Alice du fromage

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Billets pour la catégorie 2025 :

mardi 30 décembre 2025

Métropolis

Après le boulot, longue errance dans le Marais à la recherche paresseuse de fringues. Pas le courage de faire des essayages.
Escalope milanaise au café Beaubourg en lisant One Piece. J'ai du mal à m'y remettre. Quelque chose s'est cassé avec le tome 60. Il faut surmonter une tristesse et une crainte.
Metropolis de Rintaro/Tezuka. Des images magnifiques, une bande-son envoûtante et une atmosphère qui m'évoque la révolution de 1917.
Retour au studio.

lundi 29 décembre 2025

Dîner

Soirée parisienne avec nos amis de Boston. Depuis le retour de Trump et l'arrivée de petits-enfants, ils préparent leur retour en France, sans doute en 2026.
La conversation roule surtout autour des parents devenus désormais le sujet de préoccupation principale. La mère de notre ami est particulièrement encombrante, considérant tout à fait normal de s'inviter sans limite chez son petit-fils dont le deuxième enfant a deux mois. Notre ami se démène pour protéger son fils de sa grand-mère.

Nous avons amené oreillers et draps et dormons dans le studio rue d'Alésia (les oreillers dans un souci prophylactique après ma grippe). Cela faisait longtemps que nous n'avions pas dormi sur un aussi mauvais matelas, c'est un grand coup de jeune.

dimanche 28 décembre 2025

Déjeuner

Déjeuner chez le benjamin.
Récupéré la suite de One Piece à partir du tome 61.
Reçu des chaussettes à paillettes Cool mum.

samedi 27 décembre 2025

Exclusion à perpétuité

Dîner avec des amis de ping-pong d'H.

Conversation à bâtons rompus sur tous les sujets, mais je dois avouer que la première anecdote de la soirée m'a laissée bouche bée:
Madame a perdu sa mère en mars dernier. Celle-ci souffrait d'histrionisme, une maladie psychiatrique qui consiste à avoir besoin d'être le centre de l'attention: «Elle était méchante. Elle était épouvantable. Soudain j'ai compris que si elle était enterrée dans le caveau de famille, plus personne ne s'y ferait enterrer. Personne ne voudrait être à côté d'elle. Alors, d'un commun accord avec mon frère et les cousins, nous n'avons pas respecté les dernières volontés de ma mère. Nous nous sommes décidés pour une crémation et nous avons dispersé ses cendres. Tout le monde était soulagé.»

Après cette entrée en matière surprenante, nous avons passé une excellent soirée. J'ai rencontré un adulte qui regarde autant de séries que moi, et même les anime de One Piece.

vendredi 26 décembre 2025

Belle-maman

Journée à Châlons. A. nous accompagne. Petites routes de Champagne à l'aller, autoroute au retour.
Je ne sais absolument plus de quoi nous avons parlé. A. a remmené des outils de son grand-père, ponceuse, arrosoir et autres.

jeudi 25 décembre 2025

Le maître du kabuki

Grasse matinée.
Poulet au camembert. Je ne fais pas assez la cuisine, j'ai perdu le rythme. C'était bon, mais pas assez précis dans les détails.
Netflix, le mystère Henri Pick. Ouf, un critique capable de reconnaître un style. Alice Isaaz est très jolie.

— Si on allait au cinéma?
Recherche rapide: La femme de ménage dans la salle aux majestueux fauteuils de Montereau ou Le maître du kabuki à Fontainebleau?
Ce sera ce dernier.

C'est très beau. Un moment je me suis demandée s'il y aurait véritablement un récit, avec crise et dénouement. Depuis que je lis des mangas et regarde des anime, je ne suis plus sûre que les analyses structuralistes s'appliquent à toutes les traditions. Mais finalement si.
Quelque peu difficile à suivre pour un œil occidental: faire la différence entre les deux personnages principaux, entre les jeunes femmes, n'est pas toujours évident. Mais ça n'a pas tant d'importance, il suffit de se laisser porter.
Une curiosité: les raccords entre musique traditionnelle et musique occidentale, pour passer de l'instant kairos à une généralisation intemporelle.
Il en ressort que je suis mûre pour un long film de kabuki.

mercredi 24 décembre 2025

Fond de culotte

Comme l'année dernière, j'ai prévu du vin chaud pour les présents au bureau. Cette fois-ci, j'anticipe: je le prépare le matin et l'emmène en bouteille thermos.
Belle ambiance. Que des filles, moitié moins de trente ans, moitié plus de cinquante. Je dis des bêtises, genre «le miel ne moisit pas parce que c'est du vomi d'abeilles», elles sont consternées (par le vomi qu'elles prennent au sérieux), Alexia le gougueulise: le miel ne se corrompt pas parce qu'il contient très peu d'eau, 17%.
L'année prochaine je filtrerai les épices au dernier moment; elles n'ont pas assez macéré ce matin. Et le vin sent infimement le café à cause de la thermos: cette thermos sera désormais réservée au vin, plus de café pour elle.

