Billets qui ont 'vaccin' comme mot-clé.

La logique anglaise (chronique du Brexit)

Les transporteurs et les routiers manquent et on redoute des pénuries à Noël.

Tandis qu'un syndicat de routiers, qui se souvient sans doute de la façon dont les transporteurs ont été traités à Noël dernier, annonce qu'il n'a pas l'intention d'aider la Grande-Bretagne, le gouvernement anglais avertit qu'il expulsera dès le lendemain de Noël ceux qui seront ou seraient venus aider car il n'est pas question qu'ils «abusent du privilège de travailler» en GB.
Ça donne envie de rendre service.



Je le conserve ici au dossier de la grande absurdité du monde.

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J’ai pris un coiffeur à Vincennes à cinquante mètres de mon bureau. Contrairement à l’autre, il est provax à fond. Il a fait vacciner tout son personnel, mais aussi toute la famille de son personnel.
— La famille? Comment vous avez réussi ça? (Je songe à toutes les fois où je me tais pour ne pas être accusée d’ingérence dans la vie privée de mes salariés.)
— Il suffit de bien expliquer.

J’ai mes doutes. Il me raconte comment il s’est disputé avec une amie qui ne pouvait pas rentrer dans un café parce qu’elle n’avait pas de pass sanitaire: «comment ça, c’est risqué? Tu fumes un paquet par jour et tu prends la pilule depuis vingt ans et tu me dis qu’on n’a pas assez de recul? Mais l’ARN messager existe depuis longtemps.»
Je fais remarquer que certes, mais justement, il était interdit (c’est l’argument de A.).
— Oui, en France. En Suisse, il est utilisé depuis 2015 ou 2016 pour la rougeole.

Première fois que j’entends ça. A vérifier.

Des nouvelles de ma doctoresse

— Quatre semaines de vacances, ça fait du bien! Je ne prendrai plus que quatre semaines. Et puis quel bonheur de revenir au travail, de retrouver ses patients… Il n'y a plus beaucoup de Covid hospitalisés, la situation est quasi normale.

— L'ivermectine… je ne sais pas ce qui s'est passé, mais à l'origine, on l'utilisait. Dans les cas de Covid aigu, on donnait beaucoup de cortisone, et la cortisone baisse les défenses immunitaires. Or on a tous des parasites dormants qui pourraient en profiter. Alors avant de donner de la cortisone, on vermifugeait les patients. Je ne sais pas comment c'est parti, mais je suppose que ça vient de là.

— Nous, ce qui nous intéresse, ce ne sont pas les cas de covid sur personnes vaccinées, ce sont les cas de Covid graves sur personnes vaccinées. Sur ceux-là on collecte un maximum de données. En général ce sont des personnes affaiblies, soit très âgées, soit traitées par chimio, immuno-déprimées, etc. Les vaccins ARN ont prouvé leur supériorité.

— Janssen France n'a plus de nouvelles de Janssen monde. Plus rien. Ils nous ont dit que ceux qui recevraient un autre vaccin que Janssen seraient sortis de l'étude. Mais nous, nous ne voulons pas attendre.

— On nous dit «mais alors, tout ça n'a servi à rien». Mais tout les pays n'ont pas les moyens d'avoir des frigos à -80°. Les gens ne se rendent pas compte. Ça fait toujours ça.
Et ainsi s'évanouit le complotisme anti-pauvre à qui on refilerait les "mauvais" vaccins: il s'agit hélas "simplement" de contraintes d'infrastructure.

— Eh bien au revoir. Il est probable que nous ne nous reverrons pas.
— Je le regrette. Je vous aurais volontiers choisie en médecin traitant.

*****

A partir d'aujourd'hui les soignants (médecins, infirmières, mais aussi personnes qui s'occupent des personnes âgées) doivent être vaccinés. Si vous voulez dans un premier temps sourire, dans un second temps réfléchir, je vous conseille de lire ce thread d'un médecin neurologue en hôpital.

Deux sinon rien

J'ai reçu un coup de fil de Saint-Antoine: les autorités sanitaires conseillent d'injecter une dose de vaccin ARNm à ceux qui ont reçu du Janssen. Rendez-vous mercredi.

