Ni pute ni soumise

Nec domina, nec ancilla, sed socia.
Isidore de Séville (VIIe siècle)
Ni maîtresse, ni servante, mais compagne.
Isidore de Séville, dernier Père de l'Église





132504 caractères au moment où j'écris cela.

Généalogie matthéenne

J'avance terriblement lentement.

Le soir a la douceur d'une soirée de juillet. Je ne suis pas sûre que ce soit bon signe.

Miscellanées

Comme je l'avais anticipé, je n'ai pas entendu parler de ce qui était si urgent vendredi. Il faudra que j'envoie un sms demain matin.

Je suis allée chez le dentiste. J'aurai une couronne vendredi. Je me suis fait engueuler par la secrétaire parce que je n'avais pas de masque (avant j'oubliais mon attestation, maintenant j'oublie mon masque). Cette secrétaire est si désagréable qu'elle est une star des commentaires google. Comment un dentiste aussi affable peut-il avoir une secrétaire aussi revêche?

Je regarde la saison 1 d'Amicalement vôtre. Je ne me souviens de rien. J'aime beaucoup les tenues, le design et les dialogues traduits avec panache.
De la même façon qu'il existe un mot pour désigner le futur vu à partir du XIXe siècle (le steampunkt), il devrait y avoir un mot pour le futur vu à partir des années 70. (Cette réflexion n'a rien à voir avec Amicalement vôtre mais plutôt avec Cosmos 1999 ou Star Streck (l'original)).

Les pivoines sont magnifiques. Elles ont fleuri quinze jours plus tôt que l'année dernière.

J'ai fini la première partie de ma dissertation/mémoire (je ne sais quel est le mot. En Allemagne on dit dissertation): 70486 caractères dont 122 notes de bas de page. Ça va être difficile d'avoir fini dimanche; j'écris très lentement parce que je lis beaucoup entre mes phrases. Je vérifie tout, trop sans doute.

Le jour d'après, c'est aujourd'hui

Il faut avouer que je ne crois pas à un "jour d'après": je crois que cela va continuer comme cela longtemps, puis que nous aurons une autre maladie, puis une autre. Je crois qu'il faut prendre des repères et commencer à nous habituer à vivre avec cette menace.
Suis-je très pessimiste ?

Voici la dernière vidéo du jeune homme qui nous avait raconté la pandémie chez WoW. Au passage nous apprenons qu'il a failli être thésard en biologie.

Vidéo : les futures pandémies, avec des morceaux d'élevage, d'animaux sauvages et de déforestation dedans.
PS : le village d'Eyam est une de mes histoires d'héroïsme préférées.

Le livre du biologiste Serge Morand interviewé dans la vidéo: La prochaine peste, publié en 2016.


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Premier apéro, apéro chez les voisins, dans le jardin, à distance.
Et de quoi avons-nous parlé, à votre avis?

J'ai repris Amicalement vôtre. Troisième épisode.

Je suis sortie !!!

Pour de vrai. Coiffeur, achat de thé (trois ou quatre semaines avec du tout venant : la déprime (j'ai un peu honte d'être devenue aussi élitiste)), achat de livres à la librairie polonaise (j'ai vu passer son annonce de réouverture sur FB, je me suis dit que j'allais soutenir le petit commerce).

Il y a des choses auxquelles je n'avais pas pensé: une cliente âgée du coiffeur explique qu'elle ne peut pas se promener, parce que sans café ouvert, elle n'a pas d'endroit pour se reposer, s'asseoir, boire, passer aux toilettes…
Queues devant les quelques marchands de glace, façon Venise. Il fait beau, il y a du monde mais c'est encore raisonnable pour un samedi. Vivement que les terrasses rouvrent.

Ce qui est amusant, c'est la végétation au bord des routes, au pied des arbres. Soudain on se rend compte du travail accompli habituellement. Je ne sais qu'en penser : faut-il faucher ou laisser comme cela? Ça ne fait pas très net, mais quelle importance? Est-ce que cela augmenterait les risques allergiques?



bibliophore:
Alexandre Kluge, Chronique des sentiments, I et II, Le raid aérien sur Habelstadt le 8 avril 1945
Eli Luxembourg, La dixième Famine. Traduit du russe. Acheté sans le feuilleter, non à cause du virus, mais parce qu'il est sous cellophane. J'ai aimé son nom de famille.
W.G. Sebald, Amère patrie. Parce que depuis l'été 2017, j'ai l'impression que toute l'Europe s'explique à partir de l'Autriche.

