Gonflée

Je suis tombée de vélo hier soir en rentrant du planeur et le visage a porté: j'ai la lèvre supérieure gonflée, elle a pris une assez jolie couleur rouge foncée. Le moche, c'est l'écorchure d'un centimètre sur deux en dessous du nez qui donne l'impression que je saigne en permanence.

Nous avons fini dans la matinée le dépliage-repliage des cinq parachutes restants. Je suis rentrée et j'ai dormi tous l'après-midi en lisant par intermittences Meurtre en Mésopotamie.

Pliage

Journée de formation au pliage de parachutes de sauvetage.
« Ni sportif, ni de secours, il ne faut pas confondre. »

Le formateur est un retraité bénévole, il parcourt la France à la demande de la fédération ou des clubs et ne jure que par l'armée.

Nos parachutes doivent être dépliés et repliés une fois par an, tout est suivi dans des registres (en cas d'accident il y a enquête de gendarmerie), c'est à la fois simple et précis: recherche des taches et déchirures, pliage selon le manuel. L'objectif est que cela s'ouvre le plus vite possible, il y a un extracteur (gros ressort) qui projette le parachute vers le haut, des velcros, des élastiques. «Vous aurez peut-être les jambes cassées, mais cela vous sauvera la vie» m'a dit un jour un instructeur.

A la fin de chaque pliage, nouvelle date de validité indiquée sur le tableau de suivi, au-dessus de l'armoire aux parachutes: 17 janvier 2027. Cette date me paraît inatteignable, mythique.

A la fin du week-end, j'aurai mon brevet de plieuse de parachute.

Un homme droit

Enterrement de Monsieur G., le père d'un ami.

Notre ami étant resté longtemps chez son père, nous sommes longtemps allés chez lui, de 1991 à 2003 au moins, puisque le Monde de Nemo est associé à son appartement, je ne sais plus pour quelle raison (y avions-nous laissé le plus jeune pendant que nous allions au cinéma? Ou avons vu le film en cassette chez lui?)
M. G. n'était pas souvent chez lui, nous le croisions de temps en temps, il était discret et souriant. Je le connaissais surtout par les anecdotes racontées par son fils, notre ami.

Il avait gagné à tout jamais mon admiration et mon respect quand son fils nous avait dit que jamais son père, grand travailleur devant l'Eternel y compris durant ses vacances, n'avait montré d'impatience ou d'agacement devant le bruit ou les chamailleries de ses enfants: était-ce réelleement possible, moi qui m'impatientais si vite? (j'ai appris ce comportement alors que mon aîné devait avoir quatre ou cinq ans).

J'aimais l'histoire de M. G. rentrant chez lui, trouvant son fils ivre mort en travers de son lit, celui-ci comme excuse ne trouvant qu'à babultier d'une voix pâteuse: «ça ne t'est jamais arrivé, à toi?» et la réponse nette, après une seconde d'examen: «Non».

Mais mon histoire préférée, celle qui fait que je pense à M. G. à l'occasion, est la suivante: M. G. avait un poste important dans une grande entreprise et négociait avec les syndicats. Un jour, alors que les syndicats protestaient de l'injustice de je ne sais quelle mesure, M. G. avait invoqué la parabole de l'ouvrier de la onzième heure.
Cela me ravissait et me ravit chaque fois que j'y pense, pour des raisons variées: évoquer l'évangile — devant des syndicalistes — et quelle parabole, celle qui revendique pour le patron de payer autant le dernier arrivé que le premier, sans se justifier — et de répondre «en quoi te nuis-je, ne te donnai-je pas ce que je t'ai promis» — ce qui dans une logique humaine est injuste, mais finalement, met en lumière nos raisonnements étriqués, notre incapacité à se réjouir d'un bienfait accordé à notre voisin — pourquoi ne pas se réjouir que notre congénère soit aussi bien traité que nous-mêmes? — quelle leçon pour ces syndicalistes que d'être pris en flagrant délit d'une générosité moindre que celle de leur patron.
Oui, je pensais régulièrement à M. G., je continuerai à penser à lui.
Avec sa mort, une part de notre jeunesse disparaît.