Dans l'après-midi, je découvre mi-affligée, mi-goguenarde, que le fond de mon pantalon noir est percé d'un trou gros comme une pièce de dix centimes au niveau de la couture centrale, à l'endroit usé par le frottement sur les sièges.
Heureusement j'ai un slip sombre.
Mais depuis combien de temps est-ce là, combien de jours?

J'arrive à la maison à peu près en même temps que A.
Réveillon de plateau de fruits de mer et champagne. Cadeaux.
Rideau

mardi 23 décembre 2025

So parisien

Rendez-vous avec Patrick au 111 boulevard Beaumarchais, dans un café aux murs tapissés de livres. C'est un endroit que j'avais croisé sur internet; il y a un moment que je voulais le voir, c'était l'occasion.

Quand j'arrive, Patrick me prévient aussitôt: «il n'y a rien d'intéressant». Mais il a trouvé André Breton de François Mauriac en édition originale.
«Les prix dépendent de la hauteur du livre», m'annonce-t-il sobrement.
La question demeure: d'où viennent tous ces livres?

Sachez que si vous prenez un œuf à la coque, vous en aurez deux, délicieux.

Discussion à bâtons rompus, la famille, les amis, le blogueur Philippe Billé, Lubin Baujin, Orléans et les gaufrettes, Lubin de Chartres, l'agenda de Jean Follain, RC et la recherche de la meilleure place au cimetière.
Nous échangeons nos cadeaux, des livres évidemment. Je repars avec Je te dis toute ma tendresse, correspondance entre François et Claude Mauriac. Philippe Baudorre s'est discrètement abstenu de paraître sur la couverture, Jean Allemand fait partie des sources.

lundi 22 décembre 2025

Reconnaissance

La fièvre est tombée hier vers cinq heures, et comme j'étais censée assurer la permanence de l'encadrement cette semaine, je suis allée au bureau (avec masque etc…)

Une amie nous a prêté le studio de sa fille à Paris pour les vacances de Noël. J'y suis passé ce soir en reconnaissance, pour au moins l'avoir vu, même s'il devient de plus en plus improbable que je m'en serve.
Le studio est rue d'Alésia. Je me suis trompée et j'ai remonté l'avenue du Maine quasi jusqu'à Montparnasse (dans mon état cotonneux il m'a fallu très longtemps pour me dire que c'était bizarre).

Ce soir je suis épuisée.

dimanche 21 décembre 2025

Au fond du lit

Violente fièvre, frissons et courbatures. Je peux à peine marcher.
Je dors par intermitence; je regarde Killing Eve, d'une énergie débordante. J'aime l'amphibologie du participe présent anglais, Tuer Ève et Ève la tueuse, sans qu'il soit possible de savoir ce qu'il en est avoir d'avoir vu la série.
Après Slow Horses, il en ressort que les Anglais éprouvent une méfiance certaine envers leurs services secrets.

samedi 20 décembre 2025

Aller retour à Blois

Entre mon régime et les week-ends passés à travailler, je n'étais pas allée chez mes parents depuis octobre. Voyage sur l'autoroute en écoutant Jacques Roubaud. J'ai froid, je n'arrive pas à me réchauffer, je m'arrête prendre un chocolat.

