Alice du fromage

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vendredi 30 avril 2010

La Grèce ma revanche

Evidemment la Grèce m'inquiète. Situation inédite depuis l'emprunt russe, il me semble. La confiance étant le fondement de l'économie occidentale, si l'on ne trouve pas de solution les conséquences risquent d'être dramatiques. Assèchement total du crédit.

Cependant cependant, comme une envie de rire…
J'avais été très agacée que nous fussions obligés de voler au secours des banques alors que c'étaient elles qui nous avaient mis dans la panade.
L'idée qu'aujourd'hui elles doivent se porter au secours de la Grèce sous peine de se retrouver elles dans la panade me réjouit.

«Si vous devez un peu d'argent à votre banque, vous avez un problème, si vous lui devez beaucoup d'argent, elle a un problème.» (Proverbe cité par un professeur dans les années 80 à propos de la dette du Tiers-Monde. (D'ailleurs je me demande ce qu'est devenue cette dette, on n'en parle plus. L'autre sujet de l'époque était "la dématérialisation des marchés financiers"1. Un jour (dans dix ans?) "mondialisation" sera oublié, remplacé par un autre gimmick.))


Oui oui, je sais bien qu'au bout du compte, et dans tous les cas, ce sera nous, la population, qui paierons les pots cassés. Car nous représentons l'économie réelle (comme dirait Pierre Hadot, le métal se plie moins à la volonté que les idées et les constructions mentales.) Mais j'aime bien savoir que certains sont en train de transpirer.

J'aimerais bien que quelqu'un se penche sur les avoirs des salariés et responsables des agences de notation. Aucun délit d'initié, pas d'enrichissement personnel, vous êtes sûrs?


Note
1 : Ah, et le trou dans la couche d'ozone, aussi.

mercredi 28 avril 2010

La tombe de Balzac

Apparemment la concession arrive à son terme.





«Concession en reprise administrative, s'adresser à la conservation.»
Mais s'y adresser pour quoi? Pour la reprendre, pour racheter la place?

mardi 27 avril 2010

bof

Déprimée. Engueulée avec ma mère à cause d'une serpilière…

Elle a voulu me prouver qu'elle avait raison à propos de la wassingue, elle est allée chercher un dictionnaire.

J'ai explosé en lui disant qu'on s'en foutait, qu'on n'en avait rien à faire, qu'il fallait toujours qu'elle ait raison pour des trucs qui n'avaient pas la moindre importance.

Elle a secoué la tête en disant "Je comprends beaucoup de choses chez A.".

Trois jours pour rien. #fail

rectificatif : pas tout à fait pour rien : durant nos trois jours d'absence les feuilles des chênes se sont déployées. Tout est vert désormais.


J'ai vraiment hurlé. A la réflexion je pense que ça vient de la mort de Paul Rivière. La dernière fois que j'ai craqué ainsi, c'était après la mort de mon grand-père.

lundi 26 avril 2010

Faner

En avril poussent des jacinthes sauvages dans le jardin. Tous les ans je repousse le moment de la première tonte afin de ne pas les abîmer et les laisser se multiplier.

J'ai appris à midi que c'était la bonne méthode pour ne pas avoir besoin de tondre souvent: attendre juin que l'herbe soit haute, la couper comme on ferait les foins. Ensuite elle repousse peu, bien moins qu'une pelouse ordinaire.

dimanche 25 avril 2010

Regarder les Ch'tis, c'est dangereux

Fantastique explosion de violence autour d'une wassingue et d'une serpilière.
Ma mère m'insupporte définitivement. Je ne suis pas chargée de guérir son insécurité. Elle m'emmerde.

J'ai trouvé MON axe de progrès, le point à maîtriser: il faut que je supporte de laisser les autres avoir un ton triomphant et professoral même quand ce qu'ils disent est si évident que cela en devient stupide, même quand je savais déja ce qu'ils me disent, même quand c'est moi qui le leur avait appris, même lorsque cela démontre à quel point ils n'ont rien compris de ma vie.

Vexée

L'équipe française de handball a été bloquée en Islande1.

— Ils ont dû rentrer en voiture…
— Ça ça m'étonnerait!

Eclats de rire général. La personne qui a prononcé la phrase se renfrogne.



1 : par l'éruption du volcan Eyjafjallajökull.

samedi 24 avril 2010

Green zone

Film vide. Intéressant par sa portée politique. Chaque film de ce genre me ramène à Docteur Folamour.

