La France qui se lève tôt

Levés à cinq heures et quart, départ à jeun à six heures, arrivée à Antony à sept heures moins le quart. Dormi vingt minutes dans la voiture, rendez-vous chez le cardiologue à sept heures et demie, le tout organisé par l'assurance du Crédit Mutuel qui nous propose de réaliser ainsi gratuitement l'ensemble des examens qu'elle exige pour notre prêt immobilier, analyses de sang comprises.

Nous sortons à huit et demie pour un petit déjeuner bien gagné.
Café Les Sports à Antony. Jolie façade en briques vernissées. Est-il ouvert? Ce n'est pas clair. Le patron est en train de s'agiter parmi les chaises. Il nous voit:
— C'est fermé, j'ouvre à neuf heures.
Nous le regardons: — Hein?
— Ne vous plaigniez pas, avant c'était dix heures.
Nous rions: — On ne se plaint pas, on s'en va.


Mine de rien, nous n'avons rien trouvé d'ouvert à Antony. Nous avons bu un café et mangé un croissant dans une boulangerie.

Divi

Je rattrappe mon retard dans la formation Wordpress. Journée sur Divi. Pas étonnant que tous les sites se ressemblent si nous adaptons tous les mêmes démos.
Je ne comprends pas cette manie de mettre d'énormes photos en tête de page (genre FB, finalement). Cela obstrue la vue, ne permet pas d'avoir les idées claires sur ce qu'on lit. Pourquoi cette mise en page adoptée universellement ?

Souci de bobo

Quitté le bureau tôt (mais plus tard que prévu) avec deux objectifs: acheté du thé et prendre un café viennois chez Ladurée.

Le premier objectif a été atteint sans problème.
Je suis arrivée devant Ladurée (de la Madeleine) à six heures et quart. Une jeune serveuse m'a empêchée d'entrer : «Avec le couvre-feu, nous fermons à six heures.»
— Le couvre-feu? Mais il est à neuf heures. Vous comptez large!
— Désolée.

J'espère que l'établissement ne bénéficie pas du chômage partiel, parce que franchement, ils n'ont juste pas envie de travailler.

J'ai continué sous les arcades de Rivoli. Angelina, pour la première fois. Ouvert jusqu'à sept heures et quart. Le café viennois est moins bon (plus fort), mais au moins, j'ai pu en avoir un.

Futur

Déjeuné avec Domitille qui pourrait m'embaucher si ses projets se concrétisent.

— Finalement, je vais avoir le même boulot que Mme Fillon. (Impossible de me souvenir de son nom tant je l'ai appelé Pénélope).
— Non puisque toi tu vas travailler.

A suivre.
En attendant il faut que je me mette à jour.

Blanc

Au moment de se coucher, H. a pris la mauvaise habitude de consulter les news sur son téléphone. (Et idem au réveil). Ça m'agace un peu, mais bon, c'est pas si grave.
Et là, pendant que je me brosse les dents, il lit à voix haute : «un professeur d'histoire décapité devant son collège».

J'ai eu un blanc.
Ce n'est pas possible, j'ai mal compris. Devant les élèves? Avant les vacances? Ce n'est pas vrai.

— Qu'est-ce que tu dis ?
— Un professeur d'histoire décapité devant son collège.
— … Mais… comment c'est possible ?

Mais comment, concrètement? La hache, le sabre? C'est très difficile à faire. Comment c'est possible? Ce n'est pas vrai.

Et je lui en ai voulu d'avoir lu ça avant de nous coucher. Je lui en ai voulu de l'avoir appris, si nous ne l'avions pas su, cela n'aurait pas été vrai.

Pensée en vrille

Je partage si bien l'opinion de Scholem : «Je m’efforce de profiter des vacances jusqu’au dernier moment pour terminer mon travail» que je me suis surprise aujourd'hui à penser qu’il fallait que je prenne des vacances pour avoir du temps pour rattraper mon retard au boulot.

————————

Annonce d'un couvre-feu : plus personne dans les rues à partir de 21 heures en Ile-de-France et huit grandes villes.
Et zut.

Couleurs

Dans la formation Wordpress on nous fait jouer avec Coolors (appuyez sur la barre d'espace pour changer de palette).

Ça me fascine. Si j'ai bien compris (source: H.), il y a 256x256x256 couleurs (système hexadécimal). Et le plus fascinant, c'est que chacune a un nom.
C'est magnifique. 256 au cube noms de couleur.

