Alice du fromage

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lundi 31 août 2009

Constellation

Ce qui est étonnant quand j'écoute Paul parler, ce sont les mondes qu'il fait naître, qu'il a côtoyés. Sa grand-mère paternelle avait une sœur qui a eu un fils, Gaston Fessard, qui est donc un petit-cousin. Son père avait deux frères. L'un d'entre eux, qui avait réussi langues-O mais abandonna la carrière sous la pression de ses beaux-parents, écrivit un peu, dont quelques articles à la NRF. Il fréquentait Gide.

Paul a été au collège avec Roland de la Poype, héros de Normandie-Niémen, et avec Jean Lefeuvre, l'un des artisants principaux du dictionnaire dit Le grand Ricci .
Le frère aîné de Paul entra dans la résistance aux côtés du père Michel Riquet, qui fut déporté à Buchenwald avec Marcel Paul. Plus tard, celui-ci devenu ministre fit verser au père de Paul, liquoriste, une allocation d'alcool pur en pleine période de rationnement, sur la recommandation du père Riquet [1].

Paul travailla à la première classification des vins (les Bordeaux AOC) plus ou moins sous les ordres de Claude Mauriac. L'une de ses belles-sœurs fut la secrétaire de de Gaulle, et c'est sans doute grâce à elle qu'il fut l'ami du médecin de Malraux.

Son beau-père habitait à Ville d'Avray la maison mitoyenne de celle de Jean Rostand. Il était professeur de littérature à Condorcet. Il eut pour élève Obaldia (et Paul se souvient d'Obaldia dans la salle à manger) et Jacques Laurent, qui bien plus tard emmenait son professeur devenu vieux revoir la cathédrale de Chartres, pour laquelle il avait une passion.

En dix ans de déjeuners hebdomadaires j'ai vu ainsi défiler des noms que je prends aujourd'hui la peine de noter. Je n'en reviens pas de tant de convergences (ou plutôt de tangentes, car Paul n'a jamais que côtoyé sans appartenir) autour de son seul nom.

Notes

[1] Je prends conscience qu'il y eut une fraternité entre les "revenus des camps" comme il y en eut une des tranchées: fraternité qui explique des courants souterrains débordant les classiques clivages politiques.

Abiblie

Partie trop vite, partie sans livre.

Acheté les sirènes de Bagdad de Yasmina Khadra dans un relais H, suite à des commentaires lus chez un ami FB.

A midi, Paul m'a apporté L'anthropologie sociale du Père Gaston Fessard de Frédéric Louzeau. Je ne lui ai pas dit — mais c'est peut-être pour cela qu'il me l'a apporté —, mais je ne lui rendrai sans doute pas.

Capoue

Je regarde les fines bretelles des robes et la peau nue et le bronzage et l'oisiveté et le soleil dévoilés.

Et je souris: quelle époque bénie de vacances et de lézardage, pourvou que ça doure, regarde de tous tes yeux regarde.

Ça ne durera pas.

dimanche 30 août 2009

Exploit

— Être inefficace à ce point-là, ça relève de l'effort !

samedi 29 août 2009

Bricolage

Après-midi au jardin, les chattes sont contentes.
Mal à la tête, vapeurs de lasure.

Kung Fu, l'épisode avec Jodie Foster.

vendredi 28 août 2009

Les mains sales

L'année dernière, j'avais ri en voyant arriver l'annonce d'une journée nationale pour l'hygiène des mains . Cela m'avait paru grotesque à côté dela journée sans tabac, journée sans voiture, journée de la femme et un peu découragée par l'absurdité du monde, je n'en avais pas parlé.
J'avais pensé à ma tante vétérinaire nous expliquant que nous étions en train de perdre ce qui nous avait fait faire tant de progrès au début du siècle: la propreté. Selon elle, si les maladies, la mortalité à la naissance, avaient tant reculé, c'était dû au moins pour moitié à des gestes simples: lavage des mains et désinfection des instruments médicaux.

Durant l'été, j'ai vu apparaître les affiches à placarder dans les entreprises.
Finalement, c'était prophétique.

Grâce au blog de Charlotte, je rajoute un tableau de Linnea Strid :


jeudi 27 août 2009

Péchés ici et là grâce à des contacts FB et twitter.

Je ne sais plus quoi écrire. J'ai changé d'ordinateur (pour un plus beau, plus grand, plus puissant), et je n'arrive plus à rapatrier mes photos de téléphone, ça me déprime et je ne sais plus quoi écrire.