Mes parents vont bien. Maman a passé les deux mois précédents à me tricoter un gilet au motif irlandais compliqué. Je fais la sieste, je me sens fiévreuse. J'espère que je ne vais pas leur apporter un virus. Je ne sais pas comment je vais réussir à rentrer ce soir. Peut-être en m'arrêtant pour dormir tous les cinquante kilomètres sur une aire.
Mes parents sont invités le soir chez leur voisine doctoresse, ils me proposent de venir avec eux. Il ne manquerait plus que ça: infecter une doctoresse. Je passe rapidement, salue les présents et reprends la voiture. Cela tombe bien, je n'avais pas faim. Je remets Roubaud, règle le régulateur sur 130 et rentre d'une traite.

mardi 16 décembre 2025

Polonais, grec et vietnamien

Passage à la librairie polonaise avant le grec. Je prends La Supplication d'Alexievitch et Dernier toast d'Akmatova pour ma nièce. Ce sont sans doute d'étranges choix pour le Noël d'une jeune femme. Mais peut-on offrir autre chose que le meilleur, même poignant?
Pris également Le peuple est immortel de Vassili Grossmann, sans savoir encore si je le garde ou si je l'offre.

Cours de grec. Traduction de Jean, 12, 1-11 directement durant le cours, par groupe de deux. J'ai de la chance, je suis associée à sœur Marie-Pauline, une jeune Vietnamienne sérieuse. Entre ses connaissances et mes souvenirs (je connais bien les évangiles, et depuis dix ans que je fais du grec, nous avons déjà traduit cette péricope), nous finissons rapidement la traduction.
Nous papotons. Je lui indique la bibliothèque Melville près d'Olympiade, qui contient de nombreux livres et DVD asiatiques en édition originale.

samedi 13 décembre 2025

Shootée

Je continue à décoller les autocollants avant ponçage, mais cette fois-ci à l'acétone. C'est planant.
Le tissu à grosses fleurs oranges qui protège les winglets en attente d'être remontés donne un aspect chambre de grand-mère aux murs de l'atelier.

Nous avons vidé la salle des parachutes des fuselages qui l'encombraient. Formation pliage en janvier, je me réjouis d'ajouter cette ligne à mon CV.
— Qui est prêt à suivre la formation de plieur? Je ne vous cache pas que c'est une responsabilité; en cas d'accident, la gendarmerie viendra vous voir.
Il n'y a pas à dire, notre président sait susciter les vocations.

mardi 9 décembre 2025

Seong-Jin Cho

Chez Francis avant le concert. Arbre de Noël et lumière tamisée. Pour le prix j'emmène les tranches de pain complet qui accompagnaient le steack tartare, ça nous fera notre petit déjeuner de demain.

Nous sommes dans une corbeille du premier étage dans le prolongement du piano. Cela nous permet de suivre exactement le jeu du pianiste, même si pour moi le son est un peu fort.
Liszt (Jeux d’eaux à la Villa d’Este), Beethoven Sonate n° 15 op. 28 « Pastorale », et Bartók Out of Doors Sz. 81, puis en seconde partie, à travers une transe de fatigue et de champagne, je savourerai particulièrement les Valses de Chopin.

lundi 8 décembre 2025

Un sac à main

Je suis marraine donc je dois être fée.
Ce n'est pas facile. Je m'applique.
Ma filleule m'a demandé un sac à main. Echange de sms.

— Ah ça c’est une mission!
Je vais avoir beaucoup de questions. Bandoulière en option ou uniquement à la main?
Couleur classique (noir beige cognac) ou éventuellement plus rare?
Taille feuille A4 ou livre de poche (autrement dit, que veux-tu faire avec)?
Dans tous les cas j’ai des idées.

—Uniquement mains et épaules si possible, bandoulière j’aime bien seulement si ça reste élégant et que c’est pas trop gros.
Couleurs classiques noir beige cognac aussi et j’adore le marron chocolat ! Mais si le modèle s’y prête une couleur un peu plus rare peut être très jolie aussi !
Et plutôt un sac pas trop grand dans lequel je peux mettre mon téléphone des clés un porte monnaie c’est surtout un modèle élégant que j’aimerai pouvoir porter en journée ou en soirée
Si tu veux je peux t’envoyer deux trois sacs pour voir si ça t’inspire?

— Normalement j'ai des idées.


J'avais l'intention de choisir soit le sac asymétique Cubist, soit le sac à grosse chaîne Gabrielle.
Mais pour atteindre la rue du Poitou, je suis passée par la rue du pont aux choux, et donc devant la boutique vintage de Studio W. Il y avait en vitrine un petit sac en croco rouge et deux pochettes Yves Saint-Laurent. A travers la porte, j'ai aperçu des sacs de la bonne taille.

Je suis entrée. Ce magasin est une merveille, plongée directe dans le luxe et la nostalgie. Quel dommage que je n'ai aucune utilité de sacs pouvant à peine contenir un livre de poche (mon idéal reste le cartable (la serviette?) d'Irène Joliot-Curie secrétaire d'Etat alors que les femmes n'avaient pas le droit de vote).

