Billets qui ont 'blogueur' comme mot-clé.

Une soirée IRL

PL, une vieille connaissance de la SLRC (l'une des dernières, en fait, avant que tout ne s'éteigne — 2009, me dit-il), venait à Paris et cela a donné lieu à un dîner réunissant des blogueurs historiques et des facebookiens, différence qui ne marque qu'une présence sur le net plus ou moins longue, et donc finalement, au bout de dix à douze ans, une tranche de vie conséquente (le temps de voir grandir les enfants, ai-je envie de sourire dans ma barbe), tranche de vie partagée serait trop dire, mais tout au moins effleurée, approchée.

Cinéma, livres, Pléiades (détournement de), Larzac, amitiés et discordes, Lacaniens et Freudiens, musée Jacquemard André, éclats de rire.

Une seule photo, que j'enlèverai si elle dérange:

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Blogueurs

Cette invitation est l'occasion pour moi de découvrir des blogs. Aujourd'hui Otir et M. LeChieur. Je ne les connais pas, ayant plutôt lu à l'origine du côté des blogrolls de Matoo ou de Tlön (il n'y a pas de blogroll chez Gvgvsse).
Bladsurb a rouvert son son tumblr pour l'occasion.
Verrons-nous en 2016 le retour des vieux blogueurs? (les blogs me manquent, ceux qui racontaient des petites histoires, des moments de vie… Il reste une poignée de fidèles à l'exercice, Jean Ruaud, Gilda, Gwen ou Franck (d'ailleurs cette idéee, c'est de sa faute). (Je ne cite pas GC dont le projet est différent. Voir Touraine sereine et Mumm.)
Bladsurb a rouvert son son tumblr pour l'occasion.

Je ne savais pas trop comment m'y prendre, finalement j'ai ouvert une catégorie comme j'avais ouvert une catégorie "enquête sentimentale".
Je ne peux m'empêcher de penser à ces billets prêchant la gratitude, une attitude peu naturelle aux Européens qui préfèrent le cynisme.
Et un dernier blog, un dernier bonheur, (j'ai du temps, je remonte dans mes fils RSS), ce Traité de la joie, si opportun.


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21 décembre 2016 : j'ai transformé la catégorie "Bonheurs du jour" en "2016". Cette année je n'ai pas publié très régulièrement, conservant des billets dans les limbes avec l'intention de publier plus tard. Cela s'avère une démarche hasardeuse, je n'ai jamais "plus tard" le temps que je n'ai pas sur le moment.
Now est le mot d'ordre.

Deux jours

Samedi : glandé (après m'être fidèlement levée à 4h56 pour travailler une heure quoi qu'il arrive, comme j'essaie d'en prendre l'habitude (cela m'arrive régulièrement: je me dis que je ne peux pas travailler le soir car je m'endors, alors il faut que je travaille le matin; puis je n'arrive pas à me lever le matin — alors je me dis que je vais travailler le soir. (Un jour j'arriverai à établir une routine, je me le jure !) Comme c'était samedi, je me suis recouchée.) Paresseusement vidé la chambre de A. pour Baptiste qui vient deux jours. Passé beaucoup de temps sur internet. Je me suis aperçue que le blog de writ était toujours actif: mais pourquoi l'avais-je cru abandonné? J'ai oublié.
Note pour mémoire : les procès avec JA arrivent à terme et celui-ci souhaiterait qu'on efface tous les billets relatifs aux procès ("différends", s'exprime pudiquement l'avocat): il faut donc en conclure que JA n'a rien compris à ce qui m'avait (nous avait) motivée à l'origine: qu'il cesse d'effacer ses méfaits en intimidant ses victimes.

Dimanche : sortie pour la première fois depuis le 25 janvier. Très belle sortie, à la nage, équipage parfait et bassin plat. Personne ou presque, les jeunes sont en vacances.

Je vais essayer de mettre une photo à chaque sortie dans l'espoir de saisir l'arrivée du printemps, mais ne vous faites pas trop d'illusions: je suis nulle pour ce genre de choses, j'oublie de prendre les photos, les photos ne comptent pas assez pour moi.

10h50, en regardant vers l'aval. A partir du ponton.




Un huit (de pointe!) est envisagé, le bateau est préparé. Paradoxe: à Neuilly, Vincent très attentif à la sécurité projette de nous faire ramer en huit (de couple) sans s'inquiéter de l'étroitesse et du peu de longueur du bassin; à Melun où tout est plus laxiste, où nous disposons de quinze kilomètres de bassin et de la largeur de la Seine pour tourner, mes compagnons de ce matin paraissaient persuadés que nous n'y arriverions pas, et d'abord à rassembler neuf personnes qui ne feraient pas faux bond. (La première difficulté en huit est d'être discipliné et fiable: il faut être là et à l'heure, sinon le bateau ne peut pas partir. Je ne comprends pas pourquoi ce serait plus difficile que de réunir une équipe de foot, mais les autres rameurs ont l'air pessimistes. D'un autre côté on peut jouer à dix tandis qu'on ne peut pas ramer à sept dans un huit.)
Je convainc Stéphane de prévoir une yolette de pointe la semaine prochaine. A suivre!

Je commence le "nettoyage" des deux blogs: passage en html, conversion des photos, indexation de vehesse, en travaillant jour par jour (par exemple, aujourd'hui, revu tous les billets publiés un 15 février). J'ai l'impression que ces travaux font remonter le googleranking. En tout cas les stats remontent sans que je sache pourquoi car les stats de free ont diminué en qualité et ne donnent plus les mots-clés des recherches ou les sites ayant mis un lien vers mes blogs.

Incidemment, il se trouve que c'est le 15 février 2011 que j'avais expliqué pourquoi JA était poursuivi au pénal. Quand je pense que s'il n'a pas été condamné à publier le jugement sur son blog, c'est parce que les juges ont estimé qu'il s'était écoulé trop de temps depuis les faits!

Week-end en Touraine

(Je n'ai pas dit que je suis à Tours pour le week-end où j'ai rejoins Hervé plutôt que ce soit lui qui rentre.)

Après la radieuse journée d'hier, temps de saison ce matin. Nous nous cassons le nez sur la maison de Descartes (fermeture de novembre à avril) et obliquons vers Loches que je n'ai jamais vu: dans mon enfance, j'ai visité toujours les mêmes châteaux, Chambord, Blois, Cheverny et Chaumont, que ce soit par l'école ou quand des amis venaient à la maison et désiraient "visiter".

Ville isolée et blanche, silencieuse et tranquille. Les prix de l'immobilier me paraissent cependant élevés, est-ce la proximité de l'autoroute, puis du TGV (Tours) qui les maintient à ce niveau? Ou alors, ma notion des prix en banlieue parisienne est-elle très fausse? (je veux dire que la question que je me pose est toujours: "que pourrais-je acheter pour le prix de ma maison?")
Quoi qu'il en soit, la pierre de taille n'est pas "mon genre", j'aime les demeures plus humbles du côté de la Sologne.

Loches est une sorte de concentré d'histoire :
- un donjon médiéval, vaste tour comportant trois étages, qui a vu Philippe Auguste, Richard Cœur de Lion et Ludovic Sforza (là, au milieu de la plaine, au milieu de nulle part. Comme c'est étrange);
- un château pré-Renaissance et Renaissance, où Jeanne d'Arc est venu convaincre Charles VII de se faire couronner à Reims, où Louis XI a vécu enfant, où Anne de Bretagne chassait au faucon sur la plaine;
- la collégiale Saint-Ours où est revenu après un long détour le tombeau d'Agnès Sorel.

Nous arrivons presque en retard pour prendre le thé chez Guillaume. Je souris de nous voir procéder à l'échange de livres peu épais choisis avec soin (Lento 1 pour sa part).
Nous passons deux heures à échanger sur l'état du monde, ou plus exactement de l'école (ça va mal, ma pauv' dame, et le pire est encore à venir!). Guillaume estime que 80% des professeurs en collège et en lycée sont heureux, ou pas plus malheureux que n'importe lequel d'entre nous en entreprise. C'est rassurant (je le note ici parce que ça me rassure).

Restaurant le Bistrot de la Tranchée, ouvert 7j/7 (pas facile de trouver un restaurant le dimanche soir à Tours Nord !).
Vendredi soir, pour mémoire: l'excellent restaurant Mao.




1 : l'éditeur Christophe Lucquin fait appel au crossfounding pour desserrer les contraintes de trésorerie, avoir accès à un "vrai" diffuseur et payer son stand au salon du Livre (allez voir: pour un don de 50€ vous recevrez trois livres et une invitation au salon du Livre).

Barbecue de blogueurs devenus plus ou moins barbecue de Cruchons

Il y a bien longtemps c'était une tradition de blogueurs. Puis brouilles, malentendus, FB, déménagement et voisins pénibles aidant, elle s'est estompée.

A la faveur d'une conversation FB se prolongeant tard dans la nuit, j'ai lancé une invitation, et c'est ainsi que le barbecue s'est tenu chez moi, non sans que l'instigateur historique du barbecue ne se soit désisté et que nous nous retrouvions plutôt entre Cruchons (ie, lecteurs des Églogues de RC), à quelques transfuges près.

Soleil, côtelettes d'agneau (de contrebande), vins blanc, rosé, rouge, chats, chien, tomates, fraises, framboises, kougloff, macarons, Labiche, Dostoïevski, Chouraqui réécrivant la Bible (c'est gonflé), Jeeves (ou pas Jeeves?)…
Moins de cinéma et de Wagner que je n'aurais pensé.

Se souvenir: ne pas lire le début de Surveiller et punir (je me souviens de l'horreur de Jean Puyaubert pour le supplice de Damien racontée dans Du sens), commencer directement à la page trente, environ.

J'ai eu chaud, mais heureusement je possédais la bonne marque de rhum: examen réussi (enfin presque: je n'avais pas de sucre roux (normal, nous sommes toujours en rupture de sucre chez nous. Il nous arrive de faire des gâteaux en ouvrant des sachets de sucre récupérés dans les cafés, cinq grammes par cinq grammes: nous oublions toujours d'en acheter quand il n'y en a plus, persuadés que nous sommes de ne pas en utiliser)).

— Que penses-tu du rhum arangé?
— C'est le rhum pour les Blancs.

— Je n'achète jamais en librairie, les libraires sont des cons!

— Gibert jaune ou Gibert bleu?

— Mais qu'est-ce qui vous fait rire en littérature? (enjeu: Tarascon sur les Alpes ou pas Tarascon sur les Alpes?)

Quart de final

Je suis entrée dans la boutique, la Marseillaise retentissait dans le café d'à côté tout le monde chantait (et je me suis demandé quelle influence avait eu Qu'est-ce que j'ai fait au bon dieu?) je suis ressortie. J'ai pris un Velib, il y a eu un hurlement, et j'ai continué tranquillement vers le Marais (très difficile de garer mon Vélib) puis vers Ménilmontant (toujours tout droit, Commines puis Oberkampf) en me disant que c'était cool de mener un but à zéro comme ça dès le début.

C'est la mi-temps, Skot est en train de discuter en terrasse une bière à la main.
— Oh Alice, qu'est-ce que tu fais là? … Le problème, c'est que tu ne nous portes pas chance.
— Je sais, j'ai même hésité à venir à cause de ça. (Et c'est vrai.)

Ce n'est qu'en m'installant devant l'écran dans le café que je comprends que c'est l'Allemagne qui mène. La seconde mi-temps est riche en occasions perdues, les Bleus paraissent manquer d'esprit combatif. Ils manquent de hargne. Le gardien de but allemand est vraiment bon.

Surtout des Noirs dans le café, mais le patron est arabe. C'est le ramadan, très peu de verres sur les tables, beaucoup de silence, nous sommes de loin la table la plus bruyante. Amis d'amis FB, je ne connais que Slothorp et Tlön.

