Soulagement

Initiée ma collaboratrice à Sendinblue. Je suis contente de cet outil d'envoi de mails en masse, il est assez intuitif. (Difficile d'envoyer de nombreux mails sans passer par un outil de ce genre: les serveurs vous blacklistent comme spammeur).

Ramé sur une Seine très haute. Nous étions cinq. Péniches, remous et pluie ont eu raison de notre détermination. Je suis rentrée trempée.


Puisque mon supérieur hiérarchique se lave les mains de la suite, j'ai sollicité une entrevue avec le président de la mutuelle. N. est toujours aussi élégant et accessible, moralement et professionnellement. Il m'a appris ce qui était prévu pour me remplacer (incrédule en apprenant que je ne savais rien «Z ne t'a rien dit?»), je lui ai fait part des gros dossiers et lui ai donné des pistes pour assurer la transition s'ils ne trouvaient pas de remplaçant à temps (quinze jours que l'offre de poste devrait être parue, il lui a échappé un «dès que X. se décidera à se remuer…» Mais quelle bande de feignasses.) L'une des difficultés est que mon adresse mail sert d'accès à beaucoup de sites officiels (comme les impôts, par exemple) et qu'il faut décider de laquelle je mets en remplacement.
Ce soir je me sens plus tranquille: il va être possible d'organiser une transition propre.

A Nanterre

A Nanterre pour l'avant, ou l'avant-avant, ou l'avant-avant-avant dernière fois.
J'y vais pour poster des lettres : impression, timbres, c'est plus simple ainsi.
J'ai posté mon futur contrat de travail.

Partis ensemble, H. et moi. Il testait pour la première fois le trajet jusqu'à Bois-Colombes, où il a un client en passe de devenir son employeur. On pouvait difficilement rêver plus compliqué d'accès à partir de Moret (je pense à cet ami toujours surpris par nos choix insensés. Il n'y a pas d'explication rationnelle à ce phénomène).

H. est revenu en passant par Yerres récupérer sa voiture (laissée à O. quelques temps). J'en ai profité pour ramener de mon côté les livres en attente au bureau.

Et donc, en grande partie pour Dominique qui un jour a voulu savoir ce que je transportais:
- Julien Green, Dixie, réservé par Patrick,
- Wole Soyinka, Cet homme est mort, car je garde à jamais le souvenir de ma honte quand un client de la librairie Mollat m'a dit incrédule «Vous ne connaissez pas Soyinka?» (celui-ci venait d'avoir le prix Nobel de littérature)
- Peter Handke, Le Chinois de la douleur
- Thomas Wolfe, L'ange banni
- Donald Westlake, 361
- Donald Westlake, Les sentiers du désastre
- Donald Westlake, Le paquet (j'ai un faible pour Westlake: enfin un polar américain qui ne se prend pas au sérieux)
- Charles Bukowski, Nouveaux contes de la folie ordinaire (pour savoir enfin ce qu'il raconte, au delà de ses contempteurs)
- Charles Bukowski, Contes de la folie ordinaire (les deux aux éditions Sagitaire: pas sûre qu'elles existent encore)
- Dino Buzatti, Le rêve de l'escalier
- Dino Buzatti, Le régiment part à l'aube (Buzatti, c'est l'hommage au père d'une amie italienne quand j'étais en seconde)
- Dino Buzatti, Le désert des Tartares (je vais donner mon poche)
- Toni Morrison, La chanson de Salomon (parce que Morrison, sa puissance)
- Göran Tunström, Le buveur de lune (parce que j'aime Le voleur de Bible)
- M Malinski, mon ami Karol Wojtyla (un livre rescapé: je voulais le donner, au dernier moment j'ai décidé de le lire d'abord, pour juger)
- Benoît XVI, La charité dans la vérité (idem. Un livre est toujours plus facile à lire que sa version en ligne)

Tout cela était lourd. Je continue Le grand incendie de Londres. Emotion du voyage à Londres. Dans le train, deux jeunes gens discutent. L'un raconte notre situation: «j'en ai marre de faire le tampon entre X [son frère] et mes parents.»

Soulagement: investiture de Joe Biden sans incident.

Chez le coiffeur

— Vos cheveux tombent en ce moment ?
— Oui, mais pas en ce moment: depuis treize ans.
— Treize ans? Ça va, il en reste.
— Oui, ils poussent vite. Huit milimètres en trois semaines, ça se voit bien avec les cheveux blancs.

C'est à ce moment-là que je me suis dit que mes cheveux aimaient vivre vite.

Mauricette

Cela faisait plusieurs fois que je croisais ce prénom sur la toile et j'avais cru à une appellation générique désignant du vintage ou de l'obsolète (les deux faces d'une même réalité), comme Simone, la voix de la SNCF, qui aurait pu aussi s'appeler Jessica ou Cessyle, au gré des marketteux (mais qui s'appelle peut-être réellement Simone, c'est le plus beau).

Eh bien non, Mauricette existe, et plus important, elle est vivante, je l'ai appris ce matin en écoutant la radio: Mauricette, c'est la première Française vaccinée, le 27 décembre dernier. Des rumeurs ont couru sur sa mort dès le lendemain. Tout les matins vers 8h20 RTL consacre quelques minutes à démonter une fake news ou des chiffres bidonnés.
Ce qui m'a intéressée ce matin, c'est que le journaliste a précisé que de nombreuses personalités sont intervenues, dont le maire de Sevran, pour démentir cette rumeur.