Ubu

Je ne sais pas comment expliquer les événements.
Depuis le 7 septembre, H. a reçu de la part de Tullius, associé à 1% dans la boîte de H. et à 11% dans une autre1, trois lettres recommandées et trois injonctions via huissier.

Pour rappel, Tullius est président de cette autre société. L'investisseur principal a convoqué pour demain une AG extraordinaire pour le destituer. A la demande des avocats de cet associé, un huissier nommé par le tribunal de commerce y assistera afin d'éviter toute contestation ultérieure (car avec la destitution du président vient l'accès aux comptes bancaires: personne ne sait dans quel état ils sont depuis juillet).

Tout était donc balisé. Jusqu'à huit heures du soir.
A huit heures, alors que nous étions en train de regarder Mrs Maisel, un ami-associé téléphone: «Tu as vu les derniers mails de Tullius?»
Tullius a envoyé cinq ou six mails, pour déclarer irrégulière l'AG de demain, réclamer huit cent mille euros à l'investisseur principal, annoncer qu'il démissionnerait le 14 octobre, nommerait un administrateur judiciaire (pour empêcher la nomination d'un autre président) et qu'il convoquait une AG ordinaire le 19 octobre (nous devrions recevoir la convocation par lettre recommandée).

Coup de chaud, mails, appels, sms. Décision de ne pas céder à l'intimidation et de maintenir l'AG extraordinaire pour destituer Tullius.
L'amusant — et c'est à ça que je voulais en venir — c'est que l'AG du 19 devra se tenir malgré tout — car elle aura été convoquée par un président en exercice même si le 19 il ne le sera plus — du moins nous l'espérons.



Note
1: Rappel : sept parts à 11,43% (dont H. et Tullius) et la huitième à 20% (l'investisseur principal)

Disparate

Moins j'écris moins j'écris. Forme de flemme, mais aussi mauvaise habitude d'écrire en regardant ou écoutant des vidéos ou des séries. Je me suis entichée de La fabuleuse Mrs Maisel que je regarde en boucle (Amazon prime) depuis trois semaines, pour les toilettes (mais que c'est joli, que c'est charmant), la musique, la folie douce, l'anglais très rapide, le féminisme et la politique américaine et internationale entre 1958 et 1960.
Enfin, en boucle; même pas : je lance un épisode, je regarde au hasard.

A Nanterre pour récupérer un téléphone pro tout neuf (tout est bloqué sur ce nouveau téléphone, je n'ai même pas accès à WhatsApp, ce qui pose quelques problèmes pour les groupes pro) et ramener à la maison l'ordinateur pro tout pourri qu'on m'a prêté en attendant une nouvelle bécane.

Ce soir, deuxième session sur le Notre Père, avec une intéressante réflexion sur la prière récitée (est-ce la disparition de la présence humaine au cœur du machinal ou la foi en quelque chose qui travaille?)
La première session est ici : le Notre Père, une prière chrétienne ? ).

Et puis, je ne résiste pas au plaisir de l'évoquer pour permettre à mon plus fidèle ennemi de m'insulter in petto avec force et sincérité, j'ai assisté par zoom à ma première assemblée territoriale EM!
Ce qui me frappe, c'est la représentativité en âges, en couleurs, en origines politiques et très souvent l'engagement de longue date dans des associations locale.

O. est retourné à Paris : sans doute un rhume, mais ni le médecin ni lui n'ont voulu prendre de risques : il faut protéger H.
Je soupçonne que ça arrangeait bien O.

Déception

Mail reçu de la Philharmonie:
Vous avez réservé une ou plusieurs place(s) pour le concert du Gewandhausorchester Leipzig dirigé par Andris Nelsons avec la participation d'Anne-Sophie Mutter programmé le vendredi 20 novembre 2020 à 20h30 en Grande salle Pierre Boulez – Philharmonie.

Nous avons le regret de vous informer qu'en raison des difficultés que les orchestres connaissent actuellement pour circuler en Europe du fait de la crise sanitaire, nous sommes contraints de l’annuler.
Je suis très déçue, je m'en faisais une telle joie.

Vous pouvez écouter Anne-Sophie Mutter dans le concerto de Beethoven jusqu'au 13 décembre sur Arte.

