Billets pour la catégorie 2020 :

Suite (ou le début de la fin?)

Et maintenant repassage en regardant Better call Saul S2.

Pas le moral. Ça n'était pas arrivé jusque là. Le déconfinement ? La perspective de retourner à la vie normale?

Reçu hier un mail de mon coiffeur: nous pouvons commencer à prendre rendez-vous. Zut alors, la teinture rose abricot genre manga (dans mon idée cela devrait ne donner que des reflets) que j'ai commandée va arriver trop tard, je n'aurai pas le temps de l'utiliser avant le 11 mai, ou alors il faudra que je me reteigne dans la semaine. Too bad.

Il pleut et il fait froid.

Cuisine et dépendances

Gilda a émis la thèse intéressante que quarante jours étaient une durée biologique ou anthropologique. Une chose est sûre, c'est que quelque chose est en train de changer: je fais la cuisine!
Aujourd'hui, pintade au raisin, recette trouvée dans un superbe livre, La cuisine des châteaux.

Cela a donné lieu à un échange avec ma fille:



Sinon, spécialement pour Matoo, ce lien d'où est tirée cette photo (merci à Philippe pour la recommandation de ce cours que j'écoute en faisant la cuisine):

La messe du pape

KTO diffuse en direct la messe que le pape célèbre à sept heures.
Les lectures et l'homélie sont traduites en direct, par dessus l'italien du pape. Le reste de la célébration n'est pas traduite, comme du temps où les gens assistaient à la messe en latin.
C'est calme, serein, tranquille. En suivant les rayons du soleil on imagine Rome au dehors.

Quelques repères si par hasard certains d'entre vous tentaient l'expérience, par curiosité (les dix minutes du début, lectures + homélie, peuvent intéresser n'importe qui).

La Bible se compose de l'Ancien Testament (avant JC) et du Nouveau Testament (à partir de l'Annonciation (conception de Jésus) ou de la conception de Jean-Baptiste).
Le Nouveau Testament se compose de quatre Evangiles qui racontent la vie et la mort de Jésus (quatre fois chacun à leur manière), des actes des apôtres (décisions et organisation après la mort du Christ, voyages de Paul), d'épîtres (des lettres aux communautés de nouveaux convertis) et de l'Apocalypse (un rêve).

Le principe d'une messe est de nourir le corps et l'esprit: des lectures commentées et un repas, la communion.
Le dimanche il y a deux lectures, une prise dans l'Ancien Testament et une dans le Nouveau hors des Evangiles, soit les Actes des Apôtres, les épîtres ou l'Apocalypse.
En semaine, il n'y a qu'une seule lecture. C'est plus court.
Ces lectures sont lues par une personne de l'assemblée.

Ensuite le prêtre lit un passage des Evangiles.
Puis vient l'homélie : un commentaire que le prêtre conduit comme il le souhaite. Il peut commenter les trois textes, les relations entre les trois, un seul, ou prendre des chemins de traverse.

Ce matin, c'était la lapidation d'Etienne, premier martyr. Le pape François a construit son homélie autour de la médisance et des fausses accusations.

Quelque chose de bleu, quelque chose de neuf, quelque chose d’ancien

Mon plus grand problème c'est la procrastination. Je crois que cela a commencé en sixième avec les rédactions à la maison: trop de perfectionnisme, la peur de ne pas être à la hauteur. Bien plus tard j'ai trouvé une remarque: «la première qualité d'un travail, c'est d'être terminé» (ça m'avait plu: la phrase d'un père à son fils qui peaufinait sa thèse).

Bref, mon plus grand problème en confinement (comme en vacances, comme à chaque fois que le temps s'étend devant moi) c'est de m'y mettre.

Quelque chose pour la maison/le jardin, quelque chose pour le boulot, quelque chose pour l'ICP.
Et puis les blogs, le sport, l'arrosage.
Lire un peu, regarder un film (en entier).
Peut-être que ça fait trop. Peut-être que ça ne peut entrer dans aucune journée. Peut-être que je suis trop ambitieuse, trop affamée.

Quelque chose pour la maison/le jardin: taillé l'herbe de la pampa,
quelque chose pour le boulot: réécrit le PCA (plan de continuité d'activité),
quelque chose pour l'ICP: le début de Clément d'Alexandrie (§4/27).

Ma journée a ressemblé à une journée d'école primaire, avec des pauses récré dans le jardin. Il fait beau. Comme chaque fois que je travaille dans le jardin, je m'émerveille que les plantes transforment le soleil, la terre et l'eau en matière. Sans elles nous ne sommes rien.

J'ai oublié de tailler l'herbe de la pampa en mars. J'espère de ne pas la faire crever en la taillant maintenant. J'ai pensé à maman qui disait qu'en avril il n'était pas trop tard pour tailler les rosiers.
Mais l'herbe de la pampa, ce n'est pas des rosiers.
A priori cependant, ça devrait être plus résistant.
J'espère que ça ira.




Deux blogs grâce à Gilda : entre café et journal et au fond du galetas.
Un film étrange sur Mubi : Répertoire des villes disparues. Je commence Aux frontières de l'aube.

Trente chansons

Dans la série procrastination, j'ai trouvé cela sur Twitter.
Ma sélection : de la variété française et des hits internationaux. Je me suis mis une seule contrainte, jamais le même interprète deux fois.
Pour quelque chose de plus élaborée, voir ici.





