Divers

J'ai fini Le nazi et le barbier. Je ne sais pas trop qu'en penser. Il faudrait que je trouve le temps et le courage d'écrire quelques mots sur VS.

Scié le tronc du rosier grimpant (quatre centimètres de diamètre) mort depuis deux ans (c'est un tel crève-cœur) puis continué à ôter le bois mort des autres rosiers en écoutant la suite de Céleste Albaret. Cela ne sert à rien concernant la lecture de Proust, mais c'est plaisant, curieux. Elle est drôle dans sa défense de Proust et dans sa description du tyran. Il a vraiment eu de la chance de trouver ainsi quelqu'un qui a pu sans difficulté apparente s'adapter à une vie nocture et inverser le cycle circadien. On dirait presque qu'elle devient un membre de Proust, une main ou deux jambes supplémentaires.


Dans la série souvenirs de famille:
Je téléphone à ma tante, lui parle des Américains qui viennent, du ménage à faire. Nous plaisantons, elle me raconte un collègue à elle qui était allé chercher un chiffon et du lave-vitre et l'avait tendu à un invité qui plaisantait sur ses vitres: «tiens, vas-y, ne te gêne pas.».
Evoquant les personnes maniaques à l'intérieur impeccablement tenu, elle continue:
«Mais ça vaut pas la tante Germaine. Jamais sa belle-fille a dormi chez elle, parce qu'ils avaient un chien et que Germaine avait peur des poils. Je me souviens, elle se plaignait toujours qu'on n'allait pas la voir. Alors un jour la maman nous a emmenées toutes les trois. C'était toute une affaire, j'avais peut-être huit ans, Maryse sept et ta mère trois ans. Et puis ensuite, à l'arrêt du bus, il fallait encore marcher, et c'était loin, avec ta mère et ses petites jambes. Eh bien, quand on est arrivé, Germaine était en train de faire le ménage: jamais elle nous a laissé entrer. Il a fallu qu'on fasse demi-tour! Après, il paraît que ta mère, elle a dormi trois jours!» (Elle rit.)

Borgen

Jeudi férié, vendredi RTT obligatoire (il y en a deux par an, des ponts choisis par la direction), samedi, demanche: je regarde les trois saisons de Borgen1 sur Arte, une série danoise qui montre une femme accéder au pouvoir au Danemark. Alliances improbables, compromis chers payés, coups bas et problèmes personnels, le mélange est plutôt équilibré et intéressant dans le genre réaliste (on est à mille lieues de la politique fiction à la Designated Survivor où une catastrophe succède à un attentat sans reprendre soufle).

Dans le même temps je classe les photos sur mon ordinateur. Le but est d'éliminer les doublons et de les nommer de façon claire puisque je les recherche toujours à partir de leur nom.
Les années "Cruchons" ont été des années heureuses.



Note
1: si j'ai bien compris, borgen veut dire château, le lieu où travaille le premier ministre (pas de président, le Danemark est une royauté constitutionnelle (on ne voit jamais la reine dans la série)).

Google régresse

Il y a bien longtemps j'ai été formée à la recherche google et j'utilise la syntaxe de recherche avancée: un + devant un mot pour que ce mot soit obligatoirement dans les réponses ramenées par google, un - pour exclure un mot, des guillemets autour des expressions, site:tartempion.fr pour forcer la recherche dans le site tartempion.fr et filetype:pdf pour rechercher des pdf (par exemple: ou docx, xlsx, pptx, etc).

Je suis en train de classer des photos et de les nommer selon la règle suivante: date puis mots clé (les mots que j'utiliserai le jour où je chercherai la photo). Parfois je ne connais pas la date (j'ai la date où la photo m'a été transmise et non celle où elle a été créée) et je fais des recherches dans ce blog pour dater la photo.

C'est ainsi que j'ai découvert à mon grand effarement que la recherche avancée google ne fonctionnait plus : elle ne fonctionne que sur la première page; dès qu'on passe en seconde page, les réponses ne tiennent plus compte de la syntaxe de la question, mieux même, la syntaxe est effacée.

