Départ vers onze heures. Nous projeton d'arriver à Prague demain soir, soit en deux jours au lieu de trois. Le haut-Kœnigsberg ou la maison de Hermann Hesse, ce sera pour une autre fois.

Meuse, Meurthe-et-Moselle, Moselle. Moissons, plus tardive qu'en Seine-et-Marne. Jamais vu autant de tracteurs sur les routes.
Pont-à-Mousson, Comercy. Achat de madeleines à la boutique. Des produits Saint-Michel sur les rayons. J'interroge la jeune vendeuse:
— Vous avez un partenariat avec la maison Saint-Michel?
Elle pâlit: — Ils nous ont rachetés il y a quelques années.
Zut. Quel manque de tact. Je tente de la réconforter: — Pardonnez-moi d'avoir retourné le couteau dans la plaie. Ça apporte peut-être de la solidité à la marque, ça vous permet de mieux résister.
— Oui, mais on ne sait pas combien de temps nous pourrons garder notre nom.

Sieste de vingt minutes derrière le château. Eoliennes, panneaux solaires.
— Quand il fait trop chaud, elles ne tournent pas. Et tu connais la meilleure?
— Nos panneaux solaires ne sont pas adaptés aux fortes chaleurs. Il y a des classes (des ranges). En France, il faut plutôt qu'ils résistent au gel, il n'est pas prévu que ça atteigne 40 degrés l'été. Donc les panneaux sont moins efficaces quand il fait très chaud. Moins d'énergie solaire, moins d'énergie éolienne, une demande accrue de climatisation, qu'est-ce qu'on a fait?
— ??
— On a rallumé les centrales à gaz.

L'ambiance est morose. Trop de kilomètres sans s'arrêter; je sais depuis mon voyage avec O. que ce n'est pas une bonne idée, on finit par se disputer. Je mets un podcast sur Gerschwin, décevant car avec peu d'extraits musicaux (problème de droits?). Nous roulons vers Weikersheim, dans le but de visiter les jardins demain à la première heure. Goûter à Kaiserslautern, dans un pub qui sert de la Guinness, ô désespoir, puisque je m'abstiens d'en boire pour pouvoir conduire. Notre arrivée fait sensation, visiblement on n'y voit pas souvent un touriste. La serveuse est très jolie. Etonnement: les clients fument à l'intérieur du pub. Nous voyons le début du match Egypte-Argentine. Clairement, les Allemands en pincent pour l'Egypte.

J'ai choisi sur un critère étrange («tu ne prends pas un truc trop confidentiel car il faut qu'ils me mettent ma piqûre (NB: pour le diabète) au frigo») un hôtel à Aspach.
En fait c'est un véritable complexe hôtelier perdu au milieu de nulle part, en forme de monstrueux chalet en bois (et dépendances), kitchissime à souhait.

photo de famille. Propriétaire de l'hôtel Sonnehoff à Aspach
Photo de famille des propriétaires


Une boutique remplie d'horreurs est consacrée à Andrea Berg, illustre inconnue — la seconde chanteuse allemande la plus connue, nous apprend Wikipedia. Elle fera ici trois concerts du 17 au 19 juillet.

affiche murale Andrea Berg à l'hôtel Sonnenhof