Couscous d'abord. Conversation de cinéphiles, journalistes de revue, un monde que je ne connais pas auquel je suis peu sensible. Plus le temps passe et plus les discours sur "l'art", "les œuvres", me paraissent vides de sens. Je n'arrive plus à les prendre au sérieux. Un échange sur Houellebecq (littérature ou sociologie?)

— Je l'ai eue comme prof à la fac, elle était très jolie.
Je ris stupéfaite et incrédule:
— Ce n'est pas possible! Tu es le plus sexiste de tous, et tu ne t'en rends même pas compte!
— Mais enfin, ce n'est pas sexiste de dire qu'elle était jolie!
— Pas en soi, mais dans le contexte, quel rapport avec la choucroute? Je ne te dis pas qu'Olivier Duhamel enseignant le droit constit à Science-Po était si bôôô dans son col roulé (même si c'était vrai)!

Glace ailleurs. La conversation roule sur la famille.

Vivement la prochaine coupe du monde, qu'on se revoit. (Sauf que je porte malheur, hum).

Il y a dix ans

J'ai rencontré Guillaume sur le site de la SLRC, à l'automne 2002. Il y a dix ans, nous discutions faux ami et façon de traduire "versatile" quand j'eus l'idée de faire une recherche sur Google.

Il y a dix ans, jour pour jour, je suis tombée sur Matoo et dans le monde merveilleux des blogs, non que les blogs soient merveilleux, mais à l'époque il n'y avait qu'eux, nous avions dix ans de moins, c'était sans fond, il devenait possible de regarder dans l'âme des autres et d'y trouver de la consolation.

C'est à ce moment-là que j'ai pris le nom d'Alice pour intervenir chez Matoo (au départ je n'étais donc qu'une commentatrice, je n'ai jamais eu vocation à être autre chose que commentatrice, mes blogs doivent leur existence au fait que la SLRC m'a découragée): en 2004 l'affaire Camus était proche, je commentais beaucoup sur la SLRC, je craignais de mettre Matoo dans l'embarras si quelqu'un s'apercevait de mes mauvaises fréquentations.

Devoir de vacances

Gvgvsse est en train de compléter un an de blog. Je ne comprends pas bien comment il arrive à être aussi précis tant de temps après quand je vois le mal que j'ai à remplir dix jours de retard. Mais il faut dire que j'essaie d'éviter les péripéties du bureau et les histoires tristes et mes lectures et…

Bref, je ne sais plus que raconter parce que je ne sais plus si c'est intéressant, si c'est indiscret, si c'est obscène… Il faut juste ne pas se poser de questions.


Journée sur FB alors que j'avais prévu de bloguer.

Symphonie espagnole

La Concerts gais hier soir. Peut-être davantage concerts heureux que gais, tant le chef Marc Korovitch paraissait heureux d'être là, souriant, dansant, se démenant (je n'ai rien compris à sa gestique, je ne sais pas ce que repéraient les musiciens). Son sourire accompagnait la musique (oui, nous étions placés sur le côté), et c'était un plaisir de le voir autant que d'entendre les morceaux.

Il est encore temps d'aller écouter la Symphonie espagnole de Lalo et la symphonie n°3 de Schuman demain 8 décembre à 18 heures au Temple des Batignolles (44 bd des Batignoles), jouées par de nombreux blogueurs (saurez-vous les reconnaître dans l'assistance?)

Petit déjeuner vénitien

Dernier matin, je reprends le train ce soir. La journée sera perdue bêtement, comme chaque fois qu'on voudrait faire tant de choses et qu'on a la faiblesse de ne pas partir seule mais d'attendre que les autres soient 1/ prêts 2/ se décident. Tant pis. (Rageant tout de même de rater une visite de l'Arsenal. Zut alors.)

Je prends mon petit déjeuner avec Luisa, Danielle. Plus tard arrive Pascal, mince, élégant, souriant, hésitant. Il a entre quarante et cinquante ans, quelques cheveux grisonnants, c'est le diplomate de l'équipe, celui qui s'entend avec tout le monde, que tout le monde salue et invite (car il y a quelques frottements, entre "les anciens d'école", "les CE" et "les loisirs").

Luisa est australienne. Elle a environ vingt-cinq ans; avec ses taches de rousseur et ses épaules carrées, elle respire la santé et la gentillesse. Nous parlons de sport, je lui fais des compliments sur la puissance de son coup d'aviron:
— Je m'entraînais avec l'équipe universitaire masculine de Sydney, c'est pour ça.
— Et tu faisais du surf, aussi?
Elle fait quelques fautes, très peu, avec un peu d'accent et de timidité.
— Oui, un peu.
— Mais il n'y a pas de requins?
— Si, il y en a. Il y en a même plus qu'avant, à cause de l'écologie: le port est nettoyé, l'eau est plus propre, et avec le réchauffement climatique, l'eau est plus chaude, il y a plus de poissons qui viennent dans la baie et ça attire les requins.
— Il y a eu des morts?
Elle réfléchit: — Non, l'année dernière, pas de morts, juste deux accidents. Il y a un surfeur qui a perdu les deux jambes, elle fait le geste de ramper sur les coudes: Mais il revient surfer elle mime des applaudissements et tout le monde "Yeaeahh!" sur son passage à la plage.
Pascal est un peu choqué (voire beaucoup): — C'est tout de même beaucoup moins sexy…
Spontanément, je pense au moignoning de Matoo et à cet ami qui me disait de son copain roux: "il n'a jamais eu peur de rester seul car il savait qu'il était sur une niche". Sans trop réfléchir j'interviens:
— Ça dépend: il n'y en a peut-être pas beaucoup qui aiment ça, mais pour celles qui aiment ça, il est seul sur le marché.
Les yeux de Pascal s'agrandissent. Il évalue et soupèse mes paroles, des horizons s'ouvrent devant lui:
— Je n'avais jamais pensé à ça sous cet angle, avoue-t-il vaguement épouvanté.

Cadeau

Morne journée, épuisée surtout, et je me retrouve par un de ces hasards qui sont tellement ciblés que je n'y crois plus à répondre aux réclamations des clients, moi qui ai horreur du téléphone (on dirait que tout le monde autour de moi s'est fait enlever ou est en train de se faire enlever un disque entre les vertèbres sacrées).

Mais ce soir un cadeau m'attendait dans ma boîte aux lettres. Merci Vincent !

Thomas Hampson chante les Kindertotenlieder

— Tu ne vas pas faire la bise à Thomas Hampson? me demande Gv, taquin.
— Hum, ce n'est pas mon genre.
(Et au moment où j'entends ces mots, je me rends compte de leur possible ambiguïté).

Vincent, j'ai été très heureuse d'avoir été présentée à HLG. Même s'il m'a déjà oubliée à l'heure qu'il est, cela m'a fait très plaisir, bien plus que ne l'aurait fait une bise à ou de Thomas Hampson.

Quelques blogs, des photos et un article

(J'en ai déjà signalé certains).

Des maths illustrées ;

les dessins de Matthieu M., commentés par Emm. (auteur du 6 mars) ;

encore et toujours Antoine Bréa ;

Guillaume (Touraine sereine) s'est réveillé ;

ce blog sur les villes et l'urbanisme (je choisis un billet sur la Chine pour ce lien);

le Flickr de la reine d'Angleterre ;

une étude du procès d'Harry Potter d'un point de vue juridique.

Mahler à Berlin

Virée express à Berlin invitée par Gvgvsse à la deuxième Symphonie de Mahler par Simon Rattle. (Très) heureuse d'être là, à cause de l'invitation impromptue, miraculeuse, à cause de la grisaille secouée, à cause du bel automne, de la couleur des feuilles, de la douceur de l'air, de la Philharmonie bouton d'or, de Gv qui m'explique: «Quand Karajan a choisi cet endroit on lui a dit qu'il était fou, que c'était loin de tout; il a répondu: "un jour, ce sera au centre"». Interloquée, j'objecte que c'était un sacré pari malgré tout, qui aurait pu prédire cela? Réponse catégorique, royale: «Il ne savait pas que cela surviendrait si vite, mais c'était inéluctable: quel empire a vécu mille ans?»

Gv me donne quelques indications: l'œuvre de Schönberg jouée tout d'abord, la Seconde Symphonie directement enchaînée, le chœur déjà présent dans la salle, les fanfares jouées dans le lointain, des coulisses...
Je n'ose pas vraiment parler de musique, je me sens empêtrée dans les mots, un vocabulaire que je ne maîtrise pas. Je parlerais d'une atmosphère intime, la grande salle close comme une enclave protégée tandis que mon manque d'habitude me fait perdre régulièrement la musique que je cherche des yeux tandis qu'elle voyage d'instruments en instruments. Peut-être qu'il serait plus sage de carrément fermer les yeux, mais ce serait tout de même dommage, il n'en est pas question. Plaisir et surprise des contrastes de volumes et de timbres, de la musique infime à tonitruante, du son qui enfle et se tait, douceur du chant de la fin.
Ovation, standing ovation, Simon Rattle, les solistes Magdalena Kožená et Kate Royal et le récitant de Schönberg Hanns Zischler reviennent saluer. Devant moi, un vieux monsieur en tricot gris et une vieille dame en rouge descendent laborieusement les marches un bouquet de roses blanches à la main. Je pense qu'ils souhaitaient l'offrir à Magdalena Kožená mais ils sont trop âgés, ils marchent trop lentement, elle a quitté la scène quand ils arrivent devant. Ils attendent, elle ne revient pas, ils confient leurs fleurs à Simon Rattle.
La salle continue d'applaudir, les musiciens quittent leurs places, Simon Rattle revient, salue, se retourne vers les chaises vides et les associe aux applaudissements d'un geste de la main, tout le monde rit.
C'est fini.

Tandis que je balbutie quelques mots d'admiration, Gv commente sobrement : «Ce n'est jamais que le meilleur orchestre du monde... je me suis dis que si c'était ton premier concert Mahler, autant que ce ne soit pas par un orchestre de second ordre.» En moi quelque chose sourit d'une oreille à l'autre, amusée et gaie: oui évidemment, vu comme ça...

Dehors, Gv m'explique comment sont dirigés les musiciens des fanfares en coulisse. Il me raconte une anecdote survenue lors de la Seconde Symphonie donnée par Pierre Boulez pour ses 80 ans (anecdote que je viens de retrouver dans son blog) et le lien Mahler-Klemperer. Je pense que je ne l'oublierai plus.

15968

Suite à une question de Gvgvsse, je m'aperçois que j'aurais seize mille jours le 30 novembre 29 novembre.


mise à jour le 2 novembre
Gvgvsse m'a rappelé que l'an 2000 était une exception à l'exception: les années se terminant par 00 ne sont pas bissextiles, sauf tous les quatre cents ans, et donc 2000 était bissextile (c'est tout de même étrange de l'avoir oublié quand on sait le nombre de jours que j'ai passé à tester cette règle dans les moteurs de tarification), et donc mon seize millième jour est le 29 novembre (qui me permet également d'atteindre le nombre de seize mille jours vécus à la fin de la journée (sauf si je me suis encore trompée, mais bon)).

Merci beaucoup

Gvgvsse m'a redonné le moral pour la semaine.



Ce qui est amusant, c'est de choisir le lieu où écrire cela. C'est toujours sur ce blog un peu à l'écart, lu par les internautes que je connais depuis le plus longtemps, que je suis le plus chez moi.

Allaiter

Ce billet semble marquer le retour du bon sens.

Je me souviens qu'ayant donné mon aîné (alors unique, pas encore aîné), bébé, à garder à une amie, celle-ci m'avait demandé, assez désemparée:
— Qu'est-ce qu'il faut faire ?
— C'est assez simple: quand il a faim, tu lui donnes à manger, et quand il est fatigué, tu le couches.

Elle était restée très embarrassée mais j'étais partie sans pitié (et sans beaucoup d'inquiétude).

Quelques années plus tard, devenue mère, elle m'avait dit en riant: «finalement tu avais raison, c'est tout à fait ça!»
(ce qui fait toujours plaisir).

