Planning

- Marcher une heure par jour. Nous ne l'avions pas fait en mars-avril, pas avant le mois de mai. Cette fois-ci nous sommes beaucoup plus à cran, avec la perspective du déménagement, les problèmes de voisinage (terme pudique) et mon ras-le-bol du boulot. Nous avons intérêt à défouler notre agressivité.

- Perdre les kilos pris pendant le premier confinement. Je ne supporte plus mon visage de petit cochon. J'ai commandé de quoi suivre un régime hyper-protéiné. Je l'avais déjà fait à l'automne 2001. Ça marche — mais cela coupe du monde, c'est donc le bon moment. C'est pour H. que ça ne va pas être drôle.

- Continuer à trier, quinze jours, jusqu'à recevoir nos cartons, le 13 ou 14 novembre. L'entreprise de déménagement va nous les livrer après passage du technico-commercial le 5 novembre pour évaluer le volume à déménager. J'ai maintenant mes classeurs et des papiers à trier, ce qui est plus douloureux que des objets. Et puis il y a "le placard secret" sous la soupente, rempli de documents.

- Puis faire des cartons !

- Suivre des MOOC. Sans doute suivre le cours de Gaël Giraud.

- Peut-être bricoler les blogs, rattrapper des jours dans celui-ci et penser à de nouvelles formes pour l'autre.

- Lire un livre par week-end, vieille utopie (évidemment, cela dépend beaucoup du livre)


Point positif : nous avons moins à prendre garde de conserver une maison en ordre parfait puisque personne ne viendra visiter; point négatif, personne ne viendra la visiter.

Le cinquième lit

Je suis déprimée. C'est bizarre, ce second confinement est pourtant plus simple car je sais ce qu'il faut éviter (trop manger, ne pas travailler régulièrement mais par à-coups), mais il m'affecte. J'avais l'impression que nous nous étions tant appliqués, entre la distance conservée avec tous, enfants, parents, le masque, et la discipline de consommer local et français, pour aider les commerçants et les hôteliers. Tout bien du mieux de nos possibilités.

«Ce n'est pas parce que vous êtes végétarien que le taureau ne vous chargera pas.»
Rapporté par l'évêque d'Oran qui fut décapité.

Hier nous avons acheté un lit — notre cinquième lit 1: le premier (d'un mètre vingt) en 1989, le deuxième en 1996 pour une largeur d'un mètre quarante, le troisième en 2017.
Trois lits depuis 2017, c'est incroyable. Je ne me suis jamais habituée à celui à mémoire de forme; le suivant, l'actuel, est très bien — nous lui devons sans doute notre excellent confinement du printemps; le troisième, eh bien nous verrons, nous l'avons commandé hier: H. a décidé après cet été et quelques nuits à l'hôtel qu'il nous fallait un lit d'un mètre soixante de large. (Il y a longtemps que tous les lits de la maison mesurent deux mètres de long).

Avec optimisme nous avons demandé une livraison en janvier à Moret (cela arrangeait la vendeuse que nous ne soyons pas pressés: il paraît qu'ils croûlent sous les commandes et les délais sont longs. Heureusement, si le magasin est fermé au public à partir de vendredi, cette fois-ci les livraisons restent autorisées durant le confinement).
Ce pari sur l'avenir m'inquiète un peu: en mars dernier, cela ne nous a pas réussi d'essayer d'organiser notre anniversaire de mariage.
Bast, nous verrons bien.
Ce qui m'impressionne le plus, c'est notre opulence qui nous permet de commander deux lits la même année.



Note
1 : Soyons exact : le troisième et le quatrième n'étaient que des matelas. Pour le deuxième et le cinquième nous avons changé de sommier, évidemment.

Courbes de mortalité sur cinquante ans

Un twittos a tenté de comparer les chiffres de mortalité en tenant compte, par exemple, de la hausse de la population. Il explique sa méthode ici (déroulez le thread).



Bleu pétrole le covid, violet la canicule de 2003, rouge la grippe de Hong-Kong de 1969.


En regardant ces courbes, je me dis que ce serait une bonne façon d'introduire la notion d'intégrale en mathématique.


Quant au podcast sur la grippe de Hong-Kong, il me rappelle la blague:
— Comment va ta mère ?
— Elle est morte.
— Oh je suis désolé. Et de quoi?
— De la grippe.
— La grippe? Oh mais c'est pas grave!

Le vent du boulet

Vendredi, très négligemment, j'envoie un WhatsApp à Jérémy:
— On pourrait prendre un pot avant ton départ si tu es dispo.
— Essayons mercredi, pourquoi pas.

