Fin du suspens

Je viens d'apprendre grâce au Monde que le 18 juillet les groupes devront se constituer à l'Assemblée nationale, et dans le même mouvement se déclarer majoritaire, minoritaire ou d'opposition.

Dommage, la valse-hésitation qui devenait très amusante va prendre fin. Ce sera l'heure de vérité. Au soir du 18 juillet nous saurons qui dîne avec qui.
Une rumeur insinue que le RN ne serait pas représenté au bureau de l'Assemblée. Il me semble que ce serait une erreur et irait à l'encontre de la constitution.

Voir également les fiches 8 et 9 dans «Connaissance de l'Assemblée».

Courbatures

Au réveil, j'ai tout le haut du corps, du bas des omoplates au haut des cervicales, pris dans une immense courbature, un seul énorme bleu. Etirements prudents et massage à la friction de Foucaud.

La nouvelle qui nous attend est celle d'un attentat raté contre Trump. Celui-ci est touché à l'oreille, mais vivant. Je pense aussitôt à une mise en scène, mais touché à l'oreille, c'est beaucoup trop risqué: Trump aurait pu être tué.
H. est catégorique: ce sont les Russes.
— Mais s'ils l'avaient tué?
— Ça leur est égal, tout ce qu'ils veulent, c'est le chaos.

Trump façon Van Gogh après sa blessure à l'oreille


Journée calme. Marché à Fontainebleau, déjeuner au Mexicain, sieste.
Encore un week-end bien peu productif (je devais repasser, écrire des lettres de motivation, rempoter des plantes, classer des papiers, tester Condor, etc.)
Je lis Le collier de la reine, j'écoute Hannah Arendt pour me désintoxiquer des séries.

En vrille

Planeur. Il fait terriblement gris mais le soleil finit par percer comme promis.

Aujourd'hui cours sur la vrille — non pour apprendre à en faire, mais pour apprendre à (s')en sortir quand on s'y met par erreur.

Nous montons au maximum (le plafond aujourd'hui, c'est-à-dire la base des nuages, est à 1400 m), T. prévient à la radio que nous allons faire des exercices de vrille et vérifie dix fois qu'il n'y a personne sous nous: «j'ai toujours peur qu'un planeur nous rejoigne en nous voyant tourner».

— Donc pour commencer tu te mets aux grands angles d'incidence...
Késako? Je devrais sans doute le savoir mais je ne comprends pas et je n'ose pas le dire. Interprétant le mot «angle», je pousse vaguement sur le manche pour incliner le planeur.
— Non, tu te mets en limite de décrochage. La vrille, c'est un écoulement dissymétrique en limite de décrochage. Tu es prête? On y va.

Piqué vers le sol digne des plus violentes montagnes russes. La tête s'enfonce, le corps s'écrase, je ferme les yeux.
— Donc tu remets le manche au neutre et tu appuies sur le palonnier à l'extérieur du virage. Tu as compris?
Euh oui, non, je n'ai rien compris du tout, je ne sais plus où je suis, totalement désorientée.

— Bon, je le refais une fois, puis ce sera à toi.
Hein, quoi, comment ça, à moi? Bon, il faut que je garde les yeux ouverts.
Une fois, deux fois. Ce n'est pas parfait, mais ça va mieux. Le problème c'est que ça va vite et que je réagis lentement.
La dernière fois, nous plongeons très vite, je vois la terre se jeter à ma figure et je sens distinctement mes cervicales faire un S (comment est-ce possible?) en s'enfonçant dans mes épaules.
Lorsque nous reprenons le cours normal du vol, j'ai l'impression d'être très éveillée, comme sortie d'un bain.

Atterrisage raté. «Tu m'as fait un virage à plat. C'est comme ça qu'on se tue. Et tu as rentré les aérofreins, alors qu'on était trop haut.»
Oui, bon, j'l'ai pas fait exprès, c'est quoi, un virage à plat? (Réponse: au palonnier seul) Ah, et le plan, c'est la hauteur par rapport au sol: «plan, vitesse, trajectoire; plan vitesse, trajectoire. Tu ne penses qu'à ça, ça va finir par rentrer».

T. a été très accomodant, il m'a fait refaire deux atterrissages supplémentaires (des «tours de piste»):
— Ce que je te dis là, ce n'est pas valable avec tous les planeurs, mais avec le K21, c'est pratique. Tu vises ton point d'aboutissement avec le manche et tu ajustes ta vitesse avec les aérofreins. Tu affineras avec le temps.