Soir

Appris qu'un blogueur très aimé est diabétique. Ça fait un choc. On a beau savoir que cette maladie est connue et maîtrisée, ça fait un choc.

Passé à la Fnac de la Défense pour acheter un livre de classe (un "cahier d'activité"). Comme l'attente à la caisse était longue, pris l'un des livres à proximité, Jean Teulé, Mangez-le si vous voulez.
Je n'aurais pas dû. Le titre est à prendre au sens littéral, terrible histoire d'un village devenu fou un après-midi de défaite, de sécheresse et de beuverie. Envie de vomir, pas tant de dégoût que de désespoir.

Encore une journée étrange, solitaire et lente. Je réfléchissais hier tandis que notre hôtesse évoquait la foule parisienne qu'il m'arrive souvent de passer la journée sans parler à personne, si l'on excepte les sourires, inclinaisons de tête et salutations lors des croisements dans les couloirs.

La lutte

Pourquoi et avec qui évoquai-je cette excellente anecdote que j'avais découverte chez Damien? (Plus de deux ans... incroyable.)
Je recopie, pour ne pas perdre, et fais une note mentale pour ce Ringolevio:

«Our revolution will do more to effect a real, inner transformation than all of modern history's revolts taken together ! . . . In no stage of our advance, in no stage of our fighting must we let chaos rule ! . . . Nobody can doubt the fact that during the last year, a revolution of the most momentous character has been swelling like a storm among the youth of the West. Look at the strength of awareness of the young people today ! Look at our inner unity of will, our unity of spirit and our growing community of thought ! Who could compare us with the youth of yesterday ? We are unanimously convinced that strength finds its expression not in an army, in tanks and heavy guns, but rather ultimately expresses itself in the common working of a people's will ! The will that is uniting our groups with the conviction that men and women must be taught the feeling of community to safeguard against the spirit of class warfare, of class hatred and of class division ! . . . We are approaching a life in common, a common life of revolution ! A common life to work for the revolutionary advancement of peace, spiritual prosperity and socialism ! Toward a victorious renewal of life itself ! . . . Our job is to wake everyone up and do away with illusions ! So that when the people are finally awakened, never again will they plunge into sleep !
«The revolution will never end ! It must be allowed to develop into streams of revolutions and be guided into the channel of evolution . . . History will judge the movement not according to the number of swine we have removed or imprisoned, but according to whether the revolution has succeeded in returning the power to the people and in the bridling of that power to enforce the will of the people everywhere ! . . . Power to the people !»

Acclamation triomphale, standing ovation - Grogan reste immobile, attend que le silence revienne - Il explique alors qu'il refuse les applaudissements, parce que ce discours n'est pas de lui : il a été tenu pour la première fois au Reichtag en 1937 et son orateur était Adolf Hitler - Personne ne moufte - Emmett Grogan s'empresse de filer, alors que la foule, soudain consciente de l'entourloupe, explose de rage, casse tout et met le feu, déchaînée contre celui qui lui avait malicieusement désigné la duplicité de toute ronflante phraséologie révolutionnaire.

(Cette anecdote se trouve dans Ringolevio d'Emmett Grogan, à lire absolument pour une connaissance lucide des sixties...)

Bbk

Partie à l'heure où je devais arriver. Accident, bouchon, place de parking introuvable.
Fièvre.
Heureusement la pluie menace. Ce bbk sans pluie menaçante trahirait la tradition.

— Alors, quand est-ce qu'il meurt?
— Normalement en décembre.
— Oh mais c'est loin!
— Ça peut être beaucoup plus long: appel, cassation, cour européenne, ça peut durer cinq ans.

Cigare, gaspacho dans mon verre de vin, puis vin dans mon verre de gaspacho. Les assiettes et les couverts sont en bois, on progresse. V. de plus en plus bleue et dorée, merveilleuse.

— Tu as un blog? (Je me force, j'ai pensé: «Vous avez un blog?» Mais déjà que je me fais remarquer à tendre la main aux hommes que je ne connais pas...)
— Non, mais je vais en avoir un, et il sera génial.
WTF ??

Cerisy. David Bellos. Le bleu dans l'impressionnisme.

— P. n'est pas là?
Insistance déplacée de ma part. Mea culpa.

Je ne sais pas où est passé le temps. Quatre heures du matin, entassés dans la voiture, Pigalle animée, pont de Saint Cloud, Voulzy (depuis je chante les Nuits sans Kim Wilde), Guy Marchand. Inattendu.
Le ciel blanchit.
Je rentre au radar. Drame de l'inquiétude.
Je dors. Ce n'est pas moi qui irai à Austerlitz.

Ladas

Mercredi. Déjeuner très agréable avec Gvgvsse (allez-y, il vient de faire la mise à jour trimestrielle de son blog!)
J'ai appris la vérité (si l'on peut dire, ce mot est un peu trop gros pour l'occasion: disons la réalité) sur les Ladas: je connaissais la deuxième, je pensais, à cause de la similitude des noms, que la première était de la même marque, qu'il ne s'agissait que d'une évolution dans la gamme.
Eh bien pas du tout, mais la réalité est totalement conforme à la voiture que j'aurais spontanément imaginée pour Gvgvsse.

C'est drôle comme un blog peut donner une idée, non pas des détails, mais de ce qui cadre et de ce qui ne cadre pas.
Je suis contente des blogueurs que je lis. (J'en lis très peu, beaucoup moins qu'on se l'imagine en général). Je veux dire: je suis contente d'avoir choisi les blogs que je lis. Je suis contente de ne m'être pas trompée.

Je me trompe davantage (voir énormément) quand il y a interactions, dialogues, échanges. Alors entre en jeu la folle mécanique de l'interprétation, de la culpabilité, des interrogations, des excuses qu'on trouve aux autres en s'accusant soi («Incroyable qu'il m'écrive ça, je dois mal comprendre…» et des mois pour accepter que non, je ne me trompais pas, c'était bien incroyable. Et inacceptable).
Mais en lecture pure, je ne me trompe pas beaucoup.
Voire peu.
Ça me rassure.

Britten, Venise, James Joyce. Trois heures d'escapade mentale. C'est déjà ça.
Merci.


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Le soir match de foot de coupe du Monde au café avec Tlön et Skot.

Le manège de La Défense

Lorsque j'avais vu cet éléphant, je m'était dit «Tiens, on dirait La maison à vapeur» (sans doute mon Jules Verne préféré, parce que ce doit être le premier que j'ai lu).





Bingo, la décoration du manège est entièrement inspirée de thèmes julesverniens.


Déjeuné avec Matoo. Il a perdu des joues et porte bien le costard.


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Note le 23 mai 2015
Je lui ai raconté la situation. J'ai beaucoup parlé, j'ai un peu honte en y repensant. Il a été très gentil.

Je copie les notes que j'avais écrites dans la partie non publiée du blog. Je suppose que les "questions" étaient celles d'H. qui n'a pas compris pourquoi j'étais si bouleversée — plus tard, quand j'ai été capable de parler, il n'a jamais admis que j'ai pu avoir peur que les huissiers débarquent à la maison, jamais admis qu'il y avait quelques raisons de s'inquiéter, que cela aurait pu choquer les enfants.
Donc les mots de l'époque que je n'ai pas mis en ligne parce que je ne voulais pas qu'on m'en parle, qu'on me demande de mes nouvelles: «Un chose est sûre, je ne sais pas répondre aux questions. Je ne peux pas répondre. Pas le courage, pas la force, la rage qui monte, tout de suite, la colère ne pas réussir à s'expliquer. Je suis autiste.

Crise de larme.»

La question du jour

Pourquoi ai-je un message en provenance du portable de Gvgvsse en date du 8 mai 12h34 me disant mot pour mot (ni plus, ni moins): «Ma chérie, reste au lit»?

Toutes les explications sont bienvenues.

De l'amour (I)

Le divorce des parents de Rémi me rappelle celui de mon oncle.

Mon oncle se plaignait à sa mère, ma grand-mère:
— Mais maman, je l'aime encore!
— Pas elle, il faut t'y faire.

Cela m'avait frappé, ce bon sens de ma grand-mère. D'où nous vient cette conviction que l'amour est forcément partagé? De Platon, de l'amour courtois? Du romantisme? Et pourquoi lorsque nous aimons sommes-nous convaincus que c'est réciproque, que si l'autre ne s'en rend pas compte, c'est qu'il se trompe, ignorant de ses propres sentiments; plutôt que nous dire que puisque ce n'est pas partagé, ce doit être nous qui nous trompons, ce ne doit pas être de l'amour?







Tour supplémentaire récent :
. Ma tante demanda le divorce (et l'obtint) en 1997.
. Ma grand-mère poussa son fils à "se trouver quelqu'un", ce qu'il fit (ces deux fils ne lui ont jamais désobéi).
. Mon (ex-)tante se remaria sans même prévenir ses quatre enfants, mes quatre cousins. Elle ne les invita jamais chez elle, son second mari ayant décrété: «Je t'épouse toi, pas ta famille».
. Mon cousin le plus jeune en fut très malheureux (il avait lors un peu plus de vingt ans), nous déclarant, songeur: «J'aimerais comprendre pourquoi ma mère a épousé un con» (sachant que mon oncle a ses défauts, mais est le plus doux des hommes (dans le genre bourru et taciturne)).
. En 2006, mon oncle finit par épouser la personne avec qui il vivait depuis huit ans.
. A Noël dernier, ma mère buvant du petit lait m'apprit que le second mari de "ma" tante (celle que j'ai connu toute mon enfance, la mère de mes cousins) était plus ou moins un escroc, qu'il lui avait piqué beaucoup d'argent (elle possédait de nombreux appartements lui venant de ses parents) et qu'elle était en train de revenir chez mon oncle sous prétexte de voir ses enfants en famille... Je me demande comment la seconde épouse le prend.
Elles sont à peu près aussi bavardes et aussi grippe-sous l'une que l'autre (mais la première beaucoup plus intelligente et marrante).

Vous ne me rattrapperez pas

En février 2007, j'avais été très frappée par cette devise trouvée chez Rémi: «Il faut être heureux ne serait-que pour montrer l'exemple».
Cette phrase impliquait que le bonheur (je n'aime pas ce mot qui résonne un peu gnangnan à mes oreilles, je dirais plutôt l'énergie, la joie, la décision de ne pas se morfondre, d'avancer) n'était pas un passe-temps égoïste, mais un devoir, un impératif moral.

Depuis je me suis aperçue que cela recouvrait chez moi des motivations un peu plus perverses:
- Il faut être heureux comme une revanche, comme une vengeance, contre tous les oiseaux de malheur, ceux qui semblent d'abord vous mettre en garde pour vous protéger mais qui tout compte fait paraissent tout déçus quand vous vous en sortez (ce n'est pas par méchanceté, c'est juste que ça les prive de leur pouvoir d'être votre dernier recours. Ils vous aiment à leur manière: la dépendance);

ce qui m'amène à mon second point:
- Il faut être heureux pour être libre, pour être hors d'atteinte.


Et cependant, ce vocabulaire de fuite et d'évasion me laisse perplexe. Y a-il vraiment risque d'enfermement?

Une utilisation possible des blogueurs

Ce matin, pour me donner une peu de courage, je pensais à la gorge de gvgvsse, au comprimé de Chondre et au gentil serveur de Matoo.

Et voilà. Ce soir je suis toujours vivante. Ça marche.
En fait j'ai un trac fou mais j'aime bien parler devant un auditoire. Ce qui me gêne, c'est de ne pas pouvoir marcher en parlant, ne pas pouvoir davantage bouger. Et puis je préférerais savoir de quoi je parle... Cette impression permanente de pipeau...
Mais bon. Apparemment le sentiment d'imposture est un sentiment répandu.

Départ difficile

Barbecue de blogueurs devenu un must, à faire traverser les océans et retarder les départs en vacances.

La cinéphilie est un terrorisme. («Mais qu'est-ce que t'es con! T'es con comme une bite!»)