J'ai appris ce soir qu'il partait demain. Quand je lui avais demandé de se voir avant son départ, c'était une demande générale, de principe, parce qu'il m'avait dit en juin qu'à la rentrée il retournerait à la Réunion pour un an. Je n'avais aucune idée de tomber si juste.

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Reconfinement pour un mois annoncé ce soir à vingt heures. Quatre semaines. Les fuites ont été si habilement orchestrées que tout le monde a agi aujourd'hui comme s'il vivait un dernier jour: queue pour acheter du café, queue devant le Loir dans la théière, queue au magasin Adidas.

Reconfinement à partir de demain soir. Demain, distribuer le Canard d'Yerres, poster le cadeau d'anniversaire de A, renvoyer le bracelet montre pour l'échanger contre un plus petit, acheter des poudres protéinées pour cette fois-ci maigrir et non grossir, nous procurer des cartons pour préparer le déménagement (deux cartons chaque soir?).
Des pièces remplies de cartons ça va être très moche. La perspective de vendre la maison s'éloigne. Je ne pensais pas si bien dire quand je disais que quoi qu'il arrive on la vendrait en avril, quand les roses fleuriraient.

Que vais-je faire pendant quatre semaines? La dernière fois j'avais un mémoire de licence à écrire.
Apprendre mon CV par cœur, finir la formation à Wordpress, migrer les trois mille billets de VS un par un?

Une araignée au plafond

Elle y est restée toute la journée, sur le pli entre le mur et le plafond (l'arête inversée: comment cela s'appelle-t-il?)
Elle n'a pas bougé. Elle n'a pas fui la lumière, le bruit.


Elle doit être affamée, il n'y a rien à manger dans cette maison une fois que les fenêtres sont fermées.



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Hier tandis que nous allions à la Philharmonie, je musais qu'il y avait sans doute un certain ridicule à continuer à vivre comme si de rien n'était, mais aussi une certaine dignité.
Je me souviens d'une anecdote lue au hasard dans un livre peut-être sur Londres, peut-être sur le Blitz, peut-être sur l'humour anglais: un journaliste prend un taxi pour traverser Londres durant un bombardement. Les bombes tombent autour de la voiture, poussière, sirènes, explosions. Arrivé à destination, le journaliste se tourne vers le chauffeur:
— Nous avons eu de la chance.
— Tout à fait, Sir. Tous les feux au vert, c'est rare.

Je pense souvent à cette histoire et à ceux qui pensent frivole de ne pas avoir l'air catastrophé et sérieux quand le monde se délite autour de nous.



Peut-être cette référence au Blitz paraît-elle étrange : c'est que le couvre-feu m'évoque Londres, sans doute à cause de lectures enfantines, Le Lion et la sorcière blanche et L'apprentie sorcière en bibliothèque rose, qui sont deux livres qui commencent avec des enfants évacués à la campagne pendant la guerre.

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J'ai répondu à une annonce qui demandait de joindre au CV une vidéo de motivation d'une minute. Je me suis entraînée une semaine (une dizaine de vidéos), j'ai dû télécharger Chrome (ni Safari ni Firefox ne prenait en charge la vidéo) et finalement je me suis filmée, directement sur le site du recruteur comme requis.
J'ai eu la satisfaction inattendue de recevoir un mail le soir-même.

Les arts florissants

Premier concert de la saison : jusqu'ici, soit ceux que nous avions prévus ont été annulés, soit ce sont nos places qui ont été annulées de façon à respecter l'écart entre les spectateurs.

Concert à 18h30, nous dînons d'un sandwich debout devant la salle: pas l'heure de dîner avant, pas le temps de dîner après (il nous faut une heure pour rentrer).

Cela valait les quarante kilomètres de déplacement et le masque permanent.
Joseph Haydn, Symphonie n° 84 conduite par William Christie,
Wolfgang Amadeus Mozart, Concerto pour piano n° 18 conduit du piano forte par un enchanteur Kristian Bezuidenhout (musicien que je découvrais ce soir).


Kristian Bezuidenhout durant le rappel.

La France qui se lève tôt

Levés à cinq heures et quart, départ à jeun à six heures, arrivée à Antony à sept heures moins le quart. Dormi vingt minutes dans la voiture, rendez-vous chez le cardiologue à sept heures et demie, le tout organisé par l'assurance du Crédit Mutuel qui nous propose de réaliser ainsi gratuitement l'ensemble des examens qu'elle exige pour notre prêt immobilier, analyses de sang comprises.