Exemple de recherche avancée (dans la barre de recherche Google): +facebook +france +organigramme filetype:pdf (tentative de trouver l'organigramme de FB en France (on peut rêver. Il arrive que cela fonctionne, quand le document a été déposé par une personne inexpérimentée sur un intranet mal protégé.))
La première page de réponses Google conserve les termes de cette recherche. On remarque cependant que puisque rien ne répond à la question, Google remonte des réponses approchantes que je qualifierais de fausses, dans la mesure où les + devant les mots signifient qu'ils devraient se trouver dans la réponse. Avant (il y a longtemps, six mois, un an? davantage?) Google ne présentait rien quand il n'avait rien. Maintenant il propose au petit bonheur la chance.
La deuxième page transforme la recherche en [facebook france organigramme filetype pdf]. Ce n'est plus du tout la même recherche. Les réponses n'ont plus grand chose à voir avec la demande de l'utilisateur.

En résumé, lors de recherches un peu tricky sur Google, il n'y a plus qu'une seule page de réponses respectant les termes de la recherche .

Commentaire de H. : Normal, comment tu veux qu'il te vende de la pub en rapport avec leur contenu si tu restreins trop la recherche.

Hourra !

C'est la semaine (notez le progrès par rapport aux trois années précédentes où c'était un mois entier) où le RER A est fermé. Cette année, c'est entre Vincennes et Auber.

Je travaille chez moi, je ne vais que rarement au bureau, une à deux fois par semaine. Chemin classique hier, ligne 1 gare de Lyon puis RER A à la Défense; aujourd'hui départ d'Olympiade (après décapotable et croissant paresseux au café), sortie à Madeleine et marche jusqu'à Auber (ce qui m'a permis de découvrir une boutique Ekyog, la marque qui avait fermé sous notre nez à St Brieuc et que nous pensions cantonnée à la Bretagne).

Si aujourd'hui j'y vais, c'est que doit avoir lieu la bascule de la compta hébergée sur nos postes à une compta totalement déportée, hébergée chez le fournisseur du logiciel: je ne dépendrai plus des informaticiens techniciens absolument indifférents à la mutuelle, refusant de consacrer les deux heures annuelles nécessaires à la mise à jour des versions du logiciel.
J'étais un peu inquiète le matin, craignant un os du type "il nous faut absolument un mot de passe administrateur", mais tout c'est bien passé: hourra, nous sommes libres et indépendantes, nous ne dépendons plus de ce bunch of dummies!!

(Maintenant il me reste à payer la facture 2018 de refacturation interne en en déduisant le coût des informaticiens qui n'ont jamais fait leur travail. Incroyable que nous n'ayons jamais été relancées pour cette facture qui dépasse les deux cent mille euros (elle porte sur bien d'autres choses que les deux heures d'intervention informatique: je veux juste ne pas payer le montant exact afin de gêner le lettrage automatique et gripper le système).

Sur Arte, La Fiancée du pirate puis le début de Rubber (mais qui m'en avait parlé?)

Dîner chez Roberta. Pizza aux truffes. Il fait frais.

Mystère postal

Aujourd'hui je suis allée travailler au bureau, en partie pour relever le courrier et y répondre. Une grosse pile de NPAI (n'habite pas à l'adresse indiquée) m'attendait. Lenteur: lettres postées le 3 janvier, revenues à l'expéditeur le 12 août.

Etrange : une lettre postée le 3 janvier à l'intention d'une adhérente décédée le 11 février nous revient le 12 août. Où était cette lettre entre le 3 janvier et le 11 février? Il faut bien admettre qu'elle n'a éte distribuée qu'après la mort de la vieille dame, au moins une semaine, quinze jours après, le temps que les héritiers relouent l'appartement ou la maison, fassent disparaître son nom de la boîte à lettres.
Et ensuite? Où était-elle entre le 20 février et le 12 août? Quand les lettres ont-elles été réellement distribuées?

Violence, armes et jeux vidéos

Il y a quelques jours, O. était heureux de nous apprendre qu'on parlait «enfin positivement» de l'e-sport, comprendre: des jeux vidéos. Leurs résultats sont désormais régulièrement repris par L'Equipe qui rapporte également le passage d'un commentateur phare d'une plateforme bien connue à une autre confidentielle (pour combien de dollars ?)

