Billets qui ont 'carte' comme mot-clé.

Cartographie

Géoconfluences dévoile les nouvelles règles de la cartographie qui seront mises en place progressivement. Plus d'échelle, plus d'orientation. C'est sans doute l'influence du téléphone portable.
On dirait les règles de la nouvelle traduction de la bibliothèque rose. C'est navrant mais c'est joli.


Quelques liens à ne pas perdre

Avec toujours le risque (voire la certitude) qu'ils vont se briser :

Des photos d'arbres en noir et blanc: Pierre Pellegrini

Une chanson de Noël finlandaise: l'engraissement du cochon et sa mort. Chanson enfantine, succès populaire. (ôÔ)

Une recette de sablés au gingembre et chocolat (origine: la sécurité sociale (le service diabétique de je ne sais plus quel hôpital).

Le récit d'un prof schizophrène. Très impressionnant. Vivre un film d'horreur exactement comme un film d'horreur: en sachant que tout est faux mais en ayant peur quand même.

L'atlas de Sciences-Po en ligne.

Un Gorafi / the Onion nihiliste.

2018, l'année de la déliquescence

2017 avait été l'année de la folie (au sens psychiatrique du terme).
Cette année est celle de l'effritement.

Déménagement de la Défense à Nanterre préfecture, (fin de l'aviron facile), instalation en open-space, GC a perdu pied jusqu'à nouvel ordre, dissertation non rendue en juin, diplôme raté de A. et inscription obligatoire à la CNOV, grève officielle du RER D d'avril à juin mais en réalité ça n'a plus jamais fonctionné normalement (normalement: être à l'heure au moins trois fois sur quatre), des amis qui défendent les zadistes (??!!), pas de RER A cet été, Vincent qui me claque dans les doigts à propos de la course des dames, les émeutes de fin d'année.

Le seul point de lumière aura été les 50 ans de mariage de mes parents : un temps magnifique et des gens heureux d'être là. Je me félicite de l'avoir organisé, heureusement que je l'ai organisé.

Je ne suis pas optimiste pour 2019.




Notons par ailleurs, pour mémoire et sans aucun rapport, pour ne pas perdre cette précieuse référence, ce diagramme destiné à permettre de dater une carte (après une discussion sur le thème "mon diplôme n'existe plus (DEA, DESS), mon école a changé de nom, je viens d'une ville qui n'existe plus dans un pays qui n'existe plus").




ajout le 16 janvier 2019
Count your blessings : 2018 est l'année où j'aurais compris qui je suis (je veux dire : ni un clône de mon père taciturne, ni de ma mère angoissée). Ça m'a libérée au niveau ambition professionnelle. J'espère juste que cela n'arrive pas trop tard.

Enquête

Les questions sont ici.

1/ Je suppose que oui, sans vraiment le savoir, puisque j'ai un téléphone portabe: plan de Paris, kilométrage à l'aviron, cela doit se faire à partir d'un GPS. Mais pour les "vrais" trajets en voiture, je préfère les cartes. Elles donnent une vue générale, elles donnent des envies, des idées, des possiblités de détours, d'échappées.

2/ Enormément. Où, quand, arrêtez-vous l'enfance? Je vais citer celui que je connais quasiment par cœur, et dont beaucoup de bribes me remontent en diverses occasions quotidiennes: Les lettres de mon moulin de Daudet.

3/ En Grèce, toujours (je dis "toujours", car j'ai l'impression de répondre souvent "en Grèce", ou "la Grèce"). Donc en juillet (à moins de compter l'aviron sur la Seine comme "bain de soleil": dans ce cas en octobre ou novembre à La Défense!)

4/ Tout le temps. Peut-être un peu moins qu'avant, j'essaie d'obéir à mes alertes intérieures. Mais il y a "je ne devrais pas" et "je ne devrais pas": il y a ceux qui correspondent à des entêtements et de l'obstination et qui sont de la bêtise (et on ne devrait pas!), et il y a ceux qui correspondent à des ruptures des conventions, qui sont plutôt "ça ne se fait pas": et là, il faut le faire!

5/ Oui, en particulier quand j'ai mal à la gorge.

6/ Oui. D'une part ils permettent d'obtenir un résultat tangible et durable, quelque chose "qui se voit" et "qui reste" (contrairement à la cuisine), d'autre part ils sont une façon d'user le temps, le chagrin et d'acquérir une sorte de sagesse. Par exemple, lorsque nous (Hervé ou moi) sommes en train de faire un travail intellectuel et que nous y découvrons une imperfection sans avoir le courage de tout reprendre pour que ce soit parfait, je rappelle cette leçon du tricot: quand le pull est fini, celui qui l'a tricoté ne voit plus que le défaut, et il est condamné à ne voir que le défaut aussi longtemps que le pull sera porté. Cela vaut la peine de détricoter et retricoter pour la paix de son esprit.

7/ Oui. Comment faire autrement quand on a des animaux? «Trois chiens pour un cheval, trois chevaux pour un homme.» (Je pense que ce n'est plus valable.)
Il y a une mort de cheval particulièrement atroce que je n'ai jamais racontée (un cheval de club, je n'ai jamais eu de cheval en propre).