1. Une couleur : Son bleu
2. Un nombre : La valse à mille temps
3. L'été : La madrague
4. Un mauvais souvenir : Hijo de la luna
5. A écouter très fort : I am a Murlock
6. Pour danser : Rock Around The Clock
7. En conduisant : Hit the road Jack
8. Drogue ou alcool : Je suis amoureux d'une cigarette
9. Pour rire : On n'est pas là pour se faire engueuler
10. Pour pleurer : La complainte du phoque en Alaska
11. A écouter en boucle : The Wall
12. Avant vos dix ans : Et mon père
13. Les années 70 : YMCA
14. A mon mariage : Halleluia
15. Interprète croisé : The sound of silence
16. Un classique : Bohemian Rapsody
17. Pour un karaoké à deux : Macao
18. L'année de ma naissance : Happy Together
19. Qui me fait réfléchir à la vie : Mon vieux
20. Qui a beaucoup d'importance pour moi : Talkin' Bout a Revolution
21. Un prénom : Gabrielle
22. Qui me fait avancer : Quand t'es dans le désert
23. Que tout le monde devrait écouter : Avec le temps
24. Un groupe séparé : Brothers in Arms
25. Un artiste disparu : Le coq et la pendule
26. Qui donne envie d'être amoureux : Still loving you
27. Une chanson qui brise le cœur : Le petit cheval blanc
28. Une voix aimée : Hello Dolly
29. Une chanson de l'enfance : Cuisse de Mouche (je n'y comprenais pas grand chose, ce qui augmentait le plaisir)
30. Qui me ressemble : I will survive

Si vous êtes curieux, j'en ai fait une playlist.

Un échange autour de l'agriculture biologique

J'ai partagé ce tweet sur FB (à dérouler) à propos du traitement des betteraves :
Comme tous betteraviers français, devoir faire demain un insecticide sur des betteraves à 2 feuilles, c'est à dire de la taille d'une pièce de 2€, me rend fou.
A 80000 pieds levés, ça fait 0.4% de couverture
Alors qu'il y a encore 2 ans, on avait des traitements de semences.
S'en est suivie une discussion courtoise entre les pour ou contre les néonicotinoïdes. Un ami a fait remarquer qu'avec plus de bandes herbeuses, de haies, etc., certains problèmes posés par la mono-culture agro-industrielle n'existeraient pas. Mais travailler sur de telles parcelles est moins facile, on ne peut pas passer avec les mêmes tracteurs, etc.

Réponse d'une amie fille et sœur d'agriculteurs: «il me semble que ça impliquerait un coût énorme en terme de main d'oeuvre que personne n'a envie de supporter».

Ma réponse : C'est ce qui me fait de la peine quand j'entends mes potes de Neuilly discuter. Elles sont toutes CSP++ et incapables de parler de nourriture sans rajouter "bio" au bout: «J'ai fait un cake au citron bio avec de la farine de coco». J'ai l'impression de vivre IRL une parodie d'internet.
Evidemment, ça part de bonnes intentions. Mais elles n'ont pas l'air de se rendre compte que les gens qui touchent un Smic et demi économisent sur la nourriture toute l'année pour partir en vacances en famille (quand ils partent. Mais elles ne peuvent imaginer qu'on ne parte pas en vacances. Une année où nous étions restés l'été à la maison, une rameuse m'a dit très gentiment, pour me consoler: «mais tu es quand même allée dans ta maison de campagne?» (What?? Quelle maison de campagne?)
Et puis je pense à ma famille. Il y a encore pas mal d'agriculteurs dans la famille élargie. Eux t'expliquent qu'ils perdent de l'argent sur le quintal de pommes, je me souviens de ma grand-mère qui ne voulaient pas que ses fils soient paysans parce que «c'est bien trop dur», je vois le kilo de carottes à un euro en grande surface, et je n'ai qu'une trouille: que les agriculteurs abandonnent et que nous, l'une des terres les plus fertiles d'Europe, on se retrouve à tout importer.

Le frère de l'amie cité plus haut (frère aux tendances communistes plutôt old fashion pour un si jeune homme): «Je vois mal les gens de Neuilly avec leur cake au citron bio s'enthousiasmer sur le fait que Jean-Eudes ou Christophine passe leur vie à arracher des chénopodes.»
Il est resté très modéré, j'avais eu peur que ça dérape.

Ma réponse : C'est ce qui m'a intéressée dans l'appel au peuple pour aller cueillir les fraises : combien de bobos allaient-ils se rendre compte que la terre était basse?
Mais j'ai eu honte de cette pensée parce qu'elle faisait vraiment Chine rééduquant les intellectuels…
Sinon, dans l'Est, du côté de Chaumont/Langres, j'ai un cousin qui raconte que les exploitants sont très contents de l'arrivée des réfugiés syriens: ceux-ci sont heureux de travailler une terre fertile, contre un salaire et un toit (alors que les mêmes exploitants n'arrivaient pas à recruter de façon stable des autochtones (mais ça il ne faut pas le dire, tu te fais traiter de vendue à la solde du grand capital).
De la même façon, quand je cherchais des petits boulots pour ma fille, j'avais découvert que les agriculteurs de la Manche cherchent des ouvriers de façon permanente: mais bon, pour récolter la salade, la terre est basse (et je sais qu'elle est basse, je sais que c'est fatiguant, je ne me juge pas ceux qui préfèrent toucher le chômage. C'est juste que parfois, il faudrait avoir la décence de se taire, la décence de ne pas accuser l'Etat et tous ceux qui travaillent et donc financent toutes ces aides, d'être des profiteurs)).

