l'avance et qu'il fasse mauvais». Ben oui ma cocotte, c'est ça, les sports de plein air, ça dépend de la météo.

Je casse-croûte à nouveau au col de la Chambre puis je repars sur la vallée de Val Thorens pour l'après-midi afin de limiter le risque de ne pas rentrer à temps.
Mon problème principal est que je ne retiens pas à quelles pistes mènent quel téléphérique ou télésiège. Péclet et Lac blanc permettent des rouges intéressantes. Désormais je m'exerce à dépasser certains skieurs, je fais la course sans qu'eux le sachent.
En prenant Pionniers ou Plein Sud, je rentre au studio par les pistes. L'un des deux doit être ma dernière remontée de la journée.
Au pied de ces télésièges, surprise: contrôle des sacs, arrêté préfectoral, interdiction d'avoir de l'alcool. Les cabines de ces remonte-pentes survolent le bar «La folie douce». Musique à fond et jeunesse surexcitée. Je me demande comment ils redescendent à ski en étant bourrés.

Recherche vaine de bain moussant. Les rayons de la supérette sont remplis de groupes d'Allemands et de Hollandais qui achètent de l'eau et de la bière.

Sans doute à cause des jeunes filles splendides que j'ai vu se brosser les cheveux hier à 2800 mètres pendant leur pause-déjeuner (une brosse à cheveux: mais bien sûr, indispensable dans le sac à dos pour une journée de ski), je me lave les cheveux avant d'aller au restaurant. Je regrette de ne pas avoir pris de maquillage, je n'avais pas anticipé que ma cicatrice sur la lèvre supérieure serait si voyante, rouge cerise. En fait je ne comprends que maintement que c'est une cicatrice ordinaire, comme une cicatrice sur le genou: elle va mettre des mois à disparaître.

Une heure de visio pour un point sur les municipales.

Faux-filet, tarte aux myrtilles. Je rentre, le studio est silencieux. Serait-il possible qu'il n'y ait pas de musique ce soir? Nous sommes lundi, les boîtes de nuit seraient-elles ouvertes?

Premier jour

Réveillée comme tous les jours à 5h50. Je prends un doliprane, ferme les rideaux et me recouche.
Levée 8 heures. Je ne me presse pas. Je ne sais pas trop comment m'y prendre, je ne sais pas où je vais chausser mes skis pour la première fois, je ne sais pas si je suis assez souple et assez musclée (il y a six ans, je faisais beaucoup d'aviron).

A part le ski, l'autre inquiétude, c'est l'orientation. En 2019, je ne faisais attention à rien, laissant O. me guider. Aujourd'hui, il faut que je me débrouille et j'ai peur, non pas réellement de me perdre (il suffit de demander son chemin au personnel des télésièges), mais de mal évaluer le temps et les distances et d'être coincée dans la mauvaise vallée à l'arrêt des remontées mécaniques.

Cessons le suspens: tout s'est très bien passé. Ce que j'ai perdu en muscle et en souffle (essouflée à 3000 mètres), je le compense par un meilleur équilibre. Le travail profond effectué depuis neuf mois porte des fruits. J'ai essayé des pistes vers Méribel (remontée "Les Bruyères", je le note pour un prochain séjour), je me suis perdue vers les Ménuires (dont j'ai découvert l'étonnant clocher). Il a fait très beau, la ligne des montagnes est magnifique. Tandis que je calculais que je tenterai les pistes rouges dans deux ou trois jours, je me suis retrouvée en haut d'un téléphérique où il n'y avait que des rouges et des noires; il m'a bien fallu descendre.

Etre seule permet de se glisser sur les sièges ou dans les œufs à chaque fois qu'il ne reste qu'une ou deux places alors que les groupes s'attendent pour être ensemble. J'écoute les conversations. Le plus drôle fut le père disant à son petit garçon (six ou sept ans): «D'accord pour aller plus vite, mais en échange, tu m'écoutes, deal?» Le garçonnet réfléchit et répond honnêtement: «Non». (J'ai adoré son honnêteté et son audace.) Ils étaient quatre Anglais, la fillette était plus âgée, avec de merveilleuses taches de rousseur. «Mais si on ne va pas vite, on va s'ennuyer» analyse-t-elle. Une autre fois, une Espagnole et une Chinoise découvrent qu'elles habitent toutes les deux Londres. Dans un autre télésiège j'ai eu droit à une sorte de revue du Who's who, entre Canada, Pays basque et Corrèze. Quant à la jeune fille qui évoquait le RER D dans le funiculaire de la Cime de Caron, je ne peux que lui donner raison.