Dimanche

Réveillée avec le soleil. Pour je ne sais trop quelle raison je regarde mon téléphone (c'est rare que je le fasse au réveil) et me perds dans un blog qui m’apprend du vocabulaire: un brocialiste, une fémonationaliste, une TERF. J’ai beaucoup de mal avec ce genre de blog car je me demande toujours s’ils sont à prendre au premier degré ou s’ils sont parodiques. En l’occurrence, celui-ci me paraît réellement défendre les femmes, les personnes non blanches (non caucasiennes, racisées), les transgenres.
Le moins que l’on puisse dire est que je ne m’y prendrais pas de la même façon. Mais bon, pourquoi pas. Si chacun agit à sa manière pour défendre une même cause, on peut supposer qu’à terme, la cause avance. (L’archétype ici est le débat gay/drag queen: les drag queen nuisent-elles (ont-elles nui, à la grande époque où tout était à défendre, tout était à construire) à la cause gay? Aujourd’hui il est possible de répondre: non. Elles leur donnent de la visibilité.)

Rendormie, réveillée à 10h30, juste à temps pour manger mes croissants, lancer le lave-vaisselle (pas lancé la veille au soir car dans un volume sans mur, tout s’entend), laver à la main les verres fragiles, faire un brin de causette, enfiler une paire de boucle d’oreilles et nous voilà partis pour le bon restaurant de Moret (par opposition aux restaurants à la bonne franquette).
Repas agréable en terrasse terni par… la chaleur (! qui l'eut cru cet été?) qui devient lentement insupportable.

Retour. Nous n'irons pas marcher le long du Loing, hier l'orage, aujourd'hui le soleil, nous en auront empêchés.

Départ des Bostoniens. Ils reviendront sans doute avant que nous allions les voir; dans ma programmation en grande masse nous retournerons aux Etats-Unis dans deux ans (mais bon, rien ne se passe jamais comme prévu).

Coup de téléphone à ma fille, la seule non vaccinée de la famille (j'ai honte): elle ne veut pas de l'ARN messager. Nous l'informons qu'il reste à sa disposition deux vaccins plus traditionnels: Janssen et Astrazeneca.

Je m'abonne à Véligo, l'abri vélo protégé, même si je trouve fort de café que l'abonnement au parking pour ma voiture soit gratuit mais celui pour mon vélo payant.

Le soir, un mail automatique de réponse m'apprend que ma prof de grec est toujours en arrêt maladie. Elle est arrêtée depuis janvier, c'est inquiétant.

Les antivax: crétins ou négationistes? ou les deux?

Je découvre avec stupéfaction que les antivax comparent leur sort à celui des juifs sous le nazisme.
Je n'ai pas de mots.

Portail d'Auschwitz avec «le travail vous rendra libre
source: Sarah Benichou.


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Avant d'exposer leur abjection, ils exposaient leur crétinisme.

Je reprends le dessin et le commentaire d'Hervérifie, parce que comme lui, j'aime bien le hamster doré (et je déteste Dupont-Aignan):

comparaison entre les tests sur le vaccin et les tests sur l'ivermectine, l'ivermectine étant préféré au vaccin par Nicolas Dupont-Aignan

🌴 Aloha 🥥
🧠 Je citerai ici Thomas C Durand, de la fabuleuse La Tronche en Biais, qui par sa prose mythique m’a inspiré cette infographie : 💬 « (…) Les mêmes personnes qui veulent se fier à un papier sur 18 hamsters sorti avant hier sont promptes à juger que les milliards d'injections et la stricte pharmacovigilance des 7 derniers mois sont insuffisantes pour recommander la vaccination. Leur manque de logique est visible depuis l'espace (…) »

🐹 Et puis ça m’a surtout vachement donné envie de dessiner un hamster, à défaut d’un mouton 🤗
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🧠 Ici, je ne parle même pas des multiples études « en vie réelle » (sur des centaines de milliers de personnes, dans de nombreux pays, vs contrôles) qui ont sans aucune ambiguïté démontré la redoutable efficacité et le rapport bénéfice/risque écrasant de ces vaccins, et notamment des deux vaccins à ARNm, contre :
✔︎ Les symptômes (comme l’étude de Pasteur)
✔︎ Les hospitalisations
✔︎ Les formes graves
✔︎ Les admissions en réa
✔︎ Les décès
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🧠 Pourquoi ne pas avoir parlé de cela?
❶ Parce que la première citation de M. Dupont-Aignan remonte au mois de décembre et concernait le vaccin Pfizer, alors qu’il n’avait à disposition « que » l’essai de phase 3 dont je parle ici.
❷ Parce que nos pauvres petits rongeurs sont à peine visibles ici, imaginez si j’avais dû les comparer à plusieurs centaines de milliers d’humains…
❸ Parce que mon logiciel de dessin vectoriel, chose incroyable, plante lamentablement et systématiquement quand je dépasse les 40 000 petits bonhommes verts… Alors en coller des centaines de millier, ou même des milliards… Bref, j’ai dû exporter un PNG aplati pour finaliser l’image.