Quelle sorte de confiné êtes-vous ?

Comité d'audit. Cette manie de s'occuper davantage de cocher des cases que s'assurer que les cases correspondent à un travail effectivement accompli.
Lavé ma voiture (cela aurait dû être fait depuis un mois. Elle était couverte de pollen jaune).

Une jolie galerie de portraits et une question: quelle sorte de confiné êtes-vous?


Trente ans

— Put***, trente ans ! Tu te rends compte ?
— Non, pas vraiment.
Rires.
— A vrai dire, moi non plus.




Quand j'avais évoqué en janvier l'idée de réunir quelques potes pour fêter l'occasion, H. avait grommelé:
— Mais pourquoi tu veux fêter ça? Juste pour qu'on constate que nous sommes tous devenus des vieux kroums?
— Parce que ça fait un prétexte pour se voir, parce qu'il faut fêter ce qui est accompli et que nous ne savons pas ce que l'avenir nous réserve : il faut saisir le présent et se réjouir maintenant, sans attendre.
(Ça sonne un peu pompeux mais de temps en temps je suis obligée de dire ce que je pense vraiment: j'ai remarqué que c'était le meilleur moyen de le convaincre.)

Mazette. C'était prémonitoire, j'aurais dû insister pour le fêter en janvier!

Adieu au système impérial

C'était un cadeau de mes amis américains en 1984, un petit verre mesureur en plastique, gradué en ounces, tasses et millilitres.
Cela n'a l'air de rien, mais c'était difficile à trouver en France à l'époque.

L'anse était cassée, le fond était étoilé mais retenait encore les liquides.

Je l'ai achevé ce soir en y mettant des amandes grillées dans l'huile: sous l'effet de la chaleur, le plastique du fond s'est retourné suivant les lignes de fêlure. Le verre est passé à la poubelle.


Simulation pandémique

Ma fille me signale une vidéo de DirtyBiology du 3 août 2014. C'est génial, regardez-la jusqu'au bout (même si l'aspect over-pédagogique peut vous agacer un instant).

Teaser : Word of Warcraft avait développé pour les niveaux de jeu les plus avancés une nouvelle difficulté: une maladie. Ce que les concepteurs n'avaient pas prévu, c'est qu'il y aurait un bug dans le programme qui a permis à la maladie de s'échapper vers les autres niveaux de jeu. Et comme (spoiler alert) les joueurs sont des humains, ils ont joué en appliquant tous leurs travers humains de bêtise et de curiosité. (Evidemment, si les résultats sont aussi intéressants, c'est que les joueurs sont très nombreux et répartis sur toute la planète: donc ils représentent tous les modes de pensées, à la fois individuels et culturels.)

Et si on relançait le jeu en simulant une fin de confinement, afin d'observer les comportements humains?


Remarque : les youtubeurs ont joué un rôle important auprès des jeunes pour les convaincre de rester confinés. Ce sont des relayeurs sérieux de la pensée rationnelle. Je regarde de temps en temps une de leurs vidéos conseillée par les enfants: cela me rassure de savoir qu'il y a des anti-complotistes pour informer la jeune génération.

Sortie de coma

X. sort de coma artificiel au bout de trois semaines. Premières paroles à sa femme: qu'elle prévienne son travail qu'il était hospitalisé depuis hier et qu'il serait absent.

J'ai fait les courses

Aux USA j'aurais pensé qu'ils profitaient d'une opportunité, d'un marché. En France, je me demande s'ils ne se moquent pas, discrètement.

Vingt-cinq kilos de farine. Costaud, la ménagère de plus de cinquante ans.
Et le PQ… je ne comprends pas le PQ: tant qu'on a de l'eau courante, quelle importance d'avoir ou non du PQ? Surtout en restant chez soi.


Rééducation

Je ne peux plus — ou plutôt je ne pourrais plus, si j'avais le dessin au sol — jouer à la marelle. Car je ne peux plus sauter à cloche-pied.

Le pouvais-je il y a un mois? Je ne sais pas.
Mais il y a un mois, lorsque j'ai commencé à sauter à la corde, je pouvais sauter une minute sur un pied puis une sur l'autre.
Aujourd'hui je le peux à peine, tant ça fait mal. Un seul pied ne peut supporter mon poids si je saute. Ma cheville et la voûte plantaire cèdent. Ça fait horriblement mal.
La bonne nouvelle, c'est que les deux pieds sont aussi faibles. Cela fait exactement un an que j'ai été opérée et c'est une satisfaction que les deux pieds soient identiques — même si j'aurais préféré que ce soit dans la force.

Alors je m'obstine. J'essaie de muscler ce qui ne l'était pas mais n'était jamais sollicité. Je me demande ce que cela changera à ma démarche, à ma posture. Cela changera-t-il quelque chose à la possibilité de porter des talons très hauts? (car je n'en porte plus depuis deux ou trois ans mais je recommencerais volontiers).


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Astuce confinement : le Concertgebouw diffuse un concert chaque soir ou presque, à huit heures ou huit heures et quart.