Dans une autre conversation j'ai découvert le fairphone.
Le mec d'un groupe de trois — Ah tiens, Thierry devrait prendre un fairphone, ça lui irait bien. C'est un smartphone construit entièrement à partir d'éléments recyclés, où toutes les parties sont remplaçables.
L'une des deux filles: Ça doit moche et très lourd, non?1
Le mec: Oui, et ça fait de très mauvaises photos. On n'a rien sans rien.

J'ai téléchargé l'application "Les trois Vallées", je peux donc partager quelques statistiques : 56,4 km parcourus et 6,13 km de dénivelé en 6h05. (Cela ne fait pas 9km/h: il y a le temps des remontées et la pause casse-croûte).

Le soir, j'ai échangé mes chaussures qui me blessaient la malléole. Acheté du coca au cas où la colique reviendrait. Bu une Guinness au bar du coin.

J'ai pris un coup de soleil sur le nez et les joues. Cela provoque des frissons de fièvre. C'est très laid sur la cicatrice fraiche de ma lèvre. Demain, écran solaire.



Note
1: Ça me fait plaisir de n'être pas la seule à avoir ce genre de scepticisme. Surtout que la jeune femme doit avoir trente ans.

Installation

Train de 6h24 (nous avions prévu le 53, mais puisque nous étions prêts, nous en avons profité).
Thé et porridge à Prêt à manger gare de Lyon.
TGV de 8h40. Je ne me suis pas pressée, je monte dedans à 8h25. Il est plein comme un œuf et c'est le chaos, notamment pour caser les bagages très volumineux des vacanciers skieurs.
Je lis, je dors, je nomme et classe des photos. Rocher Suchard. Ma voisine disparaît au bar quasi tout le voyage.

Car à Moûtiers. Dans la gare routière je découvre avec stupéfaction des cars Amsterdam-Moûtiers. Mazette.
Il fait beau. La route est étroite. Les cars qui montent et descendent se cèdent le passage avec courtoisie dans les virages.
J'arrive à 14h20, la location commence à 16h. Je pars à la recherche d'un endroit où boire un verre et je m'épuise avec mon sac à marcher dans la neige au bord des pistes, à la recherche d'un bar que j'aimais bien il y a six ans (put*** six ans! Pourquoi ai-je attendu six ans pour revenir? Existe-t-il encore? Le covid est passé par là).
Je finis par le trouver, mais il est désormais si près de 16 heures que je n'ai plus le temps de me détendre. J'achète mon pass pour les trois vallées et retourne à l'appart.

Je récupère les clés: c'est minuscule (pour quatre? Quatre là-dedans pour dormir, OK, mais une fois qu'on ajoute les bagages, on doit se marcher dessus), très propre, très bien équipé, avec des produits de première nécessité. (Je déteste les endroits où il n'y a rien dans les placards, où tu es obligé d'acheter du sel et de l'huile, denrées que tu es plus ou moins obligé de laisser quand tu repars car intransportable dans une valise.)

Je me fais un thé, mange deux bols de Smack et repars louer des skis chez Goitschel dont j'ai retrouvé le nom dans ce blog. C'est le rush du week-end (ils sont ouverts jusqu'à 20h); ceux qui rendent leurs ski croisent ceux qui en prennent. Suite à ma chute de vélo et parce que j'ai remarqué cette après-midi que tout le monde désormais en portait un, j'achète un casque.

Je rentre, fais mon lit et prévois de dormir dix minutes qui deviennent une bonne heure. Je ressors faire des courses, puis une troisième fois pour manger une fondue savoyarde (un mois que j'en rêve).
Toujours la même question: «vous êtes seule?» (déjà chez le loueur de ski). Personne ne vient seul au ski, c'est une activité de groupe, pour être heureux ensemble.
Je rentre en m'apprêtant à dormir solidement, mais je fais une crise de colique une heure durant: l'altitude? les Smacks? le lait? la fondue? l'appréhension sourde de devoir skier demain six ans après, seule?