Une descente de lit en peau de femme (j'ai mis un moment à comprendre) ;
des ponts ;
des maisons pour rêver (pas bien compris ce qu'était tumblr, il faudrait en ouvrir un pour essayer. Une sorte de twitpix en mieux?) ;
un peu de sexe ;
les égoûts de Moscou ;
et une bonne explication de twitter, courte et en français.

mercredi 26 août 2009

Rire

Rops propose un frontispice à Louÿs pour sa revue, Louÿs s'en ouvre à Gide qui répond :

Accepte, mon ami; il faut toujours accepter.
Mes préceptes sur cela sont évangéliques: quand on vous remplit une main, il faut tendre l'autre.

Correspondances à trois voix - Gide, Louÿs, Valéry, 3 juin 1891

Voilà longtemps que je suis instinctivement ce précepte. Un ami me disait l'autre jour, au bout d'une journée passée avec moi: «Tu es une femme qui coûte cher!»
(J'ai un peu honte, mais pas beaucoup.)

lundi 24 août 2009

Le fils de Léa

Du côté de ma grand-mère maternelle, les femmes paraissent indestructibles. Presque centenaire, mon arrière-grand-mère, dont j'ai un souvenir vague, est réputée avoir encore braconné sur les terres du château de M*** la veille de sa mort.

Ma grand-mère a quatre-vingt-treize ans. Elle s'ennuie, elle se plaint, elle supporte mal l'inactivité à laquelle la contraignent ses forces déclinantes et ses filles liguées "pour qu'il ne lui arrive rien". (Mais si l'on s'insurge devant cette tyrannie, ma tante Jacqueline répond: «Et s'il lui arrive quelque chose, qui s'en occupera?» Alors lâchement, nous nous taisons.)
Ma grand-mère s'ennuie, elle devient sourde, elle aimerait que cela s'arrête, c'est long, elle s'ennuie.
Ma grand-mère va bien, aussi bien que je nous souhaite à tous d'aller à cet âge, et même aujourd'hui.

Sa sœur Léa va un peu moins bien. Elle a fêté ses quatre-vingt-dix-neuf ans fin juillet. Elle peine à marcher, elle est en maison de retraite où elle décida un beau jour de se retirer, sans raison précise. A l'époque elle était parfaitement autonome.
Mais si ses jambes la trahissent, elle a gardé sa tête et son entêtement. Ma tante Jacqueline soupire: «On va aller lui souhaiter son anniversaire, elle va encore nous dire des méchancetés sur tout le monde. D'ailleurs les autres se plaignent, il y a une femme qui ma dit que Léa voulait tout le temps jouer à la belote, et qu'une fois en place, elle refusait de laisser jouer les autres, qu'elle ne voulait pas tourner.»
Ça me fait rire, ça ne me paraît pas bien méchant et plutôt drôle.
D'un autre côté je ne vis pas avec elle.

Mon premier souvenir net de Léa remonte à 1996, je l'avais vue aux quatre-vingts ans de ma grand-mère. Elle était veuve depuis de longues années. Elle parlait tout le temps du «gosse», ce qui m'avait paru étrange. Renseignement pris (discrètement dans la famille), il s'agissait de son fils, un bon à rien (sic), qui après avoir coulé son épicerie (sic), vivait chez sa mère.
«Mais il a quel âge?»
Le gosse avait soixante ans.

La semaine dernière un mail m'attendait. «Le gosse» s'était suicidé.



(Et je relis ses lignes en me demandant si je fais du sensationalisme. Sur le coup j'étais très en colère contre ce cousin: quel imbécile, qu'allions-nous dire à sa mère? (Crise cardiaque, a décidé le psychologue de la maison de retraite.)
Maintenant, je me dis que qu'il a sans doute passé une vie entière à se faire traiter de bon à rien. Que s'est-il passé pour qu'il décide que cela devait cesser? Est-ce que je m'écris un roman?)

samedi 22 août 2009

Numéro 9 de Shane Acker

Pas compris l'intérêt ou l'utilité de ce film.

On y trouve des morceaux d' Edward aux mains d'argent, de Terminator, des Eaux de Mortelune (l'esthétique de l'architecture), sans doute de Transformers et même les horcruxes d'Harry Potter. Un patchwork de contes contemporains, naïf, sans prétention.
Mais ça tourne à vide.