Hier soir O. était tout dépité: «sur Twitter, la moitié de ma TL [time line: fil d'actualité] parle du nouveau Fortnight, l'autre de la fusillade d'El Paso et de la violence des jeux vidéos. Comme si c'était les jeux et pas les armes qui étaient responsables.»



*****

A conserver : un article qui rappelle (qui m'apprend) que la NRA était pour le contrôle des armes quand c'était les Black Panthers qui s'armaient.
Fun fact : depuis que Trump est au pouvoir, les ventes d'armes ont baissé de 20% : comme la population ne craint pas de se voir priver d'acheter des armes, elle ne se précipite pas dans les armureries.

Projets de jardin

Six heures du matin. Il fait frais. Je n'ai pas écrit ici depuis deux mois, depuis la fin de mon arrêt maladie (et pas beaucoup la dernière semaine de celui-ci, si je me souviens bien). Je vais tenter de combler les vides.
Il fait frais, il fait gris comme toute aube. Je devrais sortir pour arroser. Il y a beaucoup de travail au jardin: les roses à couper, les arbustes morts à évacuer. Même les framboisiers et le romarin ont des branches sèches.

Notre épicéa malade sera coupé à l'automne. Je ne pense pas le remplacer (à moins d’un sorbier des oiseaux?) mais plutôt tenter une pergola sur la terrasse, ce qui ne sera possible qu'après avoir repeint la façade. Glycine ou bignone? Pas de jasmin ou de chèvrefeuille hélas, trop de risque d’allergie au parfum.
Comme il faut le temps que les plantes poussent, il faudra absolument s’occuper de la façade au printemps, pour ne pas perdre un an.

Je voudrais aussi planter des plantes pour insectes et oiseaux. Je mets le lien ici, pour mémoire.
Dix plantes recommandées: tournesol (helianthus sp.), digitale (digitalis sp.), thym (thymus sp.), lavande (lavendula sp.), chèvrefeuille (lonicera sp.), sorbier des oiseleurs (sorbus aucuparia), sédum remarquable (sedum spectabile), buisson ardent (pyracantha sp.), vinette (berberis sp.), salicaire commune (lythrum salicaria).

Il faudrait aussi que j’écrive les dernières cartes «de Bretagne» (après tout, cela ne fait guère qu’une semaine que nous sommes rentrés...) Il faut, il faut, il faut. Je n’aime pas ce verbe.

Conversations diverses

— Ce qui m'a un peu déçue, c'est qu'AC ne m'a pas demandé l'adresse de "mon" site quand je lui ai dit que j'en avais monté un de A à Z.
— C'est qu'elle s'en fiche.
— Je sais. C'est bizarre. Moi ça m'aurait intéressée si elle m'avait dit ça.
— Les gens s'en fichent en général.
— Je sais. Ce que je ne comprends pas, c'est pourquoi elle a beaucoup d'amis alors qu'elle s'en fiche, et que moi je n'en ai pas alors que je ne m'en fiche pas.
— C'est qu'elle est charmante.
— Et pas moi?
— Non.

Les gens préfèrent les gens charmants aux gens attentifs. Cela me déçoit toujours un peu, un peu pour moi, davantage pour eux: cela ne donne pas une bonne image d'eux, de préférer le paraître à l'être (ce qui me les rend indifférents, à vrai dire: comme le monde est bien fait).


Coup de fil: «Allô, M. X? — Non, je suis sa fille. — Ah oui, je vois que votre numéro est celui de la personne à prévenir en cas d'urgence. Votre père a perdu son portefeuille dans la galerie marchande de xxx.»
Gens charmants et attentifs.
Cela m'a permis d'apprendre que j'étais la personne à contacter en cas d'urgence.


— Et toi, tu veux donner tes organes ? Tu veux être débranché ?
— Après un an sans signe d'activité cérébrale, on peut me débrancher. Mais sinon, il y a des gens qui se réveillent au bout de trente ans…
— Certes. Mais si tu te réveilles dans trente ans, tu en auras plus de quatre-vingts…
— C'est sûr que vu comme ça…

(Rééducation musculaire à quatre-vingts ans après trente ans d'immobilité… je me demande si c'est même possible.)

*****


Fini Dark, série allemande sur Netflix. Une série nietzschéenne sur l'éternel retour (les retours perpétuels, en boucle) et l'impossibilité d'y échapper à cause de nos désirs (souhaits, rêves, aspirations) les plus profonds.
Si noir que cela finit par en être agaçant.