Caramba encore raté

Une série de limitations annoncées ce soir : les bars fermés à partir de dix heures, pas de groupes de plus de dix personnes, plus de réunions publiques (qu'est-ce que c'est?), les clubs de sport fermés dans la petite couronne, les employeurs invités à favoriser le télétravail au maximum…

Qu'est-ce qui va s'appliquer et comment ? le grec de demain soir, ça sera OK puisque les mesures prennent effet à partir de samedi ou dimanche, mais ensuite? les championnats de France d'aviron vétéran qui ont lieu ce week-end (pas pour moi!) auront-ils lieu? Et la coupe des dames à Angers le 18 octobre? Et ma salle de sport en Essonne, concernée ou pas? (normalement non). Et le témoignage sur la rédaction de mémoire que je devais apporter samedi devant une vingtaine d'élèves de huitième année pour dédramatiser, maintenu ou pas?

Il est trop tôt pour avoir des réponses, mais cela va venir vite.

Nous étions en train de réfléchir à la façon d'organiser nos trente ans de mariage éternellement remis. Nous aurions dû le faire en septembre, nous avons trop attendu.

Ce soir c'était la rentrée de JRS France. Je n'y suis pas allée. Je n'ai plus envie d'avoir des contraintes. Je me sens égoïste. Et il faut vraiment que je me concentre sur le fait de changer de boulot.

De plus en plus fort

J'avais aimé le printemps 2017 pour la touche de folie de l'affaire Fillon; la certitude en se levant le matin et en ouvrant la radio qu'il y aurait quelque chose de neuf, d'inattendu, d'inimaginable (ah tiens, sa montre, ah oui, sa femme, et ses vestes, et des emplois fictifs pour son fils et sa fille, mais en payant moins sa fille, faut pas déconner avec le patriarcat, etc.) J'avais adoré qu'il gruge même son propre parti, le hashtag #rendslargent avait fait ma joie. Chaque jour une envie de rire d'incrédulité.

Désormais j'ai l'impression de vivre quelque chose de cet ordre dans ma vraie vie à moi.
Aujourd'hui, Tullius le voisin fourbe nous a envoyé un huissier pour présenter seize questions à H. Les questions, rédigées par un avocat (paraît-il, ce point ne me paraît pas clair), sont du genre «Êtes-vous actionnaire de la société X?», sachant que H. et le voisin en sont les seuls associés.
— Dis donc, ça doit lui coûter une blinde.
— Mais non, il fait payer la société Y. (dont H. et Tullius sont associés avec six autres personnes.)
— Tu veux dire qu'il utilise l'argent de la société Y pour en attaquer l'un des associés? (sachant que l'associé principal et investisseur de Y est en train de mener la procédure nécessaire pour démettre le voisin de son poste de président de Y.).
Finalement c'est autant Pettigrew (pour ceux qui connaissent Harry Potter) que Tullius Detritus (pour ceux qui connaissent La zizanie).

Les deux frères qui voulaient vendre leurs parts de la société Y ont envoyé ce soir un mail aux six autres associés pour les prévenir qu'ils avaient adressé vendredi dernier au voisin président une lettre recommandée en ce sens.
Il ne s'agissait donc pas d'une manœuvre de leur part — ils souhaitaient réellement vendre — et Tullius ne pourra pas faire comme si la lettre n'existait pas (ce qui était ma crainte s'il en était le seul destinataire).

***


Visite de l'agente immobilière qui nous remercie (?!) d'avoir suivi ses conseils.
Euh, si on fait appel à un pro plutôt que passer par De particuliers à particuliers, c'est bien pour suivre ses conseils, non?
Elle est accompagnée par une consœur qui prend des photos et paraît elle-même intéressée pour acheter la maison. A suivre.

***


Toute la journée sur la formation Wordpess financée par mon compte de formation. Ils ont une vision extrêmement rigoureuse des catégories et des tags. Il ne faudrait pas qu'ils voient le foutoir de mes blogs.
Je me rends compte que sur mon site pro en Wordpress, j'ai mélangé le html, l'éditeur Gutemberg et le thème Divi. Sacrée salade qui ne va pas faciliter la formation de ma collaboratrice.

Aide à la rédaction

En 2017, H. a monté sa propre entreprise en prenant le voisin comme associé à hauteur de 1% (pour des raisons de statut personnel il ne voulait pas être seul associé).

Par ailleurs, il fait partie des huit associés1 d'une entreprise plus ancienne (cinq ou six ans, j'en retrouverai la trace sur ce blog, je ne sais plus ce que j'avais écrit) qui associait H., le voisin et deux frères.
Par bonté d'âme, démocratie, souci que chacun ait un rôle, à l'été 2019 le voisin a été nommé président de cette société afin de lui permettre d'avoir un rôle puiqu'il n'était ni investisseur, ni développeur, ni technico-commercial.
Depuis que le voisin Tullius sème la zizanie, deux groupes se sont formés: d'une part H., deux amis de longue date et l'investisseur (qui paie les salaires des deux salariés et est associé majoritaire); d'autre part Tullius, un jeune développeur (l'un des deux salariés) et les deux frères.