Finalement, ce que j'ai aimé, ce sont les variations des étoffes d'une poupée à l'autre, la magnifique façon dont le fil et la trame se resserrent autour de la bouche jusqu'à paraître de l'osier tressé, la façon dont le maillage bouge lors d'un froncement de sourcils...

vendredi 21 août 2009

Pensées éparses

- Pfiuu. Quelques photos et un grand coup de nostalgie.

- J'ai repris le manuel d'allemand de cinquième de mon père, imprimé en 1955. J'aime bien le promener, le "sortir". Je le lis comme un roman, en tournant les pages. Ce n'est pas comme ça que je vais retrouver des réflexes.

- Cet après-midi j'ai cherché sur Googlemaps l'emplacement de l'ancienne ferme de mes grands-parents. Stupéfaction d'apercevoir une piscine derrière la ferme. L'honnête ferme devenue lieu de plaisir... Oh, je n'aurais jamais dû regarder (Loth ou Orphée? Qu'importe, l'enseignement est le même, je le sais, pourtant).

- Je pense à l'église d'Auvers-sur-Oise. Tout à fait mon genre.

mercredi 19 août 2009

Les grues et la puissance de Dieu

Il me semble parfois que les grues répondent à la question: «Dieu peut-il créer une pierre si lourde qu'il ne puisse la porter?»

Peut-on bâtir un édifice si haut (pont de Millau, tours de Dubaï ou de Shangaï) si haut qu'on ne puisse utiliser de grue?

Ici, la tour Axa à la Défense dans le soleil levant.

mardi 18 août 2009

Potager

Il y a quelques jours, j'ai remarqué un potager en contrebas de la tour Gan eurocoutage.
Un homme fait pousser des tomates et des courgettes au-dessus du boulevard circulaire, en dessous de la passerelle, entre les bouches d'aération du parking.


Vue d'ensemble : en bas le boulevard circulaire, le triangle flou en bas à gauche est la balustrade de la passerelle, les tomates sont au pied de l'arbre.



Vue de plus près (Photo de téléphone : les tâches rouges sont les tomates, les jaunes des fleurs de courgettes.):

lundi 17 août 2009

Paradis perdu

L'Hacienda était un hôtel construit sur le principe de bungalows blancs éparpillés parmi les orangers sur une vaste étendue de pelouse (du kikuyu, sorte de gazon rampant dont les feuilles coupées par les tondeuses devenaient tranchantes et nous entaillaient de minuscules coupures quand nous jouions, en maillot de bain, à dévaler les pentes étendus de tous notre long en roulant comme des tonneaux).

Les orangers côtoyaient les trois ou quatre courts de tennis et la piscine, près des bougainvilliers. De l'autre côté de la route se tenait "le ranch" — le club hippique.

Pendant les sept ans que j'ai passés à Agadir, nous ne sommes presque jamais allés au bord de la mer. Nous allions à l'Hacienda, le soir après la classe, le week-end, durant les vacances scolaires... La "fatime" s'occupait de tout à la maison (sauf le dimanche).

Ce week-end, ma mère a reconnu sans y penser: «Pendant sept ans, je me suis dit que je vivais au paradis.»
Voilà qui est nouveau, elle a toujours soutenu que j'idéalisais mes souvenirs.

dimanche 16 août 2009

Informations minuscules

Ma mère revient de promener le chien une fleur en forme de parasol duveteux et rose à la main: de la marjolaine sauvage. Son autre nom est l'origan. C'est moins joli et lui convient moins.

Van Gogh aimait beaucoup le cerdon, vin pétillant que je ne pensais connu que des habitants du Bugey. Eh bien pas du tout, une auberge d'Auvers-sur-Oise achète même la totalité de sa production à un viticulteur du cru.

samedi 15 août 2009

Des nouvelles de Blois

Messe de l'Assomption à la cathédrale Saint-Louis. Rues doucement chaudes dans le soleil qui décline, rues grises et bleues et vides, silence.

Je passe ensuite à la basilique Sainte-Marie de la Trinité. Je découvre avec stupeur que le terrain de l'ancienne caserne a été loti, que des sortes d'immeubles bas, ou grandes maisons, sont en voie d'achèvement au ras du magnifique bâtiment principal (cela aurait donc était un si grand manque à gagner que d'épargner une bande de terrain supplémentaire de cinquante mètres de large?); certains logements sont déjà occupés.