Journée en famille

Il s'agissait de fêter avec quelques jours d'avance l'anniversaire de mon père (mais comme en janvier pour celui de ma mère, nous n'avons pas pris de photos de groupe : dommage. Il faut que j'y pense la prochaine fois).
Ma soeur est arrivée vers midi avec sa benjamine, il ne manquait que A. et mon autre nièce. C. était présent avec "son pacs" (ma bru! les mots féminins en u prennent un e sauf bru, glu, tribu, vertu. Quel mot mystérieux appris grâce à M. Bled en CM1 ou CM2. Enfin je peux m'en servir).

Conversation générale et bruyante (le salon fait écho, il faudrait un tapis plus épais), c'était fun. "Ma bru" a des origines polonaises, du côté des lacs de Mazurie, justement. Sa famille parle bien le français car elle a vécu… au Cameroun. C'est inattendu et me fait penser à un article de La mer dans une goutte d'eau.

Retour de Pologne

Visite chez ou à mes parents. J’avais comme résolution d’y aller tous les mois ou tous les deux mois; j’ai mis du temps à comprendre qu’avec les entraînements d’aviron ce n’était pas possible et qu’il fallait que je pose des jours pour ce faire (d’où la tentative avortée ici).
Bref, je n’y suis pas allée depuis leur voyage en Pologne au printemps.

Maman me raconte les visites à la famille, je me perds un peu mais je comprends que la cousine venue en France est fâchée avec une partie des tantes et cousines et que mes parents se sont trouvés dans la situation délicate et non préméditée de l’entraîner chez des gens auxquels elle n’avait pas parlé depuis des années; brouilles à base de «il est venu chez moi et pas chez toi; il t’a salué et pas moi», tous ces milliers de signes qui interprétés défavorablement (et parfois à juste titre — mais pas toujours) font les brouilles les plus cimentées.

Elle me montre des objets et me raconte l’origine de leur acquisition et je pense au début de Cent ans de solitude: «tu devrais écrire ces histoires et les mettre en étiquette aux objets pour que tout cela ne soit pas oublié» — mais je ne suis pas sûre qu’elle m’ait prise au sérieux alors que je l’étais.

Elle me montre une impressionnante photo d’eux deux devant un chêne: le tronc est si large qu’il déborde de chaque côté (un mètre vingt de diamètre?), on dirait un séquoia. Elle me donne une autre version de «les Polonais coupent la forêt primaire» que j’ai rencontrée sur internet: les conifères (certains conifères) sont malades, araignées rouges, les Polonais souhaitent les couper pour stopper l'infestation mais on le leur interdit, ce qui fait que la maladie gagne. Où est la vérité? Sans doute un peu des deux, je suppose.

Papa est remonté à bloc et prépare déjà un prochain voyage: Gdansk, les lacs de Maurice, la Lituanie, Saint-Pétesbourg («mais c’est loin». Oui certes, pour ma part je n’envisage pas ça en partant de la maison, mais de Varsovie en louant une voiture), il déborde d’idées. Dommage que nous n’ayons pas la même façon d’envisager la vie et qu’il nous soit donc impossible de voyager ensemble, car ce programme m’enchante.

Double paradoxe

Inscription sur un tee-shirt :
Brexiting : telling everyone that you are leaving the party, but you don't know what to do and continue to stay here.
Theresa yelled that she was leaving, but actually she was just brexiting in the hall1.
— Quel paradoxe, brexiting, c'est finalement le contraire de filer à l'anglaise.
— De toute façon, les Anglais ne sont jamais entrés dans l'Europe.
[Silence pour soupeser les implications de cette phrase]:
— Tu veux dire qu'ils n'arrivent pas à en sortir parce qu'ils n'y sont pas entrés ?




Note
1 : Brexiting : dire à tout le monde que vous quittez la soirée, mais vous êtes désemparé et vous restez là.
Teresa hurla qu'elle partait, mais en réalité elle ne fit que brexiter dans le hall.

Urgences

Lorsque je rentre du marché, H. est en train de m’attendre: «je crois que j’ai une nouvelle crise. Je reconnais bien la douleur».
Colliques néphrétiques.