Il y a quelques jours, prenant acte de la folie dévastatrice du voisin, les frères ont téléphoné à H. pour dire qu'ils voulaient vendre leurs parts (11,43% chacun) selon ce que prévoyaient les statuts, c'est-à-dire qu'elles soient offertes à tous au prorata de leur détention actuelle. Ils demandaient à H. son aide pour rédiger la lettre nécessaire.

C'est trop beau pour être vrai et nous nous demandons si c'est une manœuvre. Malgré tout, H. a dicté la lettre nécessaire — entièrement au téléphone, pas d'écrit. Nous sommes prêts à nier toute implication en cas d'accusation d'intimidation ou de manipulation ou de je ne sais quoi.
Mais non nous ne sommes pas parano.



Note
1 : sept parts à 11,43% et la huitième à 20%

La maison de poupée

Résultat de quinze jours d'efforts. Je veux des applaudissements, des "oh" et des "ah".





Avril / septembre.

Il reste un tas à gauche dont je m'occupe dès que possible.

Par un clic droit les photos s'ouvrent dans un nouvel onglet.

Souvenirs argentés

Pour vider le fond à droite (voir dimanche 30) il faut trouver une place pour mes boîtes à chapeaux. J'ai donc vidé le dessus du placard du couloir. Il s'y trouvait des objets oubliés, destinés à des cadeaux: des DVD (même Les Tontons flingueurs!), Ma Dalton, des puzzles, un harmonica et une méthode (qu'H. a voulu garder). Dans un carton se trouvaient des coupes et des verres qui dataient d'août 2000 (baptême d'O.) Bizarre, je pensais que c'était des brocs et des cendriers.

Et il y avait des radios. Des radiographies. Je pensais m'en être débarrassée depuis longtemps. Des radios d'épaules, des radios de cortex, de dents, de mains. Avec des dates, ce qui me permet de mettre des dates précises sur des événements que j'étais incapable de resituer. J'en ferai des billets à l'occasion.

Je les ai mises dans une enveloppe pour les donner à la recyclerie — s'ils les prennent. C'est très lourd.

PS : encore une lettre recommandée — hélas la même qu'hier, sans doute un bug de la poste. Nous étions presque déçus.

Journée variée

- Explosé deux pneus sur un angle de trottoir en voulant éviter un type qui roulait au milieu de la route.

- H. a reçu une lettre recommandée envoyée par le voisin fourbe. Il faut savoir qu'il y a deux ou trois ans H. a monté une boîte en lui demandant comme un service de prendre 1% des parts. Et donc aujourd'hui, H. a reçu une lettre recommandée qui lui réclamait les comptes 2018. J'aime tellement les dernières phrases que je les copie ici (fautes incluses) pour les conserver:
L'ensemble de ces informations ayant dû m'être adressé par écrit, avant la tenue de chaque Assemblées Générales, ne perdez pas de temps à me répondre qu'ils sont consultables au siège de la société.
A défaut de me transmettre ces éléments sous 15 jours, j'entamerais les suites judiciaires qui s'imposent.
Le voisin (Tullius pour les intimes) paraît avoir oublié qu'il était présent lors de l'AG 2018 organisé dans les bureaux de l'expert-comptable. Bref, crise de rire dans l'après-mid avec le-dit expert-comptable.

J'adore la tournure : «Ne perdez pas de temps à me répondre qu'ils sont consultables...»
«Ne perdez pas de temps à me répondre...» comme «Ne perdez pas de temps pour acheter ces superbes chaussettes...»
Quant au siège de la société... c'est la maison. J'aimerais tant lui répondre de venir — parce que je pense qu'il n'en aurait pas le courage et que l'exposition de la lâcheté a toujours quelque chose d'instructif (mais H. n'est pas joueur).

- Comme j'ai reçu des mails pour la reprise des entraînements en huit, j'ai appelé Anne pour officialiser mon départ du club de Neuilly. Nous avons discuté pendant deux heures, uniquement d'aviron.

Foyer

Apparemment des animateurs de centre aéré ont été testés positif deux jours avant la rentrée (ne pouvait-on penser à les tester plus tôt?), ce qui fait qu'une école sera ou ne sera pas fermée.

Sur ordre de la mairie, quatre-vingt-onze enfants devaient être testés lundi, mais la mairie n'avait pas prévenu le labo… qui n'avait pas assez de tests.