Déconfinement déconfit

De ce que je comprends en lisant à droite à gauche, il y a les gens accablés à l'idée que cela va durer encore un mois (mais comment ont-ils pu croire un seul instant que cela durerait moins de huit semaines? 76 jours pour les Chinois — il n'y avait aucune raison que nous fassions moins ou mieux) et ceux qui ne veulent pas retourner travailler (salauds de patrons capitalistes qui veulent nous rendre malades; comme si l'école était plus importante que nos vies; etc, etc).


En résumé, il faudrait sortir du confinement mais ne pas retourner travailler.

J'ai l'air d'en rire mais en réalité cela me pertube.
Je pense au grand Bond en avant, quand l'Etat chinois a dit «Mangez, l'Etat vous nourrira», et que les paysans, mon dieu, les paysans, ceux qui savaient bien que la nourriture n'était pas magique, qu'elle poussait et se récoltait à force d'attention et de peine, l'avaient cru, mon dieu, l'avaient cru. Et ils ont mangé leurs réserves, c'était la fête, l'Etat veillait à tout, et ils sont morts de faim l'année suivante.
What do you expect? ai-je envie de crier, vous pensez vraiment que c'est magique, que l'argent sort des murs, des poches des milliardaires-qui-ne-paient-pas-pas-leurs-impôts (syntagme figé, entrée flaubertienne du dictionnaire — millionnaire: ne paie pas ses impôts), que la finance suffirait à nous nourrir tous? Mais la finance, c'est du vent; vous le savez, vous qui demandez le retour de l'économie réelle contre la finance: l'économie réelle, c'est votre travail.
Ô cette façon d'avoir oublié le lien entre son salaire et le travail accompli.
Il faut être à son compte en ce moment pour le mesurer.

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Pour les netfliqueux : si vous aimez les polars (un peu gore) vous pouvez tester Headhunters.
Vu American psycho (pas mon genre) et Wajda sur Arte (magnifique jeune actrice. A regarder en VO).
Commencé The Intruder (Arte toujours).

Chronologie des manques

Un twittos anti-macroniste a reconstitué une chronologie à charge de la gestion de la crise qui présente l'intérêt d'être également une chronologie de l'épidémie. (Apparemment, François Bonnet l'a plagiée dans Médiapart).

Les twitts sont appuyés sur des sources extérieures. Le gros bémol que j'apporterais, c'est l'ambiance de février, la bite à Griveaux, le 49-3, etc: je ne crois pas une seule seconde que les anti-macronistes auraient cru Macron avant le 16 mars, et ce pour une raison simple: quoi que dise Macron, ils sont contre. La preuve par l'absurde en a été apportée fin mars par la CGT qui a voulu… appeler à la grève. (Une amie a commenté: «c'est de la haute trahison».)

Cela posé, j'avoue mon exaspération devant l'absence de tests de dépistage en amont (pour connaître les asymptômatiques et non vérifier que les malades sont malades, nom d'un petit bonhomme) et le discours "les masques sont inutiles" (plutôt qu'encourager les gens à faire ce qu'ils pouvaient — heureusement ils l'ont fait) et surtout devant l'absence de discours clair.
Si l'on manquait de tests et de masques, il fallait dire: «nous manquons de tests et de masques. En attendant d'en obtenir, nous vous conseillons de…»
Ce n'est pourtant pas difficile.
Ça m'agace parce que j'ai les mêmes problèmes au boulot, cette incapacité à obtenir la vérité, l'obligation de la déduire lentement soi-même des faits parce que la hiérarchie, les prestataires, n'ont pas le courage de l'exprimer.
Et pourtant connaître la vérité, l'état de la situation, c'est la meilleure façon d'y faire face. Même s'il n'y a rien à faire, s'il n'y a qu'à attendre, cela permet d'observer les modifications de la situation en comprenant ce qui se passe, parce que cela correspond à notre information. Cela permet de réagir vite dès qu'on peut intervenir.

Cependant, je préfère avoir eu Macron au gouvernement pour gérer cette crise que MLP, Fillon ou Mélenchon. J'ai davantage confiance dans sa capacité de raisonnement et sa volonté d'agir pour la France (même si je comprends tout à fait qu'on puisse ne pas être d'accord avec la forme qu'il souhaite donner à la France).
Ses adversaires l'appellent "le président des riches", mais justement, lui ne pique pas dans la caisse parce qu'il a tout ce qu'il lui faut — MLP pique dans la caisse en continu, Fillon rends-l-argent est devenu proverbial; je ne sais quel pot-de-vin ou montage foireux ces deux-là auraient accepté en ces temps de pénurie médicale.

Quant à Mélenchon c'est un autre problème: la grosse tête, une tendance très yakafokon-X-est-un-incapable-moi-je. Se retrousse-t-il les manches parfois? A part prononcer des discours, a-t-il fait avancer des dossiers dans ses différentes fonctions au cours des trente ou quarante dernières années? Je ne sais pas s'il se serait occupé des gens. Être capable d'encenser le Vénézuela pétroliféraire dont les habitants affamés ont fini par manger les flamants roses ou les animaux des zoos m'en fait douter.
Par exemple, j'aimerais bien savoir ce qu'il a fait concrètement, à part accuser la mairie et l'Etat, pour les immeubles de Marseille. Après tout il est député des Bouches-du-Rhône, il s'agit d'une situation de crise: comment se comporte-t-il en situation de crise?

Un dessin pouvant (res)servir souvent :


Décision

Une décision c'est un choix parmi plusieurs possibilités d'action.