Difficile d’évaluer la douleur quand c’est un autre qui la ressent, donc difficile d’évaluer la gravité de la situation.
Est-ce que j’annule la visite à mes parents, est-ce qu’il vient avec moi? Les trépidations de la voiture pourrait aider à faire descendre le caillou, mais je ne me vois pas conduire avec H. hurlant de douleur à mes côtés (la douleur des autres me fait paniquer. L’impuissance me fait paniquer.) Je ne tiens pas non plus à partir seule et à le laisser à la maison dans cet état.
Urgences ou pas urgences? Ce qui plaide contre, c’est qu’ils ne feront pas grand chose un dimanche — à part donner des anti-douleurs — ce qui plaide pour, c’est le risque d’infection, surtout par une telle chaleur (déshydratation par peur de boire par peur d’avoir mal).

En fin d’après-midi H. craque: j’appelle mes parents pour décommander ma venue et nous partons aux urgences.

Dimanche soir. Pas trop de monde. La clim est si froide que les gens s’en éloignent au maximum. Nous rentrons avec une ordonnance pour un scanner le lendemain.

Encore une AG

La huitième, et j'espère, l'avant-dernière. Elle fut bâclée de chez bâclée puisque personne, ni salariés (qui doivent débadger pour venir) ni retraités (qui ne viennent plus depuis que nous sommes à Nanterre), n'étaient présents.
Je suis revenue à mon bureau avec une envie de pleurer. (Allons, secouons ce blues, il faut oublier tout cela, passons à des choses plus enthousiasmantes.)

Vu Parasite à la Défense. Un croisement entre les Gilets Jaunes et Les Félins. Le bruit et l'odeur — sans le bruit. Des personnages attachants et une absence d'issue.
Comme à chaque fois que je commence à me désinvestir d'un boulot, je retourne au cinéma.

Passé chez Mariage rue des Grands Augustins (Mon but initial était Ladurée à la Madeleine mais la ligne 1 a été fermée sous mon nez: les agents étaient en train de poser un ruban de plastique sur les portillons quand je suis arrivée pour les franchir. Donc RER A puis B et Mariage.)

A vélo jusqu'à la Butte-aux-cailles. Rues désertes, il fait réellement très chaud. Sandwich dans les locaux d'H., rentrés par Athis-Mons le long de la Seine dans le soir qui tombe. Ces deux heures décapotées, matin et soir, donnent un air de vacances à toutes mes journées.

Mémoires d'Outre-Tombe tome 1

Pour la première fois depuis que j'ai repris le travail, nous prenons la voiture à sept heures pour petit déjeuner à huit près de Tolbiac. Croissant et chocolat, The Dark Side of the Moon en musique d'ambiance, ce qui fait que j'écris cela en écoutant Youtube.

RER A 8h30 environ.
La dernière fois que j'avais vu lire ce livre, c'était un pompier surveillant les toits du Mont-Saint-Michel (septembre 2015 ?)

Un esprit non soupçonneux

Je fais partie du bureau de l'association sportive des entreprises du groupe. Nous avions organisé un déjeuner pour Laurent, le salarié de l'association, qui part à la retraite après quarante-huit ans dans le groupe (et la même entreprise) (comme il a un an de vacances à prendre qui génèrera trente jours de congé supplémentaires et des RTT, il partira avec quarante-neuf ans de carrière).
Cela aurait dû être surprise — nous tous l'attendant au restaurant où l'entraînerait sa collègue sous un faux prétexte — mais il y a eu incompréhension et maladresse et plusieurs se sont retrouvés à midi à papoter dans les locaux de l'association.

Le plus extraordinaire, c'est que Laurent n'a rien trouvé étrange: il voit arriver cinq administrateurs à peu près au même moment, dont deux de Bordeaux, et sa seule réaction est «je suis désolé, il faut que nous partions, Clara a gagné deux places au restaurant et nous allons être en retard. […] Bon allez, à bientôt, enfin peut-être pas, parce que je pars en congé à la fin du mois et je ne reviens pas…»

Et il s'apprêtait à partir car il déteste être en retard.


Restaurant sur le lac au bois de Boulogne. Beaucoup ri et sans doute un peu trop bu pour mon entraînement à l'ergo du soir. Fourbue.