******


PS : le crépi est en train de sécher, il blanchit. Il paraît qu'il foncera à chaque pluie pendant quelques mois car le produit est hydrofuge.

Du jaune au gris

En mars 1998 quand nous avons signé la promesse d'achat pour notre maison celle-ci était blanche. Le propriétaire s'est mis en tête de la repeindre avant son départ et — parce qu'il partait en Provence? — l'a repeinte en jaune.

J'ai détesté cette couleur dès le premier instant mais nous n'avions pas d'argent pour repeindre la façade. La maison est donc restée jaune, ceux qui la connaissent le savent, ceux qui ne la connaissent pas mais ont mon adresse peuvent aller la contempler sur google Street view.

Le ravalement a commencé. Je l'ai photographiée ce matin avant de partir: l'adieu à la maison jaune (le jaune est plus foncé que celui des vingt ans précédents : les ouvriers ont passé une sous-couche également jaune (!) pour faire tenir le crépi, d'où l'aspect inégal de la couleur. On voit également les restes couleur ciment d'une porte murée le premier été (2000) et jamais peints).

Fatalitas ! Ce soir elle n'est pas blanche, mais grise. C'est laid, ça fait chantier.
Bon, je devrais m'en fiche puisque je m'en vais.
Mais ça me fait de la peine malgré tout. (Et puis d'un point de vue marketing, est-ce vendeur ?)

Il paraît que ça devrait s'éclaircir en séchant.



En écrivant ce post, je me rends compte que je suis vraiment inquiète: ça ne me plaît pas du tout.

Les transports du futur

Affiche à Nanterre préfecture.



En fait les deux sont vrais: la voiture sans conducteur et le conducteur sans voiture.

Ce qui est perturbant, c'est que lorsque je discute avec des jeunes et leur parle d'un monde où quasi plus personne n'aura de voiture personnelle, où les trains de courte distance auront disparu au profit de bus-navettes qui viendront vous chercher à domicile ou de ponts dont la signalisation changera entre le matin et le soir (le nombre de voies dans un sens et dans l'autre variera) en fonction des flux attendus, ils me regardent comme si j'étais folle et se détournent poliment. Cela m'est encore arrivé en juillet à jrs.
Pourtant, ce sont eux les jeunes, ce sont eux l'avenir.

Ils ont le même comportement que les vieux (comprendre: ceux de mon âge) quand je leur dis que la plupart de mes connaissances sont (ou furent) des blogueurs. Ils me donnent alors l'impression d'être une dangereuse anarchiste qui préfère la compagnie de gens qui n'existent pas à leur compagnie. (Je crois que ça les vexe).

Adieux

Je suis passée au CNF pour dire au revoir à Vincent et Claire et leur laisser une bouteille.
C'était émouvant — mais je me rends compte au soulagement que j'en éprouve que c'était devenu trop lourd, entre la difficulté de venir de Nanterre le midi (un RER, un métro) et celle de retourner à La Défense le week-end (ce qui était stupide, j'en avais conscience, mais comment abandonner les rameuses du huit?)

Finalement le virus aura eu raison de tout cela: plus personne ne parle du huit (personne ne s'est connecté sur l'application qui nous permettait de nous organiser, ne serait-ce que pour tenter de faire un quatre) et il est difficile de ramer le midi sans vestiaire donc sans douche.

J'ai oublié de remercier Vincent pour tout ce qu'il m'a apporté depuis deux ans: j'ai beaucoup progressé, j'ai découvert des pans entiers de technique que j'ignorais. Il faudra que je lui envoie un sms.

Bon, et maintenant, changer de boulot.

Dimanche sans histoire

Un quatre le matin. Je suis au quatre, qu'au CNF on appelle le un et qu'à Fontainebleau ils appellent la vigie.
C'est joli.
Toujours pas d'accès aux vestiaires. La fédération en autorise la réouverture, mais avec de telles contraintes d'espace (les célèbres quatre mètres carré) et de nettoyage que le club y a renoncé.

J'ai trié un mètre carré (à vue de nez) de grenier: les posters, quelques planches, le sac destroy qu'on voit le long du radiateur, la radio-lecteur de DVD qui nous a accompagné dans la cuisine de longues années et qui va partir à la recyclerie. Le but est d'atteindre le fond à droite dans l'ombre de la photo, mais il faut se pencher dans les toiles d'araignée et je n'en ai pas envie.