Après coup, une décision paraîtra toujours mauvaise, au moins partiellement: parce qu'elle sera passée de la théorie à la pratique, elle aura mis en branle le réel, déployant autour d'elle ses effets secondaires inattendus ou pervers. Apparaîtra dans la réalité toutes ses conséquences auxquelles nous n'avions pas pensé.
A l'usage, il semble parfois que plus une décision est radicale et plus ses effets pervers le seront (pervers signifiant ici: allant à l'encontre de la décision prise1).

Donc prudence et mesure.

Par ailleurs, avec le recul, toutes les autres possibilités restées à l'état abstrait paraîtront attrayantes: en effet, non mises à l'épreuve de la réalité, elles n'exposent pas leurs désavantages encore inconnus.

Hier soir Macron a annoncé la sortie progressive du déconfinement à partir du 11 mai, avec reprise des écoles et collèges mais pas des universités.
Les cafés et restaurants vont rester fermés. J'ai du mal à imaginer des villes mortes.
On verra bien.



Note
1 : Mon exemple préféré d'effet collatéral opposé à la décision prise: VGE fermant les frontières à l'immigration, Simone Veil plaidant pour les familles que cela séparerait, loi de rapprochement familial, arrivée en France de familles nombreuses, parfois polygames, qui ne repartiront plus par peur de ne pas pouvoir revenir puisque les frontières sont fermées.
Bref, si VGE n'avait pas fermé les frontières, les pères auraient continué à venir travailler seuls pour rentrer au pays pendant les vacances…

Indécence

H. continue de relancer ses anciens serveurs, trier ses disques durs (j'annonce fièrement que j'ai une copie du Mac de RC de 2007 et l'intégralité du site la SLRC en date d'octobre 2006). Il m'annonce qu'il a L'enfer de Dante en epub (je le traite de snob) et éclate de rire quelques minutes plus tard: «Ah, et puis dans le dossier films de Q, j'ai L'indécente aux enfers


Pendant que j'y suis je vous mets une photo pêchée chez Matoo : restez à l'intérieur.

Assurance

Je vois passer l'idée d'une assurance épidémie.

Sans commenter la viabilité du dispositif (je suppose que le DG d'Axa est un plus grand professionnel que moi (litote)) je vais en profiter pour faire quelques rappels de bon sens (sachant qu'il est possible ensuite d'organiser des dispositifs qui permettent d'échapper à ce que je vais exposer: mais y échapper consiste à le prendre en compte):

L'assurance est née à Venise: deux ou trois armateurs décidaient de mutualiser les risques: si leurs trois bateaux arrivaient à bon port, chacun profiterait de son bateau, si un ou deux manquaient à l'appel, les armateurs partageraient les gains en trois.
De cet exemple simple, on comprend immédiatement qu'il ne faut pas que tous perdent tout: sinon il n'y a rien à partager.
Même si l'assurance ne fonctionne plus exactement ainsi, le principe reste valable. C'est pour cela que les épidémies, les guerres, les catastrophes nucléaires, etc., tous les événements qui touchent tout le monde, sont exclus des contrats (français).

Je vois certains être sur le point de proposer que les assurances remboursent leur manque à gagner aux PME. Ces personnes se rendent-elles compte que cela revient à supposer que les sociétés d'assurances disposeraient de l'ensemble du chiffre d'affaires des PME?
Par quel miracle?
Cela supposerait que la prime d'assurance versée par chaque PME soit égale à l'intégralité de leur chiffre d'affaire.

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Rappel: l'assurance et la solidarité sont deux notions différentes mais complémentaires: en assurance vous cotisez selon votre risque (la prime est différente selon que vous roulez en twingo ou en ferrrari); selon le principe de solidarité, vous cotisez en fonction de vos capacités (la sécurité sociale, par exemple).

Les contrats d'assurance français destinés aux particuliers organisent invisiblement la solidarité dans un grand nombre de domaines. Par exemple, depuis 1985 ils prévoient tous une contribution attentat. Sur votre contrat automobile, vous cotisez à un fond destiné aux victimes d'accidents dont le responsable conduisait sans assurance. Votre contrat habitation comprend une contribution à un fond catastrophe naturelle et une garantie tempête obligatoire.
En santé, les contrats de complémentaire santé qui veulent bénéficier d'une fiscalité avantageuse n'ont pas le droit de vous faire remplir un questionnaire de santé. C'est une façon d'organiser la solidarité; dans le cas contraire, les personnes présentant la moins bonne santé devraient payer une cotisation très élevée (sachant qu'ici le calcul est faussé par la sécurité sociale: quelqu'un souffrant d'une affection chronique (diabète, cancer, sclérose en plaque) sera pris à cent pour cent par la sécurité sociale et ne coûtera pas très cher à sa complémentaire santé).

Bref, nous sommes solidaires sans le savoir, nous sommes beaucoup plus solidaires que nous le croyons. C'est dommage d'ailleurs, peut-être devrions-nous en avoir davantage conscience.

Cuisine

Aujourd'hui j'ai eu le droit de cuisiner. (Allusion à cette citation que j'adore: «Jour de Dieu! que je voie des femmes faire la cuisine chez moi!»).

J'ai donc mis le poulet à mariner et préparé un bourguignon de champignons en regardant la vie de Marie-Thérèse d'Autriche sur Arte (déçue qu'on ne parle pas davantage de ses enfants, mais cela m'a permis de nouer des liens entre les châteaux de Schönbrunn, Charlottenburg et Nancy).