Trump aura au moins servi à cela: après les événements du Capitole, plus personne ne croit que les fake news sont inoffensives (ce qui était vaguement mon cas: laissons dire, quelle importance, les stupides seront toujours stupides, etc.).
Elles ont des conséquences, et si la vérité finit toujours par triompher (phrase qui n'est qu'un acte de foi, car comment savoir qu'elle n'a pas triomphé si l'on ne connaît que la version mensongère sans savoir qu'elle est mensongère?), il vaut mieux la faire triompher tout de suite plutôt que laisser se développer tout un ensemble de catastrophes qui auraient été évitables (cf. le film des frères Coen Burn after reading et son dernier dialogue: «— Qu'avons-nous appris? — Rien»; un film désopilant ou désolant par sa bêtise constante (une spécialité des frères Coen)).

Rangement

Aviron le matin après avoir hésité (la forêt sera-t-elle praticable?)
Mais tout a fondu et il fait doux, bien moins froid que la semaine dernière.
Très contente de moi car j'ai fait trois tours (neuf kilomètres). Sans doute le fait de découvrir la semaine dernière en étudiant le plan du plan d'eau dans le hall que deux tours ne faisaient que six kilomètres a-t-il joué. A titre de comparaison, le week-end à Melun j'en faisais quinze et le midi à Neuilly huit (pas le même temps disponible).
Après le premier confinement j'étais lourde et m'essouflais, après le deuxième, je suis légère et démusclée. Il faut que je suive sérieusement le programme Tabata, que cela devienne une habitude avant de prendre mon nouveau poste en mars.

Seine vue du ponton du club d'aviron ANFA


Cartons l'après-midi. J'en ai moins fait que je n'espérais, butant au huitième (sur les neuf que je visais) sur un carton plein de photos, de l'époque argentique, photos souvent sans date qu'il faut remettre dans l'ordre et identifier — et en jeter un bon nombre, les laides, les doublons, les inutiles, les inconnues.
Je ne vais pas me lancer là-dedans maintenant, cela attendra mes soixante-dix ans. Il faut que je leur trouve une place. Ce sera pour le week-end prochain.

Je fais la vaisselle les écouteurs sur les oreilles en écoutant Jakobson sur les anagrammes de Saussure (l'un des charmes du loft étant que tout ce qu'écoute l'un est entendu par l'autre. C'est une vraie vie commune (lol)).
La scansion du vers saturnien. Je n'avais pas le souvenir que c'était l'enjeu des Anagrammes dans le livre de Starobinski. La poétique du langage. Ceci lié à la lecture de Roubaud (tarantatara ou taratantara) me fait découvrir ce que jamais un prof de littérature française n'a évoqué en cours devant moi.

Parce qu'il devait neiger

Parce qu'il devait neiger, j'ai abandonné l'idée d'aller ramer.

Je n'ai pas été difficile à convaince car j'avais une montagne de linge à repasser (rien repassé depuis le déménagement) et que l'objectif du week-end serait de terminer de déballer les cartons.
Combien en reste-t-il? Une trentaine sans doute. Ils me font peur. J'ai peur de ne pas avoir de place, je sais intimement que beaucoup de bricoles, en toute objectivité et en toute logique, devraient être jetées. Qu'est-ce que c'est que l'affectif, lié à la mémoire, quand chaque objet a une histoire qu'on est seul à connaître — objet donc condamné à ma disparition, lorsqu'il n'y aura plus personne qui connaîtra cette histoire.

Repassé en regardant Vivement dimanche. Je fais partie des admirateurs de Fanny Ardant, j'aime beaucoup sa voix. Influence d'Hitchcock, histoire à la Léo Malet, film un peu lent (est-ce le fait de ne pas être concentrée puisque je repasse, ou que soixante ans plus tard j'ai pris l'habitude de rythme beaucoup plus enlevé?) Quelques secondes amusantes sur les blondes: démarquage d'Hitchcock, justement?

Vidé les cartons de livres de théologie. Je suis soulagée, tout tient dans une seule étagère (les étagères en pin qui nous suivent depuis Talence, il y a trente ans. Il nous en reste deux, les autres sont réparties entre les enfants). Ce n'était pas évident, ce n'est pas le même meuble qui les contenait à Yerres (celui-ci est près d'H., rempli de policiers et de SF) et je disposais en plus d'une petite étagère, peu large (maintenant remplie de pâtes et de miel dans l'arrière-cuisine), qui contenait les poches et la Bible de Jérusalem en fascicule — et toutes mes versions de la Bible, écrits apocryphes de la Pléiade, traduction liturgique, volume en hébreu donné par Jean (apprendrai-je des rudiments d'hébreu un jour? C'est désormais très peu probable).
J'ai trié et donné l'équivalent d'une étagère (une planche d'étagère), j'ai déporté dans la table de nuit qui vient de ma grand-mère les livres sur la prière (il n'y en a pas beaucoup, mais vingt centmètres de rayonnage gagnés sont précieux) et ça tient.
Je suis très contente et soulagée.

J'ai retrouvé le livre dédicacé par Barthes et donné par Bladsurb. Je comprends mieux pourquoi je passe mon temps à en oublier le titre, c'est tellement inattendu: il s'agit de Prières de Charles Péguy.
Etait-ce ce qu'il convenait d'offrir à une jeune fille?