Bref, j'étais rincée en rentrant le soir. H. revenait de chez sa mère (ça y est, la pension de reversion est en place) et avait traversé de nombreux villages dans une ambiance de flonflons.
Nous sommes donc allés faire un tour sur la place et nous avons mangé les deux dernières chipolatas (plus de merguez).

Conversation ministérielle

Jordan : — Mais j'veux pas de Marocain moi !
Marine : — Un maroquin, Jordan, avec un Q.
Jordan : — Je veux pas de son cul non plus, merde !

Source

Comique de situation

Nous avons une assemblée en trois tiers: les RN qui font moins que prévu du fait du barrage républicain (ça me rassure: 65 à 70% du pays ne veut pas du RN, ça paraît acquis), le NFP (Nouveau Front Populaire) qui proclame qu'il a gagné sans qu'il soit possible de connaître la part de voix gagnées par ledit barrage, le centre (Ensemble) qui sauve les meubles.

Twitter est fascinant. Ça s'écharpe parce que Macron ne nomme pas de premier ministre, mais la gauche ou la droite sont incapables de proposer un nom. En réalité, il leur faut Emmanuel Macron pour avoir un ennemi contre lequel se structurer. Quand il dira quelque chose, ils pourront être contre. Sans lui ils sont perdus.

Par ailleurs j'ai cru comprendre qu'il fallait attendre que les groupes politiques soient constitués à l'Assemblée Nationale pour nommer un premier ministre. Tout cela est assez confus, il faudrait des connaissances précises en droit constitutionnel que je n'ai pas et que je ne sais où trouver.

C'est un beau bordel. C'est plutôt fun.

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Europe : Bardella a rejoint le groupe d'Orban pro-Poutine au parlement européen.

L'ONU s'est décrédibilisée un peu plus en acceptant une rencontre avec les Talibans selon leurs conditions (pas de femme afghane présente pour représenter la société civile).

Iran : le réformateur Masoud Pezeshkian a remporté l’élection présidentielle iranienne, le 5 juillet, avec 53,6 % des voix, devançant de près de 3 millions de voix son rival ultraconservateur, Saïd Jalili. Il a pu nommer l’ancien ministre des affaires étrangères Mohammad Javad Zarif conseiller diplomatique, lui qui avait mené l’accord sur le nucléaire conclu en 2015 avec les EU, le RU, l’All., la France, la Russie et la Chine, ce qui laisse espérer une reprise des négociations.

Epiphanie

Levée tôt ce matin. Tandis que je surfe sur FB, je tombe sur cet article : France is bacon. La France, c'est du bacon.
Eh bien voilà. Ce matin, c'est une possibilité comme une autre : la France, c'est du bacon.


article de Reddit: France is bacon

Quand j'étais petit, mon père m'a dit : «Knowledge is power 1, Francis Bacon». Je compris: «Knowledge is power, France is bacon.»
Pendant plus de dix ans je me suis interrogé sur le sens de cette deuxième phrase et sur le lien surréaliste existant entre les deux. Si je citais à quelqu'un «Knowledge is power, France is bacon», il hochait la tête d'un air entendu. Ou si quelqu'un prononçait «Knowledge is power» et que je complétais «France is Bacon», il ne me regardait pas comme si j'avais dit quelque chose de très étrange mais approuvait pensivement. Je demandais à un professeur ce que voulait dire «Knowledge is power, France is bacon» et j'eus droit à dix minutes de conférence sur la partie «Knowledge is power» mais rien sur «France is bacon». Quand j'encourageais une explication supplémentaire en interrogeant «France is bacon?», je reçus un simple «oui». A 12 ans, je n'avais pas l'assurance nécessaire pour insister davantage. Je finis par l'accepter comme quelque chose que je comprendrais jamais. Ce n'est que des années plus tard en le voyant écrit que la lumière se fit.

Réponse de Lard_Baron à une question sur Reddit en 2011: «Quel mot ou quelle phrase avez-vous compris totalement de travers quand vous étiez petit?»


Note
1 : La connaissance, c'est le pouvoir.

Ça plane

Journée au planeur. Belle journée, une heure vingt en l'air (il faut partager avec les autres élèves), des varios à 3 ou 4 (et des "dégueulantes" de même).
Marc, qui a le même âge que moi, me rappelle qu'il a été "lâché" (lâché solo: seul dans son planeur) au bout de cinquante heures. Cela me rassérène: j'en suis à peine à trente. J'aimerais être lâchée en septembre mais ce sera sans doute trop tôt.


