Je passe du temps sur Twitter.

J'y trouve cet échange d'un soldat russe avec sa mère, échange qui a été lu par l'ambassadeur ukrainien à la tribune des Nations-Unies. Je le traduis en français :
— Pourquoi as-tu mis tant de temps à répondre? Tu es vraiment en exercie?
— Maman, je ne suis plus en Crimée. Je ne suis plus à l'entraînement.
— Alors tu es où? papa demande si je peux t'envoyer un colis.
— Maman, qu'est-ce que tu pourrais m'envoyer comme colis? En ce moment, j'ai juste envie de me pendre.
— Qu'est-ce que tu dis ? Qu'est-ce qui se passe ?
— Maman, je suis en Ukraine. Il y a une vraie guerre qui fait rage ici. J'ai peur. On est en train de bombarder toutes les villes, tous ensembles. On vise même les civils. On nous a dit qu'ils nous accueilleraient à bras ouverts et ils se laissent tomber sous nos blindés, ils se jettent sous les roues pour nous empêcher de passer. Ils nous traitent de fascistes. Maman, c'est tellement dur.

J'avais le projet à l'équinoxe d'aller voir les nuits blanches de St Pétersbourg avec Sophie. Voilà qui est remis. Sophie a depuis un an ou deux une belle-fille russe. Je lui demande comment ça va, si elle a des nouvelles.
Réponse:
— Hélas, c'est indéfendable! Je suis très mal. Aux dernières nouvelles, la belle-famille de mon fils «ne comprend pas qu'on en fasse tant pour une opération militaire.» Et ma belle-fille dit que la nation n'est pas le régime.
Mais pour sa carrière, son image, etc…
Mon fils parle d'un «néo-maccarthysme» des médias. Bref, nous ne sommes pas dans le sens de l'histoire!

Ce soir en rentrant je découvre ce tweet qui parle de la protestation de Yelena Ossipova, survivante du siège de Leningrad.
Je pense à Alexievitch et Derniers témoins.


Sinon, j'ai fait mon entraînement d'ergo et H. est en train de regarder Top chef. Ce semblant de normalité est rassurant, même si ou surtout quand on sait que tout pourrait basculer très vite.