⚠️ Le « raisonnement » de M. Dupont-Aignan (et Philippot, et Asselineau, et toute cette clique de charlots) fait donc planter un iPad 12.9’’ 😳
➜ C’est dire la magnitude de WTF qui anime ces gougnafiers.

De St Antoine à Cerisy par Garches

* Enfin vaccinée (Johnson), par la doctoresse qui m'avait tant plu.

La thrombose serait peut-être une allergie à l'héparine, l'un des composants du vaccin. Cette allergie est imprévisible, il n'y a pas de profil déterminé.
«Si vous avez de la fièvre plus de quarante-huit heure, ou si la fièvre réapparaît plus tard, prévenez-nous. Ne vous dites pas "c'est bon, c'était pour moi": maintenant nous avons du recul, nous savons réagir.» (Elle me fait rire.)

J'ai de la tension. La dernière fois 15.8, cette fois-ci 14. Je mets cela sur le compte de mon nouveau boulot.
— Prenez votre tension quand vous y pensez, trois fois de suite parce que les résultats varient sur trois fois. Vous voyez souvent votre médecin traitant? (Non) Envoyez-moi les résultats. Parce que les artères ducissent, ça fatigue le cœur. Une pilule par jour pendant un an ou deux, il est possible d'arrêter si ça se régule, vous n'entrez pas au couvent.

Je vais le faire. Je ne voudrais pas fatiguer mon cœur maintenant que j'ai la perspective de faire un quatre master!


* J'ai un peu de temps, je passe chez Max Mara et trouve deux combinaisons, pièce de vêtement à la mode cette année mais souvent difficile à trouver. Celle que je porte à vingt-cinq ans (avec un changement de fermeture éclair). L'une des deux que je viens de trouver ressemble énormément à une que j'ai portée jusqu'à la transparence circa 1992. Je suis enchantée. Et un pantalon (je n'en ai qu'un pour l'été, or j'ai abandonné les robes légères en entreprise, image oblige) et un haut pour assortir.
Voilà. Normalement je n'achète plus de vêtement jusqu'à ce que les actuels craquent, coutures ou usure du tissu. Cinq à dix ans, je pense.


* Direction Garches pour voir la mère d'H. hospitalisée depuis une semaine et qui repart demain chez elle en province. C'est la première fois que je la revois depuis février 2020.
— En fait, ça fait un an que vous n'avez pas vu autant de monde.
— C'est tout à fait ça.

Je récupère la voiture. H. rentrera à Moret par le train, un jour de grève (eh oui, à peine déconfinés que la SNCF fait grève: on se demande quelle passion les habite de vouloir ainsi à toutes forces planter la France, pour ensuite se plaindre (et accuser) que la France soit plantée).


* Voyage vers Cerisy. Il faut arriver avant 19h30. Je n'ai pas eu le temps de déjeuner, je mange une quiche au poulet sur la route, à Ste Colombe-la-Commanderie. La boulangerie s'est intelligemment installée au niveau du seul feu rouge. Un routier me regarde hilare déguster ma quiche le long d'un muret. Je me demande s'il a fait le lien avec la décapotable garée de l'autre côté de la route. (Plus tard je lui ferai de grands signes en le dépassant. Là encore, a-t-il compris que j'étais celle avec qui il avait partagé un rire quelques kilomètres plus tôt?)

Je roule contre ma fatigue, contre ma peur d'avoir de la fièvre (doliprane préventif au lever, doliprane à midi), pour arriver à l'heure. Pour ne pas prendre l'autoroute, je suis Michelin et non Waze, mais Michelin se trompe et m'emmène en forêt de Cerisy. Encore trente kilomètres à rouler soit trente minutes, je vais arriver avec seulement dix minutes d'avance. Station essence en catastrophe et par chance (petit réservoir, quand le voyant s'allume il faut réagir vite).