Et donc il a neigé.
Ça m'agace, cette façon de signaler très gravement qu'il va neiger ou qu'il fait moins treize à Metz: mais réjouissez-vous, nom d'un p'tit bonhomme, que croyez-vous qu'entraîne le réchauffement climatique? Si vous ne voulez pas 14°C de moyenne sur l'année, il faut qu'il fasse froid.
Et c'est indispensable dans la lutte des plantes contre les parasites.

Moret sur Hudson

L'affichette du Smictom nous avait loyalement prévenus: «La collecte ayant lieu tôt le matin, merci de sortir vos bacs la veille au soir».

Mais tout de même, en entendant le camion-poubelle vider la "poubelle à verre" («le bac» et non la poubelle, novlangue) à quatre et demie du matin, je me suis crue à New-York, qui est moins la ville qui ne dort jamais que la ville où l'on est sans arrêt réveillé.

J'ai décidé de lire ma bibliothèque

J'ai décidé de lire ma bibliothèque par étagère. Cette idée m'est venue en la rangeant. Par quelle étagère commencer? Pas une de romans en poche, je n'aurai pas la patience de lire tous ces romans d'affilé, pas celle consacrée à la grammaire et la traduction, il y a des livres de linguistique trop rebutants pour une reprise, pas des policiers, ce serait tricher.
J'ai choisi l'étagère la plus basse (spatialement) des livres d'auteurs français, auteurs classés sans ordre mais par affinité, et j'ai pris Roubaud, Le grand incendie de Londres.

J'y ai trouvé cette description qui correspond à ce que je vis en ce moment au fur à mesure que je fais émerger ma bibliothèque des cartons dans lesquels elle avait sombré en novembre, faisant de nouveau connaissance avec chaque volume au fur à mesure que je lui attribue une place et le range.
[cet ensemble de livres] Il m'arrivait autrefois d'en vérifier mentalement le contenu (un réflexe d'avare) et l'ordre, la disposition des volumes sur les rayons, les relations entre eux établies par la contiguïté, la familiarité des voisinages jouant un grand rôle dans la signification intime de leur présence, dans leur accessibilité […]

Jacques Roubaud, Le grand incendie de Londres, p.28, Seuil
Et surtout cette notation: «Les troubadours (du moins ceux que je possède dans des livres) sont placés à ma gauche, contre les radiateurs toujours fermés, le plus près possible de la tête du lit.» (Ibid)
Qui dira l'importance des livres autour du lit? J'ai ainsi déplacé il y a deux jours les livres de philo vers les pieds du lit d'ami («Mais tu crois vraiment que quelqu'un va y faire attention? — On ne peut pas dormir avec autant de philo près de la tête») pour rapprocher la poésie de la tête du lit. Poésie, livres grecs (Meillet, Ramnoux), Corto Maltese et Calvin et Hobes, voilà ce qui convient à un sommeil paisible.

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Agenda

Matinée à Nanterre pour relever le courrier et faire partir les lettres mensuelles indispensable. Depuis que mon départ a été annoncé par le président de la Mutuelle il y a une semaine, aucun signe de vie de ma hiérarchie ou des administrateurs. Remarquez, cela ne me change guère, aucun signe de vie depuis le second confinement.

J'ai commencé à vider mon bureau: trié les livres, abandonné dans l'église la plus proche ceux que je destinais à l'origine à l'ICP (avant le second confinement), abandonné dans le métro deux poches que j'ai en grand format (dont Vie et Destin), passé remettre dans l'armoire de désherbage du G** des livres que j'avais en double… et inévitablement j'en ai repris quelques-uns, des Westlake et des Buzzati mais aussi un Thomas Wolfe, L'ange banni, à cause de Didier Goux (je dis bien «à cause», car tout ajout de livre est devenu difficile, je les importe en cachette — même si la cote des livres remonte dans notre nouvel intérieur).
J'ai laissé ces livres au bureau, je les ramènerai une autre fois.

Passage rue Francœur chez "ma" relieur (trois Langelot, deux Dumas, une bouteille de vin blanc), puis chez mon futur employeur pour récupérer mon contrat de travail. Ma future boss était inquiète de découvrir que j'habitais désormais si loin. Comment lui faire croire, lui faire comprendre et admettre, que pendant neuf ans, je suis rentrée chez moi trois à quatre fois par semaine après onze heures ou minuit, au rythme de mes cours, des travaux sur les voies, des grèves et des caprices des trains? Et qu'entre 2006 et 2016, pendant l'année scolaire, je prenais tous les jours le RER à sept heures pour accompagner les enfants au lycée? Moi-même j'ai dû mal à me le représenter. Il faut le vivre sans trop réfléchir.

Maintenant cela me fera deux heures de lecture par jour, deux heures climatisées et stables à priori puisque je serai dans un TER et non un RER. J'espère ne pas déchanter trop vite.
Et donc j'ai décidé de lire ma bibliothèque.

Des chiffres

Peu de choses. Je retourne nos finances dans tous les sens, il faudrait vendre la maison assez rapidement, le prêt-relais nous coûte cher. Pourvu qu'un troisième confinement ne vienne pas encore interdire les visites.