Avis aux moins jeunes de mes lecteurs: il leur est désormais possible d'habiter sur les lieux qui connurent leur "trois jours".

Au-delà du bien et du mal de Liliana Cavani

Le cinéma Accatone s'est fait une spécialité de ces biographies étranges. Je suis sortie de celle-là perplexe, incapable d'estimer la part romancée du scénario (Il s'agit du ménage à trois Nietzsche, Rée, Salomé).

Le film est interdit au moins de seize ans, sans doute à cause de ses scènes frôlant la pornographie homosexuelle. Le tout est violent, excessif, à mon sens inutilement grandiloquent. Ce n'est pas un film "documentaire", c'est un film dans la lignée des Damnés de Visconti.

Lou Andréa Salomé veut être présentée comme une femme libre, mais pour ma part j'appellerais cela une allumeuse (est-ce un jugement moralisateur de ma part? Pourquoi tant d'affectation dans sa façon d'être libre? Est-ce un parti pris de Liliana Cavani? Mais pourquoi? Pour insister sur le scandale de la conduite de Lou Salomé à l'époque? Ou sur la folie du trio? Ou plus simplement sur sa dimension utopique, impossible?)

Ballet, beau pas de deux. Les hallucinations de Nietzsche atteint par la syphillis sont superbes. Paul Rée est présenté comme un homosexuel refoulé : vérité de l'histoire ou invention du scénario?

Plaisir d'entrevoir Venise en 1977. Qu'elle a changé: plus propre, plus pimpante, plus actuelle aussi: nous y perdons la sensation du temps qui passe, il est plus facile d'imaginer Proust dans la Venise de ce film que dans la Venise visitée ce printemps. Nostalgie.

vendredi 14 août 2009

Plumes

Celle-ci est trop belle, je la sauvegarde ici.





L'auteur et historien indien Joseph Medicine Crow

La mort de près

Quatre hommes discutent à déjeuner :

— Avec la tyrolienne, tu descends la montagne le plus vite possible...
Un noir, hésitant: — Et si ça casse ?
— Au pire, ça casse.
Les autres, riant: — Oui, après tout, c'est fait, c'est fait.

Un autre reprend: — Vous avez entendu l'histoire de ce couple qui a raté l'avion brésilien? Eh bien, il a pris l'avion suivant, et à l'arrivée, la femme s'est tuée dans un accident de voiture.



(Je songe aux derniers films vus, entre le jeune homme qui veut vivre une vie non écrite et le jeune homme dont le film conclut à propos de sa vie: «C'était écrit».)

jeudi 13 août 2009

Trois liens (en anglais, sorry)

  • un blog entièrement consacré à la pandémie de grippe à travers le monde, avec de précieux liens et ressources en marge
  • un blog dont j'ai souvent envie de traduire des morceaux (chunks), dont l'obsession, encore plus que simplifier, est de réduire le désordre (mais il me semble que réduire le désordre prend beaucoup trop de temps quand cela devient si obsessionnel. Et il me semble que de grandes pièces vides ne nourrissent plus assez l'âme, ne lui tiennent plus assez chaud. Ainsi, nous avons dû réduire l'âtre trop large de notre cheminée: le feu avait froid et ne prenait pas. Même le feu a besoin de chaleur.) Cependant, j'aime ce blog.

mercredi 12 août 2009

Slumdog millionnaire

Etranges résonances avec le film précédent: deux frères orphelins, l'aîné protégeant le cadet jusqu'à le cannibaliser, le cadet désespérant de pouvoir vivre son amour...

Slumdog millionnaire est construit classiquement, par unités de récit en flash-back, tenues ensemble par un fil plus fort, l'histoire s'ouvrant vers la fin sur le présent et l'avenir, quand le spectateur assiste au présent de la vie du héros, et non plus à ses souvenirs.
Ce n'est que tout à la fin, en entendant l'aîné constater, vaincu, à propos de son frère: «ce garçon n'abandonnera jamais», que j'ai compris que l'histoire de l'autographe, au début, donnait à voir tout le film, dans une construction classiquement en abyme[1]. Cela m'a fait rire, je n'aime que les héros obstinés.



La question de la fin, sur Les Trois Mousquetaires m'a rappelé le témoignage émouvant de "lecteur", qui nous racontait l'admiration des Tchétchènes pour Alexandre Dumas, et le prestige de la culture française chez tous ces immigrés.