Je suis repartie avec un merveilleux petit sac Balanciaga des années 60 ou 70, en crocodile marron chocolat.

samedi 6 décembre 2025

Travaux manuels

Préparation d'une remorque pour le ponçage avant peinture.
Démontage des catadriopes. Comme je suis à l'intérieur de la remorque pour récupérer les rivets au fur à mesure que Matthieu les fait sauter à la perçeuse, je manque me faire traverser la main par un foret.
Puis dévissage de la plaque d'immatriculation, puis des garde-boues. Je suis la plus petite, je me glisse sous les essieus et la roue de secours pour maintenir les écrous à la clé de 17 pendant que Matthieu dévisse la tête des boulons.
Sur les six, il y en a un que nous n'arriverons pas à dévisser. Nous le noyons dans le dégripant, mais rien à faire.
Je décolle également les autocollants de 25 cm de diamètre, au cutter, lambeau par lambeau, cassants. C'est long.

Quand Matthieu me dépose à la maison, H. dort. Il fait encore jour. J'en profite pour ramasser les feuilles, à la fois dans le jardin mais aussi sur le trottoir, à l'approbation des passants qui me saluent tous.

Le soir, c'est la fête des lumières au village, en conséquence de quoi, tous les lampadaires sont éteints.

lundi 1 décembre 2025

Oda Eiichiro

Avec ma fille je discute cartes Pokemon (enfin surtout elle, moi je me contente de transpirer quand je tente de trouver l'une des cartes qui manquent à sa collection: «est-ce vraiment celle-là et pas une déclinaison? Est-elle dans la bonne langue, de la bonne année, n'est-elle pas fausse? Le vendeur est-il en train de me rouler, va-t-il vraiment me l'envoyer?»); avec mon garçon de One piece, de façon plus intense.

— Mais en fait, je me suis demandée, tu étais où, tu faisais quoi, quand tu as lu le tome 60? Tu es descendu au petit déjeuner, comme ça, et nous on n'a pas compris pourquoi tu étais bizarre?
— Je ne me rappelle plus… Voyons, il est paru en 2010, j'avais douze ans… je ne sais plus.

— Je me disais, c'est quand même flippant, quelque chose d'aussi long. Vous n'êtes pas inquiets qu'il meure avant la fin?
— Oh si, surtout qu'il travaille énormément, il fait tout ses encrages lui-même, il ne délègue rien. Une fois il était si fatigué qu'il a sorti un épisode avec des dessins non terminés, juste crayonnés, tout le monde a paniqué en lui disant de se reposer.

Après avoir raccroché j'ai fait une recherche: je ne croyais pas si bien dire, l'auteur paraît à bout de forces à un moment crucial. Quel suspense.

dimanche 30 novembre 2025

Hotline

Repassage devant Breaking bad. Hotline téléphonique pour changer un mot de passe sur Doctolib: une heure et demie. J'apprends à ma tante à envoyer des photos par sms — et à les recevoir; je n'arrive pas à déterminer si elle n'a jamais su/appris ou si elle a oublié. Par malheur son laboratoire d'analyses a été piraté (mot très large qui peut recouvrir beaucoup de choses : je lui fais remarquer que son nom, son adresse et son numéro de téléphone étaient autrefois dans l'annuaire téléphonique — c'était justement l'objectif — mais je sais que je ne l'ai pas convaincue) et donc elle est persuadée qu'on lui a piqué son compte: «à côté de mon nom, il y a un numéro de téléphone, ce n'est pas le mien.»

Ma grave erreur aura été de ne pas être allée aussitôt sur Doctolib voir ce fichu numéro. Je voulais vérifier le trousseau des mots de passe, elle ne trouvait plus son mot de passe maître; au bout d'une heure de photos d'écran laborieusement échangées pour aucun résultat, je suis allée de guerre lasse sur Doctolib pour tenter de me connecter moi-même à son compte. C'est alors que je me suis rendue compte que le fichu numéro de téléphone source de tant d'angoisse était précédé de «Ex.» et se présentait ainsi: 06 12 34 56 78, soit 1 2 3 4 5 6 7 8.

samedi 29 novembre 2025

Un samedi ordinaire

Après cinq samedis particuliers, (deux week-ends en famille, un anniversaire, un opéra, une journée de conférences), retour à la routine: tai chi et travaux d'hiver au club de planeur.