8/ Non, je ne m'y sens pas bien. Souvent trop de vent, trop froid, mal assise, trop de bruit. J'aime les cafés, les bibliothèques.

9/ Enfant, chez la marraine de ma mère. Plus tard, jeune mère, en "sortant" les enfants au parc l'après-midi. Je ne peux pas croiser des parents poussant des poussettes dans les parcs dans frissonner d'horreur au souvenir de cet ennui mortel. Et tout ça pourquoi? Parce qu'on (mais qui, "on"?) nous avait convaincu qu'il fallait sortir les enfants. Alors qu'en réalité, ils s'en moquent, ils grandiront de toute façon.

10/ Je ne sais pas. J'essaie de faire simple. Dans ce domaine, ma vie professionnelle m'a aidée. J'ai eu des chefs remarquables de ce point de vue.

Recherches sur la Palestine et ses environs

La lecture de Clarel de Melville (le déchiffrage patient, plutôt) m'amène à me constituer une bibliothèque de liens (je n'arrive pas à déterminer ce que peut être "the Urn" du Christ: urne, tombeau, châsse? Autel? Pas de photo, tombeau doit être le plus probable. Comme toujours, j'utilise beaucoup Google Images).

des photos de Jérusalem
le tombeau du Christ à 360°
l'oasis de Ferian (blog très intéressant, dommage que je ne lise pas l'italien
(prière musulmane devant la cathédrale de Milan)
des nuances de vert
un lexique d'hébreu pour identifer certains lieux
ou encore des cartes (à noter les précisions sur les températures du jour: il ne fait pas si chaud!)

Québec, Afrique, bande dessinée, latin, quatrains : quelques blogs.

Embruns suit les événements au Québec.

Ici, des nouvelles du monde avec analyses et cartes (voir la montée de l'extrême-droite en Europe).

Plus gai, des nouvelles de la bande dessinée (enfin, deux morts récents, tout de même (Moebius et Sendak)) et plus largement de livres aimés.

Un blog pour —apprendre? — réviser? le latin ou tout simplement lire des traductions d'Horace.

Enfin, un quatrain quotidien donnant une forme fixe à l'air du temps («contrainte molle dure à tenir», l'esprit du blog est donné).




Encore plus tard:
Et un peu d'études de jeux video via Very Serious Geek

Circularité

Parce que Venise est une île, nous nous imaginons pouvoir la saisir, la contrôler. Nous sommes convaincus, peut-être inconsciemment, qu'il est possible d'en connaître toutes les rues, tous les passages. Nous ne devrions pas nous perdre sur une île si petite.
Et nous nous perdons.
La clé de Venise, quand on est piéton, ce sont les ponts.
Il faudrait connaître tous les ponts.
Venise est élastique, parfois certains chemins s'ouvrent, on découvre comment descendre de San giovanni e Paolo au quai dei Schiavoni par un chemin comme une coupure dans un flanc, d'autres fois on erre pendant des heures, à la recherche d'un point de repère qui se trouve sans doute dans un autre quartier de la ville.
Toutes les cartes sont fausses car elles sont toutes simplifiées.
Peut-être existe-t-il une carte exacte des canaux?
Le plus utile serait une boussole. Seule certitude: rive droite ou rive gauche du grand canal.
Le plus jeune cherchait les numéros un des sestiere. J'ai oublié de lui demander s'il en avait trouvé.
Je faisais la collection des "Calle della Madonna": j'en ai trouvé trois, ou quatre.
Parfois, étrangement, un quartier, une place, se fait amical. Je crois que nous avons sympathisé avec la place San Zacharia.

De fondamenta nuove à Giovanni e Paolo

Tandis que j'explore un rayonnage, une dame entre un peu affolée dans la librairie française près de San Giovanni e Paolo.
— Ah, j'ai eu du mal à vous trouver! Vous auriez un plan de Venise?
Le libraire lui en tend un :
— Tenez, c'est le meilleur.
— Ah merci, je suis fatiguée de me perdre.
Et j'entends H. intervenir sans réfléchir :
— De toute façon, vous vous perdrez quand même.

A priori, il existe quelques études sur les cartes du Palais des Doges, épuisées, mais les titres étant en italien, il va me falloir un peu de dextérité pour les trouver.


En cherchant à revenir dans l'église jésuite près de Fondamenta nuove, à quelques rues de la maison du Titien, nous sommes passés devant la vitrine d'un imprimeur exposant divers ex-libris, dont un chat au-dessus du nom de Joseph Brodsky. Je n'aurais sans doute pas osé entrer, mais H. a poussé la porte.
Cet imprimeur est francophile, et je pense qu'on doit pouvoir passer une après-midi chez lui à écouter ses histoires (il est très bavard), qui sont un peu plus que des anecdotes: il a pratiqué l'imprimerie auprès des pères arméniens sur leur île (l'imprimerie n'existe plus, je n'ai pas compris si le monastère était fermé ou pas).
Au grand ravissement d'H., il possède des jeux entiers de caractères en plomb et des plaques de marbre (et non en cuivre) pour imprimer de véritables lithographies. Je n'ai pas compris s'il possédait les caractères ayant servi à imprimer l'original de Pinocchio ou si l'original avait été imprimé là-même.
Il reçoit des commandes du monde entier et a l'air connu. Son échoppe est minuscule. Son fils se tait, je me demande s'il poursuivra l'œuvre avec le même enthousiasme que son père.