J'arrive à l'heure. Repas en face de Francis Danvers. Soirée autour d'un inédit d'Edgar Morin, un roman retrouvé dans les archives de l'IMEC. Très proustien.
Je ne peux m'empêcher de ressentir un certain cabotinage morinien (jugement à l'emporte-pièce de quelqu'un qui ne le connaît pas).

Chambre du marquis. Très joli. C'est la première fois que je dors au château (j'ai déjà eu une chambre aux escures, à la laiterie, à l'orangerie). Il fait froid.

Cette fois-ci peut-être

Bonjour madame

L’amendement tant attendu est passé donc nous pouvons reprendre les vaccinations. A moins que vous ayez été vaccinée depuis la dernière visite, nous pouvons programmer ce vaccin dès la semaine prochaine. Pouvez-vous me dire ce qui serait pratique pour vous?
Nous pouvons nous appeler demain pour en parler plus précisément. Il y aura à nouveau des signatures et des prélèvements…
Vous vous rappelez j'espère qu'il était possible de se faire vacciner Janssen… mais pas dans le cadre de l'étude de l'étude.

Rendez-vous le 21 juin. Croisons les doigts.

Eau salée

J'avais rendez-vous à St Antoine pour la levée d'aveugle, et comme je le pensais, j'ai reçu une dose de placebo.

J'ai maintenant le choix entre me faire vacciner de mon côté ou attendre fin juin pour recevoir une dose de Janssen.

— Fin juin? Mais je croyais que la vaccination avec le Janssen était à nouveau autorisée?
— Pour le grand public, oui. Vous pouvez aller vous faire vacciner avec du Janssen. Mais pas dans le cadre de cette étude: il faut d'abord mettre à jour l'avenant qui décrit les risques pour y ajouter la thrombose. Ça ne nous arrange pas, mais c'est comme ça. L'avenant sera sans doute prêt en juin, il faut qu'il soit voté. On pourra vous vacciner fin juin début juillet. Vous savez si vous voulez rester dans l'étude?
— Par flemme et par curiosité je préfèrerais, oui. Mais comme je vais sans doute être assesseur pour les régionales, mon mari va sans doute faire pression pour que je me fasse vacciner avant.

(Je vais essayer de résister aux pressions.)

*********

Midi: rascasse et vin rouge en terrasse à côté de l'hôpital. (Note pour l'avenir : nous sommes déconfinés depuis mercredi, couvre-feu jusqu'à neuf heures, mais je n'ai pas encore eu l'occasion d'en profiter.)
Soir: salade et vin rouge en terrasse à Moret. Nous apprenons qu'il y a deux fêtes dans la ville, qui ouvrent et ferment la saison touristique: une fin mai dite «fête du printemps» devenue «fête de la nature» et une fin septembre, la fête 1900.

Nous ne nous en sommes pas encore aperçus, mais nous vivons dans une ville touristique. J'espère que ce ne se sera pas insupportable. Je l'apréhende un peu.

J'ai cru que c'était oui, et puis non

Lundi je téléphone à St Antoine: le rendez-vous de jeudi (pour la seconde injection) est-il maintenu?
L'infirmière ne sait pas, ça change tous les jours, elle me promet de m'appeler au plus tard mercredi si le rendez-vous est annulé.

Je n'ai pas été appelée; c'est donc en toute confiance que je m'y présente ce matin: chic, je vais recevoir ma deuxième injection (d'eau salée, vraisemblablement: je n'ai eu aucun symptôme après la première injection, même pas une rougeur au point de la piqûre. Mais enfin, sait-on jamais).

Je me présente bâtiment A. Un feuille A4 indique sur la porte: «toutes les vaccinations Covid se font à l'UPR». Je rentre, demande à l'accueil où est l'UPR, y vais, demande où a lieu l'étude Ensemble2, personne n'est au courant, j'essaie d'appeler, personne ne répond, l'infirmière de l'accueil va se renseigner: il faut aller au bâtiment A.
Un peu agacée, je retourne au bâtiment A et sans rien demander à personne retrouve le couloir de la fois précédente. L'infirmière que je croise ne sait pas, m'emmène, téléphone, me conduit devant un bureau.
Je crois que j'ai repéré le mot qu'il faut prononcer pour être comprise plus vite la fois prochaine. C'est «protocole» (et pas test ou étude ou Ensemble2 ou Janssen ou Johnson).