champ de blé en Seine-et-Marne


Je rentre après huit heures. Hervé a installé le simulateur Condor, il faut que je le teste. Il nous manque un élément que j'ai rangé à Noël: impossible de remettre la main dessus. Ce n'est pourtant pas si grand ici.
Le député sortant de la circo est réélu. L'ambiance est à une sorte de soulagement ou demi-soulagement, le RN fait moins que prévu, le groupe Ensemble (l'ensemble Ensemble) plus, la gauche hors LFI a de bons résultats.
Comment dire? Ça m'est égal, pour moi quelque chose est perdu, a déjà été perdu. Je vois régulièrement écrit "l'échec d'Emmanuel Macron" et je ne comprends pas de ce qu'il s'agit: son échec, c'est de ne pas avoir plu? c'est d'être détesté? c'est le démolissage systématique des médias? ou c'est d'avoir organisé un retour au travail (formation, moins d'aide au chômage, retraite plus tard)? On parle de promesses non tenues, mais lesquelles? Que la vie reste difficile? (premier précepte de Bouddha)

Je sais bien ce qui est un échec pour moi: les personnes qui n'ont pas de logement, les working poors, ceux qui travaillent et ne peuvent pas se loger et se vêtir.
Mais je doute que ce soit de cela que parlent ceux qui parlent d'échec, qui généralement ont un toit et mangent à leur faim. Ce n'est pas vers ceux qui ont moins qu'eux que se tournent leurs regards, du moins je n'en ai pas l'impression.

Conversation de bistro

Levée au lever du soleil pour aller coller. Je sais, ça ne sert pas à grand chose, ça use ma désespérance. Ça permet de prendre des jolies photos : canal du Loins, 5h52.

canal du Loing, Ecuelles, 05h52


Buvette de la gare :
— On est mal, hein. Tu es inquiet?
— Il n'y aura pas d'émeutes. Les quartiers ne bougeront pas. Ils s'en foutent. Tant qu'on ne touche pas au bizness, ils s'en foutent.

Conversation de café. Ce n'est pas de la sociologie. Cependant elle provient de quelqu'un qui croise beaucoup de monde et qui auparavant été éducateur pour les jeunes de banlieue.
Il devient urgent de toucher au bizness.

Tard le soir, tournée des panneaux pour les photographier. Le week-end dernier, le RN avait recollé le samedi, durant le "silence républicain".
Il faut des preuves. Mais même avec des preuves, personne n'est puni. Sinon, Marine Le Pen serait en tôle pour détournement de fonds et escroquerie.
Je n'ai plus de mots.

Air du temps

Les articles de cette page me paraissent intéressants.

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C'est ce twittos qui résume le mieux ce que je pense :
Synthèse 1er tour des #legislatives2024

« C’est la faute des immigrés » 34%
« C’est la faute des riches » 29%
Liberté économique, responsabilité individuelle, moins d’Etat, 0%…
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Et enfin, enfin, je trouve cette photo tard le soir, que je récupère aussitôt comme signe de la folie des temps: des femens en train de manifester seins nus pour le Hamas… Ont-elles la moindre idée de ce qu'est le Hamas?
Je ne sais pas où c'est, peut-être en Grande-Bretagne puisque la twittos est anglaise.



Commentaire de la twittos : «Point de vue: vous êtes un groupe religieux ultra-conservateur qui rencontrez vos plus fervents supporters occidentaux.»

Sécurité

— Je ne comprends pas cette histoire de sécurité. De quoi parlent-ils? Des attaques au couteau dans les parcs tous les trois mois? Tu crois qu'il y en a plus qu'avant? On en parle plus, mais est-ce qu'il y en a plus?
— Dans mon expérience, puisque c'était mon boulot, et selon les stats, il s'agit d'incivilités. Les gens supportent de moins en moins les incivilités: les tags, la voiture rayée, le gosse qui bouscule dans la rue… bref, il veulent revenir à ce que c'était il y a cinquante ans.
— Et ils pensent vraiment que le RN pourra y faire quelque chose?

Une recherche sur les incivilités plus tard, voici un lien sur la théorie du carreau cassé ou Broken windows: The Police and Neighborhood Safety.

Pour ma part, j'en tiens plutôt pour la fermeture des écoles et la disparition des bureaux de poste. En Seine-et-Marne, le vote «classique» (de PS à LR) suit la Seine et les lignes de chemin de fer. Dès qu'on s'en éloigne, ça vote RN, c'est connu depuis longtemps. La Seine-et-Marne est le troisième département dans le classement des déserts médicaux et je peux témoigner que la plupart des routes du centre Seine-et-Marne sont en zone blanche.


Les triangulaires sont nombreuses. Le centre traité hier de fasciste est aujourd'hui appelé à faire barrage aux fascistes.
Logique, non ?

les centristes qualifiés de fascistes sont appelés à faire barrage au RN
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