Le koala du zoo de Beauval

Evénement européen: il y a eu une naissance de koala il y a quelques années, le zoo en attend une autre (à moins qu'elle n'ait déjà eu lieu? Une patte dépasse par moment de la poche maternelle: né ou pas né?)

Le koala du zoo de B*auval ne mange que des feuilles d'eucalyptus, et encore, le haut des feuilles, et fraîches. Au bout d'une journée il faut jeter les feuilles sèches ou fanées. C'est l'animal du zoo le plus coûteux à nourrir: il n'existe que deux producteurs de feuilles en Europe, en Angleterre. (Ouf, l'Eyjafjallajökull ne les a pas condamnés à mourir de faim.)

Faire part

Chères amies, chers amis,

Permettez-moi de vous informer d'une triste nouvelle. Notre camarade et doyen, Paul Rivière, nous a quittés le 13 avril dernier. Nous nous souviendrons longtemps de son élégance, de sa courtoisie, de sa grande culture et du plaisir évident qu'il éprouvait à participer de manière assidue à nos dîners littéraires, entouré de quelques groupies.

vendredi 23 avril 2010

Silence

Il me vient une inquiétude d'écrire, le désir d'écrire beaucoup de bêtises pour remonter ensuite parmi les pages dissimuler ce que j'ai envie d'écrire — sans être lue, ou pas trop, ou pas trop vite, et pas par tous…
Pourquoi ici, dès lors? Parce que paradoxalement, c'est l'endroit le plus discret, l'endroit immatériel; puisque c'est le lieu de la plus grande exposition, c'est le lieu de la moindre importance: ce qui est écrit ici ne peut pas, ne doit pas, être pris au sérieux.

jeudi 22 avril 2010

La douce profession d'avocat

— Et ça va coûter combien, cette histoire? Parce que je vous préviens, si ça dure cinq ans, je ne pourrai pas donner ça tous les ans ou tous les dix-huit mois. Quand on me demande conseil au sujet d'une action en justice, je réponds toujours de ne se lancer que si l'on n'a pas besoin d'argent et qu'on a le temps.
En d'autres termes c'est très zen comme principe: seul celui qui s'en moque peut attaquer en justice, celui qui n'a besoin de rien et accepte de tout perdre. Comment expliquer cela à ceux qui croient à La Justice et qui se pensent bafoués?)
L'avocat acquiesce : — Oui, au Japon on dit que gagne celui qui tient le plus longtemps.

Je n'ai pas ajouté, parce que je n'avais pas encore analysé la situation, que la multiplication des plaignants dans une même affaire multiplie les honoraires d'avocat mais divise les espoirs de rétribution de chacun quand la personne poursuivie n'est guère solvable.

Autre proverbe : Un avocat est payé pour trouver des problèmes, pas des solutions.

mercredi 21 avril 2010

Il y a dix ans

Un vendredi.

On nous avait fait tellement suer pour notre mariage que je voulais fêter les dix ans, le "malgré tout", "le malgré vous", ma victoire, mon combat, ma joie, ma revanche, tout ce que vous voulez tant que ça explose de rire et d'énergie, tant que ça tourne le dos au malheur prédit, annoncé.

Le bonheur, la volonté moins d'être heureuse que d'échapper à la morosité, à la tristesse, le refus de se morfondre dans la déprime (j'en veux au romantisme d'avoir fait croire à tous qu'être malheureux rendait intéressant: oui, à condition d'essayer de s'en sortir!)
Je me rends compte que je ne peux rester amie avec des gens qui se complaisent dans leur état de malheur. Je m'en détache naturellement. Le seul combat qui vaille, qui a tout mon respect, est celui pour la joie1.

Jacqueline : "tu étais déjà drôle à l'époque": drôle? j'étais drôle? Ô joie et bonheur, j'étais drôle et je le suis. Quelle merveille de découvrir cela, quel bonheur de l'apprendre, quel dommage de ne pas l'avoir su plus tôt! Les autres, ou au moins une autre (et quelle autre, celle qui compte plus que toutes les autres), me trouve drôle : perspective bouleversée, espoir de s'en sortir, je peux y arriver.




Note
1 : mais pour toi c'est facile à dire, tu as tout pour être heureuse. — Exactement! Il serait tout à fait indécent de se morfondre dans la déprime dans ma situation, je suis entièrement d'accord (mais dans la tienne aussi, mais tu n'y réfléchis pas (mais cela, je ne le dis pas, je le garde pour moi))..