Iran

L'Iran est dans la rue. Internet est coupé, visiblement la Chine a trouvé le moyen d'intercepter Starlink, les satellites de Musk.
Tout cela me rapelle Tien-an-Men, je ne donne pas cher de leur peau.
Après tout, il n'y a de révolution réussie qu'après des guerres perdues ou tandis que des réformes sont en cours.

Il paraît (des journalistes disent) que les Iraniens attendent le soutien de Trump, des bombardements américains.
Comme s'il était possible de compter sur Trump pour quoi que ce soit.

Stig Dagerman



Titre : Notre besoin de consolation est insatiable. Un livre neuf. Un cadeau de Noël?

Ce doit être une nouvelle traduction. Je me souvenais de Notre besoin de consolation est impossible à rassasier aux éditions Actes Sud.
Je ne sais plus vraiment si je l'ai lu car je tends à le confondre avec Automne allemand. J'ai eu une période "petits livres minces et pâles d'Actes Sud" (circa 89-90).

Tamagotchi

RTL, journal de six heures et quelques.
Chronique: une appli chinoise propose de confirmer tous les deux jours que vous n'êtes pas mort en appuyant sur un gros bouton vert. Elle connaît un succès phénoménal, en Chine et à l'étranger.

Tamagotchi humain. En l'absence de signe électronique, vous êtes mort.









Si vous négligez de vous signaler, l'appli contacte un proche que vous avez désigné.
Question : pourquoi ne pas appeler ce proche plutôt qu'appuyer sur un bouton?

Achats

Je passe chez Ba&sh et achète un pantalon et un pull. Cela résulte de ce repérage: les fringues vues ce soir-là ont continué à me trotter dans la tête.
J'ai donc fait les soldes sans le vouloir. C'est bien la première fois que ça m'arrive.

Dans les casiers Amazon de mon village m'attendait un pince-nez de natation (mon chef triathlète prétend que cela pourrait m'aider contre mon allergie au chlore) et un pèse-personne de voyage (500g: c'est pour manger de la fondue savoyarde au ski tout en en surveillant les conséquences). Elle est minuscule, à peine deux livres de poche accolés. Elle est mignonne. Les commentaires prévenaient: «il ne faut pas faire du 43». Ça tombe bien, je ne fais pas du 43.

Dimanche

Encore un dimanche à rattrapper du retard.
Je pense en voir le bout. Normalement (touchons tous les bois possibles), je vais revenir à un rythme normal à partir de la semaine prochaine: samedi planeur; dimanche maison et amis. Je n'ai pas encore écrit une seule carte de vœux. (mais je les ai achetées, et les timbres)

Mes parents descendent au Maroc jeudi.

Coulommiers

AG d'association concernant le planeur à Coulommiers. Je pars à 9 heures, traverse des pans de forêts, la tempête a fait tomber beaucoup d'arbres.

J'écoute France Musique, les sagas musicales. Ça parle de Strauss, des Strauss, de l'opéra de Vienne, de Mahler, de la seconde école de Vienne. Je ne savais pas que Mahler s'était converti au catholicisme. En 1907 l'antisémitisme était déjà violent. Quelle engeance.
J'aime beaucoup la phrase de Mahler à propos de Schönberg, qui dit à peu près: «je ne comprends pas tout, je suis trop vieux pour cette musique, mais il doit avoir raison, il est jeune, il est l'avenir». C'est ce que je me dis souvent à propos de beaucoup de choses: «je ne comprends pas, mais je suis encroûtée dans des habitudes, c'est sans doute l'avenir».