Les cartons blancs de ramettes de papier contiennent les décorations de Noël, le coffre en plastique vert des petites voitures en bon état. C'est fou tout ce bazar qui met le cerveau en échec. Qu'en faire? Donner, garder, jeter. Certaines choses paraissent si dérisoires qu'on n'ose même pas les jeter.
Et puis avouons-le: je songe à Toy story 3 et au feu qui attend les ordures.
Il y a longtemps que je sais qu'avoir de l'imagination est une malédiction.


Photo panoramique prise à partir du seuil.

Toujours pas grand chose

Télétravail. Rapprochement de bases pour le boulot en re-regardant (donc d'un œil) Better Call Saul. C'est vraiment un personnage attachant, par sa gentillesse, son astuce et sa folie.

Ce matin au lit avant de me lever je repensais à la question «Ce n'est pas trop dur de laisser la maison où les enfants ont grandi?» et je me disais «Non. Non au contraire. Parce qu'ils ne sont plus là.»

Durant toutes ces années je savais en me levant en me couchant où était chacun dans la maison. J'entendais mentalement leur respiration, je les sentais vivre.
La maison a beaucoup bougé ces dix dernières années. H. à Mulhouse ou Tours en semaine, C. en Suisse puis de retour avec Isa, A. puis O. en Allemagne, Deborah et Felix à la maison,… Chaque jour ou presque la maison respirait différemment.

Il y a deux à trois ans, les grands sont partis, H. est revenu. En décembre O. est parti à son tour. En février l'arbre a été coupé. En mars le confinement a commencé.

Le matin, le soir, la journée, je sentais les pièces vides, une impression de désert sous le vent. C'était quasi palpable. Personne ne respirait. Toute cette place pour nous… C'était à la fois trop grand et trop petit.

Pas grand chose

Lorsque les ouvriers ont attaqué le tour des fenêtres au karscher (décapage avant peinture), l'eau a dégouliné à l'intérieur du salon sur le mur repeint par eux-mêmes il y a un an.
Plus de peur que de mal (il a fallu éponger un moment, le temps que les joints rendent toute l'eau), mais les ouvriers manquent de finesse, parfois. (Le vrai terme est: «quels bourrins!»)

Pas grand chose. Journée au bureau à Nanterre. Roman africain, la blessure des deux guerres mondiales. Un aller au box (six cartons de poches, deux chaises). Resto "La Ferme", par flemme. C'est plein. Ça fait plaisir.

Harcèlement

Afin de pouvoir monter les échafaudages pour le ravalement, nous avons fait enlever deux tonnes et demie de pierres et gravats divers le long de la maison. (En volume c'est moins impressionnant, une vingtaine de brouettes.)

H. a donné un coup de main aux ouvriers qui sont les mêmes que ceux qui ont travaillé dans la maison au printemps 2019. Je sais qu'ils nous aiment bien parce qu'on ne les regarde pas de haut. En conséquence ils bavardent beaucoup.
J'en fais la remarque à H.
— Si tu savais… Bernard m'a dit… «vous vous n'rendez pas compte m'sieur Duchmoll. Entre les hommes qui nous méprisent parce qu'on est des ouvriers et les bonnes femmes qui attendent juste que leur mec soit parti pour se faire sauter…»

J'en suis restée comme deux ronds de flan.

Deuxième tour

Quatre de couple à Fontainebleau. Je ne peux pas dire que je commence à connaître du monde, d'une part à cause de la rotation des vacances qui fait que ce ne sont pas tous les mêmes qui sont là à chaque fois, d'autre part à cause des masques.
Cette fois-ci nous sommes montés jusqu'à l'écluse de Champagne. J'apprends les règles de circulation sur le bassin.

La peinture de la mezzanine a craquelé au-dessus des étagères à DVD. Sans doute une fuite cet hiver. Les ouvriers vont repeindre dans la semaine. Nous avons mis les DVD en carton et emmené les étagères dans le box. J'en aurai profité à peine six mois.

Donné deux sacs de fringues à une voisine qui part deux semaines en Pologne dans sa famille. J'ai donné la robe que je portais pour le baptême de O. en août 2000, il y a vingt ans.

Commencé à trier des petites voitures, des billes (que veulent conserver les enfants?). Jeté le contenu de trois classeurs de cours, de première, deuxième et troisième années de licence de théologie. Ils étaient bien rangés, j'ai dû passer du temps à les classer à un moment de ses six dernières années. J'ai eu le plaisir de retrouver ma dissertation de théologie fondamentale de fin de première année (juin 2012). J'en ai perdu le fichier informatique et je pensais ne jamais la revoir. J'avais totalement oublié en avoir un exemplaire papier. Je vais la scanner.
Les classeurs vides iront à la ressourcerie. Comme dirait H., tout ce qui sera donné ou jeté ne sera pas à transporter.