Patatras, j'apprends que je ne serai pas vaccinée aujourd'hui.
— Vous auriez pu me le dire, j'ai posé une journée de congé.
La doctoresse a des papiers à me faire signer. Changement de protocole, vérifier que je suis toujours d'accord, me proposer la levée d'aveugle le jour où je recevrai la deuxième dose.
— Vous savez, je ne suis pas inquiète, je peux attendre un peu. Et puis (je ris) je suis persuadée d'avoir eu le placebo.
— Pourquoi dites-vous ça? On a des surprises lors des levées d'aveugle. L'autre jour je me suis fait insulter par une femme qui pensait avoir eu un placebo et qui était furieuse d'avoir eu le vaccin parce qu'elle ne voulait pas celui-là.
— Mais… c'est le but de l'étude, non?
— Tout le monde ne comprend pas la même chose.

Elle est très conciliante, très zen, absolument pas dans le jugement (je devrais en prendre de la graine). Nous parlons protocoles, effets secondaires. Je retranscris dans le désordre.

— Regardez l'armoire derrière vous. Elle est pleine de vaccins, rage, fièvre jaune, encéphalite japonaise… Il y a toujours des effets secondaires. Deux jours de fièvre… Mais on s'en moque! Nous, ce qui nous intéresse, c'est la durée de l'immunité. Puisque le vaccin est autorisé, on vaccinera d'une dose ceux qui ont reçu le placebo et on comparera les vaccinés deux doses aux vaccinés une dose : est-ce qu'il y a beaucoup de différences, est-ce que ça vaut la peine de mettre en place toute la logistique si une dose suffit?

— Ça fait vingt-cinq ans que je suis des patients du VIH. Au début, la plupart des médicaments qu'on utilisait n'étaient pas autorisés, en attente d'autorisation. […] Ce qui est particulier cette fois-ci, c'est que tout va très vite.

Je pose une question sur les thromboses: comment fait-on la différence entre les thromboses qui seraient arrivées quoi qu'il arrive et celles réellement dues au vaccin? Par statistique?
— Elles n'ont pas la même forme. Elles sont différentes. Les plaquettes deviennes déficitaires et s'agrègent (alors qu'habituellement les thromboses sont plutôt dues à un excès de plaquettes).

Nous parlons vaccins, malades, ressenti de la population. Je lui fais remarquer que pour la plupart d'entre nous cela reste impalpable, fantômatique, pour ceux qui ne sont pas malades, qui n'ont pas de malades autour d'eux. Alors qu'évidemment pour elle…
— Oui, nous avons une aile Covid ici.
Je lui parle de mon recruteur, le moment où j'ai été au plus proche d'une certaine réalité.
— Au premier confinement on avait une infirmière pour six lits. Aujourd'hui on en a une pour huit.
— ??
— Elles partent. Elles font autres choses. A la fin du premier confinement je me suis dit que je ne pourrais plus voir un malade. Plus personne ne dort comme un bébé. On fait des insomnies. On fait tous des cauchemars.

Nous aurions sans doute continué toute la matinée. Quelqu'un l'a appelée pour lui dire qu'elle prenait du retard et nous nous sommes quittées un peu vite.

*****


L'après-midi aviron. Très beau bassin à Thomery, beaucoup de vent au retour.
Photo après la sortie dans le respect des gestes barrières.



Caramba encore raté

J'ai reçu ça aujourd'hui :
Suite à la survenue de 6 cas de thromboses veineuses cérébrales chez des femmes de moins de 60 ans dans un délai de 14 jours après la vaccination, le laboratoire américain Johnson and Johnson a suspendu la distribution de son vaccin contre le covid-19 en Europe et aux Etats Unis. Ces cas sont survenus aux Etats Unis où 6,9 millions de doses de ce vaccin ont été administrées. Les conclusions des autorités sanitaires (américaines et européennes) devraient être rendues dans les jours qui viennent.

Dans ce contexte, les vaccinations des participants aux essais Janssen (filiale de Johnson and Johnson) sont suspendues et les participants à l’essai vont bénéficier d’un suivi renforcé.

Les centres d’investigation participant à l'étude restent mobilisés et vous informeront des nouvelles dispositions dans les plus brefs délais. N’hésitez pas à les contacter si vous avez d’autres interrogations.