J'apprends que je suis censée mener l'entretien annuel de ma collaboratrice comme si de rien n'était, comme si je ne serai pas partie fin février et qu'elle ne risquait pas de se retrouver seule pour faire le travail (à moins qu'ils ne trouvent quelqu'un en cinq semaines); mon supérieur hiérarchique (donc son N+2) ne le fera pas à ma place:
— Mais qu'est-ce que je lui fixe comme objectifs? Cela dépend de votre décision de lui proposer le poste ou pas.
— Justement, ce n'est pas décidé.

C'est cruel, pour elle, pour moi; vaguement lâche et peu professionnel (j'en viens à penser que «vaguement lâche» et «peu professionnel» sont souvent synonymes. Etre professionnel consiste souvent à faire preuve de courage — devant ce qui est désagréable ou ce qui effraie).


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Pour suivre la vaccination.

La méthode Parmentier

Le gouvernement est en train de vacciner les gens si lentement, avec tant de contraintes (prendre un rendez-vous chez son médecin, se faire expliquer, signer un consentement, respecter un délai de rétractation) que tous ceux qui veulent se faire vacciner (il y en a encore quelques-uns en France, malgré tout) commencent à piétiner d'impatience.

Je songe à Parmentier qui entoura de soldats son champ de patates pour en attiser le désir.

Sur FB toujours, Jean-Louis Bailly a partagé cette fable qui résume bien la situation:

poème de Jean-Louis Bailly sur le vaccin à la manière de La Fontaine



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Tabata mardi et mercredi. J'ai des courbatures au point de gémir en descendant les escaliers. Je n'ai plus aucune condition physique, il faut que j'en récupère avant les Culs gelés prévus le 14 mars.

Je n'aurais jamais imaginé

Ayant fini une réunion zoom avec mes anciens co-listiers, je fais un tour sur FB et je découvre ces statuts d'Elisabeth:



Stupéfaction. Rivés à nos écrans jusqu'à minuit passé, jusqu'à ce que la situation paraisse sous contrôle.

Je n'aurais jamais imaginé voir cela. La chute du mur, c'était la confrontation est/ouest, les tours du World Trade Center c'était la guerre Orient/Occident, mais là… Les Etats-Unis pris à partie de l'intérieur… je pensais que seuls les Etats du sud étaient concernés, que l'extrême-droite survivant à la ségrégation et au KuKluxKlan ne concernait que le sud.

Je songe à Ruth qui m'avait choquée et vexée en insinuant en août 2019 que les gilets jaunes étaient les dignes héritiers de la Révolution française et qu'il fallait ce type d'agitateurs pour faire naître un ordre nouveau (et moi aux mots trop maladroits pour lui expliquer que la Révolution française était une révolte des marchands qui voulaient un poids politique, comme la Révolution américaine c'était les riches négociants qui ne voulaient plus payer de tribu à la lointaine Angleterre: on est loin d'une révolte de va-nus-pieds).
Je me demande ce que pense Ruth maintenant. Je ne vais pas avoir la cruauté de le lui demander. Les Américains sont si fiers de leur constitution, à leurs yeux modèle et mère de toutes les démocraties.

D'ailleurs l'émotion américaine est considérable. On parle de démettre Trump qui n'a toujours pas reconnu sa défaite mais a demandé aux émeutiers de rentrer chez eux — reconnaissant implicitement qu'il les avait d'abord encouragés dans leur action.


J'avance dans Il n'y aura pas de paradis. Fantastique description des Afrikanders et de l'apartheid ou de l'Algérie au moment de l'indépendance.

J'attends que le chat

J'attends que le chat se réveille pour faire le lit.

chat en boule sur un lit


J'attends que le chat se réveille pour ranger les différents types de draps et housses (parures) sous le lit (ou dans le lit, puisque c'est un lit-coffre).

J'ai sorti du sac-poubelle où elle dormait depuis vingt ans la nacelle du landau que j'avais conservée au grenier toutes ces années. Je l'ai remontée, elle est en parfait état, les élastiques toujours élastiques (c'est le point faible des habits d'enfant que je retrouve).
Qu'en faire? Je m'étais dit que cela pourrait servir de lit d'appoint pour d'éventuels bébés visiteurs, mais l'expérience prouve que personne — plus personne — ne se déplace avec son bébé et quatre couches: tous les nouveaux parents arrivent avec un breack rempli de lit, vaisselle, nourriture, habits, jouets; personne ne semble envisager de coincer un enfant qui ne marche pas entre deux coussins en guise de lit et de lui écraser une pomme passée au micro-onde en guise de goûter.
Etions-nous les derniers d'une génération vaguement baba cool, ou déjà à l'époque totalement has been, inconscients des nouveaux mode de parenting?

Je me suis décidée à donner cette nacelle, peut-être qu'elle servirait à une mère dans le besoin (je m'en suis servie comme lit jusqu'aux trois ou quatre mois des enfants; la sage-femme nous l'avait conseillée comme plus rassurante pour un bébé qui vient de sortir du milieu serré d'un ventre) quand à ma grande surprise H. a déclaré que puisqu'on avait de la place, il souhaitait la garder.

Je vais la laisser montée quelques temps pour bien retendre la toile puis je la rangerai dans le lit.

nacelle de landau


Le plus difficile

Le plus difficile est d'annoncer à J., ma collaboratrice, que je vais partir. Je l'appelle en fin de matinée: «je suis contente pour toi. C'est une bonne nouvelle pour toi, une mauvaise pour moi mais une bonne pour toi.»

J'espère que nous pourrons nous faire un resto avant mon départ. Serons-nous déconfinés d'ici le premier mars? Rien n'est moins sûr.