Notes

[1] Gide, Journal de 1893 : «J'aime assez qu'en une ?uvre d'art, on retrouve ainsi transposé, à l'échelle des personnages, le sujet même de cette ?uvre. Rien ne l'éclaire et n'établit plus sûrement les proportions de l'ensemble.» voir ici.

lundi 10 août 2009

L'arnaque était presque parfaite

Vous pouvez y aller pour :
- la beauté des acteurs principaux ;
- la beauté des paysages, des images, des voitures, des costumes ;
- la parodie des clichés des films policiers, d'aventure, d'arnaque.

N'y allez pas si vous attendez de l'action trépidante, vous serez déçus.

Il reste cette réflexion sur une vie jouée, la vie vécue: une vie jouée est malgré tout une vie vécue puisqu'elle nous rapproche tout aussi bien de notre mort. Qu'est-ce qu'une vraie vie, celle où l'on a peur, celle où l'on a le tract?
Mais est-ce que le trac n'est pas justement la caractéristique des vies jouées, des fausses vies?
Alors?


La salle 2 du MK2 bibliothèque présente des banquettes pour deux avec accoudoir central relevable. Cela me rappelle le cinéma mythique du quartier latin dans les années 60 ou 70, dont les fauteuils étaient doubles.
Impossible de me souvenir de son nom.

Le MK2 a installé des banquettes face au vide, face à la bibliothèque.




ajout du 10 novembre 2009 : il s'agit de l'Europa Panthéon, évoqué dans Je me souviens de Perec (souvenir n°3).
Cf. Je me souviens encore mieux de je me souviens, de Roland Brasseur.

dimanche 9 août 2009

Mauvais mélo (mais un mélo peut-il être bon?)

— Tu es un diamant non taillé sans diamant à l'intérieur. Juste une pierre.

Dieu joue aux dés.

Du coup je songe sérieusement à revenir aux bonnes vieilles habitudes.
Mon blog, je vais vous le graver sur des plaques de pierre et je vais en choisir un au hasard pour venir recupérer les notes sur le mont Sinaï.

Dieu, le 30 novembre 2006

Voilà: le secret est là : il n'y a pas de morale là-dedans, le choix se fait au hasard (le contraire d'un choix, finalement).



(Du coup, mon moral remonte. Je vais écrire un peu au lieu de trier du papier.)

samedi 8 août 2009

Dormez braves gens, l'Etat veille

Vendredi, un agent (une agente) de la CAF est passé vérifier que les enfants que nous déclarons pour toucher les allocations familiales
- existaient réellement ;
- étaient scolarisés.

Pauvre dame, son travail ne paraissait pas l'enthousiasmer excessivement.

J'espère que la lutte anti-blanchiment est menée avec le même soin.

vendredi 7 août 2009

Temps réel

Cela me rappelle les comptes à rebours à presque minuit le 31 décembre dans les films américains : dix, neuf, ...

jeudi 6 août 2009

L'été, enfin

C'est un classique, mais j'en connaissais plutôt la version Trocadéro.

J'aime bien.

mercredi 5 août 2009

Fatalisme

Mes parents font du tourisme animalier. Cela les amène à prendre souvent de minuscules avions sur des lignes intérieures en Afrique ou en Amérique du Sud.

Un jour mon père a vu une femme monter dans leur avion avec un sac, en redescendre sans.
C'était peu après septembre 2001.
Il a décidé de ne rien dire, ennuyé à l'avance d'attirer l'attention sur lui à propos de ce qui était probablement un incident sans importance.
Il n'en a parlé à ma mère que lorsque l'avion s'est posé indemne, qui a été furieuse, incapable de comprendre cette tranquille acceptation des choses.

mardi 4 août 2009

L'attaque du métro 123

Film sans surprise, de bout en bout : les situations, les dialogues, même le litre de lait, tout est prévisible et bien rôdé. Ce qui pourrait être nouveau (l'ordinateur portable qui filme la scène dans le wagon sans que les kidnappeurs soient au courant) n'est pas exploité, l'ambiguïté du maire dans la scène de la fin ne produit pas tout ses effets, et toute personne qui prend le métro chaque jour sait parfaitement qu'elle ne refuserait pas une voiture confortable pour rentrer chez elle après une journée éprouvante...