La purée de céleri accompagnée des champignons était très réussie.

J'ai inversé les ordinateurs: installé le professionnel dans la chambre qui donne sur le jardin et le personnel sous les toits, à la lumière. J'aime être plus près du ciel. Avouons-le, je procrastine par peur de me remettre à mon mémoire. J'ai trouvé cela que je trouve très bien vu:




Névrosyne et autophlagèle.

Allergie

Ce n'est pas le pollen, c'est la poussière. #rangementdugrenier

J'éternue beaucoup; dans le jardin ça résonne dans tout le quartier (dans la cuisine j'entre en résonnance résonance avec le radiateur).
Je vais être malade, c'est sûr : un médecin m'avait expliqué que l'irritation causée par l'allergie rendait les muqueuses plus réceptives au moindre virus, bactérie, microbe, qui passait.

Pendant ce temps les pivoines

A gauche le 25 mars, à droite le 7 avril.




Nous avons sorti la table de jardin et le parasol.

12 avril. J'ajoute ce commentaire copié sur la page FB de Fabrice, spécialiste de Gide et de botanique:
Connaître les plantes, c'est bien, les comprendre, c'est mieux…

Ainsi savez-vous pourquoi certaines jeunes pousses du printemps se colorent de rouge, comme celles des rosiers par exemple, ou encore les premières feuilles des érables, des chênes…?
Tout comme en automne, les feuilles se chargent de tannins, substances astringentes et colorées, dont on commence tout juste à comprendre le rôle et à percer les secrets. L'astringence repousse ainsi la dent des chevreuils, des lapins, mais aussi les attaques de pucerons attirés par ces tendres pousses. La couleur permet aussi de diminuer les effets du soleil sur ces végétaux encore fragiles. On observe le même phénomène sur certaines plantes de murailles qui se parent de rouge pour survivre aux coups de soleil dans un environnement très chaud et sec.

A l'automne, le phénomène provient de la disparition des pigments verts de la chlorophylle qui met en évidence les tannins jaunes ou rouges jusque là camouflés derrière le vert. Les plantes stockent dans des cellules spécifiques ces tannins qu'elles vont évacuer en larguant leurs feuilles. Une fois au sol, les champignons vont commencer à dégrader ces chaînes moléculaires denses (les tannins sont difficiles à digérer) et c'est au printemps seulement que la matière organique sera à nouveau disponible dans le sol. Pile à l'heure pour le réveil de l'arbre. C'est-y pas malin ?

Pour en savoir plus, le dernier livre de Marc-André Selosse consacré aux tannins est une mine d'érudition et de découvertes.

Des liens

Jobs utiles et jobs à la con : le pays tourne grâce aux smicards, mais d'une certaine façon nous le savons depuis toujours; cela a été théorisé en 2013.

Un ami m'envoie une explication de la pénurie de masques. Ça ne me fait pas franchement rire parce que j'ai connu ça.

Pour ceux qui veulent un exemple réel, voici ce que j'ai obtenu en janvier quand j'ai voulu faire une réclamation sur le site de la SNCF: "moins d'un an" n'avait pas été programmé comme "moins de treize mois" mais comme "l'année doit être identique à celle du jour de la réclamation".
Et sinon un projet en tchèque, la Bible adaptée au XXIe siècle (je vous mets le lien pour que vous puissiez vous vanter plus tard d'être dans ses premiers fans français). Rémi a traduit deux péricopes, les noces de Canaa et la résurrection de Lazare.

J’adore lire la #Parabible d'Alexandr Sasha Flek qui est une réécriture du Nouveau Testament avec notre langue de tous les jours.
En ce week-end pascal, je me suis inspiré du chapitre LÁĎO POJĎ SEM! lui-même tiré de Jean 11.
Marthe, la sœur de Marie, envoie un texto à Jésus: « ton copain Lazare est au plus mal. Viens! »
Il lui répond: « avec le confinement, c’est balèse. Thoughts & Prayers! »
Mais deux jours plus tard, il dit à sa team: « allez! on lève le camp. Faut y aller!
— T’es pas sérieux?!?!… en pleine quarantaine? On va se faire lyncher! »
Jésus leur répond: « si tu voyages de nuit, en douce, tu éveilles les soupçons de la police et tu te fais arrêter. De jour, la conscience claire et la tête haute, tu passes tous les barrages.
— et les risques d’attraper le virus? tu y’a pensé?
— Lazare s’est endormi. Allons le réveiller! »
Arrivés sur place, Marthe le tance vertement: « il est mort du Coronavirus! Tu lui as manqué dans ses derniers instants. Dans son dernier souffle, il demandait où t’étais!
- Ne t’inquiète pas, il va se relever… »
Elle l’accompagne à la morgue, pour que Jésus puisse se recueillir devant la dépouille de son ami. Mais là, à la surprise de tous ceux présents, il toque sur le cercueil et crie: « Lazare, sort de là! »
Lazare repousse alors le couvercle du cercueil. Il est tout ankylosé mais à part ça, vif comme en l’an 40.
Le problème, c’est que le fait s’ébruite.
Un membre de la team qui a filmé la scène, le poste sur Facebook.
Les médias s’en saisissent.
Gros titres: « on peut ressusciter du Coronavirus! »
Ça colle pas du tout avec la politique du premier ministre, Ponce Pilate, qui veux tirer à lui la couverture médiatique de la gestion de la pandémie.
Pâques approche, un plan est établi pour se débarrasser de ce fauteur de trouble dans une émission de télé-réalité bien sanglante.