Couchée à presque cinq heures, debout à huit heures, décidé de ne pas partir en vacances. Encore un billet et je retourne au lit.

Objectif des vacances: bronzer


Vertu

Lui, décidément, il me plaît.
Il pratique ce que j'admire au plus au haut point, le courage quotidien (virtus, virtutis contemporaine ?)





Commentaire le 2 avril 2015 : le blog d'Educator dans sa première forme a disparu (CPE dans le 93, en collège et lycée), laissant à jamais des traces à la maison (Rantanplan le gentil surveillant et l'histoire des collégiennes qui se battent: «elle a dit que ma mère, elle est pas vierge!», la façon de s'occuper d'un enfant en absence d'infirmière scolaire, les jeunes qui mettent leurs plus beaux atours pour passer leur examen, la fierté de certains quand ils réussissent). Je laisse ce billet pour mémoire, pour hommage.

Cadeau

Gvgvsse m'a offert des cigarettes américaines de toutes les couleurs achetées à Moscou en souvenir de celles que fumait sa grand-mère.
Elles sont si jolies et si inattendues que je n'oserai pas les fumer.


Pourquoi je blogue

A l'origine par colère et frustration, aujourd'hui par entêtement.

C'est un peu court? Oui, peut-être. Mais c'est à peu près ça. Mon penchant naturel est davantage le commentaire, les marges, la mosaïque éclatée entre différents blogs, sans lieu fixe.
Quand j'ai claqué la porte du forum de la SLRC (le forum des lecteurs de Renaud Camus), j'espérais qu'H. développerait le site qu'il m'avait promis (disons que j'y croyais sans y croire, je connais le loustic), le cahier des charges était écrit; j'ai pensé que le blog était une solution temporaire pour ne pas cesser d'écrire, pour ne pas perdre l'habitude d'écrire (et pour ne pas faire à ce connard de FM le plaisir de me taire) en attendant l'outil que je rêvais. Et puis voilà.
J'ai eu souvent des poussées de dégoût qui me donnaient envie d'effacer tout et de quitter la scène, mais je savais que mon état d'esprit était temporaire, tandis qu'un retrait serait définitif: j'ai passé outre chaque fois.
Aujourd'hui je souffrirais davantage d'ennui, presque de désintérêt: tant des blogueurs que j'aimais lire n'écrivent plus ou presque. Je crois désormais qu'on arrête de bloguer quand on a rencontré suffisamment de blogueurs avec qui les relations ne nécessitent plus de blog comme prétexte.
Je continue de bloguer parce que je ne veux pas m'arrêter. Je voudrais atteindre le 12 décembre 2012. C'est loin. Cette année j'ai raté le 8 août.

J'ai fini par scinder mon blog en deux, par séparer le littéraire de tout le reste, d'une part par pitié envers ceux qui soupiraient de "mon blog chiant", d'autre part dans l'espoir de débarrasser véhesse de tout ce qui était personnel, que ceux qui venaient lire les compte-rendus des cours de Compagnon, par exemple, ne subissent pas mes états d'âme (idée qui me gênait beaucoup).
Véhesse n'est pas vraiment destiné à être lu au fur à mesure. C'est plutôt une grosse malle dans laquelle je stocke ce que je ne veux pas perdre, ou tout ce que je veux avoir sous la main à tout moment où que je sois, du moment que j'ai un ordinateur.

Alice est davantage le "vrai" blog, tel que je me suis fait une idée du bloguing en lisant Gvgvsse et Matoo. Il est pour moi les lettres manuscrites que l'on n'écrit plus, à cela près qu'il ne s'adresse pas à une personne mais à un groupe (assez homogène, comprenant peu d'inconnus: sans doute parce que blog a comporté tout de suite un grand nombre de liens, Google le référence très mal et ce blog est quasi invisible). Chaque billet est généralement écrit en songeant à un lecteur particulier (parfois à quelques-uns), chaque billet ou presque est destiné plus particulièrement à l'un d'entre vous (ne cherchez pas ce soir, c'est très logiquement Aymeric).


Contrainte, dit-il. Ma définition : ce sont des règles qui évitent de réfléchir les jours où l'on a pas envie de bloguer, les jours où l'on n'a rien à dire, les jours où l'on dort debout. (— Mais si tu n'as pas envie de bloguer, tu ne blogues pas, où est le problème? — Mais si je fais ça, je n'aurais jamais envie de m'y remettre. — Et alors? tant pis (tant mieux), quelle importance, puisque justement tu n'auras pas envie? — Je veux atteindre décembre 2012[1]; je ne veux pas céder, même à moi-même, et puis zut.)

La contrainte est simple: écrire tous les jours, chez Alice au moins les jours impairs, chez Véhesse au moins les jours pairs. Chez Véhesse ce n'est pas forcément écrire, ça peut être faire de la mise en forme dans les soutes. C'est d'ailleurs amusant, car je sais que cela doit se voir pour ceux qui me suivent par RSS (il est même possible que cela soit un peu agaçant) et que cela reste invisible pour les autres.


Faire passer la chaîne? Je m'en sens de moins en moins capable, les gens qui ne jouent pas le jeu me vexent (si, si), et j'ai l'impression de toujours mettre les mêmes à contribution. Je propose l'inverse: si vous poursuivez la chaîne à partir d'ici, je vous mettrai en lien en fin de ce billet.


edit le 8 octobre

Je linke Rémi, qui a répondu.
J'ajoute Zvezdo, qui me fait penser à quelque chose: je blogue pour impressionner mon fils (cela ne faisait pas partie des raisons initiales, mais il n'y a pas de petits profits).

Notes

[1] Cela n'est pas un engagement contractuel.

Les rencontres d'une semaine

Mardi Marie

Elle arrive en retard, j'ai eu le temps de prendre une bière et de lui envoyer (au bout d'une demi-heure, mon délai de grâce) un SMS paranoïaque («Tu m'as oubliée? J'ai donné une mauvaise adresse? Je me suis trompée de jour?»). Je repère sur le mur une affiche pour un spectacle-hommage à Boby Lapointe et une pour un film de Paul Newman. Apparemment il a filmé sa femme. Il faudra que j'essaie de voir ce film, j'aime beaucoup ces deux acteurs.

C'est la troisième fois que nous nous rencontrons, ça fait deux ans que nous ne nous étions pas vues.
Vous ou tu, je ne sais plus. Par écrit, vous. Ce soir-là, je ne sais plus. Tu, sans doute.
Nous parlons, du Yémen, de Renaud Camus, des fous rires avec Renaud Camus, de ses chiens, de notre incompréhension de son parti, de "l'affaire" qu'elle avait sentie venir [1], (c'est une lectrice "historique", dès Passage), de l'ours Ben, de sa fille. Je lui raconte mes rapports à la littérature, cette façon de tourner autour depuis si longtemps, du K de Dino Buzatti et de ses deux fins, la véritable (le monstre marin offre une perle au narrateur) et celle que m'avait racontée le père d'une amie lorsque j'avais seize ans (à la fin, quand il est trop tard, le requin dit au narrateur: «Je t'ai tant aimé»), cette façon que j'ai de fuir la littérature à la façon dont le narrateur fuit le K et d'être toujours rattrapée.
Nous parlons livres, voyages, amis; nous parlons je ne sais trop de quoi, toujours est-il que nous finissons par nous lever à une heure du matin lorsque les garçons du Reflet commencent à retourner les chaises sur les tables.

Mercredi Embruns

Comme j'avais ce soir-là une réunion à Yerres, je savais que je ne pourrais arriver que très tard. Qu'importe, depuis le temps que je suivais les Paris-carnets sur le web (janvier 2004), depuis le temps que je remettais les occasions d'y aller (d'abord parce que je n'avais pas de blog, puis parce que j'en avais un: je n'allais pas "en plus" passer mes soirées avec des blogueurs (ici, imaginer l'exaspération de mon entourage devant cette activité futile et obsédante)), cette rencontre-là ne pouvait pas être remise : c'était les adieux du capitaine, la fin d'une époque, la fin du canal historique de la blogosphère française (un peu de grandiloquence ne fait jamais de mal).

Je n'avais rencontré Laurent qu'une seule fois, pour les trente ans de Matoo, il y a dix-huit mois. A peu près impossible qu'il s'en souvienne. Mais ce n'était pas grave: j'allais à ce Paris-carnet comme on fait un pélerinage, c'était un signe pur.

Je suis arrivée à L'Assassin à 23h30. Il ne m'a fallu que quelques secondes pour constater que je ne connaissais personne (mais je connais si peux de blogueurs que c'était infiniment probable). J'ai repéré Embruns, je me voyais mal aller l'importuner. J'ai commandé une Guinness (horreur et damnation: une canette vidée dans un verre puis passée à travers je ne sais quel procédé à ultra-son pour la décanter!) et me suis installée au bar pour boire tranquillement en attendant de décider du mouvement suivant.
Je regardais les têtes, certaines me paraissaient familières, sans doute vues en photos lors de compte-rendus de soirée publiés sur le web. Je riais de penser qu'il y avait peut-être dans la salle deux ou trois personnes que j'avais beaucoup lues, dont je connaissais la vie plus intimement que certaines de leurs connaissances, et que je ne savais même pas les reconnaître. Certains trouvent cela malsain, moi j'aime bien. C'est bizarre mais pas bien méchant, un peu mystérieux mais sans enjeu.
— Ça t'arrive souvent de venir boire seule dans un café plein?
Je me suis fait aborder par un petit mec, blogueur de son état, ayant visiblement déjà pas mal bu, plutôt marrant. Il tenait un discours d'une grande cohérence dans son incohérence, quelque chose de l'ordre de la sinusoïde lunatique, ouais moi j'ai un carnet d'adresses, rien qu'hier j'ai présenté un copain à Mathieu Kassovitz, Mathieu Kassovitz, quand je veux je quitte mon boulot, ch'uis très demandé, mais j'm'éclate là ou ch'uis, ch'uis mal payé, mon blog, il est lu par deux cents personnes, ça m'a pris du temps de comprendre que j'étais trop bon pour les autres, mais qu'est-ce que ch'uis, ch'uis rien, regarde-moi,...
Etc. J'étais plutôt amusée, il me tenait compagnie. Je pensais «Tu t'es vu quand t'as bu». Je n'ai pas vraiment compris ce qu'il faisait là, apparemment il ne connaissait pas Laurent, il était venu entraîné par un ami. Je lui montrai Embruns.
— Ah c'est lui? Il m'a donné un mail-opener, me dit-il en brandissant un @ en acier qui me sembla être un décapsuleur. Tu vois il est vachement sympa, je suis vachement sympa, il me connaît pas et il m'offre un mail-opener, j'en reviens pas de ma chance...
— Tu veux dire qu'il n'a pas trouvé d'autre moyen de se débarrasser de toi, lâchai-je un peu sadiquement, d'une part parce que je le pensais, d'autre part pour voir comment il allait réagir.
Mais il avait déjà disparu pour retourner voir Laurent. Je le rejoignis, ce qui me permis de dire quelques mots et de remarquer l'alliance de Laurent, sobre et large. C'est ainsi que je me présentai à Jujupiter, que je vis rouler un magnifique patin au capitaine (hélas, le temps de saisir mon portable, il était trop tard). Je mets en ligne une photo prise dans les minutes qui ont suivi, bien floue comme toute photo de paparazzi qui se respecte:

Le temps de reconnaître Versac et je demandai à un grand brun qui parlait à Laurent : «Et toi, tu es qui?»
Toujours la même hésitation: comment se présenter entre parfaits inconnus, comment donner LE trait qui permettra l'identification de façon rapide et certaine (pour ma part, je me présente généralement comme commentatrice chez Matoo: nous ne sommes pas si nombreuses) :
— Eh bien... si tu lis Matoo... Je ne sais pas si tu as lu un post récent, où il parlait d'un certain Michel V...
— Oui ?
— Je suis Michel V.
— Ah, celui dont Embruns disait qu'il était un hétéro irrécupérable?
(Lol.)