Barbecue

Le premier de l'année — avec les voisins.

Une bouteille de Côte-rôtie, ce qui est peut-être un peu riche pour boire avec des andouillettes.

Concert

Dîner dans le soir qui tombe au café des Concerts à deux pas de la Philarmonie.

— A quoi ça sert de dîner en terrasse s'il n'y a même pas de jolies demoiselles à regarder?
— Ce n'est sans doute pas le bon concert.
— Je vais changer de concert.




Messe en si de Bach. Raphaël Pichon et le chœur et orchestre Pygmalion.
Mention spéciale à Anneke Scott au cor et Julien Léonard à la viole de gambe.
Je vais regarder la vidéo avec soin car le choeur a changé de disposition au cours du concert et je ne l'ai pas vu faire. C'est très pertubant quand on s'en rend compte.

Vincent Lambert

Faut-il ou non cesser d'apporter des soins à un homme dans le coma depuis dix ans?
Son épouse dit oui, ses parents disent non; la justice consultée dit oui, puis non, etc, selon les instances consultées.
(Que dit l'I.A. ? Il paraît que les machines font des pronostics sur les chances de réveil à partir de la concaténation des cas déjà survenus. J'aurais tendance à avoir confiance dans ce genre d'analyse.)

Deux souvenirs.
Je pense avoir déjà parlé du premier. Quand j'ai commencé à travailler à la GMF en 1990, j'avais un collègue qui venait d'avoir un bébé mal formé. Cela n'avait pas été détecté à l'échographie, cela n'avait pas été détecté à la naissance. Mais le bébé ne grossissait pas on avait fini par diagnostiquer qu'il n'avait pas d'œsophage ainsi qu'un cerveau atrophié.
Comme on ne s'en était pas aperçu tout de suite et puisque le bébé ne grossissait pas, à la première hospitalisation il a été nourri par une sonde, ce qui compensait le problème de l'œsophage — dont on ne savait pas encore qu'il manquait ou était insuffisant.

Souvenir de lecture : mon grand-père était abonné au Reader's digest. A l'américaine, cette revue aime beaucoup les récits de persévérance et réussite dans l'adversité. Je me souviens du récit de trois naufragés dans le Pacifique. La surface du radeau ne permettait d'accueillir que deux hommes, donc l'un des trois restait dans l'eau et ils se relayaient régulièrement.
Cela a duré des jours. Je ne sais plus combien de temps mais c'était impressionnant, bien plus qu'il ne paraissait possible. Et lorsqu'on leur avait demandé comment ils avaient tenu, ils avaient répondu: «Une fois que nous avions commencé, nous ne pouvions plus abandonner. Nous ne pouvions pas laisser mourir celui qui était dans l'eau.»

C'est toujours à cela que je pense lors de ces dilemmes. J'avais posé la question à Pascal quand il m'avait dit que le bébé était condamné: «Mais vous ne voulez pas le débrancher?» (il était possible d'en discuter car il était dévasté mais rationnel, il en parlait). Il m'avait répondu: «Comment veux-tu faire? Ce serait le laisser mourir de faim, on ne peut pas faire ça.»
Et non, on ne pouvait pas. La famille vivait le drame, l'équipe hospitalière avait interdit à la mère de voir son bébé car cela la bouleversait et elle devait conserver des forces pour s'occuper de ses deux autres jeunes fils. Le bébé a mis huit mois à mourir.

Je pense aux naufragés : une fois qu'on a commencé, comment arrêter? Débrancher quelqu'un qui respire artificiellement et donc cesse de respirer quasi instantanément, oui, mais condamner quelqu'un à mourir de faim ou de soif?

Journée avachie

Je commence à avoir passé trop de jours chez moi, il est temps que cela se termine. Limoncello et chips à la truffe.

Lu WWII - Histoires de guerre d'Hugo Pratt, la réimpression de douze comics édités en Angleterre après la deuxième guerre. J'avais acheté ce livre à la Pinacothèque en 2011 lors de l'exposition Hugo Pratt. Cette lecture fait donc partie du projet "lire sa bibliothèque avant de mourir".

Reçu des ballerines très souples : le pied droit entre difficilement mais j'ai ainsi une allure humaine. Je pourrai reprendre le travail sans moon boot (soulagement, fierté sauvée).