Observations aquatiques

Un cygne joue dans les vagues produites par le canot moteur. Plus tard, je l'ai vu la tête sous l'eau brouter longuement les algues sur les parois d'une péniche. Le cygne semble avoir une impressionnante capacité respiratoire (ou pulmonaire? Comment dit-on?)

Un gros poisson mort (cinquante à soixante centimètres) affleure tel une bûche à la surface de la Seine. Un corbeau surveille la dérive de la charogne, tente de s'y poser, s'envole quand le cadavre se dérobe sous son poids, se pose sur la rambarde d'une péniche, recommence, même jeu, n'abandonne pas.

mardi 20 avril 2010

Musée Balzac

«Balzac était très bavard. Les jours où il devait y avoir beaucoup de travail à l'étude, Maître Guillonet-Merville lui disait: "Demain il y aura du travail, restez chez vous"».


Sur le mur de la maison de Balzac, rue Berton à Passy.


Caramba, encore raté !

O. (11 ans) : — Mais pourquoi Alice dit qu'il est arrivé six choses impossibles? Puisque c'est arrivé, ce n'est pas impossible?
Aaaahhh… se pourrait-il que? Je suis contente. — Tu as raison, le livre Alice est plein de choses comme ça qu'on ne voit pas dans le film. C'est pour ça qu'on le donne aux enfants mais qu'en fait, ce sont les adultes qui l'aiment. Par exemple elle demande au chat quel chemin elle doit prendre. Le chat répond que ça dépend où elle veut aller. Alice dit: "n'importe où", et le chat répond: "alors n'importe quel chemin fera l'affaire".
O. rit.
— Attends, je crois qu'on a Alice quelque part, quelqu'un vous l'a offert.
Comme je suis très motivée, je le trouve en quelques secondes. Je le lui tends, il le feuillette, le tient avec embarras, ne sait pas quoi en faire. Je tends la main:
— Ça va, j'ai compris, rends-le moi. Inutile que tu le prennes pour me faire plaisir et qu'il traîne dans ta chambre. Je préfère le ranger.

O. n'a jamais commencé un livre s'il n'y était pas obligé. Et encore moins terminé.

lundi 19 avril 2010

Beaubourg

Parti un peu en catastrophe voir les feuillages de Lucian Freud. Passé à la librairie du centre Georges Pompidou afin de préparer les enfants à ce qu'ils vont voir (et pour regarder les cartes postales: excellent endroit pour acheter une carte postale poilue).
En feuilletant le catalogue Freud, A. tombe sur un homme nu allongé, sexe exposé en premier plan:
— Je pensais que c'était interdit, me dit-elle.
Je suis surprise. Ah tiens, malgré la télé qu'elle regarde et les BD qu'elle lit, elle imagine donc qu'il reste des sujets qu'on ne peut pas peindre, et qu'il y a des lois pour cela? Je réponds avec force:
— Mais non! Mais évidemment, comme ce sont les hommes qui peignent, ils préfèrent peindre des femmes à poil.

Nous étions venus voir Freud, nous aurons vu Erró (Des cartoons, chic!… Des cartoons, beeeuuuh… Réactions des enfants (11 à 14 ans) car nous avons remonté l'expositions Erró à l'envers et commencé par le plus hard, dans tous les sens du terme) et un film sur Patrick Jouin qui montre la réalisation de divers objets: chaudement recommandé pour toute personne fascinée par les conceptions industrielles, la machine à emboutir les cuillères à soupe, le laser à faire fondre des micros-particules de plastique (0,3 mm) ou la résine incorporée sous vide à une structure en carbone… (Mais où se trouvent donc ces usines magiques?)
Nous apprenons à faire cuire les pâtes à la façon du risotto (??!) et qu'on se déplace en vélib dans les ateliers qui fabriquent la nouvelle sanisette parisienne (gratuite, lavée à l'eau de pluie recyclée).

En sortant je me trompe de direction et nous passons par hasard devant cette affiche, qui répond très précisément à la question de A. posée beaucoup plus tôt. Hélas elle ne lit pas l'anglais.




