Je me suis très couchée tard. Et une fois au lit, catastrophe: musique que je qualifierais de techno — par simplification. Il est une heure du matin, je me dis qu'il est inutile que je me dérange, que quelqu'un dans l'immeuble va râler. Je mets deux boules quiès. Chaque fois que je me réveille le bruit est là, permanent. Je dors très mal, pas seulement à cause de la musique, mais parce que l'air est desséché, me dessèche et que j'ai chaud et froid alternativement.
Vers six heures le bruit a disparu. Je prends un ibuprofène et dors encore deux heures.

Quelques indications d'orientation (pour l'année prochaine ou dans deux ans, quand je ne me souviendrai de rien): les télésièges Plein Sud, 3 vallées VT 5 vers le col de la Chambre permettent de passer du côté de Méribel. Au pied du télécabine Mont Vallon je fais demi-tour car la piste rouge a été reclassée en noire et un message décourage les skieurs "intermédiaires"; télésièges Plan des mains, Bouquetins. Je descends la piste rouge Alouette, je prends le nouveau téléphérique Côte brune. Je suis avec un moniteur de ski qui explique à ses élèves que les travaux ne peuvent avoir lieu que pendant un court intervalle l'été: «il peut y avoir de la neige jusque mi-juillet et elle recommence à tomber en septembre». Mentalement j'imagine les contrôles auxquels sont soumis tous ces pylônes.

La ligne des montagne est magnifique mais peu la regardent. Smartphones, carte des piste, discussions entre amis… Peu lèvent le nez.
Je descends Pluviomètre une ou deux fois, j'emprunte des pistes rouges. Je prends de l'assurance, je vais plus vite. En fait tout est plus facile quand on va plus vite. Simplement, si on tombe, on se fait plus mal. Téléphériques Bruyères 1 avec quatre jeunes gens hautement puants. L'un d'entre eux raconte ses hauts faits, du genre un resto-baskets au Liban de plusieurs centaines d'euros, des jets de pierre sur des voitures parce qu'il était bourré. Mais comment peut-on se vanter de ça? Il me fait penser à la réputation des étudiants de l'INSEAD à Fontainebleau. Les quatre font des projets pour les années suivantes, parlent budget. «Le problème, c'est de réserver à l'avance et qu'il fasse mauvais». Ben oui ma cocotte, c'est ça, les sports de plein air, ça dépend de la météo.

Je casse-croûte à nouveau au col de la Chambre puis je repars sur la vallée de Val Thorens pour l'après-midi afin de limiter le risque de ne pas rentrer à temps.
Mon problème principal est que je ne retiens pas à quelles pistes mènent quel téléphérique ou télésiège. Péclet et Lac blanc permettent des rouges intéressantes. Désormais je m'exerce à dépasser certains skieurs, je fais la course sans qu'eux le sachent.
En prenant Pionniers ou Plein Sud, je rentre au studio par les pistes. L'un des deux doit être ma dernière remontée de la journée.
Au pied de ces télésièges, surprise: contrôle des sacs, arrêté préfectoral, interdiction d'avoir de l'alcool. Les cabines de ces remonte-pentes survolent le bar «La folie douce». Musique à fond et jeunesse surexcitée. Je me demande comment ils redescendent à ski en étant bourrés.

Recherche vaine de bain moussant. Les rayons de la supérette sont remplis de groupes d'Allemands et de Hollandais qui achètent de l'eau et de la bière.

Sans doute à cause des jeunes filles splendides que j'ai vu se brosser les cheveux hier à 2800 mètres pendant leur pause-déjeuner (une brosse à cheveux: mais bien sûr, indispensable dans le sac à dos pour une journée de ski), je me lave les cheveux avant d'aller au restaurant. Je regrette de ne pas avoir pris de maquillage, je n'avais pas anticipé que ma cicatrice sur la lèvre supérieure serait si voyante, rouge cerise. En fait je ne comprends que maintement que c'est une cicatrice ordinaire, comme une cicatrice sur le genou: elle va mettre des mois à disparaître.

Une heure de visio pour un point sur les municipales.

Faux-filet, tarte aux myrtilles. Je rentre, le studio est silencieux. Serait-il possible qu'il n'y ait pas de musique ce soir? Nous sommes lundi, les boîtes de nuit seraient-elles ouvertes?