Bien cordialement,

Les investigateurs principaux et l’équipe de Covireivac
Zut alors. Je devais recevoir ma deuxième injection le 22 avril. Je suis persuadée d'avoir reçu un placebo (je n'ai rien ressenti, même pas une rougeur à l'endroit de la piqûre), mais quand même.

Si j'avais reçu le vaccin, j'étais vaccinée, si je ne l'avais pas reçu, il était prévu avec l'autorisation de mise sur le marché que le secret soit levé et que ceux qui avaient reçu le placebo soient vaccinés en mai : il y aurait eu alors une comparaison «deux injections» versus une.

Je pense souvent à Chondre en ce moment. Quelles responsabilités.

Parmentier le retour

A 7h sur RTL nous apprenons que les livraisons AstraZeneca ont du retard; douze heures plus tard nous apprenons que le vaccin est suspendu.

Parfait parfait: alors que plus personne ne voulait de ce vaccin, les Français vont se mettre à le réclamer tout en laissant le temps de reconstituer les stocks. Ça me rappelle décembre.


Voilà que je tourne complotiste.


NB: j'ai bien noté que l'affaire Parmentier serait une légende, mais puisque tout le monde la connaît, je l'utilise.

Bonne pour le service

Médecine du travail, infirmière et non médecin, pas d'auscultation ni de bandelette dans un gobelet d'urine mais du dialogue. Elle m'a demandé de parler, l'inconsciente. Elle a eu droit à un mini-cours sur le mutualisme, sur le rêve utopique né à Dachau entre les résistants qui deviendraient ministres, «plus jamais ça» mais surtout «nous allons construire une société meilleure». Bref.

Au mur, une affiche pour la vaccination a fait court-circuit avec les ratiocinations de mon coiffeur, «tout ça pour une maladie qu'on sait soigner» (sous-entendu la chloroquine).
Il n'est peut-être pas assez clair, pas dit assez clairement, qu'il y a un nombre impressionnant de maladies que la médecine ne soigne pas. La coqueluche, la grippe, la rougeole, toutes les maladies à virus. La médecine soulage quelques symptômes, fièvre, mal à la tête, toux; mais c'est le malade qui combat, c'est lui qui guérit — ou pas, c'est-à-dire qui détruit le virus — ou pas.

Les vaccins ne soignent pas, ils permettent de ne pas tomber malades.
Mais si on tombe malade, il faut lutter seul. En l'état actuel des connaissances, la médecine est impuissante.

St Antoine

Rendez-vous pour la première injection. Prise de sang, de température (36°4), de tension (12/8), de saturation sanguine (98, pouls 70). Je suis "randomisée" (l'ordinateur tire au sort si je reçois un placebo ou le vaccin). L'application que j'ai téléchargée il y a des jours est enfin active, je dois remplir un journal, les consignes sont nombreuses, je ne sais plus si je remplis le questionnaire tous les jours ou deux fois par semaine (ça dépend ça dépasse : tous les jours au moment de l'injection et si je me sens malade, sinon deux fois par semaine). Enfin, il n'y aura qu'à se connecter, mon téléphone me dira ce qu'il attend.

On me fait cadeau d'un thermomètre, d'un oxymètre, de trois pochettes pour des prélèvements simples (pas pharyngés) si je devais avoir des symptômes.

Je suis dans le bâtiment Mayer (entrée 2) de l'hôpital St Antoine, au rez-de-chaussée. C'est un bâtiment destiné à la vie sexuelle, l'information, la lutte contre les violences, contre les MST, contre le VIH. Une étude ou un sondage est en cours sur le chemsex. J'ai pensé aux popers, mais après recherche Google cela paraît plus grave (la docteresse gênée quand j'ai demandé "qu'est-ce que c'est?" en lisant l'affichette de loin. Elle a balbutié «drogues». Je n'avais pas compris que "chem" voulait dire chemical).

En sortant, un cycle d'ateliers annoncé dans le hall me donne envie de pleurer: sur le blanchiment de la peau, sur l'excision, sur la géophagie (mais qu'est-ce que c'est), sur la toilette (je ne sais plus quel mot était utilisé, vu le contexte j'ai pensé aux ablutions pré-sexuelles réglementaires de la religion juive).