J'ai imaginé le public féminin entrant nu à Beaubourg et je me suis dit que cela ne gênerait pas grand monde, au contraire.
Quel mauvais slogan.

dimanche 18 avril 2010

Alice de Tim Burton

Vu Alice, donc. La jeune correspondante allemande que nous hébergeons était si contente à cette perspective. (J'ai l'impression qu'elle n'y croyait plus, à son grand désespoir, car «tous les élèves de ma classe l'ont vu»).

Je n'ai pas compris les appréciations négatives que j'ai lu sur des blogs ici et là. Cela m'a juste laissé indifférente. Alice de retour au pays des merveilles, Alice treize ans plus tard, Alice traînée de force à une réception où elle ne veut pas aller:
— Mère, est-ce que nous ne pourrions pas faire demi-tour? Personne ne s'apercevra de notre absence…
— Si, ils s'en apercevront.
Sans doute les deux phrases du film qui me réjouissent le plus.

La jeune actrice qui joue Alice ressemble un peu à Sandrine Bonnaire (jeune, avant qu'elle ne devienne si mince, si décharnée).

Sinon, voir le moment où la reine blanche, qui minaude en continu les mains à hauteur des épaules, montre un mouvement d'impatience quand elle voir le chien galoper vers le château et, sitôt les courtisans disparus, abandonne la pose et retrousse ses jupes pour courir vers le chien: moment du kitsch clairement exposé comme kitsch.

Je ne peux plus regarder ce genre de film car j'y vois partout des allusions qui me paraissent non des variations "en hommage à", mais un manque d'idées. Comment ne pas penser à Narnia devant le loir (qu'on appellerait partout ailleurs une souris) susceptible et batailleur, et l'attente du retour d'Alice comme on attendait le retour des enfants dans Narnia? Et cette image de l'épée rendue à l'armure, moins le roi Arthur qu'Aragorn?
Etc., etc.

Pourquoi les échos enrichissent-ils les histoires dans un certain cas, les appauvrissent-elles dans d'autres? Une règle de ce genre serait-elle valable: une œuvre mineure ne peut faire signe vers une œuvre qui lui est supérieure sans mettre en scène sa propre médiocrité? (tandis qu'une œuvre appartenant à la sphère des œuvres majeures peut ou même doit faire référence à toutes les œuvres appartenant à ce même univers).
Mais comment savoir, quand on est soi-même l'artiste, où l'on se situe?

Deux derniers points: un bon film aurait établi davantage de liens entre le rêve et la réalité. Le lien jumeaux/jumelles est le seul qui existe, dommage.
Conseil à Tim Burton: bel habit bleu d'Alice sur le pont du bateau: et si vous nous tourniez une Ile au trésor?

samedi 17 avril 2010

Pas de nouvelles, très probablement mauvaise nouvelles.

J'ai écrit une fois, en laissant une carte de visite dans l'enveloppe pour que la famille de Paul puisse me répondre. Rien.
J'ai téléphoné. Ça ne répond pas.
Le week-end dernier j'ai rêvé de lui. Je suis persuadée qu'il est mort.
Hier je suis passée en bas de son immeuble, je pensais qu'il y avait une concierge. Non, juste un code, porte close.

Il faut que je trouve le numéro de téléphone de son petit-fils et que j'appelle. J'ai pas envie.

vendredi 16 avril 2010

Trop culte

— O., tu ne crois pas que tu devrais lire un peu?
— Mais pourquoi?
— Je ne sais pas, pour te cultiver…
— Mais je suis déjà beaucoup plus culte que les autres !

jeudi 15 avril 2010

Marelle

Quand vous marchez en talons sur les dalles de La Défense, vous jouez au vieu jeu qui consiste à ne pas marcher sur la ligne entre les carreaux.
Si vous coincez votre talon entre deux dalles, vous avez perdu.

D'où la démarche dansante de certaines femmes les yeux au sol, calculant le point d'impact de leur talon ou décidant de marcher sur les demi-pointes.

mercredi 14 avril 2010

Les moyens du bord

— Aujourd'hui comme on n'a plus de grenouilles, on va disséquer des poissons panés.

mardi 13 avril 2010

Une histoire de Ian Monk

A l'oulipo, jeudi dernier. A prononcer ave l'accent anglais et les cheveux en crinière.