LES NOCES À SCY-CHAZELLES
Comme Marie faisait la plonge gratis, on avait invité Jésus mais sans penser qui viendrait avec tous ses potes…
Et qu’ils picoleraient autant!…
Marie, en cuisine, s’inquiète de voir les cubis disparaître si schnell. Elle fait venir son fils & lui explique: “mir habn a problem” (*en bons Juifs du coin, ils parlent yiddish).
- Kein problem, Muti.
Il ordonne qu’on verse les cubis restants dans une grande cuve. Versez-y la salade de fruit (on a le gâteau de mariage, ça suffit comme dessert), diluez à ras-bord avec de l’eau. Vous le servirez en appelant ça "sang du Christ" ou plutôt "sangria", c’est plus « vendeur », et vous ferez cela en mémoire de moi à chaque fête.
Discrétôs, il y verse le reste de MDMA qu’il avait pas réussi à vendre à la rave de la veille.
Ça a été un mariage du feu de Dieu!
Le père de la mariée a félicité son gendre de faire servir des cocktails 🍹 aussi réussis.
C’est de là que date la réputation de Jésus comme Sauveur de situation.

Zut

Je me suis cassé une dent, une prémolaire.

Ça faisait longtemps que quelque chose me gênait à gauche, une douleur sourde quand je mâchais ou serrais les mâchoires, comme une infection à l'intérieur de la gencive — mais rien, ni fièvre ni abcès. J'étais allée chez le dentiste en novembre qui n'avait rien vu.
La dent a cédé aujourd'hui, la moitié ou un bon tiers. Ça ne fait plus mal, le nerf doit être encore encapsulé dans un reste d'ivoire je suppose.
Ça ne fait plus mal mais ça fait peur : crainte d'infection. Impossible d'avoir un dentiste en ce moment.
Bains de bouche au synthol.

Journée de reprise en main

Après une semaine de boîtes de conserve et de ramen je suis allée en fin de matinée à vélo chercher des salades et autres pamplemousses.
Surprise au retour: les voisins de la rue (c'est presque une impasse, une boucle à partir de la rue principale: ma rue ramène à son point de départ) sont tous sortis sur le trottoir, le cul sur une chaise, le verre sur un tabouret, et ils papotent à dix ou quinze mètres de distance dans le soleil printanier.

J'ai insisté pour que nous sortions la table de jardin et mangions au soleil — H. s'est si bien cloîtré depuis trois semaines qu'hier il a peiné à terminer sa première promenade d'une heure hors les murs. Retour au soleil, à l'air, au vent, aux oiseaux.

J'ai planté mes deux clous, la carte d'Australie est suspendue; j'ai scié la vigne, attaché le rosier grimpant. J'ai commencé à trier des papiers dans le grenier, jeté l'ensemble des documents de cours reçus en 2015-2016 (christologie, liturgie). Ces documents me paraissent lunaires, je ne comprends plus du tout pourquoi je me suis lancée là-dedans. Mais bon, je ne savais pas ce que c'était, maintenant je sais.

H. proteste qu'il y a trop de livres dans la maison, je rétorque qu'il y a beaucoup de fils un peu partout.
Photos prises à travers la maison dimanche dernier.





Depuis il trie et regroupe. Il ouvre des ordinateurs, change des cartes (aquand c'est possible car il n'a jamais la bonne sous la main), fait des sauvegardes. Ça m'amuse de le voir faire, j'ai l'impression de rajeunir.

Mon voisin travaille dans le BTP

Il s'ennuie. Chaque fois que je sors pour bricoler, jardiner, il vient papoter (de loin).

— Ils nous ont dit qu'on pouvait continuer à travailler… mais comment? Plus rien n'arrive, plus de ciment, plus de sable, plus de parpaings…
— Et puis c'est pas facile… Y'a les noirs y se sentent pas concernés, y disent que c'est une maladie de blancs. Au réfectoire, les Pakistanais mangent tous dans le même plat en trempant une espèce de galette qui sert de cuillère… et les Tunisiens ils partagent toujours la gamelle… C'est pas facile… J'ai râlé, j'ai protesté, ça s'est un peu arrangé, mais être chez soi, c'est plus sûr.


«Y'a les noirs y se sentent pas concernés, y disent que c'est une maladie de blancs…»
Ça me paraît tout à fait possible comme phrase. Est-ce vrai uniquement sur les chantiers, ou le chantier de mon voisin, ou est-ce une opinion plus largement partagée?
Parce que si c'est le cas, cela risque d'avoir des conséquences graves.



Sinon, maintenant qu'il y a davantage de masques, il va devenir obligatoire d'en porter un. Bande de crétins.

Nawak

Après une nuit blanche entre mercredi et jeudi (sans vraiment le faire exprès, rédigeant le rapport de gestion en avançant dans la saison 7 de The Walking Dead), grasse mat jusq'à onze heures, brunch, comité financier en conf call et A couteaux tirés en mangeant des sardines à l'huile (enfin moi. Saucisson pour H.)

Ça commence à me manquer de ne pas sortir.

De belles photos.

Après le grec, l'allemand.

«C'est pas cool, Gaby, mais faut avancer. Faut s'en remettre ou se faire mettre.»
The Walking Dead, S8E5
(contexte : deux types enfermés dans une caravane en train de se disloquer sous la pression des zombies).