A sa façon de présenter ses vœux, je comprends que le trésorier est au courant. Il se passe ce phénomène que j'ai déjà constaté pour d'autres: l'espèce d'aura de prestige que prend une personne qui démissionne. Alors que j'aurais attendu une réaction du type «tu nous trahis», c'est une réaction «tu oses et tu prends le risque, whaouh».
C'est à la fois généreux et triste.

Je plie

Je plie les trois grenouillères premier âge que les trois enfants ont portées à la naissance. J'ai donné au fur à mesure tous les vêtements des enfants mais conservé une dizaine d'habits: ces trois grenouillères, une salopette emblématique de l'aîné (et je pense à la salopette du prince George qui a fait le bonheur de Petit Bateau: il me semble que la mienne est une Bonpoint, ce qui est plus élitiste), deux ou trois tricots portés par le dernier car les moins abîmés. J'ai aussi le manteau de laine de mes deux ans.

Je plie avec remords; voici ce qui reste de l'enfance des enfants; moi qui étais si heureuse d'emménager ici, je culpabilise désormais de vendre la maison où ils ont grandi, même si seul le dernier en paraît affecté — et encore pas beaucoup, sans que je sache s'il cache ses regrets devant notre joie ou s'il s'habitue à l'idée avec son fatalisme et son pragmatisme habituels.

Je plie ce qui reste et je songe à Viktor Klemperer, je songe à Klemperer retrouvant un album de timbres dans une malle après la guerre et s'exclamant, lui qui a tout perdu: «comme nous étions riches».

Comme nous sommes riches.

Départ

Appelé Agnès qui habite près de Melun. Elle m'a recommandé le château de Rosa Bonheur («acheté avec des indemnités de divorce»), m'a expliqué que la région était connue pour son raisin de Muscat qui était conservé dans des ballons en verre remplis de charbon dans lequel on plantait les tiges pour conserver le raisin… je n'ai pas bien compris.

O. est arrivé vers trois heures. Nous avons fait une machine et étendu son linge puis nous sommes partis en laissant la chatte avec des croquettes (la laisser seule vingt-quatre heures dans un lieu qu'elle connaît mal ou lui faire faire cinq heures de voiture en deux jours: nous avons choisi). L'a-t-elle compris? Elle s'est endormie le nez contre le canapé, le dos tourné au monde.

Chat le nez contre le canapé

Voyage sur les routes du Gâtinais dans la nuit tombante. Arrivée chez mes parents où seule ma sœur était présente. Cadeaux, repas. Beaucoup bu de champagne. Mes parents sont des cordons bleus.

2020

Deuxième d'une course devant des péteuses qui nous regardaient de haut (les premières étaient de niveau national), licence de théologie mention bien, emménagé dans un loft (un vrai, 554 mètres cube avec des murs uniquement autour de la salle de bain), claqué ma dèm à des gens qui imaginaient que j'allais attendre la retraite dans l'ennui (quinze ans tout de même).

Au chapitre des choses tristes : l'abattage du sapin et Tullius devenu fou.

Vaccination

— Je ne comprends pas cette manière de vacciner. Puisqu'il y a tant de gens qui ne veulent pas du vaccin, il n'y a qu'à mettre en place l'équivalent d'un vaste Doodle national et vacciner les volontaires dans l'ordre d'inscription.
— C'est de la poudre aux yeux. La vérité c'est qu'on n'a pas de vaccin. On l'a payé 20% moins cher, moralité nous passons les derniers.

Je ne sais pas quelles sont les sources de H. et si ces 20% sont l'une de ses habituelles exagérations pour emporter l'adhésion (il y a longtemps que cela ne fait qu'attiser ma méfiance), mais j'entendais hier sur RTL qu'Israël, qui a l'intention de vacciner un quart de sa population avant fin janvier, a acheté ses doses 40% plus cher que le prix du marché.

J'ai l'impression qu'il serait plus exact de dire que la France attend le vaccin de Sanofi.

On change d'étage

Depuis que j'ai démissionné, j'essaie de boucler tout ce qui est en cours : je suis descendue de deux cents mails à vingt-deux en deux jours. Il reste toutes les procédures à revoir, les courriers de début d'année et la clôture comptable.

Un merle vient manger le raisin de la vigne vierge. Aujourd'hui qu'il a fait à peu près sec, les moineaux étaient présents dans la glycine. Je pense qu'ils nichent dans les infractuosités du mur mitoyen, juste en face de la fenêtre.
Aucun oiseau ne semble avoir encore repéré ni le tournesol, ni la graisse "saveur ver de terre" que j'ai accroché aux branches.

La radio nous répète sur tous les tons qu'il fait enfin froid mais c'est très relatif. Il gèle à peine. L'année 2020 a été la plus chaude recensée depuis que l'on prend des mesures: 14°C en moyenne. C'est très agréable mais ça fait peur.

Le lit est arrivé aujourd'hui. Pour un peu je n'avais pas de draps qui convenaient (je comptais en commander chez Linvosges, mon fournisseur officiel depuis 1991 chez qui les délais sont souvent de deux à trois semaines; le lit devait normalement arriver mi-janvier; je n'avais pas passé commande plus tôt parce que je voulais être sûre d'être là pour les colis), dans un sursaut j'ai commandé hier soir un drap-housse de 160x200 chez amazon.
Promis pour le 31 décembre, il est arrivé avant midi; un tour dans la machine à laver, sec ce soir, et voilà.