Pas de livre d'Arnold Zweig. Dommage. Il faut que j'en commande. Un livre de Jiri Weil sur les tables, réédité chez un éditeur inconnu.

Divers

La partie contrat est OK. On verra le paramétrage lundi ou mardi. La jeune prestataire assistante à la MOA est soulagée (j'avoue que je m'applique particulièrement quand ce sont des jeunes femmes qui sont impliquées: je ne veux pas nuire à leur carrière).

J'ai commencé Fargo. La saison 1 est très réussie, avec son méchant quasi sympathique à force de fantaisie et de détermination (sympathique n'est pas le mot: qu'on a envie de voir échapper à tout, parce qu'en tant que spectateur, on est curieux de suivre ses aventures).

Je n'ai pas la discipline de travailler aux textes du magistère (surtout qu'il s'agit d'Humanae Vitae puis des textes de Jean-Paul II). Je manque du désir de m'absorber dans une tâche, dans un sujet. J'ai le désir inverse, celui de diffracter mon attention, d'où la multitude des séries. Quelle impression intense d'une vie inutile.

Premières courses depuis le déconfinement. Des gens plus heureux, plus détendus, mais pas plus nombreux. Très bonnes fraises.

Journée compliquée

Conf call assez mouvementée pour un projet dont on a exclu la Mutuelle en mars (parce qu'on l'avait oubliée un an auparavant quand on avait défini le périmètre et que les responsables du projet n'ont pas voulu le reconnaître) pour s'apercevoir aujourd'hui que sa non-présence bloque la mise en prod du projet début juin. Comme disait Coluche: «je me marre ! ».
Bref, on me demande de rattraper le coup, ce qui à vrai dire n'est pas difficile parce que la structure juridique est légère donc réactive, mais en temps de confinement tout ce qui est contrat et signature est compliqué. Signer un contrat, c'est tout de même plus facile autour d'une table.

J'ai appris que le club de Melun reprenait les sorties sur l'eau (dans une organisation alambiquée). Je devrais me réinscrire là-bas, je ne suis pas prête de retourner à Neuilly, et de toute façon il n'y aura pas de sortie en huit avant longtemps.

Regardé La scoumoune, disponible sur Youtube. J'attendais de connaître la fin de ce film depuis trente-cinq ans. (Il n'y a pas grand chose dans ce film, finalement. Une histoire d'amitié. De la nostalgie.)

Vu Le pianiste. Le ghetto en couleur, c'est toujours une surprise. Polanski n'a pas mis en scène les Polonais qui venaient au spectacle lors du soulèvement du ghetto. Peut-être n'était-il pas au courant. Cela m'a donné envie de relire Rudnicki. Les «sous-marins», ces juifs qui se sont cachés dans la population. Ce n'était pas si facile, il ne fallait pas être typé.
Je m'aperçois au passage que le type qui a écrit l'article Rudnicki dans Wikipedia en août 2008 a copié/collé l'extrait à partir de vehesse.

Jardin

Hier la pelouse a été tondue. Plus de pissenlits plus de graminées plus de fantaisie. Cela plaît beaucoup aux étourneaux et à un joli rouge-queue à front blanc. Je reconnais maintenant le chant de la sitelle (très monocorde).

Depuis que le réverbère est tombé, nous cherchons un support pour le rosier grimpant. En allemand, "rosenbögen site:.de", en anglais "wooden arbour site:.uk". C'est amusant. Les plus beaux sont en Angleterre, mais entre le Brexit et la pandémie, ce n'est pas le moment le plus favorable pour se faire livrer.

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J'ajoute quelques jours plus tard (j'allais oublier, mais il faut que je laisse ce souvenir à la bonne date):
Réunion sur zoom avec un fournisseur. Pour une fois, par exception et par erreur, j'ai lancé la caméra, le fournisseur en a fait autant.
Horreur et damnation : derrière lui un bordel sans nom, recouvert d'une couverture zébrée léopard. T'avais l'impression que le mec habitait dans un mobile home texan.
Faut pas avoir d'ego pour garder cela en arrière-plan d'une conf professionnelle. Grillé pour toujours.