Décompression

Je suis en vacances ce soir. Je n'arrive plus à me concentrer, mon esprit se décompose. Je suis en train de payer les dix jours entre Noël et le Nouvel An quand je suis allée travailler sans avoir récupéré de ma fièvre. A midi je vais manger une grosse pièce de viande rouge dans l'espoir de me ressaisir. J'essaie désespérément de me souvenir des urgences pour passer deux ou trois consignes à mon adjointe. J'ai la cervelle en fromage blanc.
Mais bon, n'exagérons rien, une semaine, ça passe vite. C'est juste mon syndrome de l'imposteur qui ressurgit.

Je pars tôt car nous dînons chez des voisins. La soirée commence sur un thème inattendu: les rêves. Notre voisine se souvient de tous ses rêves et cauchemars. Et elle et H. de comparer les dents qui tombent, les fuites, les escaliers qui disparaisssent, mais aussi une maison qu'ils connaissent et qu'ils peuvent décrire pièce par pièce… Laurent et moi les écoutons, perplexes.

On parle planeur, avion, hélicoptère. Lui travaille dans le monde de la télé. «Je connais bien le second de Balavoine. Balavoine installait des puits dans les villages sur le parcours du Paris-Dakar. Le puits de la veille avait un problème; Balavoine a demandé à son second d'y retourner, donc celui-ci n'était pas dans l'hélicoptère, il lui a sauvé la vie.» Et à propos de l'accident qui a tué Florence Arthaud: «Pour que les images soient belles il faut filmer au plus près, ils se sont trop rapprochés. […] Dans un hélicoptère, tous les passagers servent de rétroviseur et doivent regarder autour d'eux. Alors une émission où les passagers de l'hélicoptère ont les yeux bandés…».

Plus tard nous bitchons joyeusement. Ils se sont mariés cet été, chacun ayant des enfants de son côté. Lui nous dresse un portrait de son ex mythomane: «pour vous donner une idée, elle m'avait dit qu'elle parlait russe. Un soir on est invité à dîner par un ami qui a épousé une Russe. — Ah mais c'est super Clothide, tu vas pouvoir parler russe. Je la vois se décomposer; en fait elle savait compter jusqu'à six. Nous avons un bureau Louis XVI, au lieu de le dire simplement à notre fils (de sept ans), elle lui a raconté qu'il venait du château d'un roi qui s'appelait Louis XVI, tout ça parce que sa famille fantasme l'idée de descendre des Bourbons.»

Nous parlons du précédent propriétaire du loft que nous avons acheté. Ils le connaissaient puique c'était leur ancien voisin, avant nous. Ils l'ont revu récemment, sur la côte basque. Nous tombons d'accord sur le fait que lui aussi est mythomane. Nous racontons les lettres recommandées que nous avons longtemps reçus au loft. Nous avons conservé pendant deux ou trois ans l'acte d'achat du loft à portée de main, pour le montrer aux huissiers ou gendarmes qui sonnaient à la maison. Visiblement l'ancien propriétaire était criblé de dettes; d'ailleurs il avait fait un scandale chez le notaire en découvrant que son ex avait fait saisir une partie du prix de la vente du loft. «Il ne nous a pas donné son adresse avant de partir; ils nous a dit de laisser le courrier dans ta boîte. — Comment? mais il ne m'avait rien dit, je n'avais pas son adresse.» Nous nous regardons avec stupeur, j'éclate de rire: «Mais alors, tu as dû nous prendre pour des dingues, à trouver le courrier de Serge systématiquement dans ta boîte aux lettres!»

A minuit nous partons, je prends le train tôt demain et j'ai peur de le rater, à cause d'une panne de réveil ou d'un problème SNCF.

Bagage

Télétravail. Pain, rosbeef froid et moutarde, baba au rhum.

Je prépare ma valise: pour skier 2 maillots de corps coton-soie, 2 sous-pulls petit bateau hérités de l'aviron, un pull en cachemire gris que m'avait donnée ma formatrice irlandaise (très fin et très chaud), des chaussettes de ski, un pantalon de ski, des moufles, des sous-gants en soie, deux bonnets (avec et sans pompon) et un tour de cou issu de l'aviron lui aussi. Il sera possible de faire une lessive dans le lavabo un jour sur deux, un jour sur trois, si nécessaire. Je ne serai «en civil» que deux ou trois heures par jour, et encore, si je ressors le soir; je n'emmène que des sous-vêtements, des chaussettes et un tee-shirt de nuit, mon jean et mon pull de voyage suffiront pour la semaine.
Comme on le voit, voyager seule réduit les efforts de coquetterie ou d'élégance. Pas de produits de maquillage mais mon gros de crème Nivea qui doit avoir dix ans (dans l'espoir d'enfin le terminer), de même des bouteilles de shampoing et douche en fin de vie: je les jetterai sur place. Doliprane, ibuprofène, vicks.