C'est un lit-coffre, je vais pouvoir y stocker mes draps: les 90x190 pour le seul lit une place conservé, les 120x190 (achetés pour O. à Paris, je vais les donner à A. pour son clic-clac), les 140x200 du lit précédent maintenant au deuxième étage, et bientôt, donc, les 160x200.
Quel intérêt de raconter cela? La multiplicité du réel m'étonne, et surtout cette incroyable richesse occidentale qui permet d'avoir quatre tailles de draps dans un foyer ordinaire. Et puis malgré tout, cela a un rapport avec les 14° évoqués plus haut.

Le nouveau lit a été monté (dans les deux sens du terme) au premier étage dans ce qui devrait constituer notre chambre. A ce niveau, les défauts majeurs du loft prennent toute leur ampleur: le bruit des radiateurs (mais pourquoi sont-ils si bruyants? Faudra-t-il les remplacer, ou un réglage par un plombier suffira-t-il?) et le lampadaire en face de la baie vitrée sans volet (certes il y a des rideaux, mais il faudra les changer pour des rideaux réellement occultants).

J'ai défait mon carton de livres vespéral, encore des poches. Manipuler les livres est réconfortant, c'est comme revoir de vieux amis (d'autant plus que ce n'est pas moi qui les ai mis en carton: je me suis davantage consacrée au grenier où il y avait des jouets, des cours et de la documentation camusienne à trier).

Suite

Lave-linge rebranché. Première machine, il était temps (je ne sais pas comment le linge va sécher ici, or de la vitesse du séchage dépend la vitesse de résorption du linge sale accumulé. Puis il y aura le repassage.)
Travaux de soudure pour installer des éclairages indirects sur les étagères.
Coiffeur à cent mètres. J'ai fini le troisième tome des Valérian en intégrale offert par O. à Noël.
Télétravail.
Transfert du courrier prévu à partir du 18 janvier (O. a demandé un délai de grâce car il attend des paquets à Yerres).
Plateau du premier étage vidé de ses cartons dans l'attente du lit demain.

parquet et Nu bleu de Matisse

(Dommage, je n'ai pas pris de photo du capharnaüm avant l'effort de rangement, avec les cartons, les fils et les tableaux entassés sur la bâche de peintre.)
J'ai déballé un carton de poches moitié sérieux, moitié San-Antonio. Et des Frédéric Dard.
Il faut que je prévienne mes co-listiers de mon déménagement. J'aurais dû le faire beaucoup plus tôt. J'ai du mal car j'ai l'impression de les abandonner, mais plus j'attends moins il devient compréhensible que je ne l'ai pas dit il y a des semaines.

Dernière nuit

Aujourd'hui a été plus facile. Les cartons restants allaient au rez-de-chaussée. Encore le lit très lourd à installer au second. Ouf ils ne se seront pas tués.

Les déménageurs procèdent systématiquement, du haut vers le bas de la maison. Ils arrivent vers huit heures moins le quart et remplissent le camion. Quand le camion est plein ils partent, déchargent, remontent les meubles le cas échéant et rentrent chez eux: donc plus les pièces sont grosses, plus ils partent tôt. Hier il y avait principalement des cartons, ils ont fini à quatre heures; aujourd'hui plutôt des meubles, à deux heures et demie. Cette possibilité de partir tôt les motive pour travailler sans interruption, avec rythme. Aujourd'hui ils ne se sont pas arrêtés pour casser la croûte.

A Yerres j'ai sorti la maisonnette à oiseaux que j'ai lasurée ces jours derniers. J'ai vidé deux poubelles de verre, enlevé la poussière sur les portants du lit démonté, les toiles d'araignée sur le mur derrière l'armoire d'O.
A Moret j'ai lessivé l'intérieur des étagères de la cuisine, rangé les verres, les tasses. C'est fou ce que cela devient habité avec un peu de porcelaine et des photos sur une étagère.

J'aime beaucoup les grands cartons prévus pour les verres et les tasses (ce sont les déménageurs qui mettent en carton, c'est moi qui vide):



La fleuriste n'avait plus de sapin de Noël : «il n'y en a plus, même en commande. C'est la rupture».
A. est donc chargée d'en ramener un le 24. A défaut, nous décorerons le ficus. (Le carton des décoration de Noël est entouré d'une ficelle pour être identifiable parmi tous les cartons.)

Dernière nuit à Yerres. Nous dormons dans le lit de O. qui va revenir ici dans une semaine quand il aura rendu sa chambre d'étudiant à Paris. Il gardera la maison habitée et chauffée jusqu'à ce qu'il se trouve un appartement — ou que la maison soit vendue.
Demain il faudra ramasser toutes les bricoles, le savon dans la salle de bain, le persil dans la cuisine, la mangeoire à oiseaux sur le treillage.
Demain soir il n'y aura pas de couvre-feu, nous resterons sur place. Ça va être bien.

Il a plu

Il a plu toute la journée. Les déménageurs sont impressionnants d'efficacité. Il y a le grand réservé et souriant, le typé Amérique du sud que j'ai honte d'entendre les autres l'appeler Pikachu et autres surnoms au racisme qui s'ignore, le râleur spécialiste du démontage de meubles et le dernier qui m'a dit à ma grande fierté: «j'vous aime bien, vous avez de l'humour».