Box

L'agente immobilière nous a demandé d'enlever quelques meubles du salon pour le faire paraître plus grand.
Dans l'après-midi H. a loué un box de quatre mètres carré qui va servir de tampon entre la mise en vente de la maison et l'emménagement dans le loft.
Nous avons fait un premier tour ce soir pour mettre de côté un fauteuil à bascule et le coffre à bois.

Devenir Liz Taylor ou Simone Signoret

Cela fait des années que je me bats avec mon poids.
Je me demande si je ne vais pas laisser tomber.



Allons, je vais recommencer l'entraînement d'ergo, ce sera toujours ça.
La coupe des Dames est prévue pour le 18 octobre. Nous allons voir comment cela se passe à Fontainebleau. Aurai-je une place dans le bateau?

Retour de vacances

Marché. Trois ou quatre commerçants, au plus.
Curage des canalisations évacuant l'eau de la cuisine. (Il y a eu un dégât des eaux pendant notre absence, le lave-vaisselle a refoulé, le plancher est légèrement gondolé. Zut.)
Trois lessives, dont deux de draps.
O. est revenu. Il était à St Tropez (ma chère), il nous raconte le festival du château de la Moutte où il travaillait à la comm et à la logistique. Il repart ce week-end pour Valloire. J'espère qu'il ne pleuvra pas demain, il faut laver du linge.

Il fait chaud et lourd.

This is Bryan

Une heure de visite guidée du marais poitevin. Très impressionnant, très beau, très vert, très calme.



Plus de huit mille kilomètres de canaux paraît-il. Il y a eu beaucoup d'anguilles ici, mais elles ont été surpêchées. L'hiver l'eau inonde les parcelles qui sont comme autant d'îles (autrefois à la belle saison on y déposait les vaches par barque). Au IIe avant JC, tout ce territoire était inondé (et c'est celui qu'a inondé la tempête Xinthya en 2010); il a été gagné sur la mer par le travail des moines de Maillezais et d'ailleurs. Conserver les canaux est un travail incessant: ils s'élargissent et s'embourbent, plusieurs associations et organismes de la région les curent et replantent des frênes pour maintenir les berges.
Des portes destinées à évacuer l'eau donnent sur l'océan. Les vantaux forment une pointe qui avance vers la mer: quand la mer monte, elle bloque les portes, quand elle descend, l'eau du marais pousse les portes et se déverse dans la mer.
La simplicité du dispositif m'enchante. J'aimerais voir ces portes.

Repas près de l'eau sous la tonnelle. Nous contemplons l'adresse des jeunes gens dans les barques, pantalon gris et chemise blanche, qui orientent leur barque en tournant leur rame de quelques degrés. Nous piquons vingt minutes de roupillon à l'ombre d'un pommier avant d'être chassés: «Vous ne pouvez pas rester là, c'est la zone de décontamination des gilets» (qui pendent à l'air libre sous un hangar. On se croirait en pleine guerre nucléaire.)

Visite guidée de l'abbaye, avec un guide plein d'allant dont l'anticléricalisme est digne de celui d'un instituteur de la 3e République.
Lorsqu'il nous abandonne, nous nous installons sous le noyer derrière la nef. On est bien. Nous commençons nos recherches: il nous faut une chambre pour la nuit. Toujours la même erreur: l'été il ne faut pas s'y prendre au dernier moment le week-end, tout est réservé pour des mariages. L'hôtel le plus proche au sud est à Cognac.

Allons il faut repartir. Une dame vient nous interroger à la recherche d'un doudou. J'espère qu'elle le retrouvera. Nous sortons. Achat de cartes postales. La boutique a beaucoup changé en deux ans, beaucoup plus de livres sur la vie monastique et pratiquement rien sur Rabelais.
— Comment va ton genou?
À ce moment-là je pense «il faudrait passer acheter de la glace» ce qui me mène à «M***! on a encore oublié le médicament dans le frigo de l'hôtel!» (Je jure que ce n'est pas un running gag destiné à vous faire rire ou soupirer.)
Et donc demi-tour, retour à Fontenay-le-Comte. Il est presque six heures, il fait chaud, on commence à s'engueuler. Pause urgente: retour à Maillezais, diabolo-menthe sous la tonnelle, achat d'un couteau de poche pour découper notre pain d'épices.