Dans la soirée, vidé quatre ou cinq cartons de poches et réorganisé les étagères. Quelle chance réelle y a-t-il que je les lise tous? Beaucoup ne m'intéressent pas, je n'ai pas vraiment envie de les lire, je les garde par amitié, nous avons développé des liens réciproques depuis le temps que je les regarde (oui, je passe du temps à regarder mes livres comme d'autres regardent leurs fleurs, ça me détend). Et puis ils peuvent intéresser d'autres lecteurs.

Je découvre que j'en ai en double, le tome I de L'Homme qui rit en Garnier Flammarion, Rimbaud en Folio. D'où viennent-ils?
Quelqu'un veut-il un Malices de Plick et Plock? (en double aussi)

Non, je me suis trompée : je donne un Idée fixe du savant Cosinus.

Options

Etabli un récapitulatif de différentes options : passer à 80% ou prendre un congé sans solde pour travailler en indépendant, changer d'entreprise (mais je ne crois plus beaucoup à cette option, ni à celle de trouver un autre poste dans la même boîte).

Le problème est de s'être habituée à une certaine aisance financière.

Pop

Bonnie Tyler à l'Olympia. Emouvant.

Langelot et le Présidentissime (1978)

C'était le dernier qu'il me restait à lire.

— C’est tout de même tout le temps la même chose, les Langelot.
— Oui, comme Agatha Christie ou San-Antonio : trois ou quatre trames. Et tu lisais ça à dix ans, tu en as cinquante.

Si l’on considère que Ralph König est accusé de transphobie et racisme (des grosses lèvres? Reiser et Wolinski ont disparu à temps), il faut en conclure que certains Langelot seraient impubliables aujourd’hui. Ils seraient considérés comme colonialistes ou paternalistes. D’ailleurs ils le sont sans doute (la défense des intérêts de la France en Afrique et en Outre-Mer), mais cela a-t-il davantage de sens que de juger Shakespeare ou Mozart avec des critères féministes?

Test terminé

Problèmes de php résolu (version de php d'ovh non compatible) et retour au rose car je n'en pouvais plus du jaune.
Toutes les photos depuis l'origine sont rétablies (elles n'étaient plus disponibles depuis un ou deux ans et j'en mettais à jour de temps en temps.)

Vous pouvez tester le rss.



Test d'image :

Déception

Fini la saison 4 de Lucifer. Elle n’est pas du tout raccord avec les précédentes. Pas le glamour, pas la finesse, des trois premières : ont-ils perdu un scénariste? Le côté crise identitaire et acceptation de soi-même sur fond d’Amicalement vôtre a disparu, il ne reste que des grosses ficelles holywoodiennes de démon malheureux.
Dommage.

(Donc ne regardez pas la 4).

Les anges

Je viens de comprendre que si Lucifer se passe à Los Angeles, c’est que Los Angeles signifie « les anges ». Cela m’aura pris quatre jours.
La série est juste magique. Lucifer et Caïn. C’est grand. Suis-je le gardien de mon frère? (conférence de Hans Jonas. Il est sûr que je projette beaucoup de choses dans cette série).
Plus la série avance plus je pense au Maître et Marguerite. Le principe de la culpabilité again and again, comme le mouchoir toutes les nuits, et la compassion. Une série entièrement sur la compassion — ou la définition de l’humain: qu’est-ce qui nous définit comme humain?
Je suis vraiment impressionnée (à cela près que Caïn est une erreur de casting: vraiment trop beefy.).

Asile de fous. Un homme se prend pour Dieu. (Rappel: Lucifer est une série policière.)
L’inspecteur : — On vient de trouver l’assassin de dieu.
Lucifer, surpris : — Nietzsche ?

Reçu les trois derniers Langelot avec les bonnes couvertures : la collection est complète !

Dernier cours de grec

La professeur annonce une nouvelle qui me navre et me met en colère : il est fort possible qu'il n'y ait plus de cours l'année prochaine car celui-ci est trop dérogatoire par rapport aux règles académiques: il n'est pas calé sur un semestre, il est ouvert à tous et ne fait partie d'aucun cursus, il ne donne pas lieu à une évaluation.
Pourtant la prof a fait des efforts cette année qu'elle travaille à Genève: elle se fait simplement rembourser ses billets de train et ne réclame aucun salaire (si j'ai bien compris, cela ne vaut pas la peine avec l'imposition suisse). Est-ce que l'ICP va réellement laisser partir, ou pire inciter à partir, cette perle rare, érudite et vivante, qui organise des colloques au Collège de France avec Carlo Ossola?