Tai Chi. J'abandonne l'idée que nous retiendrons quoi que ce soit en cette première année. C'est étrange, très clairement nous entrons dans une phase de pré-retraite (c'est une activité de retraités, deux ou trois seulement doivent être plus jeunes que nous); toutes ces personnes aux cheveux blancs sont très aimables et encourageantes mais cela fait un drôle d'effet de se dire que bientôt nous serons dans leur camp: vous êtes sûrs? vraiment?
L'ambiance est très sympathique, mais cela me fait penser aux films où le visiteur naïf et inconscient est acceuilli à bras ouverts avant de se faire happer et dévorer au crépuscule. Je regarde trop la télé. Aujourd'hui nous nous sommes vu offrir — comme tous les nouveaux — un tee-shirt du club. A cette occasion nous avons commandé une polaire (14,50 euros). Chic, je n'ai jamais eu de polaire.

Passage à la maison, préparation de mon pique-nique, club. J'ai été initiée aux particularités du Nissan: «si tu roules au-dessus de 2000 tours, il n'y a pas de problèmes, mais en dessous, le moteur faiblit parfois, et il faut couper le contact et le remettre. — Quoi? Pendant que tu roules? — Oui, tu fais ça vite, ça prend un dizième de seconde.»
Comme je voyais mal ce que ça pouvait donner (j'ai connu les voitures où on repassait au point mort dans les descentes pour choisir sa vitesse, mais couper le contact pendant qu'on roule…), P. m'a accompagnée chercher du carburant. P. frileux nous a fait cuire à l'étouffé. «Ah, et il ne faut pas remonter la vitre conducteur d'une traite, sinon elle redescend. Il faut la remonter par à coups.»
Nous avons testé les feux de cinq remorques planeurs (ça n'a l'air de rien mais cela représente la manipulation de remorques de quinze mètres de long sous un hangar. Ce n'est pas un travail difficile ou fatigant, mais précis et consciencieux) et rangé un duo dans sa remorque.

Le soir, purée de potiron désormais classique (potiron lavé, coupé en deux, égrainé, sel, poivre, huile d'olive, mis au four trente minutes). C'est tellement reposant de ne plus l'éplucher qu'on ne s'en lasse pas.

vendredi 28 novembre 2025

Mohair

Porté pour la première fois le pull blanc cassé / coquille d'oeuf acheté à Sienne. A l'époque, je n'arrivais pas à imaginer le froid qui me permettrait de porter ce pull. Je n'arrive jamais à croire qu'il va faire froid — ni qu'il va faire chaud. Je le sais mais je n'y crois pas.
Je n'ai pas fait d'allergie, sauf quelques éternuements.
Il y a des poils blancs partout.

Le soir, tandis que H. était parti en compétition de ping-pong (tennis de table), Roméo est passé récupérer un chèque pour payer demain l'imprimeur qui lui imprime des tracts qu'il (Roméo) compte distribuer sur le marché de Noël. (Impossible de faire un virement car Roméo n'a pas été capable de me fournir le RIB de l'imprimeur — le RIB apparaissant sur la facture, la facture n'étant délivrée qu'au moment de la livraison de la marchandise, la marchandise n'étant livrée que si elle est payée: ??? Qu'est-ce que c'est que ce process qui se mort la queue?)
Roméo se comporte de façon erratique et je regrette d'avoir accepté cette fonction de mandataire financier de campagne tant il est difficile d'obtenir de lui des comptes rendus objectifs de ses faits et gestes. J'en suis à suivre son groupe WhatApps pour faire le compte de ses actions (l'inconvénient, c'est qu'un tel groupe peut être effacé à tout moment. Je fais des captures d'écran. Merci JA et GC de m'avoir rendue méfiante). Ce soir, je lui ai fait comprendre qu'il allait falloir évaluer le coût de son logo et de divers service bénévoles obtenus: cela entre dans les comptes de campagne. Il n'y avait pas pensé. Son manque de sérieux me stupéfie.

Je continue Breaking Bad et Le crime de l'Orient-Express.

jeudi 27 novembre 2025

Télétravail

Télétravail. Le matin avec les Études de Chopin par Yunchan Lim (qui sonnent par instants comme les Kreisleriana); l'après-midi avec… Breaking Bad.