Je dois avouer que la coïncidence m'a fait plaisir: tomber sur l'un des personnages principaux d'un des posts récents de Matoo, visiblement vieille connaissance d'Embruns...
Je me suis éclipsée peu après.

Jeudi Parapluie et infundibuliforme

Au départ le rendez-vous était samedi: je n'aurais pas pu venir, mais Matoo si. Puis les choses se sont inversées et je me suis retrouvée à Saint-Michel pour un rendez-vous foireux. (Parapluie a tiqué devant ce terme de "foireux": j'appelle foireux un rendez-vous dans un endroit large et populeux avec des gens qu'on ne connaît pas, qu'on n'a jamais vu, avec qui on a convenu d'aucun signe de reconnaissance et dont on n'a pas le numéro de téléphone. Je le savais avant d'y aller, je ne m'attendais pourtant pas à ce qu'il y eut autant de monde sur cette place.)
J'expérimentai l'attente, brandis ostensiblement un livre au titre prétentieux, cherchai un jeune homme avec un parapluie. Je m'approchai des groupes, tentai de saisir des conversations, envoyai un mayday à Matoo qui ne me fut d'aucun secours.
Bah, qu'importe, on se retrouverait dans la file d'attente ou dans la salle.
En effet, la première chose que je vis en entrant dans la salle, ce fut eux, certitude, un groupe, très jeune (ils me lisent, mais il faut qu'ils le sachent: très jeunes!), installé au premier rang. Drôle d'idée. Je montai m'installer à ma place habituelle, dans le fond.

Après le film, nous évacuons la salle par le fond. Je les attends, un peu mal à l'aise. D'une certaine façon le risque est gros: celui de les décevoir.
Les sourires sont là, c'est bien eux. Ils me vouvoient, je proteste mais n'insiste pas: après tout, c'est bien naturel, et je trouve si pénible ces gens qui veulent à toute force qu'on les tutoie alors que le vous vous vient naturellement aux lèvres. Je me demande si je leur parais aussi vieille qu'ils me paraissent jeunes... (non, je ne tiens pas à avoir la réponse!).

Après le débat, nous nous retrouvons au café place de la Sorbonne. Il y a là Parapluie, infundibuliforme, un ami à eux prof de math et deux jeunes filles encore étudiantes.
Nous parlerons là encore jusqu'à la fermeture du café, décourageant le prof de math qui doit rejoindre sa banlieue puis les deux amies. Il fait froid, Parapluie tremble. Je n'ose écrire car je sais que les deux me lisent, que chaque mot sera pesé et donnera lieu à des discussions. L'un parle, l'autre moins, l'un est pâle, l'autre sombre, je découvre qu'ils sont pacsés, j'admire tant de décision.
Nous parlons du film, de l'homophobie, de Beckett, de théâtre, de Censier, des relations familiales (jamais simples — toujours barges), de blogs, de l'expérience du Cern.
— Pourquoi les objets ont une masse?
Je commence juste (au moment où j'écris) à entrevoir ce que signifie la question et le fait qu'on la pose ainsi. Nous parlons un peu de physique, de mesure, de température, chaque fois je dis une bêtise, et parapluie, un peu gêné mais rigoureux, corrige comme il peut. Je m'aperçois avec horreur que je ne sais plus rien, que je confonds tout, je songe à Bouveresse et je me dis que désormais je m'interdirai toute allusion scientifique. Je me rends compte une fois de plus qu'il y a des modes, même en sciences, le vocabulaire de Parapluie n'est pas celui que j'ai appris.
Nous parlons de Beckett et des animaux chez Beckett. — Il n'y en a pas. — Si, ils sont tous morts.
Toujours la même surprise et le même soulagement de s'apercevoir qu'il suffit d'un intérêt commun pour pouvoir discuter avec des inconnus.

Ils me raccompagnent jusqu'à Jussieu. Je trouve un vélib. Je m'endors dans l'autobus.
Demain soir, encore une réunion.

Notes

[1] voir ici pour ceux que ça intéressent et qui ne connaissent pas.

Rêves

Depuis Cerisy je me souviens de mes rêves, du moins du dernier avant le réveil, pendant quelques minutes, quelques heures. Quelques impressions persistent plus longtemps. Parfois il a un rapport avec ma dernière activité de la soirée, comme si ce rêve n'était qu'un prolongement de souvenir.

Pendant les vacances, j'ai ainsi rêvé que:

- GC se mariait. Nous étions tous en blanc, la mariée, brune, coiffée à la garçonne, portait un costume de marin blanc. Seule note de couleur, GC portait un kilt bleu.

- le château de Plieux s'élevait en ruines sur un arrière-fond de village désolé à la manière des films italiens réalistes des années 60. Au premier étage, la deuxième salle, immense, révélait un immense vitrail aux tonalités rouges et magnifiques.

- il me fallait fuir dans une maison sans issue. Fuyais-je devant J.K. Rowling ou m'aidait-elle à m'enfuir? Toujours est-il que je m'enfonçais dans mon lit qui m'absorbait comme une porte de placard.

Je ne sais plus ce que je rêvais ce matin. Pourtant je voulais m'en souvenir, car Matoo était présent.

Invitation à bloguer des blogs

Bon, c'est compliqué. Un filleul inattendu (mais ça tombe bien, je n'ai par ailleurs qu'une filleule (je sais, j'aurais dû dire neveu)) me demande de participer au Blog Day (je n'ajoute pas la bannière parce que ça me gonfle de faire des mises à jours ftp de mon blog).

Si je comprends bien, il me faut trouver d'une part des blogs dont vous parler le 31 août, d'autre part inviter des blogueurs à vous parler de blogs le 31 août, c'est-à-dire qu'il me faut trouver deux séries de blogueurs : ceux que je lis sans que vous le sachiez (dont je vous parlerai le 31 août), ceux dont j'imagine qu'ils me lisent (pour lancer mes invitations).

J'invite donc, sans savoir s'ils sont pour ou contre les manifestations bloguiennes collectives (c'est fou ce que certains réussissent à théoriser à ce sujet), Pradoc, Theobald, Rémi, Aymeric et Philippe[s] à participer au Blog Day.

Samedi

Ange sur portail noir graffité à l'angle de la rue des Prés et de la rue du Moulinet.





Un magasin consacré au tennis de table 6 rue du Moulinet, quelque chose de l'antre de M. Ollivander. Dans une niche, deux ampoules rouges illuminent un bouddha. Epaisseur de plaques en dixièmes de millimètre, stockage d'énergie, «vous tapez un peu fort ou tout le temps fort?», j'écoute en me disant que celui qui ne sait pas décrire ce qu'il ressent et ce qu'il cherche ne peut pas jouer au ping-pong.

Un thé à la mosquée, je traîne H. jusque devant le château du jardin des Plantes pour qu'il voit carte géologique : «Oh, la carte BRGM! C'est la première que nous ayons faite sur Dry! Il faut vingt-sept vraies couleurs ''(NDB: au lieu de la quadichromie habituelle)'' pour l'imprimer et du papier très épais, ça coûte une fortune...» (etc).

Gare de Lyon, nous récupérons C., je les abandonne pour un Vélib et remonte jusqu'à Ménilmontant. Il fait très beau, je fais quelques détours pour privilégier les petites rues, la jeune fille à qui je demande où se trouve le parking de vélib le plus proche de Notre-Dame de la Croix me l'indique en me précisant que je ne dois pas prendre le chemin le plus court car la rue, piétonne et en travaux, est en sens interdit. Je ravale une réponse ironique et remercie.

Barbecue de blogueurs. Je n'en connais pas beaucoup. Enclave tranquille. Enfants. Soleil. Bouteilles. Discussions à bâtons rompus sur tout et n'importe quoi, surtout n'importe quoi.
(Note après réflexion à l'intention de Virginie (si elle parvient jusqu'ici) qui s'exclama rieuse en apprenant l'un de mes pseudos (alors que nous étions parvenues à la conclusion que mon blog "manqu[ait] de chair"): «mais tu es très sexe, alors!» (non-sic, mais à peu près): la chair est dans les commentaires, chez les autres: c'est plus caché, donc plus facile.)
J'ai perdu la notion du temps. Il fait de plus en plus froid.
Je comprends pourquoi en arrivant devant la gare de Lyon: il est 4h20. Je prends le dernier car avant la reprise du trafic du RER.

Je rentre de la gare à pied. Le soleil se lève, il fait tout à fait jour quand j'arrive chez moi. Il est six heures passées quand je me couche.

Lire Gvgvsse (truc et astuce)

Même quand le lien principal semble en carafe, on peut accéder à sa page à partir des mois.

(D'autre part, je signale à lecteur deux billets sur le travail.)

Les gadgets ne sont plus ce qu'ils étaient

Ne manquez pas la revue de presse de Chondre. (Et moi qui était prête à embrayer sur Rahan, et surtout sur capitaine Apache [1]! Y a plus de jeunesse!)


Notes

[1] J'ai eu du mal à retrouver la référence, aucun lecteur de Pif ne semblait s'en souvenir et tous insinuaient que j'avais rêvé (Je lisais Mickey pendant l'année, Pif pendant les vacances). Heureusement, Internet m'a sauver.

Scission et baptême

J'ai séparé le "privé" (non littéraire) du reste, ça permettra aux râleurs et aux gentils embarrassés (ceux qui timidement m'avouent que mes tartines concernant les livres ou Compagnon ne les enthousiasment pas plus que ça) de laisser tomber ce qui les ennuie pour se consacrer aux potins.

Le nom vient d'une discussion avec Matoo et Chondre, un jour de représentation de Rigoletto: à l'époque, le copain de Matoo ne jurait que par un fruit puant le fromage; il assurait que ce fruit lui portait bonheur.
Au moment de commenter chez Chondre, pour me différencier d'une autre Alice (blogueuse tandis que je ne l'étais pas encore), je signai donc "Alice du fromage".

D'autres ici savent qu'Alice est mon pseudo le plus ancien, mon pseudo de commentatrice depuis 2004 (putain, etc).

L'anniversaire de Matoo

— Je ne connais personne…
— Oui, il y a beaucoup moins de blogueurs que l'année dernière, la mode passe1… À part les coxxiens, c'est surtout la base historique, les copains d'avant le blogging…
— Tu n'aurais pas vu Jules… Julien… Il devait venir… mais il est peut-être reparti…
— Jules? Quel Jules? Je ne connais pas de Jules.
— Mais si, Jules, il avait un blog, avant, il y a longtemps… Je ne l'ai jamais vu, on ne se connaît que par internet, les commentaires… (J'hésite à dire qu'il est allé en Chine, je ne sais plus si c'est un détail public ou pas).
Un grand type en T-shirt orange passe, d'après les photos glanées ça et là, un descriptif qui parlait d'1m91 (ou 87 ? Je ne sais plus), il me semble que ça pourrait être lui:
— Lui… il ne s'appelle pas Jules?
— Ah, Jûûûûûûllleeeees!!! Mais oui, mais fallait dire Athaldir!
(Oui mais heu, j'avais totalement oublié ce pseudo venu du fond de la préhistoire blogosphérique).

Remarques désabusées sur l'entreprise (pourquoi est-il si inconcevable d'expliquer qu'on est prêt à travailler de notre mieux pour rendre service au plus grand nombre sans y mettre d'autre foi particulière que celle du travail bien fait ? Pourquoi devons-nous absolument être enthousiastes et ambitieux, avoir des plans de carrière à dix ans («Comment vous voyez-vous dans dix ans? ? Ben euh…»2), connaissance commune et inattendue des xavières, analyse comparée des scénarios américains et français… (nous avons tout si bien compris que nous aurions aussi vite fait d'écrire notre propre scénario).