Le gel hydroalcoolique est fourni par LVMH.

bouteille de gel hydroalcoolique offerte par LVMH

Hôpital

Rendez-vous à 13h30 à St Antoine pour la campagne de test pour le vaccin Janssen. Je n'ai rien dit à H. («Je ne comprends pas pourquoi tu dois aller à Paris aujourd'hui». J'ai marmonné quelque chose sur le fait de voir J. avant ses vacances).

Une heure et demie à deux heures d'entretien, on me réexplique tout, on vérifie trois fois mon consentement éclairé (pleine lumière).
Pouls (67, je suis contente. Est-ce que c'est l'aviron qui l'a fait descendre ainsi?), poids, tension, température.
Je recevrai une dose en double aveugle (l'équipe non plus ne sait pas ce que je reçois), placebo ou vaccin. Un pincement au cœur en signant l'autorisation d'exploiter mes données aux US.

Je retiens que je dois éviter la cortisone et les vaccins divers si je dois voyager (fièvre jaune, etc). Ça ne devrait pas être trop difficile.

Je pensais que je me faisais vacciner aujourd'hui. Mais non. Rendez-vous pris pour le 25 février.

Test

Le 8 octobre dernier, j'avais vu passer une invitation à faire partie des testeurs des vaccins.
Je m'étais inscrite.

A ma grande surprise j'ai été contactée cet après-midi. Une infirmière m'a posé dix minutes de questions.

Le test dure deux ans (ce qui m'a surprise: mais euh, c'est pour cette pandémie ou la suivante?), je ne saurai pas si j'ai reçu un vaccin ou un placebo, deux injections, des questionnaires à remplir deux fois par semaine, une dizaine de visites à l'hôpital Saint-Antoine.
On m'a donné le nom du vaccin (du labo?) mais je ne l'ai pas retenu. De toute façon je suppose que c'est confidentiel.

Mauricette

Cela faisait plusieurs fois que je croisais ce prénom sur la toile et j'avais cru à une appellation générique désignant du vintage ou de l'obsolète (les deux faces d'une même réalité), comme Simone, la voix de la SNCF, qui aurait pu aussi s'appeler Jessica ou Cessyle, au gré des marketteux (mais qui s'appelle peut-être réellement Simone, c'est le plus beau).

Eh bien non, Mauricette existe, et plus important, elle est vivante, je l'ai appris ce matin en écoutant la radio: Mauricette, c'est la première Française vaccinée, le 27 décembre dernier. Des rumeurs ont couru sur sa mort dès le lendemain. Tout les matins vers 8h20 RTL consacre quelques minutes à démonter une fake news ou des chiffres bidonnés.
Ce qui m'a intéressée ce matin, c'est que le journaliste a précisé que de nombreuses personalités sont intervenues, dont le maire de Sevran, pour démentir cette rumeur.

Trump aura au moins servi à cela: après les événements du Capitole, plus personne ne croit que les fake news sont inoffensives (ce qui était vaguement mon cas: laissons dire, quelle importance, les stupides seront toujours stupides, etc.).
Elles ont des conséquences, et si la vérité finit toujours par triompher (phrase qui n'est qu'un acte de foi, car comment savoir qu'elle n'a pas triomphé si l'on ne connaît que la version mensongère sans savoir qu'elle est mensongère?), il vaut mieux la faire triompher tout de suite plutôt que laisser se développer tout un ensemble de catastrophes qui auraient été évitables (cf. le film des frères Coen Burn after reading et son dernier dialogue: «— Qu'avons-nous appris? — Rien»; un film désopilant ou désolant par sa bêtise constante (une spécialité des frères Coen)).

Des chiffres

Peu de choses. Je retourne nos finances dans tous les sens, il faudrait vendre la maison assez rapidement, le prêt-relais nous coûte cher. Pourvu qu'un troisième confinement ne vienne pas encore interdire les visites.

J'apprends que je suis censée mener l'entretien annuel de ma collaboratrice comme si de rien n'était, comme si je ne serai pas partie fin février et qu'elle ne risquait pas de se retrouver seule pour faire le travail (à moins qu'ils ne trouvent quelqu'un en cinq semaines); mon supérieur hiérarchique (donc son N+2) ne le fera pas à ma place:
— Mais qu'est-ce que je lui fixe comme objectifs? Cela dépend de votre décision de lui proposer le poste ou pas.
— Justement, ce n'est pas décidé.