Rêve

Rêvé d'un opéra, un opéra aux costumes chatoyants et aux chants inconnus.
L'étonnement est de savoir que cela se cache quelque part dans mon cerveau.

Questionnaire du confinement

J'avais repéré ce questionnaire à travers Gilda.
J'y réponds maintenant que le confinement est officiellement terminé (officiellement, parce qu'en pratique je ne sais pas quand cela sera vrai).

Qu’est-ce qui te manque le plus dans ce confinement (la première chose qui vient à l’esprit, spontanément) ?
L'insouciance.
Pouvoir agir sans planifier, sur un coup de tête.
Je trouve ridicule l'épouvantable gravité donc certains se sentent obligés de se parer.

Quelque chose de positif dans cette période ?
Voir mon jardin changer tous les jours.

La boisson du confinement ?
Ginger beer + gin.



Alors c’est comment le télétravail ?
Normal. Par dérogation, j'avais beaucoup travaillé ainsi l'année dernière.
Pour moi ça n'a pas changé grand chose; en revanche le niveau informatique de la boîte a beaucoup augmenté: plus fluide, plus stable.

La chanson du confinement ?
Messe en si et concerto de Bach.

La série du confinement ?
Better Call Saul

Et ta coupe de cheveux ?
Ça va. Déçue de ne pas avoir reçu à temps ma teinture irresponsable.

Le livre du confinement ?
Euh… De bono conjugali d'Augustin… (bon je plaisante, mais d'un autre côté c'est le seul que j'ai fini).
Jared Diamond toujours en cours.

Des stocks de bouffe ?
Non.
Découvert un marchand de légumes frais vraiment top.

Des symptômes du Coronavirus ?
Non.

Sur-informé ou sous-informé sur l’épidémie ?
Je n'écoute plus rien. Les gens sont dingues. J'attends d'apprendre qu'il existe un vaccin.
Je regrette un certain manque d'élégance, l'élégance qui consisterait à parler d'autre chose.

Optimiste ou pessimiste ?
Fataliste et agacée.

Une citation pour illustrer la pandémie ?
Non. «L'éternité c'est long, surtout vers la fin.»

Ozark

Trois saisons d'Ozark.
Ce n'est ni franchement bon ni mauvais, agaçant avec son sempiternel «je protège notre famille».
Etonnant par la place des personnages féminins aux caractères très forts, maléfiques — sauf un, angélique.

J'ai beau savoir qu'aux Etats-Unis tout s'achète — la transaction est au cœur-même de leur système judiciaire, The good wife, The good Fight, Better Call Saul, les séries le démontrent à longueur de temps — j'ai été scotchée par ce qu'ils songent à acheter: verser un dessous de table au conseiller conjugal pour que ses conseils soient en votre faveur, je n'y aurais jamais pensé. (C'est un spoil, mais un petit spoil, sans grande importance.)

Une solution simplissime pour se débarrasser des cadavres est enfin utilisée: acheter une maison mortuaire et un crématorium. C'est si évident que je ne comprends pas que cela ne fasse pas partie de toutes les séries autour de la drogue, au même titre que les meurtres, le blanchiment, la torture. (Au départ l'achat était destiné à blanchir de l'argent mais cela se révèle très vite très pratique.)


Un livre : Thomas Wolfe, : Look Homeward, Angel. Plusieurs traductions. La dernière.
Et une explication des Chroniques martiennes: le regret de la Terre, même par ceux qui ne l'ont pas connue, et les problèmes que l'on emmène avec soi, même lorqu'on part pour tout oublier.
(Je pars toujours du principe que ce genre de références sont des pistes laissées à dessein pour donner des clés d'interprétation à qui veut chercher.)

J'ajoute deux jours plus tard (esprit de l'escalier): j'ai également appris par cette série qu'un type, Eugène Schieffelin, en bon obsessionnel, avait eu l'idée d'importer en Amérique tous les oiseaux dont parle Shakespeare: aujourd'hui les étourneaux (starlings) sont une menace pour la biodiversité américaine.

L'Ordre Basilien Choueirite.

J'ai rêvé de Charbel Maalouf.

(Il y a quelques jours j'étais tombée sur cet article alors que je travaillais sur Grégoire de Nysse. Il a été mon professeur de patristique.)