Nous repartons pour Cognac par les petites routes. Décapotable le long des canaux puis dans la forêt. Nous sommes seuls, la chaleur s'apaise dans le soir.
Où dîner? Nous sommes au milieu de rien.
Aulnay. Place Aristide Briand. Le café ferme. Le bistro à vin ne sert pas de casse-croûte: «mais à la sortie de la ville, vers la gauche, il y a des Anglais qui servent des plats».

Relais d'Aulnay. Ils acceptent de nous servir si nous ne sommes pas pressés. Mais non, nous sommes prêts à tout pour avoir un dîner.
Notre table est une bobine en bois pour enrouler des câbles posée sur le flanc.
Chicken Pie. Onion rings. Mayonnaise. La nuit tombe, des leds s'allument.
J'entends un chuitement genre Dark Vador. Je tourne la tête.
— Oh, regarde !
Je montre à Hervé une petite chouette perchée sur une chaise proche. Elle bouge la tête, s'agite mais ne s'envole pas. Un autre couple la remarque. La serveuse revient. Je chuchote:
— Look, there is a bird.
Elle se redresse et s'exclame: — Oh, this is Bryan!

La petite chouette est venue un soir, la propriétaire lui a donné du saumon. Depuis, elle revient tous les soirs pour avoir son saumon.
La serveuse lui en donne quelques bribes puis la petite chouette s'envole.



Nous arrivons à Cognac tard dans la nuit.

Un saut de puce

De la même façon que j'ai emmené H. voir la maison de Clemenceau, je voulais lui faire découvrir l'abbaye de Maillezais.
Lui avait flashé sur les marais. Il fallait s'inscrire. Au début il visait aujourd'hui midi, puis il a voulu réserver aujourd'hui fin de journée: coup de fil, c'est plein («la jauge»), ce sera demain onze heure.

Comme je vais devoir changer de boulot («devoir»: envie paresseuse stimulée par l'achat du loft, à la fois parce que Moret est loin et parce que c'est un tel coup de cœur que je me dis que je dois profiter du boost au moral qu'il produit), je surfe un peu et apprends… la mort d'un ami perdu de vue depuis trente ans. Mort fin juillet 2016 d'un accident de montagne. Je googlais son nom de temps en temps, sans oser le contacter. Pas le même monde.

Pendant qu'H. discute boulot (c'est très difficile ici: pas de wifi, pas d'ADSL, pratiquement pas de 3G ou 4G, sauf le matin quelques heures avant midi), j'organise le coffre.
Riez, mais c'est un art. Notre hôte a deux cartons de vin pour nous (Morgon cuvée Assemblée nationale, on est snob ou pas). Nous lui avions dit que nous ne pourrions pas les prendre tant le coffre est petit, mais depuis que j'ai vu la taille de la maison, je me dis qu'on ne peut pas lui laisser les deux cartons: ça l'encombre. Donc je vide le coffre, installe un carton au fond, ouvre le deuxième et répartis les bouteilles dans le linge sale (pour ne pas qu'elles s'entrechoquent). Je remets les sacs de voyage par dessus, tasse le sac poubelle qu'H. utilise pour le linge sale. Ça m'agace car c'est encombrant, plus encombrant à mon sens que s'il mettait le sac poubelle dans son sac (est-ce logique (linge en boule) ou purement subjectif?)
Je m'applique. Je termine par son oreiller (!) et son sac à dos. Le mien tiendra derrière mon siège puisque mes courtes jambes m'obligent à me rapprocher des pédales.
Tout tient. Mission accomplie.

Nous partons plus tard que prévu, traversons la forêt d'Olonne (sans les détours cela paraît court), déjeunons longuement dans un excellent restaurant aux Sables («Je voudrais manger du poisson». Il faut dire qu'en trois jours nous avons surtout consommé des pizzas à emporter).

Au moment de remonter dans la voiture:
— J'ai oublié mon médicament dans le frigo ce matin!
Coup de fil, retour à Brétignolles. Récupération du médicament (de la trousse réfrigérée), re-traversée de la forêt, direction Maillezais.

Nous arrivons à Fontenay-le-Comte en fin d'après-midi. Il a plu.



Je pensais que nous ressortirions car j'avais de bons souvenirs de la ville. Las, H. est fatigué et souhaite dîner sur place.
Il n'y a rien à reprocher au personnel très aimable du restaurant mais ne prenez pas de poulpe au chorizo : j'ai conseillé au serveur d'enlever ce plat de la carte.

Bref, nous venons de perdre une journée de vacances. Dommage.
Les billets et commentaires du blog Alice du fromage sont utilisables sous licence Creatives Commons : citation de la source, pas d'utilisation commerciale ni de modification.