Ce soir H. est rentré abattu. «Mauvaise nouvelle». J'ai cru que sa tante était décédée, elle devait être débranchée lundi dernier et on attend cette nouvelle d'un instant à l'autre. Non, c'est son diabète. Sa dernière analyse est mauvaise. J'avais bien noté qu'il dormait beaucoup, c'était étrange. Problème de médicaments, de changement de médicaments. Peut-être. Sans doute. Ce qui est pertubant, c'est qu'il a fait cette analyse de sang à un moment où (par solidarité et par flemme de faire de la cuisine pour lui seul) il n'a pas bu d'alcool ni mangé de gâteau depuis deux semaines.

mercredi 26 novembre 2025

Rupture de jeûne

Retour aux vraies protéines depuis une dizaine de jours. Ce soir, demi-tourteau et crevettes grises à l'Européen, juste en face de la gare de Lyon. Service rapide, cuisine classique parfaitement exécutée.

mardi 25 novembre 2025

Comprendre. Se comprendre.

J’ai créé un formulaire. Il provoque beaucoup de questions et de coups de fil.

Parmi les interrogations, il y a ces trois phrases (j’ai transposé en conservant la syntaxe des phrases qui exposent le choix, mais aussi la dimension dramatique du choix qui remet fondamentalement en cause toute votre existence) précédées d’une case à cocher.
- Votre employeur vous impose de travailler en bleu de travail.
- Votre employeur vous propose de travailler en bleu de travail et vous acceptez.
- Votre employeur vous propose de travailler en bleu de travail et vous refusez.

Nulle part il est précisé «cochez la case qui correspond à votre cas». Comme il s’agit ensuite, soit d’acquérir un bleu de travail, soit un autre vêtement, je n’ai pas pensé à l’écrire cela tant cela me paraissait couler de source, sans compter que chaque phrase me paraît exclure les deux autres.1


Deux constats:
Certains ne font pas la différence (ou sont dans un tel état de stress qu’ils ne font pas la différence : « aaahhhh, il va falloir travailler en bleu de travail!!!») entre imposer et proposer.
D’autres n’arrivent pas à cocher une case en face d’une ligne et ne rien cocher pour les deux autres. J’ai fini par comprendre que j’aurais dû prévoir deux cases par ligne, oui/non à chaque ligne, pour qu’ils puissent cocher en face de chaque ligne.

Je suis désemparée.



Note
1 : A l'âme innocente et logique, il paraît également inutile de passer par ces trois phrases: on pourrait directement proposer un bleu de travail ou un tablier de pâtissier. Mais le monde de l'assurance est ainsi fait que nous avons un «devoir de conseil» que nous devons «matérialiser». C'est ainsi que vous vous retrouvez à devoir approuver des phrases comme «j'ai bien compris que je ne dois pas communiquer mon code de carte bleue», ce qui paraît totalement stupide à n'importe qui de normal.

samedi 22 novembre 2025

Conférences CRVP

J'aimerais bien ne pas mettre trop de mots-clés qui permettent de remonter ici… mais l'expérience prouve que j'ai tort de m'inquiéter («m'inquiéter» est trop fort, c'est plutôt de la timidité), les gens sont bien moins curieux qu'on ne le pense — ou ont autre chose à faire de traîner sur le net.

Journée à la DGAC (direction générale de l'aviation civile) pour des conférences organisées par la fédération de vol en planeur pour les directeurs régionaux. J'ai été invitée parce que je suis… une fille. J'ai cru comprendre que les fédérations sportives devaient féminiser leurs instances d'ici 2028, et comme les femmes sont rares (14% de licenciées), nous sommes courtisées.
Une vie entière à faire oublier qu'on est une femme pour être prise au sérieux pour finir par ça. Ça ne manque pas de sel.

Ces conférences m'ont donné l'impression que le planeur est menacé de toutes parts: par les villes qui veulent récupérer les aérodromes (nous avons eu droit à une initiation aux conventions d'utilisation du domaine public), par les parcs régionaux qui veulent interdire qu'on survole les nids, les lieux de vélages,etc. J'espère que j'aurai le temps de partir en campagne avant que tout ne s'arrête. Le planeur est pourtant un bon moyen de former des pilotes et compte tenu des actuelles rumeurs de guerre, cela devrait jouer en sa faveur.



Comme chaque année je pense à Tlön et à l'assassinat du président Kennedy (sans autre rapport que la date).

vendredi 21 novembre 2025

Enterrement

Voile de neige ce matin.