Nous sortons à huit et demie pour un petit déjeuner bien gagné.
Café Les Sports à Antony. Jolie façade en briques vernissées. Est-il ouvert? Ce n'est pas clair. Le patron est en train de s'agiter parmi les chaises. Il nous voit:
— C'est fermé, j'ouvre à neuf heures.
Nous le regardons: — Hein?
— Ne vous plaigniez pas, avant c'était dix heures.
Nous rions: — On ne se plaint pas, on s'en va.


Mine de rien, nous n'avons rien trouvé d'ouvert à Antony. Nous avons bu un café et mangé un croissant dans une boulangerie.

Divi

Je rattrappe mon retard dans la formation Wordpress. Journée sur Divi. Pas étonnant que tous les sites se ressemblent si nous adaptons tous les mêmes démos.
Je ne comprends pas cette manie de mettre d'énormes photos en tête de page (genre FB, finalement). Cela obstrue la vue, ne permet pas d'avoir les idées claires sur ce qu'on lit. Pourquoi cette mise en page adoptée universellement ?

Souci de bobo

Quitté le bureau tôt (mais plus tard que prévu) avec deux objectifs: acheté du thé et prendre un café viennois chez Ladurée.

Le premier objectif a été atteint sans problème.
Je suis arrivée devant Ladurée (de la Madeleine) à six heures et quart. Une jeune serveuse m'a empêchée d'entrer : «Avec le couvre-feu, nous fermons à six heures.»
— Le couvre-feu? Mais il est à neuf heures. Vous comptez large!
— Désolée.

J'espère que l'établissement ne bénéficie pas du chômage partiel, parce que franchement, ils n'ont juste pas envie de travailler.

J'ai continué sous les arcades de Rivoli. Angelina, pour la première fois. Ouvert jusqu'à sept heures et quart. Le café viennois est moins bon (plus fort), mais au moins, j'ai pu en avoir un.


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J'en reviens à davantage de gravité (j'aimerais l'éviter, j'aimerais par pudeur laisser cela dans les cales du blog, mais il me semble qu'il y a une obligation morale à publier ses convictions en ce moment).

Belle interview ce matin de Fatiha Agag-Boudjahlat ce matin: « Beaucoup on écrit pour dire à quel point Samuel Paty était un prof formidable. Ben j'vais vous dire, même si c'était le pire des profs, il ne méritait pas ce sort.»

Ouf, merci. Je ne supporte plus ça, je ne supporte plus que les victimes soient sur la défensive et doivent se justifier (Mila, Paty), je ne supporte plus les discours sur la liberté d'expression. On s'en fout. L'interdiction de meurtre est absolue, de violence physique aussi.

Futur

Déjeuné avec Domitille qui pourrait m'embaucher si ses projets se concrétisent.

— Finalement, je vais avoir le même boulot que Mme Fillon. (Impossible de me souvenir de son nom tant je l'ai appelé Pénélope).
— Non puisque toi tu vas travailler.

A suivre.
En attendant il faut que je me mette à jour.

La prière du Notre-Père, aperçus psychologiques et psychanalystes

Freud. Le père comme législateur (paternel) et protecteur (maternel).

— Les indigènes racontent aux jésuites avoir vu la Vierge, mais uniquement après que les jésuites leur en aient parlé. Avant, ils ne voyaient pas la Vierge. Je ne crois pas à une religion "naturelle".

Evidemment, vu comme ça, ça jette comme un doute (lol). La vidéo est ici.

Les tisanes ne sont pas ce que vous croyez

Je suis fan des tisanes Les 2 Marmottes, le fenouil, le thym et leurs noms délirants, 7e Ciel ou Peace Mémé.


Mais tout de même, avoir pour slogan d'un coffret de tisanes «Eveillez votre instinct aventurier !»… Tu pousses le bouchon un peu trop loin, Maurice.

Blanc

Au moment de se coucher, H. a pris la mauvaise habitude de consulter les news sur son téléphone. (Et idem au réveil). Ça m'agace un peu, mais bon, c'est pas si grave.
Et là, pendant que je me brosse les dents, il lit à voix haute : «un professeur d'histoire décapité devant son collège».

J'ai eu un blanc.
Ce n'est pas possible, j'ai mal compris. Devant les élèves? Avant les vacances? Ce n'est pas vrai.

— Qu'est-ce que tu dis ?
— Un professeur d'histoire décapité devant son collège.
— … Mais… comment c'est possible ?