J'ai posé la question: il a été l'imprimeur de Joseph Brodsky, et il nous a montré une édition en russe de l'un de ses livres. Le chat de l'ex-libris avait été dessiné par Brodsky lui-même.

Gianni Basso, Fondamenta nove. Calle del fumo, 5301.

jeudi

Venise. Brume, pluie, pas désagréable. Je termine Les balades de Corto Maltese, mais j'en ai lu tant de passages dans le désordre que j'ai réussi à me perdre dans le livre avant de me perdre dans la ville. Les lignes de vaporettos (i?) traversant l'arsenal semblent fermées.
Longuement feuilleté Isolate abbandonnate della laguna venizia, illustré de photos noir et blanc de superbes bâtiments en ruine. Pas d'électricité (je suppose), pas d'eau courante, qui aurait le courage de relever ces murs aujourd'hui?

Question: existe-t-il un livre (même en italien) sur les immenses cartes décorant l'une des salles du palais des doges?

Samedi

Ange sur portail noir graffité à l'angle de la rue des Prés et de la rue du Moulinet.





Un magasin consacré au tennis de table 6 rue du Moulinet, quelque chose de l'antre de M. Ollivander. Dans une niche, deux ampoules rouges illuminent un bouddha. Epaisseur de plaques en dixièmes de millimètre, stockage d'énergie, «vous tapez un peu fort ou tout le temps fort?», j'écoute en me disant que celui qui ne sait pas décrire ce qu'il ressent et ce qu'il cherche ne peut pas jouer au ping-pong.

Un thé à la mosquée, je traîne H. jusque devant le château du jardin des Plantes pour qu'il voit carte géologique : «Oh, la carte BRGM! C'est la première que nous ayons faite sur Dry! Il faut vingt-sept vraies couleurs ''(NDB: au lieu de la quadichromie habituelle)'' pour l'imprimer et du papier très épais, ça coûte une fortune...» (etc).

Gare de Lyon, nous récupérons C., je les abandonne pour un Vélib et remonte jusqu'à Ménilmontant. Il fait très beau, je fais quelques détours pour privilégier les petites rues, la jeune fille à qui je demande où se trouve le parking de vélib le plus proche de Notre-Dame de la Croix me l'indique en me précisant que je ne dois pas prendre le chemin le plus court car la rue, piétonne et en travaux, est en sens interdit. Je ravale une réponse ironique et remercie.

Barbecue de blogueurs. Je n'en connais pas beaucoup. Enclave tranquille. Enfants. Soleil. Bouteilles. Discussions à bâtons rompus sur tout et n'importe quoi, surtout n'importe quoi.
(Note après réflexion à l'intention de Virginie (si elle parvient jusqu'ici) qui s'exclama rieuse en apprenant l'un de mes pseudos (alors que nous étions parvenues à la conclusion que mon blog "manqu[ait] de chair"): «mais tu es très sexe, alors!» (non-sic, mais à peu près): la chair est dans les commentaires, chez les autres: c'est plus caché, donc plus facile.)
J'ai perdu la notion du temps. Il fait de plus en plus froid.
Je comprends pourquoi en arrivant devant la gare de Lyon: il est 4h20. Je prends le dernier car avant la reprise du trafic du RER.

Je rentre de la gare à pied. Le soleil se lève, il fait tout à fait jour quand j'arrive chez moi. Il est six heures passées quand je me couche.

Des millions d'années entre les arbres

Vendredi soir, en traversant le jardin des Plantes pour rejoindre la gare de Lyon, j'ai découvert une gigantesque carte géologique de la France recouvrant la façade du museum d'histoire naturelle. Elle est également représentée au sol, en matière stratifiée, on peut marcher dessus (elle doit faire dix ou douze mètres de côté).

Le tronc des marronniers (sont-ce des marronniers? Je crois que oui (je ne me souviens plus très bien)) de l'allée qui mène du museum à l'entrée près de la gare d'Austerlitz a été ceint d'une large affiche plastifiée vert pomme avec un gros nombre blanc: les millions d'années de la vie de la terre. D'arbre en arbre je remonte le temps, je ne connais pas l'échelle, elle doit être expliquée à l'extrêmité de l'allée, mais je n'ai ni le courage ni le temps d'y retourner. Reproduction sexuée et sa conséquence, la mort (150 millions d'années? Je ne sais plus), apparition de l'oxygène qui tue les organismes vivants, apparition des premières bactéries, apparition/solidification de la terre tout au bout de l'allée, devant la Seine.

C'est une très longue allée.
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