C'est un type qui s'est coupé tous les doigts avec un massicot, les dix, comme ça, schhaffttt! Il arrive à l'hôpital et le chirurgien veut les recoudre.
— Ils sont où, vos doigts?
— Mais je les ai pas! Ils sont restés par terre, à l'atelier.
— Mais il fallait les ramasser.
— Avec quoi?

dimanche 11 avril 2010

La chauffeur de car

Elle conduisait son car comme si c'était une R5, confiant à ma collègue que "elle avait regardé sur mappy, mais qu'ils donnaient toujours des itinéraires pour voitures".

Avouons qu'elle se débrouillait bien pour faire demi-tour en ville et reculer sur trois cent mètres dans les petites rues de Massy en sens unique (parce que l'issue de la rue lui paraissait incertaine ou trop étroite).


J'ai pensé à cela, même si finalement à la relecture c'est assez éloigné.

samedi 10 avril 2010

Discussion autour de cinq pizzas, deux salades et une escalope au marsala

Ah j'allais oublier : les tournesols respectent bien mieux la suite de Fibonacci que les marguerites.

vendredi 9 avril 2010

Coalition

Je crois que je vais bientôt assister au retournement d'une règle de vie sociale.

La règle est la suivante: les râleurs, les emmerdeurs, obtiennent ce qu'ils veulent; non parce qu'ils ont raison de le demander, mais parce qu'on est plus tranquille en le leur donnant. (Illustration: le gosse braillard à qui son père propose une trotinette pour le faire taire (tête déconfite de son grand frère, six ans, bien sage "Et moi?", murmure-t-il (il aura sa trotinette, je crois (scène vécue à Décathlon)), la collègue pénible qui obtient son bureau près de la fenêtre, l'invitée qui bouleverse le plan de table soigneusement réfléchi, ma sœur qui m'a condamnée au jambon/coquillettes toute mon enfance, etc.)

Bref, il existe ce que j'appelle "la prime à l'emmerdeur" (et depuis que je l'ai repérée, j'essaie d'être attentive à ceux qui sont discrets, silencieux, souriants. Je milite pour une digue contre les emmerdeurs et une prime aux gentils.)

Cependant l'effet peut se retourner. L'emmerdeur doit prendre garde à ne pas exaspérer TOUT le monde en MÊME temps contre lui.
Je crois que c'est ce que vient de faire ma fille.

mercredi 7 avril 2010

Relations

« Chez moi, il y a une invitation de la reine d'Angleterre sur le frigo. »

mardi 6 avril 2010

Avec assurance

A l'occasion de la sortie de son livre Le goût de vivre et cent autres propos, L'Argus de l'assurance interroge André Comte-Sponville.

Interview qui enfonce quelques portes ouvertes, certes, mais c'est le lieu de sa publication qui me fait sourire: un magazine professionnel dédié à l'assurance.
Et puis même l'évidence mérite d'être rappelée.
[…]

Descartes conseillait de «marcher avec assurance en cette vie». Pensez-vous qu'il faille en toutes circonstances «marcher avec UNE assurance en cette vie»?
Tout dépend de ce qu'on entend par là. Celui qui n'aurait aucune assurance, de nos jours et dans nos pays, c'est soit un miséreux qui n'a ni domicile ni voiture, et pas les moyens de se constituer un patrimoine, soit un irresponsable. Donc avoir une assurance, ou plusieurs, oui, bien sûr, il le faut ! En revanche, celui qui prétendrait s'assurer contre tous les risques serait une espèce de malade.
C'est un peu la dérive de notre époque. Vous savez que beaucoup d'entre nous sommes assurés (notamment via nos cartes de crédit) plusieurs fois contre les mêmes risques. Tant mieux pour les assureurs. Mais est-ce bien raisonnable ? Certains, partant en vacances, prennent une assurance météo : ils veulent se faire indemniser s'il ne fait pas beau! Mais quand on n'est même plus capable d'affronter un risque météorologique mineur (qu'il pleuve en août, ce n'est pas une catastrophe!), c'est un signe de faiblesse davantage que d'intelligence. Et puis rappelons que l'essentiel n'a pas de prix. Vous pouvez prendre une assurance sur la vie, ou sur celle de vos enfants? Ils toucheront de l'argent, ou vous. Très bien. Mais cela n'a jamais empêché personne de mourir, ni tenu lieu de consolation.