Fumer sert à sortir dans la rue et à échapper à la musique insoutenable de l'intérieur. Nous sommes accostés sous je ne sais plus quel prétexte par un certain Cédric (non blogueur, ne cherchez pas) qui pose beaucoup de questions mais séclipse dès qu'on lui en pose deux. Beau sourire. Sous ses dehors libérés et provocateurs ce garçon est très conservateur, il paraît sidéré et vaguement choqué que je sois là. Au bout de quinze secondes, après m'avoir demandé mon âge, il me catalogue «décalée»:
«Tes enfants, ça les fait pas flipper que leur mère soit à une gay party? ? Je ne suis pas à une gay party, je suis venue à l'anniversaire de Matoo.» Il n'est pas convaincu.
— Et comment tu connais Matoo ?
— Par internet. Je le lis. Et Jules aussi. Je ne connais personne ici. Je lis. Il me regarde comme si jétais vraiment bizarre: «Ah. Moi je suis de la vieille école». J'ai envie de rire.

Au moment de partir, Grégoire me demande un autographe pour son coloc. Je signe « Pour Cédric, with love. Maurane »



1 : En fait, cette année, c'est plutôt des FB… Je vais monter un observatoire sociologique à partir des anniversaires de Matoo.
2 : Je devrais peut-être leur envoyer cela.

Brève : des nouvelles de Tourainesereine

Je me rends compte ce matin, en cherchant des photos de la Possonnière, que Guillaume semble continuer son blog sur Flickr.

Presse-citon: jusqu'à la pulpe

Pour mes lecteurs qui vivent hors de la blogosphère, l'affaire du jour, c'est ça (je ne mets pas presse-citron en lien car les connexions n'aboutissent plus: trop de tentatives. Les bases juridiques sont disponibles (comme d'hab) chez Me Eolas.

Le plus énervant, c'est que d'après un site tchèque, Killie Minogue vient plus ou moins d'annoncer son mariage avec Martinez. (Je ne fournis pas de lien, ma connexion est trop pourrie, ça doit être disponible sur le site de Libé).

La loi des séries, fin.

Plutôt grognon, comme à chaque fois que je suis obligée de suivre le mouvement plutôt que d'être libre de m'organiser comme il me plaît. Pas une humeur pour bloguer, ça.

Je viens d'annuler trois engagements à la dernière minute pour cause de force majeure: hier, ce soir, et un le 31 (pas encore annulé, mais j'ai découvert ce soir qu'il faudrait l'annuler demain (zut alors, j'avais trouvé un moyen de voir les salons de l'hôtel Meurice)). Je déteste ça.
Mais bon, trois, je tiens le bon bout. Trois, c'est la fin de la mouise, tout devrait redevenir normal.

Le billet qui m'a fait rire de bon cœur aujourd'hui.


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Dix ans plus tard (2018), le blog de Franck n'est plus en ligne. Je mets une copie du billet ci-dessous.

La première fois que j'ai la tête dans le cul chez le coiffeur

J'espère que vous n'avez pas lu le titre trop rapidement : j'ai bien écrit "chez le coiffeur" et non "du coiffeur".
Ces précautions prises, je peux vous narrer mon anecdote, révélatrice des étincelles que peut provoquer ma vivacité d'esprit lorsque je manque de sommeil.
Vous aurez remarqué que ce n'est pas la première fois que je vous raconte l'une de mes aventures palpitantes chez le coiffeur. Souvenez-vous de l'haleine délicieusement mentholée de ma crinière ou de ma rencontre avec une actrice de Plus belle la vie.
Aujourd'hui, c'est justement le coiffeur de l'actrice en question qui m'a coupé les cheveux, le titulaire habituel de la charge - le détenteur privilégié de la fonction, devrais-je plutôt dire -, n'ayant plus de case pour moi dans son agenda.
Mon coiffeur du jour est très bavard - du moins pose-t-il beaucoup de questions, sur lesquelles je rebondis, autant par politesse que pour éviter d'avoir à parler, par de recurrents "et toi ?".

Ainsi :
"- Alors les fêtes ça s'est bien passé ? tu as fait quoi ?"
"- Bah j'ai fait ça en famille sur Paris, ET TOI ?"

Ou encore :
"- Tu habites dans le quartier ?"
"- Oui, dans la rue, même, ET TOI ?"

Et même :
"- Et ton copain, il fait quoi dans la vie ?"
" - (...) [j'ai donné la bonne réponse mais je maintiens la confidentialité ici], ET TOI ?"

Et puis, tête dans le cul, oblige, ça a fini par donner ça :
"- Et tu fais quoi dans la vie au fait ?"
" - (...), ET TOI ?"
"- Ben moi je suis coiffeur"
(putain, quel con je fais parfois…)

Ayaan Hirsi Ali et Peter Leeson

Le blog d'Ayaan Hirsi Ali, l'ex-députée hollandaise dans une situation pire que celle de Salman Rushdie, puisque son propre pays ne veut pas assurer sa protection.
En étudiant le sujet hier, j'ai découvert que le maire de Bruxelles avait interdit une manifestation qui souhaitait une minute de silence le 11 septembre "afin de ne pas embarrasser la population musulmane de la ville". Le maire n'était pas sûr de pouvoir assurer la sécurité des manifestants, a-t-il argumenté (ce qui n'est déjà plus la même chose que "ne pas embarrasser la population musulmane").

Dans un autre genre et sans rapport : le site d'un économiste anarchiste.

Et pendant que j'y suis à inaugurer cette nouvelle rubrique, j'en profite pour rappeler que Rémi a déménagé de Prague à Dubaï. Cette mésaventure m'a bien fait rire.

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Mise à jour le 3 juillet 2014: la page d'Ayaan Hirsi Ali.
Concernant Rémi (Diligent), il est désormais plus actif sur Facebook que sur son blog.

Ça devient vraiment n'importe quoi

abracheumeuneu + Z = Zabracheumeuneu

Au suivant !


mise à jour le 3 octobre au petit matin : parce que c'est le plus discret des blogueurs, je vous signale la suite ici.

Google bombing

Enfin, réflexions...

Je tente un google bombing à moi toute seule: Racheumeuneu


mise à jour le 28/09/2007 : j'en profite pour signaler que Berlinette a écrit le 26 septembre.

L'élégance du blogueur

Je n'aime pas les blogs de râleurs ou de pisse-froids, les blogs qui font la morale, les blogs qui sont contents d'eux-mêmes. Je n'en souffre pas puisque je les évite.

J'aime les blogs tenus avec distance, dans lesquels «les petites contrariétés» deviennent des anecdotes amusantes ou des occasions d'auto-dérision, j'aime les blogs qui savent exprimer les sentiments sans appuyer (le plus difficile, il me semble; sous ce rapport Kozlika m'a plus d'une fois laissée sans voix), j'aime les blogs qui portent un regard étonné ou amusé sur le monde ou qui vont à la pêche sur internet et partagent leurs trouvailles.

C'est pourquoi, en hommage à tous ces billets lus soir après soir pour mon plus grand bien-être moral, et bien que je sois furieuse pour un certain nombre de raisons, je vais parler de la vitrine du chocolatier 16 rue d'Assas, juste devant la station de Vélib où j'ai garé mon vélo afin d'aller emprunter à la bibliothèque le livre qui m'évitera d'attendre deux semaines que les circuits de la direction Achats crachent ce dont j'ai besoin dans les deux jours.

Deux photos,



la seconde bien évidemment dédiée à Chondre.
(Désolée pour les reflets, je ne me suis pas méfiée (et puis je suis allée vite, je suis toujours gênée de photographier ainsi des objets qui me paraissent des objets personnels.)


Le silence ou la forme

J'ai froid aux pieds.

Parmi tous les découpages possibles de la population blogueuse, il y a les blogueurs qui pensent qu'il vaut mieux se taire quand on n'a rien à dire (nous les nommerons "la mouvance Montherlant" par rapprochement très lâche avec une citation retrouvée par Zvezdo à partir d'une piste donnée par Gvgvsse) et ceux qui pensent qu'il faut écrire quoi qu'il arrive, qu'on trouve toujours quelque chose à dire (ceux-là se rapprochent de Paul Valéry, qui trouvait stupide de répondre qu'on n'écrivait pas "parce qu'on n'avait rien à dire" (citation à retrouver dans Pour une théorie du Nouveau Roman de Ricardou, que j'ai trop froid pour aller chercher)).[1]

Ce n'est pas que je n'ai rien à dire, c'est que je n'ai pas le courage de le mettre en forme.

Ce que j'aime bien quand je rencontre des blogueurs, c'est la petite curiosité des jours suivants: en parlera, en parlera pas, et en quels termes s'il en parle?
La première fois, j'étais plutôt inquiète.
Depuis, je savoure l'espèce d'étiquette qui règne, non écrite, qui fait que dans ce monde éminemment indiscret (sans compter les commères qui adorent les potins) chacun reste plutôt discret.
Je n'ai fait promettre qu'une seule fois à quelqu'un le silence sur ce dont nous allions discuter. C'était une erreur: il était suffisamment bien élevé pour que ce soit inutile; à ma décharge, je ne l'avais que très peu lu puisqu'il n'était pas blogueur mais intervenait sur un forum.

Tout cela me permet de rire quand j'entends les non-initiés faire des grands discours sur l'impudeur et l'exhibition des blogs: c'est un peu vrai et beaucoup faux. Cela ressemble plutôt à un jeu d'ombres et de lumière.
Le plus grand plaisir, c'est tout de même que les héros soient "vrais" et sortent de leurs textes. Et qu'à l'occasion ils puissent compléter des histoires.

Notes

[1] voir ici.

Zvezdo en concert

Samedi soir, j'ai testé le Rainbow Symphony Orchestra.
L'auditoire était bien plus varié, en âge et en sexe, que ne me l'avait laissé entendre Zvezdo (Ah zut, j'ai oublié de lui demandé s'il y avait un rapport entre Zvezdoliki et Zvezda (qui veut dire étoile, ai-je appris grâce à Grossman)). L'orchestre est une surprise, il est en tenue multicolore, c'est très joli. Je cherche une logique, il me semble que les cuivres sont bleus, mais c'est peut-être un hasard. (C'est un hasard, me confirmera à l'entracte Zvezdo en chemise orange (modem oblige), fatigué de l'éternel tee-shirt vert pomme de son voisin tandis que nous déplorerons conjointement que la chemise ne soit pas obligatoire).

Pour le reste, je suis trop intimidée pour parler de musique. J'ai été enchantée d'avoir l'occasion d'entendre le Psalmus Hungaricus de Kodaly avec un excellent ténor (Laurent Doyen). Le programme m'a beaucoup plu, il n'y a guère que l'Adagio de Spartacus d'Aram Khatchaturian que j'ai trouvé sans intérêt (on attend que la musique se réveille, et elle ne se réveille pas. Moi qui m'attendais à quelque chose d'un peu guerrier…)

J'ai été présentée à Gast et son ami (les non-blogueurs vivent dans l'ombre de leurs blogueurs), et Zvezdo m'ayant demandé où l'on pouvait boire une Guinness, je lui ai étourdiment répondu, pensant que c'était un test, un clin d'œil. Nous nous sommes donc retrouvés au pied de Saint-Eustache dans un pub bruyant.
J'ai appris beaucoup de choses, en particulier que certains protestants français s'étaient réfugiés en Lettonie pour fuir les persécutions catholiques, que les offices protestants étaient interdits dans l'enceinte de Paris par l'Edit de Nantes (j'espère ne pas me tromper, j'étais si impressionnée de tant d'érudition sur un sujet si inattendu que je n'ai pas tout enregistré). Les trois hommes ont parlé politique (je n'ai pas suivi (Gast est "Vert")), puis nous avons changé de sujets (j'ai tout oublié à l'heure qu'il est (ah si, au moins cette question: quelle taille, quelle forme, quel fournisseur pour une bibliothèque (le meuble) idéale) (et encore une histoire de fenêtres (et une autre de plombier polonais (Zvezdo est très content du sien, avis aux gens dans le besoin))).
Nous avons également évoqué la façon dont la Russie avait choisi, parmi trois religions (la juive, la catholique, l'orthodoxe) la religion orthodoxe parce qu'elle était la plus flamboyante, et je ne sais lequel des trois a murmuré «Imaginez s'ils avaient choisi la religion juive»… J'ai eu l'impression d'un abîme, cela changeait tout, mais tandis que j'essayais de mesurer les conséquences d'une Russie juive, Gast est parti sur le sujet de l'uchronie.
Nous avons fini sur les livres de SF, enfin surtout Gast et moi, les deux autres un peu effrayés par la quantité de lectures culturellement incorrectes que nous avons ingurgitées au cours de notre vie.