Télétravail jusqu'à dix heures, puis direction Mortagne pour un enterrement: le père d'Etienne, Etienne chez qui nous passions nos vacances à Virieu jusque qu'en 2006 (donc surtout avant le début de ce blog. Cette Saint Sylvestre, c'était chez Etienne). Dans les années 2010, H. a souvent travaillé avec cet homme qui avait monté un cabinet de consultant.
C'était un homme étrange, de mon point de vue plutôt désagréable, incapable de parler avec moi sans faire de la provocation mysogine (mais pourquoi? ça lui donnait juste l'air vieux con). J'ai dû le voir trois fois. Il avait beaucoup aidé H. quand celui-ci avait fermé sa première boîte en 2002 («important: laisse de l'argent sur ton compte pour le liquidateur judiciaire, qu'il puisse se servir»). Nous avions alors découvert que tous ceux qui avaient une boîte en avait planté au moins une… et que les liquidateurs judiciaires étaient des requins en eaux troubles. Une vraie mafia.

Enterrement civil, irréel, mauvaise musique (conseil très très sérieux: quelle que soit votre douleur, ne déléguez RIEN lors de l'enterrement de quelqu'un que vous aimez), et surtout cette chose étrange: un enterrement que l'on peut suivre en visio.

Témoignages, quelques enfants (de 60 ans) parlent, le non-dit est lourd car c'était vraiment un monsieur difficile. Je poserai une question à l'un des petits-fils pour savoir quelle est la composition de l'assemblée: un tiers de famille, deux tiers d'amis, me répondra-t-il.
— Ah bon? mais je croyais qu'Etienne avait une grande famille?
— Oui, mais mon grand-père était compliqué, beaucoup ne sont pas là.
— Et toi?
— Oh moi, je l'ai vu deux fois dans ma vie.
Je le sens exaspéré d'être là.
Ce jeune homme a environ 25 ans, son père (un frère d'Etienne) est mort en 2001. Que s'est-il passé? Il n'a donc jamais vu son grand-père? Ça s'est mal passé avec sa mère?

Puis pot au café du commerce («J'aime pas le café, j'aime pas le commerce, mais j'aime le café du commerce»). Buffet, chocolat ou vin chauds (il fait froid!), décompression, partage de nouvelles et mise à jour. («Ah? tu es à Lyon maintenant?») Le covid est passé par là, les vies ont divergé, nous ne nous sommes pas revus depuis longtemps.

Surprise: l'un des frères d'Etienne (jamais vu avant ce jour, mais bien connu car il maintenait les serveurs d'H. circa 2000) me félicite pour mon autre blog. Ça alors. Il loue aussi son aspect historique, son côté témoignage des origines d'internet. Coup de vieux, envie de rire, mais je sais qu'il a raison. Avec l'IA, nous sommes en train de basculer sur autre chose, les blogs d'origine sont des antiquités (et encore, les miens datent de 2006, c'était déjà des suiveurs par rapport aux premiers de 2001 ou 2002.)
Ça alors. Moi qui pensais le basculer sur O2switch et Wordpress (malgré l'avis négatif de Jean Ruaud).
Bon ben. Je vais tout laisser en place (on ne va détruire un témoin du passé!) et sans doute me remettre à y écrire. Il faut juste que je ne m'endorme pas le soir.

jeudi 20 novembre 2025

Couette

Il fait froid dans la maison. 16 le matin, même au premier étage.

Soudain, ce soir H. est monté au second et est redescendu avec la couette du lit des invités, couette que nous avons mise par-dessus drap et couverture (pas à la place mais en plus: nous avons toujours fait comme cela, ça permet de se découvrir la nuit, ça permet de ne pas changer la housse de couette).

On est bien.

mardi 18 novembre 2025

Couleurs (absence de)

— Vous savez bien sûr que les Grecs n'avaient pas de mot pour exprimer la couleur: ils précisaient le mat, le brillant, le sombre, le clair… une eau glauque était une eau trouble, non limpide. La moisson n'est pas blanche, elle est lumineuse.
(Pour ceux que ça intéresse, péricope de la Samaritaine, Jean 4.)

Et donc je m'interroge sur la nécessité d'avoir de la couleur dans l'Antiquité. Le sang est rouge, le ciel bleu, la nuit noire. Le sang peut être sombre ou clair, épais ou liquide, le ciel nuageux ou pluvieux, la nuit lumineuse ou brumeuse. Quand a-t-on besoin de couleurs, avant les teintures? Pour les fleurs qui existent sous différentes nuances?