C'est cruel, pour elle, pour moi; vaguement lâche et peu professionnel (j'en viens à penser que «vaguement lâche» et «peu professionnel» sont souvent synonymes. Etre professionnel consiste souvent à faire preuve de courage — devant ce qui est désagréable ou ce qui effraie).


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Pour suivre la vaccination.

La méthode Parmentier

Le gouvernement est en train de vacciner les gens si lentement, avec tant de contraintes (prendre un rendez-vous chez son médecin, se faire expliquer, signer un consentement, respecter un délai de rétractation) que tous ceux qui veulent se faire vacciner (il y en a encore quelques-uns en France, malgré tout) commencent à piétiner d'impatience.

Je songe à Parmentier qui entoura de soldats son champ de patates pour en attiser le désir.

Sur FB toujours, Jean-Louis Bailly a partagé cette fable qui résume bien la situation:

poème de Jean-Louis Bailly sur le vaccin à la manière de La Fontaine



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Tabata mardi et mercredi. J'ai des courbatures au point de gémir en descendant les escaliers. Je n'ai plus aucune condition physique, il faut que j'en récupère avant les Culs gelés prévus le 14 mars.

Chacun cherche son chat

Martin Hirsh, directeur de l'APHP, sur RTL :
— …les gestes barrière… aérer… et son chat chez soi.
— Pardon ?
Silence
— Son sha : solution hydroalcoolique. Pas son chat.



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Il faut que je le note : première annonce d'un vaccin bientôt disponible.

Les Français me fatiguent.
Sondage en octobre par Ipsos.

graphique présentant par pays les intentions de se faire vacciner


Gnon

Je suis tombée ce matin. Je suis tombée en descendant d'une chaise: j'ai mis le pied sur un oreiller (non le lit n'était pas fait), la plume a glissé sous mon poids et je suis tombée de tout mon long. J'avais les bras chargés, je ne me suis pas protégée, le menton, à gauche, a porté avec un bruit sec contre le plancher. (Rien aux cervicales, ouf, pensée pour Jean.)

Un bleu très noir dépare la pointe gauche de mon menton. Femme battue, trace de charbon (dit le scout), trace de cambouis (dit la rameuse).

J'étais à la recherche de mon carnet de santé: rendez-vous chez le médecin pour me faire vacciner contre la rougeole, après une remarque de ma mère: «mais au fait, tu n'as jamais eu la rougeole. Tu es vaccinée?»
Or nous allons à Val Thorens à Noël, il y a eu une épidémie de rougeole là-bas l'année dernière.

Le médecin a ri : « Votre mère ? J'adore ! »
Il a feuilleté le carnet: «Mais si, vous avez été vaccinée en 1973, par le Ronvax. Une seule injection, on va en refaire une par précaution.»
Il a déchiffré le cachet du médecin vaccinateur : docteur Ponnou-Delaffon Louis de la faculté de Montpellier, Inezgane - Prévention rurale.

Lueurs de raison dans un monde qui perd la tête

Aux USA, les enfants cherchent à se faire vacciner en cachette de leurs parents (ce qui est illégal dans la plupart des Etats). Pour cela ils posent des questions sur des forums, dont Reddit.


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Bonne pour le service

Visite médicale au travail.

J'ai trop parlé, dit ce que j'avais sur le cœur quand elle m'a parlé de "prévention" (cette façon des médecins de se réfugier derrière ce qu'ils connaissent pour vous faire peur tandis qu'ils s'effacent quand vous avez besoin d'eux). Je n'aurais pas dû, il m'en est resté comme un goût de gueule de bois pour la journée.

Vaccin contre la grippe, un peu tard dans la saison, mais j'avais raté la vaccination en son temps (un peu compliqué avec mon statut à cheval sur trois entreprises). Fièvre ce soir, en regardant la saison 2 de The Big bang theory.

Euh...

Je viens de recevoir ce mail de la DRH :

Dans le cadre d'une convention signée par le Groupe, impliquant les entreprises de la région parisienne et les ministères concernés, Monentreprise offre la possibilité aux collaborateurs de se faire vacciner contre la grippe A/H1N1 jusqu'à fin février.

PS : « — Que pensez-vous des grogs?
— Ah beaucoup de bien, il faut en prendre huit à dix par jour, dans la proportion de dix gouttes d'eau pour un litre de rhum »
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