Gast a fini en beauté en nous résumant les aventures de Philémon (via un passage par Valérian (je préfère Laureline mais je ne l'ai pas dit)).

On a retrouvé Linda de Suza

Le 6 juin à l'O'buki (219 rue Saint Maur), soirée voyance avec Irma et Ingrid et visite de Linda de Suza (à partir de 21 heures). J'ai interrogé la patronne, eh non, ce n'est pas une blague.
J'ai alors suggéré qu'il faudrait inviter Jean-Luc Lahaye, mais quelques personnes bien informées m'ont appris qu'il était en prison. Ah bon.

Bien entendu je ne connaissais personne. Donc après avoir fait quelques instants la conversation à Twitter, il m'a répondu d'essayer (non, merci))), je me suis cramponnée à Chondre et ses amis dont Dr Nono (une sacrée langue de vipère. Si j'ai bien compris, son chat (11 mois et très possessif et tendre) met son couple en péril) et Franck, qui possède de jolies fossettes et à qui nous devrons bientôt la photo d'une des parties manquantes de Chondre (nous possédons le reste du puzzle, c'est un jeu de patience). Ce fut une de ces soirées que j'aime, où l'on dit beaucoup de mal de gens que cela fait beaucoup rire (puisqu'ils sont là pour l'entendre (dans la plupart des cas)) même s'ils ont dû se demander qui j'étais et ce que je faisais là (mais ils sont très polis). J'ai même vu Garoo, beau gosse (moi qui croyais qu'il vivait en autarcie entre son frigo et ses ordinateurs) et l'un des membres des Coquecigrues.


Meilleure répartie de la soirée, une fille en couple (de filles) à une vendeuse de roses: non, on est venu sans nos maris.

Petite Annonce

Rémi vend son appartement au centre de Prague.

(Trop tard pour Zvezdo. Je me demande combien de temps il va lui falloir pour rebrancher son ordinateur. Cela avait pris une éternité à Philippe[s].)

Pourquoi les pdblogs ?

Ce fut la question de Gvgvsse, me regardant dans les yeux, attendant visiblement une "vraie réponse", quand je le rencontrai en mai 2005.

Evidemment, la réponse qui vient est "Pourquoi pas?"
L'autre est "Quelle question bizarre, pd n'a jamais été un critère, je ne choisis pas selon ce critère".
La vraie réponse est «Je ne sais pas».
L'autre réponse est «Je ne l'ai pas fait exprès» ou «c'est un hasard» (une recherche sur versatile qui m'a fait tomber sur un billet de Matoo).
La dernière réponse possible est «c'était peut-être inévitable pour une lectrice de Renaud Camus». (Absurde: j'ai commencé par Du sens et Répertoire des délicatesses du français contemporains, qui sont très neutres de ce point de vue: je le répète, l'homosexualité n'est pas un critère de choix).

Quoi qu'il en soit, la question de Gvgvsse a continué de me turlupiner: est-ce que c'était bizarre, de ne lire que des blogs pd? Evidemment, la raison principale du phénomène, c'est qu'ayant commencé par lire Matoo, puis ayant circulé dans ses favoris, I was trapped. Finalement, celui qui m'a permis de sortir de cet enfermement, c'est Philippe[s] (trouvé, lui, par une recherche Google avec "Renaud Camus" en mots-clé), car ses favoris sont d'une autre nature (qui détermine un monde tout aussi clos).

Mais la question reste, ou plutôt est ré-avivée, quand un ou deux de "mes" lecteurs masculins hétéros m'avouent ne pas accrocher avec mes blogueurs favoris. «Tant pis», pensé-je avec philosophie, ou «ça ne m'étonne pas», si je suis d'humeur sardonique.
Je me souviens de la surprise de Matoo, et aussi de quelque chose qui ressemblait à du soulagement, quand papotant pour la première fois ensemble, il s'exclama «mais t'es pas une fille à pd, alors», me laissant interloquée (mais qu'est-ce que c'est et pourquoi préfère-t-il que je ne le sois pas?). Plus tard, au cours d'une soirée, un certain Yann me peignit un tableau moqueur de la FAP: «Ça commence à l'adolescence, elles sont grosses, moches,…» C'était méchant et moqueur, et j'ai plaint ces filles dont j'ai soupçonné le besoin de chaleur humaine et d'amitiés gratuites (mais après tout je n'en sais rien, ces mondes-là me sont à peu près inconnus). Mais bon, Yann, c'est spécial (pas du tout mon genre, mais ça me ferait bigrement plaisir de le revoir parce que par une de ces alchimies inexplicables, on s'amuse bien (les mêmes dispositions naturelles à la langue de vipère, je suppose).)

Récemment, j'ai lu une phrase de Kozlika qui m'a arrêtée: «Ah tiens, c'est bien la première fois que je me sens d'emblée si à l'aise avec un hétéro.»
Je ne dirais pas ça mais je comprends parfaitement ce qu'elle veut dire. Ce qui m'ennuie, c'est que je suis incapable de l'expliquer.
Pourquoi ne serait-on pas spontanément à l'aise avec un hétéro? «Méfiance, méfiance, mais qu'est-ce qu'il me veut?»
Pourquoi serait-on spontanément à l'aise avec des homos? (ce qui n'est pas mon cas, d'une part parce que je n'ai pas de "gaydar", je suis même totalement nulle (ce genre de catégorisation ne m'a jamais intéressée), d'autre part parce qu'il y a a des homos avec lesquels je suis très mal à l'aise…)
La distinction de Kozlika est inopérante dans mon cas. Mais cependant… Il existe un soulagement (qui doit paraître incompréhensible à beaucoup) à NE PAS être l'objet d'intérêt principal. Je me souviens de mon amusement à constater que mes hommes préférés étaient finalement les hommes amoureux (d'une autre), les hommes passionnés (d'un sujet), les prêtres (qui peuvent entrer dans la catégorie précédente), bref, ceux qui n'ont d'autre intérêt à parler avec moi que le désintéressement et leur propre passion.
Il est possible que je sois une exception, comment savoir, puisque je ne parle pratiquement qu'avec des garçons (comme dirait Kozlika) depuis toujours, sports et maths obligent.

Finalement, j'aurai passé mon temps à faire oublier que j'étais une fille jusqu'au moment où je me serai rendu compte que ce n'était pas réellement possible, et qu'une paire de talons et un peu de maquillage et un sourire pouvaient obtenir beaucoup de choses1, ce qui est, avouons-le, profondément décevant.

Enfin, j'ajoute que la phrase de Kozlika m'a rappelée les phrases de Nuruddin Farah: «Les femmes sont comme les fourmis, elles ont développé une sensibilité au danger, elles ont développé des antennes comme les fourmis pour interpréter un sourire, un cadeau… (un cadeau n'est jamais gratuit)». Nuruddin Farah m'a profondément étonnée, j'ai eu l'impression qu'il avait compris quelque chose : «il va falloir payer» est une arrière-pensée inconsciente, les femmes (ou juste moi?) ne croient pas beaucoup à la gratuité… Je me souviens de Marilyn Monroe, qui sortait draguer dans les bars pour s'assurer de sa séduction (oh ce doute des femmes), et qui disait toujours oui en posant pour seule condition «d'être gentil». Cette condition est si triste.

Parfois je me dis que je suis complétement folle, très très parano (j'ai au moins un ennemi pour le penser) et que c'est totalement ridicule. D'autre fois je me dis qu'un homme blanc hétéro dans la société occidentale, c'est-à-dire dans une société entièrement taillée à sa mesure depuis des siècles, ne peut pas voir la société dans laquelle il vit, comme un poisson ne peut avoir conscience de l'eau, et je le plains un peu.



Note
1 : reconnaissons la grande complicité avec certains (généralement la catégorie "amoureux d'une autre") qui vous voient faire, le savent, et s'offrent le plaisir de céder malgré tout (je parle de sujets professionnels) tandis que je sais qu'ils savent et qu'ils savent que je sais… Cette complicité-là est merveilleuse. (En plus simple, il y a tous les gestes de la galanterie ancestrale qu'une bonne féministe devrait refuser mais que je trouve si agréable en compagnie d'un homme intelligent.)

Buona Pasqua a tutti

Samedi soir, j'ai assisté à la veillée pascale à l'église des Carmes. Un cardinal officiait. Je suis arrivée un peu tard, trop tard pour le feu et la distribution des cierges, fins, très fins, beaucoup plus fins qu'en France.

J'aime assister à la messe en langue étrangère. Le rite prend toute sa puissance, les rythmes permettent de reconnaître le sens, l'extérieur apporte la forme, le fond est intérieur.
Je ne connais pas bien les rites de la veillée pascale, ce n'était pas une tradition familiale, on allait plutôt à la messe le dimanche matin. Je n'ai assisté qu'à deux veillées dans ma vie, et il m'a semblé que celle-ci, la troisième, se passait de façon légèrement différente, le nombre de lectures m'a surprise.
L'assemblée se lève, le texte est lu, je me concentre le temps de reconnaître le texte grâce à quelques mots, puis je m'endors, épuisée. L'assemblée s'assoit, un prêtre commente le texte, je ne comprends pas, je dors profondément, l'assemblée se lève et chante, bien sûr je ne comprends pas le numéro des chants, je repère de loin la forme imprimée des strophes chez mes voisins et trouve la page adéquate, le chant est presque fini, c'est joli, plus joli qu'en France, plus doux et plus mélodieux (je déteste en France ces chants dont il faut bien reconnaître que La Vie est un long fleuve tranquille donne une image assez exacte), je chante, le texte suivant commence, je me rendors.
Combien de fois? Dix fois, quinze fois? Je ne sais pas, je ne pensais pas que ce serait aussi long, je ne savais pas que j'étais si fatiguée, une fois mon genou fléchit tandis que je suis debout, mon sommeil était devenu trop profond.

Qu'est-ce que je fais là? Ce matin j'étais à Paris, à midi dans l'avion, à six heures sur les Zattere à manger une glace… Qu'est-ce que je fais là? Je pense à Matoo, à Guillaume, à Veuve Tarquine, à leur fureur anti-Dieu, à la tristesse que cela provoque en moi parce qu'il n'y a rien à dire, d'une certaine façon ils ont raison mais moi aussi, mais il y a déjà un moment que j'ai décidé de ne plus réfléchir, de ne plus rationaliser tout cela.
S'il n'y a rien nous ne le saurons pas (et c'est une bonne farce, réellement l'idée me fait rire); mais s'il y a quelque chose (ou "quelqu'un") cela ne fera pas grande différence d'avoir été croyant ou pas. L'important sera la vie menée. Et les critères de jugement ne seront pas humains, ce qui est profondément rassurant (et me fait regarder avec condescendance ces croyants si sûrs de savoir où est le Bien et le Mal: relisez les Evangiles, vous verrez, c'est surprenant, personne n'est jamais jugé comme il l'attend).

Enfin bon. Je pense à Jules, à sa veillée de Noël à Saint-Marc (mais que faisait-il là?), finalement ce ne serait pas si difficile à organiser.

Le cardinal nous libèrera d'un joyeux "Buona Pasqua a tutti", les gens se rassemblent, s'embrassent, sont heureux, c'est un village, une fête de famille.
Je m'éclipse.

Le mensonge de Jules

Chic alors: Jules m'a envoyé sa liste.

Je vous laisse trouver son mensonge (c'est plutôt difficile car nous n'avons plus le soutien de son blog pour nous donner une idée de lui. (A moins que son blog ne soit quelque part dans les limbes?)