Je priorise ce qui me fait plaisir : huit One Piece (un «arc»), Un mois à Sienne offert par Aline, des cartes de voeux (après tout il restera une journée), des timbres et du papier à lettre, mon ordi, le chargeur adéquat, deux paquets de Smack (si, si) et un demi litre de lait (pour manger en urgence le premier soir ;-) ), un étui de rochers Suchard noirs, une trousse à stylos et une trousse de fils, chargeurs, écouteurs, carte d'identité et carte bleue.

Tout cela tient dans un sac de voyage (pas une valise mais un sac acheter pour le coffre de la Mazda) et un petit sac à dos Décathlon.

AG 2 - tai chi

Une AG où je ne suis pas membre du bureau, ça me change.
Galette. Il paraît que je suis la seule des nouveaux à être venue.

En quittant la salle, je trouve un flyer sur la fondation Claudia Cardinale. Je n'arrive pas vraiment à me remettre du fait qu'elle vivait si près de chez moi et que je ne le savais pas.

Quand je rentre, le premier canapé retapissé est là. Le motif à grosses fleurs grand-mère égaie notre intérieur métallique. Pari risqué — et gagné.

Bombance

Galette(s) des rois au boulot, sur le principe «chacun amène quelque chose», ce qui bien sûr fait huit fois trop.

Une fille de mon équipe, dont le mari vient d'Agadir et qui connaît mon attachement au Maroc (elle m'envoie des photos de mon école primaire quand elle est en vacances), m'a préparé spécialement des pastillas individuelles. Un carton m'attendait ce matin sur mon bureau.
Nous venons de les finir, elles étaient excellentes.

PS : grand professionalisme des coiffeuses, pas une n'a demandé, devant ma gueule cassée, ce qui m'était arrivé. Impassibles.

Balzac

Hier mon boss a tant insisté que ce matin je suis allée chez le médecin que j'avais déjà consulté à Nation en urgence, parce qu'il était le seul disponible le jour-même sur Doctolib.
Il a la tête de Gobsek, l'âge de Mathusalem, ne prend pas la carte bleue et fait payer soixante euros.
L'idée de mon boss était que l'on vérifie que je n'avais pas de trauma crânien («Vous n'allez pas bien, ça se voit dans votre regard. — Vous savez bien (il est triathlète) que la tête, vingt-quatre heures plus tard, si on est debout c'est que ce n'est pas grave»). J'attendais des tests de base du genre suivre du regard le doigt du médecin sans bouger la tête. Gobsek a inspecté la paroi nasale, m'a prescrit du doliprane (j'en prenais déjà), du sérum phy, des antibiotiques («pour éviter que les plaies ne s'infectent») et un scanner.
Je suis rentrée au bureau et j'ai déchiré les ordonnances. Je n'y retournerai pas.
(Ce n'est qu'avec retard que je me suis dit que ce qu'il y avait dans mon regard, c'était sans doute un certain désarroi suite à vendredi.)

Parking

Ma carte navigo me permet de garer gratuitement ma voiture dans un parking couvert à la gare.
Normalement.
Ce matin, non.
La barrière ne s'est pas levée. Ça m'était déjà arrivé un soir il y a quelques jours et le gardien avait réinitialisé ma carte, mais visiblement ça n'a pas suffit. (Le matin, pas de gardien, il est trop tôt.)
Ce n'est pas que ce soit passionnant mais je le note ici pour le retrouver au besoin (car le temps file: quel soir était-ce? je ne sais, un soir de janvier).

Gonflée

Je suis tombée de vélo hier soir en rentrant du planeur et le visage a porté: j'ai la lèvre supérieure gonflée, elle a pris une assez jolie couleur rouge foncée. Le moche, c'est l'écorchure d'un centimètre sur deux en dessous du nez qui donne l'impression que je saigne en permanence.

Nous avons fini dans la matinée le dépliage-repliage des cinq parachutes restants. Je suis rentrée et j'ai dormi tous l'après-midi en lisant par intermittences Meurtre en Mésopotamie.
Les billets et commentaires du blog Alice du fromage sont utilisables sous licence Creatives Commons : citation de la source, pas d'utilisation commerciale ni de modification.