Appris par ailleurs que le magasin de la Samaritaine a été érigé à un endroit où s'élevait une plaque de bronze représentant la Samaritaine. Il y avait également à cet endroit un moulin ou une roue à aube.

samedi 15 novembre 2025

Une descente aux enfers toute en douceur

Tai chi. Sieste. Train pour Paris. La damnation de Faust de Berlioz au TCE.

La jeunesse et la beauté des chanteurs (Petr Nekoranec et Victoria Karkacheva) étaient revigorantes (leur amour tout à fait crédible), mais tout cela était quelque peu mou, trop joli et trop gentil. Donnez-moi de l'infernal!

Rien ne correspondait à mon souvenir de la lecture de la pièce (un contrat au début de la pièce signé par Faust pour accéder à la jeunesse, la richesse, le savoir): ici une damnation tardive pour sauver Marguerite, ce qui me paraît tout à fait louable (se vendre pour sauver quelqu'un, est-ce vraiment une raison d'être damné?)
Bref, je ne suis pas sûre d'avoir tout compris. Dommage pour un opéra chanté en français.

Pour ceux qui connaissent, je lis les tomes 58, 59 et 60 de One Piece. J'accuse le coup. (Dans le train, un Japonais de 25 ans est enchanté de ma lecture et me déclare qu'en tant que Japonais, il est très fier de One Piece. Je le comprends.)
Pour ceux qui ne connaissent pas, c'est l'équivalent de la fin des tomes 5 et 6 d'Harry Potter.

vendredi 14 novembre 2025

Oublis

Oublié mon téléphone mis à charger dans la cuisine (H. a servi de secrétaire, m'envoyant des mails au fur à mesure des appels); oublié de mettre du rouge à lèvres écarlate (ma mine de papier mâché a porté mon chef à me recommander de me reposer); oublié mes affaires de sport (je m'en suis aperçue en pénétrant dans les locaux de la salle de sport).
Je suis rentrée chez moi.

Il est sans doute vrai qu'il est temps de me détendre.
Mais lorsque je m'observe, je vais bien. Pas de trace de cette déprime dépression aquabonisme qui me saisit parfois. La période est compliquée pour MaBoîte, mais c'est amusant, curieux: comment cela va-t-il finir, à quoi bon se démener ainsi? Il faudrait connaître l'avenir — mais non, nous sommes en train de le construire. De quelle côté de la force cela va-t-il basculer? sachant que d'un point purement économique, purement efficacité, il vaudrait mieux que MaBoîte disparaisse: c'est une antiquité. Mais une antiquité bienveillante, qui aide, qui dialogue. Nous devrions être rémunérés comme psy. Cela a-t-il un sens de vouloir survivre dans ces conditions? Ce modèle économique (de l'ESS, économie sociale et solidaire) a-t-il un sens?
Ça durera ce que ça durera, mais dans un contexte où je n'ai plus d'enfants à nourir (et donc où mon avenir a moins d'importance), c'est intéressant.

lundi 10 novembre 2025

Marathon

C'est reparti pour un régime éclair de 30 jours. C'est la troisième fois depuis le premier confinement. Je sais que c'est stupide et que ça bouzille les reins, mais ça marche. Et puis je ne peux plus fermer mes chemisiers.

Ce qui change, c'est qu'après avoir regardé un reportage sur Arte sur le jeûne, je suis persuadée que je n'ai pratiquement pas besoin de manger. (Cela m'avait déjà marqué dans l'un des livres de Martin Gray, il doit y avoir trente ans). Donc une fois finie la poudre dans un mois, j'essaierai le beaucoup moins.

Ce qui change surtout par rapport à mon adolescence, c'est que je n'ai plus ces pulsions de manger pour combler un vide de désespoir au creux du ventre. Maintenant, quand ça ne va pas, j'essaie simplement de dormir cinq ou dix minutes. Toutes les situations ne le permettent pas, mais le plus souvent, c'est assez facile quand on s'endort aussi vite que moi.
Et puis il y a le planeur. Il suffit que j'y pense pour reprendre espoir: il y a encore quelque chose à accomplir. On parle souvent de choisir entre être et avoir, mais ce qui m'intéresse, c'est faire.
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