[…]

Etendu très largement, ce principe de précaution n'est-il pas un handicap?
Il risque de le devenir. D'autant plus que ce principe, dont tout le monde parle et qu'on ne formule presque jamais, est souvent pris à contresens. Plusieurs de nos concitoyens lui donnent le sens suivant: «Ne faisons rien qui présente un risque, nous ne sommes pas capables de calculer exactement ni certains de pouvoir surmonter.» Bref: «Dans le doute, abstiens-toi!» Le problème, c'est que, comme il y a toujours un doute (le risque zéro n'existe pas), on s'abstiendra toujours !1
C'est ainsi que ce principe de précaution devient un principe d'inhibition, qui risque de bloquer la recherche, de brider les énergies, de faire prendre du retard à notre pays. La bonne formulation de ce principe est à l'opposé: «N'attendons pas qu'un risque soit certain ni calculé exactement pour entreprendre de le réduire et de le surmonter. Bref: «Dans le doute, agis!» Principe non d'inhibition, mais d'action. La seconde formulation est, bien sûr, la plus juste. En pratique, je crains que la première ne l'emporte très souvent!

Propos recueillis par Anne Lavaud, in ''L'Argus de l'assurance'' du 2 avril 2010



Note
1 : Remarque perso: pour les sociétés d'assurance, le problème se pose en termes légèrement différents. La jurisprudence tend à leur demander de payer pour des risques qui n'en étaient pas (officiellement) au moment du paiement de la prime des contrats à l'époque. (exemple : l'amiante). L'idée non avouée mais qui a tout de même donné naissance à une expression, les ''[deep pockets| http://en.wikipedia.org/wiki/Deep_pocket]'' (les poches profondes), est de faire payer les indemnités par ceux qui en ont les moyens, dans le cas présent les assureurs. Mais il ne faut pas se leurrer : les assurances répercutent ces charges inattendues dans leurs primes afin de maintenir leur équilibre financier. Cela revient donc à faire payer les clients d'aujourd'hui pour les clients d'hier. Pourquoi pas, c'est un principe de solidarité. Ce qui me gêne, c'est que cela ne soit pas expliqué. C'est du prélèvement caché, moins sujet à discussion que l'élévation des cotisations de Sécurité sociale (par exemple: ce serait une solution parmi d'autres) pour indemniser les victimes de l'amiante. Quand on dégoûte les assureurs à force de jugements rétroactifs de ce type, en leur faisant payer la réparation de dommages dont ils ne pensaient pas qu'ils rentraient dans la définition des contrats à l'origine, ils finissent par refuser d'assurer: exemple, les gynécologues-obstétriciens. On entre alors dans des cycles légiférants étranges dans lesquel toutes les cotes sont mal taillées.$$

lundi 5 avril 2010

Wow, suite

— Alors il y a un mort-vivant qui m'a demandé si je jouais souvent aux RPG. Je lui ai dit oui, mais que mon BG était un peu faible. Beau Gosse, il m'a demandé? Non, je lui ai dit, BackGround.

— Parce que tu comprends, pour Pâques, tu peux devenir un lapin; et ça dure une heure. Moi je croyais qu'on enfilait juste un costume de lapin, mais non, tu deviens un lapin...

samedi 3 avril 2010

Station Bir Hakeim

Vendredi, huit heures du matin, je descends de la station Bir Hakeim.


D'un coté des tuyaux:




de l'autre une plaque :




De plus près, il s'avère que les tuyaux sont des étais : il s'agit de maintenir les fondations des immeubles alentours pendant qu'on creuse la terre pour en construire de nouveaux.

La plaque est dédiée à la mémoire des victimes des rafles du Vel d'Hiv.
Je suis surprise, à la suite de je ne sais quelle association d'idée (Vel d'hiv => vélodrome => six jours de Bercy, sans doute), j'avais toujours imaginé que le Vel d'Hiv s'élevait sur l'emplacement de l'actuel palais omnisport de Bercy.





Présentation des résultats de Gan eurocourtage. Je travaille à un article sur Eté pour une revue espagnole au café avant que cela commence (jamais eu d'AR. Jamais publiée).

vendredi 2 avril 2010

Cruchons

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    - La Folle Vérité
    - les romans de Virginia Woolf en un seul tome dans le livre de poche
    - Journal de Travers tome 2
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    - les romans de Virginia Woolf en un seul tome dans le livre de poche
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    - Duane Michals dans la pochotèque
    - Les Gommes
    - Binger, Du Niger au golfe de Guinée
    - Claude Mauriac, Travaillez quand vous avez encore la lumière

jeudi 1 avril 2010

Soulagement

Enfin je peux débloquer la participation placée depuis cinq ans.
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