Toujours le petit choc de voir New York sans les deux tours, et puis les mêmes images, les mêmes cadrages, la même musique... Film mécanique, donc, mais dans lequel on ne s'ennuie pas une seconde : tous les acteurs sont excellents, et je parierais volontiers sur le petit garçon à l'œil vif et à la vessie active pour devenir un grand acteur. (à surveiller)
Il est fort possible que ce film se soit voulu un hommage à New York, un message d'amour à la ville. C'est à la fois raté et malgré tout réussi, dans sa maladresse même (puisqu'on y pense).

Pour le reste... Film qui s'oublie, au tatouage et à la moustache de Travolta près, dont le look de loubard pour un ex-trader est absolument invraissemblable.

lundi 3 août 2009

Sosie

— Oh! Une poubelle qui ressemble au droïde en forme de poubelle dans La Guerre des Etoiles!

dimanche 2 août 2009

Pays de Cocagne

Pour Patrick : pannonceau photographié au pied du moulin de Lautrec :



samedi 1 août 2009

samedi 1er août 2009

Retour, à peine plus chargée.

Roland Barthes, Le Bruissement de la langue
Roland Barthes, Mythologies
Roland Barthes, Le Degré zéro de l'écriture
Reginald Hill, Midnight Fugue. fini le 22 juillet.
Friedrich Nietzsche, Naissance de la tragédie. fini le 26 juillet.
Le guide vert Midi-Pyrénées
Jakob Arjouni, Happy birthday, Türke!. fini le 27 juillet.
Balzac, Pléiade tome 1
Jean-Yves Pranchère, L'autorité contre les Lumières
RC, Théâtre ce soir
RC, Demeures de l'esprit, Sud-Ouest, acheté à Castres le 23 juillet
Charles-Louis Philippe, La mère et l'enfant. Le père Perdrix, acheté à Albi le 25 juillet
Eugénie de Guérin, Journal, acheté au Cayla le 29 juillet
Maurice de Guérin, Le Centaure, acheté au Cayla le 29 juillet.

Château du Bosc

Les Demeures de l'esprit - Sud-ouest veulent que le père de Toulouse-Lautrec est été légèrement dérangé, tant son obsession pour la chasse était forte, mais ce n'est pas ainsi qu'on le présente au château: tout juste excentrique, et l'on peut lire sur les mur de la nurserie transformée en musée intime la lettre émue et triste qu'il envoya à sa femme le jour de la mort de son fils.

La jeune guide (1er août: nous sommes ses premiers visiteurs) insiste pour que nous oublions trois légendes: que le père aurait renié son fils, que les chutes d'Henri auraient été une chute de cheval et une chute dans l'escalier: non, non, des chutes bien plus banales, mais les os étaient fragiles (une maladie inconnue alors?).
Je contemple l'arbre généalogique légitimiste, la photo dédicacée d'un prince de la maison d'Espagne (j'ai oublié son nom). Sur le piano, une coupure de journal datant d'août 1983 invite les personnes présentes en Autriche à assister à une cérémonie à la mémoire du comte de Chambord, mort il y a cent ans.

Je n'ai pas compris l'explication concernant la chapelle: une lettre de Clément IX permettrait de célébrer la messe en absence de prêtre (en présence de la relique de la chapelle? ou en présence de la lettre?). Mais que veut dire ici "célébrer la messe"? Pas consacrer les hosties tout de même? Autoriser un laïc à lire le rite? C'était impossible au XVIIe siècle, il y fallait une autorisation expresse du pape? Aujourd'hui, c'est devenu si courant, tant de messes reculées sont dites ainsi, et d'enterrements sans prêtre…

L'ensemble du cadre est magnifique: extérieur du château (les volets rouges), jardin, prairies, vals et forêts. Il vient des envies d'aristocratie, on aimerait vivre là. Ce doit être austère l'hiver. A qui appartient le château, son avenir est-il assuré?


En chemin, nous nous arrêtâmes à Decazeville pour voir le chemin de croix peint par Gustave Moreau (vieux souvenir de Journal d'un voyage en France?) L'église a été construite entre le XIX et le XXe siècle. Le descriptif à l'entrée détaille le mètre carré de carrelage et le coût des boiseries au centime près. Etrange comptabilité d'apothicaire en ce lieu.
Les tableaux sont là, accolés, éclairés, mais je n'ai vu nulle part mention du peintre, et nulle carte postale.
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