Ce n'est pas le sujet dont je voulais parler, mais cette phrase saisie au vol m'a fait rire. Pas mal cette traduction. J'apprécie qu'ils se donnent du mal pour le doublage.

Quoique. Le sujet global de ce billet pourrait être la traduction. L'IPT (institut protestant de théologie) nous envoie des devoirs en allemand. C'est amusant la décontraction protestante alors qu'ils sont austères, contre la rigidité catholique alors qu'ils sont davantage bons vivants.
Pour la validation du cours d’allemand, nous vous proposons de changer radicalement de corpus, un peu parce que les textes de Bultmann sont restés dans nos bureaux à l’IPT (confinés eux aussi, pour ainsi dire!), mais aussi et peut-être surtout parce qu’en ces temps troublés nous avons quelque raison de préférer la chanson, l’humour et le cinéma aux savantes mais austères considérations de l’ami Rudolf!

La chanson est signée Stephan Eicher et Martin Suter. Nous vous invitons à l’écouter pour commencer, puis à la lire. Il s’agit d’un duo interprété par l’hambourgeoise bohémienne de coeur Annette Louisan et le Yénische cosmopolite des Alpes helvétiques Stephan Eicher. Le duo alterne des passages en allemand et en suisse allemand. Votre tâche consiste à traduire les passages en allemand, mais nous vous encourageons à essayer – à titre facultatif, bien sûr – de deviner ce qui est dit dans les passages en suisse allemand.

L’humour est celui de Loriot, qui est un peu à l’Allemagne ce que Jacques Tati est à la France. Si son nom ne vous dit rien, vous lirez avec profit la brève biographie que voici (dépêche AFP à l’occasion du décès de Loriot en 2011):
«Le pape allemand de l'humour, le dessinateur, auteur et acteur Vicco von Bülow, plus connu sous le nom de "Loriot", est mort à l'âge de 87 ans, a annoncé sa maison d'édition."Je déplore la mort de ce grand artiste et de cet homme formidable qu'était Vicco von Bülow que nous aimions sous le nom de Loriot", a déclaré la chancelière allemande, Angela Merkel, dans un communiqué. "Observateur plein de finesse des choses de la vie et humoriste profond, Loriot était depuis longtemps devenu un classique", a-t-elle dit, ajoutant: "son oeuvre fera rire encore longtemps les jeunes et les moins jeunes, tout en permettant de mieux cerner ce qu'est l'âme, l'essence des Allemands". "Le miroir plein d'amour qu'il nous tendait va nous manquer", conclut la chancelière.
A mi-chemin entre le Monsieur Hulot de Jacques Tati et Charlie Chaplin, Loriot s'attaquait, à travers ses sketches aux répliques caustiques aux clichés quotidiens de la vie moderne de l'Allemagne d'après-guerre, seul en gentleman dans un monde devenu fou. La vie de couple, les femmes, les hommes, les animaux faisaient partie des thèmes de prédilection du comédien comme dans "l'oeuf à la coque", où un couple se dispute au petit-déjeuner sur la durée de cuisson de l’oeuf. Né en 1923 à Brandebourg (est) d'un père officier dans l'armée prussienne, Loriot, s'était choisi comme pseudonyme le nom français de l'oiseau figurant sur l'armoirie de sa famille. Il était également dessinateur, ses recueils de proses et de dessins humoristiques aux personnages à gros nez se vendant à plusieurs millions d’exemplaires. Au cinéma, en tant qu'acteur et réalisateur, il avait tourné "Oedipussi" ou l'histoire d'un homme animé d'un attachement malsain à sa mère, et "Pappa ante Portas".»

Pour ce deuxième exercice, le mode de validation est plus léger. Nous vous invitons à visionner les quatre saynètes ci-dessous:
pneumatische Plastologie
Der Hasenbrüter
"Szenen einer Ehe"
Fernseher kaputt

La tâche consiste à choisir la saynète que vous préférez, expliquer votre préférence et sélectionner deux mots nouveaux pour vous, dont vous chercherez la signification.

Le cinéma est aussi de la partie avec un chef d’oeuvre du muet:
Menschen am Sonntag (1930),

Oubliez la validation pour ce troisième exercice.
La tâche, si toutefois c’en est une, consiste à regarder le film avec ses (rares) cartons en allemand, et à se laisser porter par cette histoire, si toutefois c’en est une. Menschen am Sontag n’est pas aussi célèbre que les autres grandes oeuvres du cinéma muet allemand (Faust, Das Cabinet des Dr Caligari, Der blaue Engel, Metropolis, etc.), mais il n’a rien à leur envier ni sur la forme ni sur le fond. Considéré comme l’ancêtre à la fois du néoréalisme italien et de la Nouvelle Vague française, Menschen am Sontag semble d’un autre temps que le sien (un peu comme ces meubles du Bauhaus qu’on croirait sortis tout droit des années 1960). Au générique, on trouve, entre autres, Robert Siodmak à la mise en scène et Billy Wilder au scénario (avant leur exil aux États-Unis).

Cartographie

Géoconfluences dévoile les nouvelles règles de la cartographie qui seront mises en place progressivement. Plus d'échelle, plus d'orientation. C'est sans doute l'influence du téléphone portable.
On dirait les règles de la nouvelle traduction de la bibliothèque rose. C'est navrant mais c'est joli.


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