Mais comment, concrètement? La hache, le sabre? C'est très difficile à faire. Comment c'est possible? Ce n'est pas vrai.

Et je lui en ai voulu d'avoir lu ça avant de nous coucher. Je lui en ai voulu de l'avoir appris, si nous ne l'avions pas su, cela n'aurait pas été vrai.

Pensée en vrille

Je partage si bien l'opinion de Scholem : «Je m’efforce de profiter des vacances jusqu’au dernier moment pour terminer mon travail» que je me suis surprise aujourd'hui à penser qu’il fallait que je prenne des vacances pour avoir du temps pour rattraper mon retard au boulot.

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Annonce d'un couvre-feu : plus personne dans les rues à partir de 21 heures en Ile-de-France et huit grandes villes.
Et zut.

Couleurs

Dans la formation Wordpress on nous fait jouer avec Coolors (appuyez sur la barre d'espace pour changer de palette).

Ça me fascine. Si j'ai bien compris (source: H.), il y a 256x256x256 couleurs (système hexadécimal). Et le plus fascinant, c'est que chacune a un nom.
C'est magnifique. 256 au cube noms de couleur.

Disparate

Moins j'écris moins j'écris. Forme de flemme, mais aussi mauvaise habitude d'écrire en regardant ou écoutant des vidéos ou des séries. Je me suis entichée de La fabuleuse Mrs Maisel que je regarde en boucle (Amazon prime) depuis trois semaines, pour les toilettes (mais que c'est joli, que c'est charmant), la musique, la folie douce, l'anglais très rapide, le féminisme et la politique américaine et internationale entre 1958 et 1960.
Enfin, en boucle; même pas : je lance un épisode, je regarde au hasard.

A Nanterre pour récupérer un téléphone pro tout neuf (tout est bloqué sur ce nouveau téléphone, je n'ai même pas accès à WhatsApp, ce qui pose quelques problèmes pour les groupes pro) et ramener à la maison l'ordinateur pro tout pourri qu'on m'a prêté en attendant une nouvelle bécane.

Ce soir, deuxième session sur le Notre Père, avec une intéressante réflexion sur la prière récitée (est-ce la disparition de la présence humaine au cœur du machinal ou la foi en quelque chose qui travaille?)
La première session est ici : le Notre Père, une prière chrétienne ? ).

Et puis, je ne résiste pas au plaisir de l'évoquer pour permettre à mon plus fidèle ennemi de m'insulter in petto avec force et sincérité, j'ai assisté par zoom à ma première assemblée territoriale EM!
Ce qui me frappe, c'est la représentativité en âges, en couleurs, en origines politiques et très souvent l'engagement de longue date dans des associations locale.

O. est retourné à Paris : sans doute un rhume, mais ni le médecin ni lui n'ont voulu prendre de risques : il faut protéger H.
Je soupçonne que ça arrangeait bien O.

Vol

H. me récupère vers 19h30 à Nanterre et nous décidons de dîner sur place: je l'emmène aux Gentlemen qui est mon restaurant de prédilection dans ce quartier.

Bonne cuisine, fatigue, soucis. Masques. Les gens sont souriants et attentifs, j'ai toujours cette impression de «profitons pendant que c'est de nouveau possible, pendant que c'est encore possible».

Quand nous arrivons à la voiture, je remarque du verre sur le trottoir. La petite vitre au niveau du rétroviseur a été cassé côté passager, le voleur a ouvert le coffre et emmené mon sac à dos que j'avais mis là, par flemme de porter le poids de mon ordinateur de bureau.

J'ai dû être observée au moment où je l'ai fait. H. ne dit rien mais je sais qu'il pense: «combien de fois je t'ai dit de ne pas laisser ton sac dans la voiture». (Il faut dire que cela lui est déjà arrivé il y a des années, en Belgique, et qu'il avait fait tout le voyage du retour avec la lunette arrière fracassée.)

Comme je ne suis pas une obsédée du téléphone, je viens de réussir à me faire voler mes deux téléphones, le pro et le perso, car je n'en avais pris aucun (pas de poche sur mes vêtements). Une clé de la maison, une carte bleue. Pas de papier d'identité, je me déplace très souvent sans, mais une carte navigo.

Debout sur le trottoir je fais opposition à ma carte bleue. Nous fourrons des plastiques et torchons dans le trou de la vitre et nous rentrons.

En arrivant H. remet le précédent barrillet sur la porte, celui qui ne permet pas d'ouvrir si une clé est restée dans la serrure de l'autre côté (c'est pour cela qu'on l'avait changé).
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