Ils ont emporté cent dix cartons sur nos cent trente-trois, vidé le dernier étage, une chambre et quasi l'autre.



Pour ceux qui se souviennent.


J'ai eu honte de leur imposer mes kilos de livres.
Le râleur: — Moi les livres j'les porte, alors les lire… Vous savez qu'il existe des livres modernes sur tablette?
— Oui, je sais. Mais ce que je lis est ancien et souvent particulier, c'est rare que ce soit digitalisé.
— Mais non, tout est sur informatique maintenant.

Un autre ou le même a remarqué «SAS» ou «San-Antonio» sur certains cartons:
— On en lit un ou deux ou deux et puis on les jette. Vous, je suis sûr que vous avez la collection.

Ou encore: — Vous avez beaucoup de choses. Mais pourquoi trois écrans puisque vous zêtes que deux?

Un peu étonnée malgré tout de leur liberté de ton et leur jugement sur et devant des gens qui sont après tout leurs clients.

J'ai passé l'après-midi à redouter qu'ils ne se tuent dans les escaliers dont l'un n'a pas de rampe vers l'intérieur (le râleur: «c'est pas aux normes») et l'autre de simples barres au-dessus du vide où glisser et passer en dessous signifierait une chute de deux étages sur le carrelage.

Le loft ne leur plaît pas. Incompréhension totale. Ils sont persuadés que nous aurons vite envie/besoin de pièces fermées.

Turning point

Nous avons signé à trois heures, nous avons bouchonné à Fontainebleau à cinq heures.

Photos à cinq heures et demie du second étage du loft, vers l'intérieur puis l'extérieur. Dans trois six jours les jours commencent à rallonger. Nous allons déménager pendant la période suspendue de temps étale.

loft poutrelles acier loft vers l'ouest


Nous avons bu du champagne à six heures avec les anciens propiétaires, avec alarme du téléphone réglée à sept heures moins le quart à cause du couvre-feu.
Le propriétaire nous a montré ce clip de Fred Blondin tourné au loft.


Sur mon ordi m'attendait le mail d'embauche de mon futur employeur (mercredi, ce n'était que la confirmation du cabinet de recrutement).

Champagne bis !

Bu un peu trop de mousseux à jeun pour fêter le fait que je suis embauchée dans une petite boîte et que je vais pouvoir plaquer ma dém' dans mon grand groupe. Et dans ta face, le chef qui ne comprend pas que je ne vais pas attendre (comme lui) la retraite à me décomposer sur place d'ennui et d'exaspération (enfin bon, lui n'est pas du style à beaucoup s'exaspérer).

Better Call Saul, S4E8, ma préférée. Il faut sauver le soldat Babineaux. Tellement de fantaisie, de folie, de travail et de préparation.

Mon dernier Zaco

Enfin peut-être, enfin j'espère.
Zaco, c'est le nom des RER D qui vont en direction de Melun en s'arrêtant à Yerres.

A Nanterre, pour relever le courrier. Bureaux vides mais très beau sapin de Noël.
Le chagrin des sapins de Noël qui clignotent pour personne.
Début de la revue intérimaire des CAC.
Vaccinée contre la grippe.

C'est à peu près tout pour aujourd'hui. J'attends un mail, un coup de téléphone.
Rien.

Les gens qu’on aime : #10 quelqu’un qui aime l’art

En lisant Matoo, j'ai découvert le défi du Dr CaSo: «quelqu'un qui…»

Aujourd'hui, quelqu'un qui aime l'art. J'avais commencé par me dire «je vais parler d'Aline», mais finalement, je vais parler des Cruchons.

Au départ il s'agissait de lire L'Amour l'Automne à plusieurs dans l'espoir de mieux comprendre le texte en apportant chacun nos expériences et nos connaissances.

Nous avons (bien sûr) commencé chez Rémi.

première rencontre des futurs cruchons
17 novembre 2008


Mais très vite la contrainte a été trop forte pour lui, il devait travailler, la femme de ménage devait passer — bref, nous nous sommes rabattus dans des cafés et Rémi n'est plus venu.

Il a fallu le temps de trouver un café qui nous convienne, qui accepte que nous restions des heures à table avec des piles de livres, des discussions, des rires. Nous avons atterri au Petit Broc, et Marie nous a surnommés les Cruchons.

Aline est présente pour la première fois
29 juin 2009 - première participation d'Aline


Nous nous sommes réunis une fois par mois pendant quatre ans (jusqu'au ralliement de RC à MLP), avec des participants variés (Jérémy, Marie, Tlön, Afchine, Sophie…) et un noyau dur. Parce que nous avions trois Chartrains parmi nous, nous nous réunissions une fois par an à Chartres, avec en point d'orgue une visite de la cathédrale commentée par Philippe.

table couverte des pages commentées de L'Amour L'automne
table d'étude - octobre 2010


Les lectures ont disparu après mai 2012, pour être remplacées par des voyages et des concerts. Pour des raisons financières et familiales, je ne participais que rarement. Je les suivais à travers FB, les voyageurs m'envoyaient des cartes postales et me donnaient des pistes (c'est ainsi que j'ai visité Richelieu après l'une de leur carte postale, par exemple).

Voyager avec les Cruchons est une chance extraordinaire. Chacun est spécialisé dans deux ou trois domaines: Aline en art et architecture, Laurent en histoire, peinture et architecture, Patrick en histoire avec un sens aigü de la chronologie, des souvenirs précis des forces de gauche en France durant les années 50 à 70 et des références bibliographiques sur tous les sujets, Philippe est amoureux de musique et d'art roman.