Ahurie

Certains textes du Magistère sont lunaires. Extrait de Casti Conubii (1930):
Pour ce qui concerne les motifs allégués pour justifier le mauvais usage du mariage1, il n'est pas rare — pour taire ceux qui sont honteux — que ces motifs soient feints ou exagérés. Néanmoins, l'Eglise, cette pieuse Mère, comprend, en y compatissant, ce que l'on dit de la santé de la mère et du danger qui menace sa vie. Et qui ne pourrait y réfléchir sans s'émouvoir de pitié? qui ne concevrait la plus haute admiration pour la mère qui s'offre elle-même, avec un courage héroïque, à une mort presque certaine pour conserver la vie à l'enfant une fois conçu?
De la maternité comme martyre. D'une certaine façon ça ne me surprend pas, il me semblait bien que c'était la tendance Jean-Paul II. Mais je ne pensais pas que c'était écrit aussi franchement.
J'ai de plus en plus l'impression que l'Eglise catholique mène une guerre contre les femmes. (A ceux qui me diront que c'est évident depuis toujours, je répondrai que j'ai accumulé des lectures qui sont autre chose qu'une impression informée par l'anticléricalisme.) C'est sans doute pour cela qu'avec finesse mon directeur de mémoire m'a proposé en second lecteur une jeune religieuse.
De façon générale, le problème est le même que d'habitude: ceux qui ont le pouvoir veulent le garder, ceux qui sont loin du terrain ne comprennent pas grand chose à la réalité.

Au téléphone lors de notre dernier atelier je disais à un camarade de cours que si les femmes avaient deux sous de bon sens, elles déserteraient l'Eglise catholique pour devenir protestantes (je sais que cette phrase paraît incompréhensible aux personnes qui n'ont pas la foi: pourquoi ne pas jeter tout cela aux orties, tout simplement? Parce que).
Ça l'a beaucoup choqué: — Il ne faut pas dire ça.

Le même, soixante-dix ans, ayant toujours travaillé comme juriste des ressources humaines pour la direction de grands groupes, a choisi comme sujet de mémoire «les écarts de rémunération». Il m'a beaucoup fait rire en me déclarant: «Vous savez, Jésus n'a pas eu le temps de tout dire, il n'est pas resté assez longtemps. Il y a beaucoup de sujets qu'il n'a pas abordés».
Ce n'est pas la phrase en elle-même qui m'a fait rire mais le contexte: il était très vexé d'être mis dans le même sac que… les homosexuels.
En effet, la plus jeune d'entre nous fait son mémoire sur le genre. Elle a regroupé les catégories rejetées ou condamnées par l'Eglise, soit entre autres les divorcés et les homosexuels.
Or notre homme est divorcé.
Il était tout à fait indigné: — Mais tout de même, ce n'est pas pareil, on ne peut pas nous mettre ensemble.
C'était jouissif. Ainsi donc, quand c'est lui qui n'entre pas dans les cases, c'est carrément Jésus qu'il remet en cause. Prêt à trouver des justifications à toutes les injustices, mais si ça le concerne, il faudrait rajouter quelques lignes aux Evangiles.
Well well.



Note
1: je traduis car toutes ces périphrases ne sont pas évidentes : avoir des relations sexuelles sans intention de concevoir un enfant.

Silence

Troisième sortie au supermarché : la première à l'heure du déjeuner, la deuxième à l'heure de la fermeture, celle-ci en plein après-midi: file d'attente sur le parking, silencieuse, disciplinée. Vingt minutes sous un ciel plombé. Je médite sur les pays de l'Est. Au moins il ne fait pas froid.

Atmosphère lunaire. C'est dû au silence, je crois. Pas d'enfant, pas de couple, des personnes seules masquées marchant lentement entre les rayons, sans se toucher. Beaucoup d'hommes seuls, plutôt jeunes. Est-ce dû au ramadan? Aucune agressivité. Pas de de conversation, pas de musique d'ambiance.

Ce serait très agréable s'il en était toujours ainsi.

Promesse tenue

La promesse de fleurs est tenue.



Le jardinier est passé ce matin. Si on le laisse faire, il démolit et reconstruit l'ensemble du jardin : «vous savez que votre Nandina domestica est magnifique. Il faut le déplacer, mais vu sa taille, il faudra une pelleteuse. Vous tenez beaucoup à votre portique? Bon, je vais l'enlever. Hum, ces buissons ont bien repris, mais euh… ne le prenez pas mal, mais il n'y a rien de droit dans ce jardin, ça ne me plaît pas, ils sont trop alignés. Bon je vais voir ce que je peux faire.»