Est-ce mon dernier cours de grec? Je vais tout oublier si vite. Je ne me vois pas travailler avec quelqu'un d'autre. Déjà que je travaille si peu. Personne n'arrivera à me donner l'envie.

Remarque : parmi les raisons inavouables de l'arrêt de ces cours par l'institution il y aurait celle-ci (dixit la prof): que les laïcs et même les sœurs n'intéressent pas vraiment la catho: ce qui l'intéresse, ce sont les frères ou les prêtres qui vont faire des thèses et être connus et reconnus ce faisant.
J'ai pensé à Jean-Marc et à sa colère.

Neil Gaiman

J’ai réfléchi pendant la nuit : cette série n’est pas chrétienne, on ne parle qu’Ancien Testament (avec cependant des églises parce que c'est sans doute plus mainstream qu'une synagogue). Donc les scénaristes doivent être juifs.

Vérification : effectivement, et le scénariste est Neil Gaiman, plutôt athée (suppose que les chances qu'il y ait un Dieu sont de 50/50), élevé dans une ambiance scientologue et juive (!!??) Je connais Gaiman à travers la bibliographie de Pratchett.
Apparemment lui-même est un grand admirateur d’Alan Moore, qui est pour moi une référence (alors que je n’apprécie pas spécialement Pratchett (peut-être qu’il faudrait que je réessaie)). Donc il faudrait que je lise The Sandman.

Lucifer

Que le diable puisse éprouver de la culpabilité. Qu’il consulte un psychologue (une thérapeute : ce mot est bien meilleur, il permet de ne pas choisi entre psychiatre et psychanalyste): «vous avez un pb d’identité. Qui pensez-vous que vous êtes?» Mais comment vont-ils tenir quatre saisons avec des équilibres si fragiles entre humour, références bibliques et clin d'œil (exemple: une étiquette Prada entrevue une seconde)?
Ce que j’aime, ce sont les dialogues, le vocabulaire, la grammaire. Jamais entendu autant de may I, shouldn’t we. Et des mots comme scintillating. C’est si plaisant.

Reconnaissons cependant que les enquêtes policières sont simplistes et ne sont là qu'en prétexte.

La série essaie de sauver Lucifer, tout en reprenant l’obsession cinématographique américaine: le père, l’image du père, l’ombre du père. De Star Wars au Roi lion en passant par Top Gun ou Le parrain, le cinéma américain ne parle que de ça, du père, celui auquel on veut ressembler ou celui auquel on veut échapper. Et maintenant, Lucifer.

Vite fait

Alice est en train de devenir alicedufromage.eu, mais ça prend un peu de temps (apparemment le https n'est pas si simple).

Donc juste un petit mot, en particulier pour Didier qui paraît fan de Netflix :
- Designated Survivor, qui me fait penser à Coluche parlant de Roger Gicquel : tout le malheur du monde sur ses basketts. Mais la flic est bien. Je suis frappée du nombre de séries qui impliquent que la menace n'est plus extérieure (russe ou islamique) mais domestique (l'extrême-droite).
Sutherland est passé de «il faut protéger ma famille» à «je crois en mes compatriotes américains, unis nous allons y arriver». Au moins une fois par épisode.

- Lucifer commencé à l'instant. Plutôt amusant, surtout dans un contexte où je lis Adolf Gesché sur le mal.

Sur arte : Il revient quand Bertrand?. Court, français et plutôt amusant à partir d'une idée très mince.

Quel pied !

Vu le chirurgien. Tout va bien. Cependant il m'a fait peur : «Oui, le pied reste gonflé trois à six mois après l'opération, c'est normal.»

Normal? Mais il ne m'avait pas prévenue! Comment vais-je aller travailler? Je ne peux enfiler aucune chaussure, d'une part parce que je ne plie pas l'avant-pied (au niveau orteils-plante de pied), d'autre part parce que le pied est trop gonflé.
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