Quand on voyage avec eux, il n'y a qu'à se laisser porter: ils ont organisé et prévu, ils ont lu et planifié, ils montrent, ils racontent, il y a toujours une anecdote amusante sur un fond érudit, des goûts et des opinions qui s'expriment de façon tranchée et drôle, des débats montés en épingle pour finir en éclats de rire.
Je n'en finirais pas d'énumérer les lieux découverts, d'abbayes en châteaux; les expositions, les concerts, une tétralogie, deux puis trois, les jardins de William Christie et ses concerts en plein air.

concert dans les jardins de Thiré
Jardin de William Christie - août 2018


2019 a été une année sans que je voyage avec eux — avec encore des cartes postales reçues; 2020 a tout figé.

Les gens qu’on aime : #9 quelqu’un qui n’a peur de rien

En lisant Matoo, j'ai découvert le défi du Dr CaSo: «quelqu'un qui…»

Aujourd'hui, quelqu'un qui n'a peur de rien. Je vais encore parler d'un groupe. Il aurait pu entrer aussi dans la catégorie «quelqu'un qu'on admire»: les jeunes, bénévoles ou salariés, de JRS.

C'est une ode à la jeunesse que je voudrais écrire. J'ai admiré leur audace, leur bonne humeur, leur courage, la force inébranlable de leur simplicité. Ils étaient là pour faire ce qu'il y avait à faire — répéter du vocabulaire avec des personnes qui ne connaissaient pas un mot de français, faire le café, la cuisine, enregistrer des noms, organiser des jeux, chanter, jouer au foot, danser — sans douter, sans hésiter, sans se laisser décourager par les barrières de la langue ou des coutumes.

Je les ai admirés et je les chéris. Ils me font du bien à l'âme quand je pense à eux. Il me donne l'espoir que tout n'est pas perdu, le futur avec un grand F, celui de la planète, celui des enfants et des petits-enfants n'est pas perdu — s'il est entre leurs mains.

l'équipe des bénévoles de jrs en juillet 2020

Encore des nouvelles lunettes

J'ai craqué. Je n'en peux plus. Ce sera mon cadeau de Noël: je suis retournée chez l'opticien pour me faire fabriquer des lunettes selon mon ordonnance "N", une paire de "proximité" qui me permettra de travailler sur écran.

Les gens qu’on aime : #7 quelqu’un qu’on voit souvent

En lisant Matoo, j'ai découvert le défi du Dr CaSo: «quelqu'un qui…»

Aujourd'hui, quelqu'un qu’on voit souvent.
Là c'est la tuile. Evidemment à cause du confinement. Mais même sans cela: la boulangère? le pharmacien? le vendeur du Relais H?
En fait les gens que je voyais le plus souvent avant le confinement, le premier confinement, jusqu'en mars, c'était les rameuses du huit. Une, deux, trois fois par semaine, c'est en fait l'un des buts du huit: devenir inséparables, ce que nous avions bien du mal à réaliser.

L'étonnement c'est que nous ne savons finalement que peu de choses les unes des autres. J'ai ainsi été désarçonnée d'apprendre que Clarisse était veuve depuis deux ans: certes elle a toujours été très discrète, mais comment avions-nous pu ne nous douter de rien? Quel manque d'attention de notre part (elle a souri et m'a dit: «vous ne pouviez pas savoir»).

Nathalie affairée, Isabel serviable, Pascale coupante, Anne perfectionniste, Clarisse rigoureuse, Marine revêche et Caroline Betty Boop: c'est la liste des rameuses de la coupe de Noël il y a un an à Tours.

huit rameuses et leur barreur


Chaque rencontre hors du huit est (était) importante, car c'est le moment de nous découvrir.
C'est pourquoi j'étais heureuse que nous ayons passé une excellente soirée à quatre juste avant le couvre-feu; j'attends maintenant le déconfinement pour inviter celles qui ne pouvaient être là ce soir-là.

Meilleure amie

— Tu peux compter sur la gravité. Elle ne te laissera jamais tomber.

Traces du temps - 5

Il manque mercredi 2.
Les feuilles sont tombées entre jeudi et vendredi. Mais il en reste.

arbres en automne vus de la fenêtre arbres en automne vus de la fenêtre arbres en automne vus de la fenêtre
arbres en automne vus de la fenêtre arbres en automne vus de la fenêtre arbres en automne vus de la fenêtre



Déconfinement progressif : nous avons le droit de ramer, mais en bateau individuel (en double pour les personnes vivant sous le même toit). L'hiver il faut être sûr de soi: trois rameurs se sont retournés samedi, deux dimanche.
Je constate à quel point mes cinq kilos de trop étaient en trop cet été quand j'ai repris après le premier confinement: quel plaisir de pouvoir à nouveau bouger avec fluidité.
En revanche j'ai beaucoup perdu en forces. Dès que je recommencerai à manger quasi normalement, il va falloir que je suive des programmes de muscu (disons: de gymnastique au sol). Ça va être compliqué d'adapter la quantité de nourriture au sport effectué. Aujourd'hui j'ai l'impression que je peux vivre en ne mangeant presque rien. C'est impressionnant et très peu contentant.

la Seine à Avon - ciel d'automne
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