Mardi

Vu successivement Nuit et brouillard puis La jetée (via mubi.com).
Etrange similitude de forme, noir et blanc, photos, voix off, cauchemar.


Journée sur Vatican I, les papes. La page wikipédia sur Pie XII (Pie XII et les juifs) ressemble à un roman d'espionnage.
Ecoute en boucle de la Messe en si.

Better Call Saul

Cela faisait longtemps que je voyais ce titre sur Netflix. Je l'évitais: à quoi bon regarder quelque chose inspiré de Breaking Bad, forcément moins bon que Breaking Bad?

Un ami m'avait dit que c'était quasi meilleur que Breaking Bad (conversation en allant à Bruges, mars 2019). Je ne l'avais pas cru mais j'avais conservé la remarque en tête.

Je viens de m'avaler les cinq saisons disponibles.
En réalité cela n'a pas grand chose à voir avec Breaking Bad. Le personnage hésite entre le cocker triste et le clown endiablé, sans que l'on sache s'il s'agit de caractéristiques intrinsèques au personnage ou d'une évolution des scénaristes au fur à mesure de l'écriture et de la réception par le public (cinq saisons, c'est quatre périodes de retours des téléspectacteurs à chaque interruption).

C'est inattendu, très animé, jouissif, avec quelque chose du génie américain tel que je l'imagine, la gouaille et la débrouillardise de Tom Sawyer ou Huckleberry Finn (qu'il faudra que je relise car mes souvenirs remontent à quarante ans).

Le mot qui convient : Shenanigans !



Photo d'une vitrine de Portland, Maine, jour de Noël 2015: «l'amitié s'enracine solidement dans l'alcool, les sarcasmes, le scabreux et les magouilles», description exacte des relations entre Jimmy et Kim.

Il fait froid

Grégoire de Nysse.
Repassage devant Better call Saul saison 4.

Passé la fin de la soirée à mettre des vidéos sur FB. Il y a un an je me suis inscrite en autoentrepreneur et je gère la comm d'une association (en free-lance, pas en tant que bénévole de l'assoc: je n'en fais pas partie. C'est bizarre, la gestion des vidéos sur les pages pro de FB. On devine en creux la concurrence avec Youtube).

Je me souviens de la tête de Nathan quand j'avais dit que je voulais voyager en bus à l'intérieur des Etats-Unis. Il avait eu l'air profondément choqué: «Je ne connais personne qui voyage en bus!»
J'avais insisté: «Mais si, ça arrive tout le temps dans les films. Je voudrais avoir un aperçu de la vraie vie des vrais gens».
Il avait eu l'air dégoûté. «Les gens que je connais voyagent en avion ou en voiture».
J'avais eu l'impression que c'était une affaire de classe sociale, qu'il ne fallait pas déroger.

Depuis je compte les films où je vois des personnages se déplacer en bus à l'intérieur des Etats-Unis: Promised Land, la série Flesh and bones, et maintenant Better Call Saul.

Cadavre

Ce matin, en ouvrant les volets de la cuisine, une masse dans l'herbe.
Un très gros hérisson, mort. Pas de blessure apparente. Mort de vieillesse?
Il va falloir le mettre à la poubelle.

Jour férié confiné

L'une des règles de la procrastination est de trouver à s'occuper avec des tâches utiles mais non urgentes. C'est ainsi que j'ai redescendu mon ordinateur et remonté d'un étage l'ordinateur pro, rangé la chambre de A. et trié quatre cartons d'archives municipales, ajouté des cousins à mon compte FB ce qui m'a permis de voir les bébés de l'année (puisque la fête de famille n'aura pas lieu).

Je n'avais pas suivi de près, je viens de découvrir, trois ou quatre jours après tout le monde, le résumé des règles du déconfinement.
De toute façon, tant que je pourrais retourner ni en salle de sport ni à l'aviron, cela ne changera pas grand chose à ma situation. Mon employeur est du genre très prudent (il lui faut être exemplaire pour des questions d'image (mais reconnaissons qu'il va au-delà et se montre fair play voire élégant avec les salariés qui ont des enfants jeunes)), je suis partie pour n'aller au bureau qu'un jour toutes les deux semaines jusqu'en septembre.
Je ne vais pas m'en plaindre.



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