1- J'ai déjà pesé 1kg250 ; j'ai déjà pesé plus de 100 kg.
2- A trois ans, je me faisais vomir pour rendre ma mère malade.
3- Je ne sais pas courir.
4- A l'inhumation de mon père on m'a demandé qui j'étais.
5- J'ai déjà envisagé de congeler le chat qu'on m'avait donné à garder, parce que celui-ci était mort.
6- J'ai déjà couché avec certains de mes profs.
7- J'ai déjà couché avec certains de mes étudiants.
8- J'ai une maîtrise d'histoire grecque sans toutefois parler grec. J'ai soigneusement évité certains des partiels de grec en prétextant passer le concours de sciences po, proposé de rattraper les examens manquants en les réalisant chez moi et donné les exercices à faire à un ex qui avait fréquenté la rue d'Ulm.
9- J'aime manger les crevettes vivantes.
10- J'ai une grand mère qui affirme que les films classés X sur le câble ne lui ont vraiment rien appris.
11- J'ai déjà assisté à la messe de Noël de la basilique Saint-Marc.

Et Jules passe le relais à Gvgvsse.

Un seul mensonge

Guillaume relance la chaîne… Il s'agit donc de trouver le mensonge parmi dix affirmations. (Les instigateurs paraissent en être Roxane et Honey).
Pfou, je dois avouer que je n'ai pas beaucoup d'idées. Ne soyez donc pas surpris si certaines affirmations vous rappellent d'autres listes, ce n'est pas un hasard.

1) J'ai vendu par téléphone des abonnements au Figaro. Désormais j'ai peur du téléphone.

2) J'ai lu La Montagne magique à cause d'un ami qui m'en disait le plus grand bien. Il ne l'avait pas lu.

3) J'ai eu droit à un contrôle d'identité aux Halles. Comme j'en demandais la cause, le flic a insinué que je faisais le trottoir.

4) J'ai fait régulièrement le mur à l'envers, non pour sortir de l'internat, mais pour y entrer.

5) À dix-huit ans, je me levais spécialement le dimanche pour regarder Candy.

6) Je n'ai pas lu À la recherche du temps perdu. J'espère que cela ne se voit pas.

7) J'ai pris l'ascenseur avec Raymond Barre mais je ne l'ai pas reconnu.

8) Depuis mon retour du Maroc à huit ans, je n'ai jamais quitté le territoire français. J'évite de parler voyages.

9) Cela doit faire dix ans que je n'ai pas vu une exposition. J'évite de parler peinture.

10) J'ai redoublé mon CP. J'écrivais très mal.



Je passe le relais à writ, Mir, et Rose (mais verra-t-elle cet appel?), et puis à Jean Ruaud, qui à ma connaissance a été le premier blogueur que je ne connaissais pas à me linker (Merci. j'ai décidé de figer ma liste de liens par flemme diplomatique, mais je n'oublie pas).

Jules, tu ne voudrais pas jouer dans les commentaires, où m'envoyer une liste à mettre en ligne, par hasard? Tu fais partie des blogs évaporés que j'ai lus si peu de temps, en arrivant trop tard dans leur histoire.

Robustement (hommage)

Lorsque j'ai commencé à lire sérieusement des blogs, entre avril 2004 et février 2005, rayonnant à partir de Matoo et Gvgvsse, j'ai découvert un monde qui commençait déjà à s'estomper, j'arrivais déjà trop tard: les blogs de Mennuie et Manu n'étaient plus accessibles, celui de la Fille aux gants non plus, etc. (Matoo conserve les liens des blogs disparus, plus exactement, il n'efface pas les liens au fur à mesure. Je l'en remercie. C'est frustrant et nostalgique, je ressens un grand regret pour tous les blogs que je n'ai jamais parcourus, je déteste les blogs effacés, c'est encore plus triste quand il s'agit de blogs perdus, comme Gvgvsse m'a expliqué que c'était le cas de celui de Manu). Rien à faire, un blog qui n'est pas né avant 2004 ne sera jamais pour moi "un vrai blog" mais juste un effet de mode. Je suis très snob. En tournant un peu, je suis inévitablement arrivée chez Berlinette. I like her style. Je vous laisse lire un post sur les tournesols, un autre sur les pauvres, un troisième sur un chat,… Dommage qu'elle écrive de moins en moins. J'aime l'équilibre qu'elle parvient à trouver dans certains posts où le second degré n'est pas du second degré, où toutes les interprétations ne paraissent pas seulement possibles, mais vraies. Graine d'écrivain, à mon avis, mais je ne suis pas sûre qu'elle en prenne jamais le temps.


Toujours est-il que j'ai cru m'étrangler en découvrant cela :




Qu'en déduire, mon Dieu, mon Dieu : Patrick Artus lirait Berlinette?

Une banane dans l'oreille

«A toute banane le malheur est bon», criait ma grand-mère en rasant mon grand-père avec une biscotte. Lui riait, se rappelait la tarte aux poils de sa jeunesse.

(Pour annoncer au monde la renaissance de Touraine sereine. Je passe le relais à Philippe[s], si cela amuse writ ou Tlön (leur genre/pas leur genre?), qu'ils n'hésitent pas.)

Billet bourrée

Ce matin, baguenaudant chez Zvedo, je lis ce billet qui voudrait que Gv ait traité de « pathétique » la tenue d'un blog. (Gv dément vigoureusement).

Rentrant de mon déjeuner hebdomadaire trop arrosé avec Paul Rivière (j'ai décidé finalement de lui donner un pseudo), j'écris cette note mélancolique qui vous fera comprendre
1/ que je ne tiens pas l'alcool
2/ pourquoi je ne voulais pas ouvrir de blog.

Tenir un blog est pathétique quand/si cela consiste à envoyer au monde entier une lettre qui ne devrait être destinée qu'à un seul, mais que ce « un seul », on ne l'a pas sous la main, ou plus triste encore, qu'on le connaît sans avoir jamais osé le lui avouer, ou encore plus triste, qu'on le connaît, mais qu'on doute (euphémisme pour : être sûr) que nos billets, ces lettres quotidiennes, pourraient faire autre chose que l'ennuyer: «notre âme à coté du papier»1 ne l'intéresse pas (laissons de côté le cas diabolique mais non moins douloureux où l'on en profite pour écrire à qui ne vous lirait pas autrement (la logique de l'épuisement des possibles sera ma perte)).
Alors on écrit un billet dans un blog, on envoie une bouteille à la mer, en se disant que peut-être, dans l'infini des possibles, une personne le lira et le comprendra, tant est longue notre solitude et non désespérable notre besoin de consolation2.

Entre pari de Pascal et nouvelle de Borges.

Je crée de ce pas une rubrique « Paul Rivière » et une rubrique « réflexions méta-bloguiennes », car il me semble que le blog, et internet en général, méritent bien que l'on s'arrête pour réfléchir au manque ou au besoin (et à l'apport) en jeu à cet endroit précis de la condition humaine.



1 : cf. Cyrano de Bergerac, cf Matoo.

2 : Stig Dagerman

Entrée en matière

Les parrains de ce blog sont (même s'ils ne le savent pas) :
  • Phillipe[s], qui me voulait blogueuse dès l'été dernier;
  • Zvezdo, qui m'en a réclamé un à grands cris en janvier;
  • Guillaume, qui me dit avant-hier quand je lui confirmai que j'en ouvrais un : «Eh bien, c'est pas trop tôt!»

Je dédis ce premier billet à Jules puisque «Citer est un vice dont je ne me lasse pas».
«Nous avons suivi l'ordre du hasard, celui de nos notes de lecture. Selon que j'avais eu en mains un livre, grec ou latin, ou que j'avais entendu un propos digne de mémoire, je notais ce qui me plaisait, de quelle sorte que ce fût, indistinctement et sans ordre, et je le mettais de côté pour soutenir ma mémoire, comme en provisions littéraires, afin que, le besoin se présentant d'un fait ou d'un mot que je me trouverais soudain avoir oublié, sans que les livres d'où je l'avais tiré fussent à ma disposition, je pusse facilement l'y trouver et l'y prendre.»
Aulu-Gelle, Les Nuits attiques, éd. Les Belles Lettres
Je crois que tout est dit : blog aide-mémoire ou pense-bête, et parce qu'on est curieux malgré tout de savoir s'il y a de l'écho.

Hommage à Matoo

En toute rigueur, ce texte n'a rien à faire là. Je le reprends parce que ça me fait plaisir.

Vous trouverez ça et là dans le site de Matoo des tarlouzes, des dèpes, des tapioles (peut-être le mot le plus utilisé), des tapettes, des "garçons sensibles" (j'adore cette expression), des pétasses dans le sens de pédés, des cœurs de midinettes,... S'il y a un monde dont Matoo se moque, c'est bien celui des homos, enfin, d'un certain type, celui qu'il connaît le mieux, tout en en catégorisant d'autres, les homos bobos, les folles de la gay pride, etc. Si l'on voulait lui reprocher quelque chose, ce serait peut-être d'en rajouter dans le cliché concernant les dèpes. Sur le thème, il force le trait, c'est certain, sans que je sois toujours sûre que ce ne soit qu'un jeu (serait-ce parfois une défense?) Comment vous dire, tout cela n'a pas grande importance, ces mots qui seraient violents ou méprisants ailleurs sont ici employés avec tendresse.

Je me demande souvent ce qui me retient sur son site et dans son écriture, dont le moins que l'on puisse dire est qu'elle est plutôt étrangère à ce que je lis par ailleurs. Je pense que c'est un rapport à l'enfance, à l'émerveillement, à la capacité intacte de regarder autour de soi et à être heureux (ce qu'il appelle son optimisme fataliste), également à un bonheur des mots (pas de doute, j'ai acquis du vocabulaire, même si je serais à peu près incapable de m'en servir.(lol))
Aussi étrange que cela puisse (me) paraître, il m'évoque des livres d'enfance, des choses comme La gloire de mon père, des textes sans cynisme, sans humour noir, sans rien finalement de ce que je cherche aujourd'hui, c'est-à-dire le rire qui permet de tenir à distance un monde comme il va qu'on n'est pas très sûr d'apprécier. Matoo, c'est la possibilité d'aimer à nouveau le monde comme il va, malgré ses imperfections (mais quelle époque a jamais été parfaite?)

Et puis Matoo, mon phoenix, est parfaitement conscient de ne pas toujours utiliser les bons mots aux bons moments (voir les commentaires). Il reconnaît qu'il utilise parfois un mot au sens inapproprié simplement parce qu'il le trouve joli (je sais, quelle hérésie), il sait qu'il fait de "vraies" fautes (celles qu'on ne fait pas par étourderie). Il me surprend par sa maîtrise de la retranscription du langage parlé (j'avais commencé à donner un lien vers un post récent, mais finalement, j'ai eu peur de vous choquer (parce que là, le discours (hétéro) qu'il rapporte dépasse nettement le mysogine)). Il écrit sérieusement sans se prendre au sérieux. Il cherche. Il lit. Il va à des expositions. Il est conscient de ce qui lui manque dans les domaines "culturels"; non seulement il cherche à combler le manque, mais en plus il influence les lecteurs de son blog.

Il aime lire, et je veux croire qu'il fait lire, aussi bien le dernier polar américain que Marc-Aurèle. Il y a deux façons pour la littérature de mourir: qu'il n'y ait plus d'écrivains (dignes de ce nom), et qu'il n'y ait plus de lecteurs (dignes de ce nom). Et je suis toute étonnée de me rendre compte que, sans vraiment pouvoir le rationaliser, aussi loin que Matoo puisse paraître du lecteur idéal tel qu'on l'imagine sur ce site, c'est sur lui (et ses pairs, ceux qui ont la même joie, la même curiosité) que je parierais pour faire survivre le goût des livres et de la littérature encore quelques années, parce que si je crois que la littérature classique telle qu'on la conçoit ici survivra dans les universités, je crois que c'est par des lecteurs fous et curieux que la littérature en général a une petite chance d'être sauvée.
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