Ambiance sympa durant l'AG même si tout le côté politique me terrifie (la raison d'être de cette association est de récupérer des subventions, donc il faut connaître ceux qui font la pluie et le beau temps au niveau du département), c'est tout ce que je déteste: sourire et monter des dossiers pour récupérer du pognon.
Repas dans une pizzeria planqué entre des pavillons de banlieue (mais que fait-il là? La Cabana 40 rue de Varennes). C'est sans prétention et la cuisine est soignée. Retour au club, remontage d'un planeur dans un froid glacial puis galette. Je rentre.

Dicton

Verdict concernant un club à la démographie vieillissante:

« Quand t'as plus d'jeunes qui poussent, t'as plus qu'des vieux qui râlent.»

Part 66

Encore une journée de boulot intense.
J'ai quand même décompressée en regardant le montant sur mon compte formation et en cherchant les formations pour la part 66. Je ne sais pas si je suis assez motivée. Combien d'années représentent 782 heures? Ce serait amusant de passer trois ans avant la retraite à se former. Mais en suis-je capable et est-ce utile? Les maths et la physique ça va (en tout cas, ça allait à une époque), mais j'ai toujours peiné avec l'électronique. Je n'y trouve pas de logique.

Commencé à regarder Love, death & robots. Un ami m'en avait dit du bien, c'est vraiment déjanté. J'ai tant d'admiration pour les personnes qui ont ce genre d'imagination.

Pendant ce temps, les US ont arraisonné un pétrolier russe, la Chine est touchée par la crise vénézuélienne, l'Europe s'inquiète pour le Groenland. Chaque année est un peu plus folle que la précédente, c'est fascinant.

Troisième jour

Dix centimètres. C'est beau, j'adore.
Toute mon équipe part à quatre heures tant ils ont peur de ne pas avoir de transport.
Mais pour une fois, ça ne marche pas si mal. H. a même réussi à faire un aller-retour à Troyes.

Non à la violence

Neige, suite.
La ligne 8 va jusqu'à Créteil, elle parcourt donc un long trajet à l'air libre. Par conséquence elle est affectée par la météo.

8h30 environ. Nous (quelques dizaines de passagers) montons dans la rame station Reuilly-Diderot. Nous attendons quelques minutes, puis le conducteur annonce: «ce train ne prend plus de voyageurs, merci d'évacuer la rame». Nous descendons sur le quai, attendons deux à trois minutes, montons dans le suivant qui n'est pas bondé.
Nous attendons quelques minutes («nous devons stationner quelques instants, merci de patienter») puis le conducteur annonce: «Merci d'avoir patienté. Nous allons repartir délicatement jusqu'à la station suivante».

Neige

Pas grand chose. Le boss est malade depuis dix jours, surinfection. L'intérimaire est revenue blanche, une semaine de grippe. Les cas se multiplient.
Mon apport à la communauté aura été de trouver comment mettre le chauffage dans les toilettes du boulot, en changeant les piles de la télécommande.
Neige dans l'après-midi donc problème de transport le soir.
Mais c'est beau.


J'ai oublié de noter: il y a deux jours, les US ont capturé le président du Venezuela. Encore un sujet de SAS. Bien entendu Poutine a aussitôt protesté et appelé au respect du droit international. Quoi qu'on pense de Maduro, on ne peut pas donner tort à Poutine. Dommage qu'il ne s'applique pas à lui-même ces principes.

Statistiques

Croissants, repassage, sieste. Je rallume mon ordinateur pro et travaille jusqu'au dîner.
Il fait glacial au rez-de-chaussée.
Mon téléphone me prévient: «vous marchez moins cette année que l'année dernière: en moyenne 986 pas par jour en 2026 contre 6398 en 2025».
Après dîner je rapièce mon pantalon noir en laine en regardant l'anime One Piece. C'est étrange, les voix et les bruitages sont exactement les mêmes qu'il y a trente ou quarante ans, à l'époque de Goldorak ou Candy.

Glande

Passage à Nemours ce matin pour récupérer un jeans. Repas régressifs, à base de cacahuètes, pâté de foie, kouglof, beaufort et coca-cola. (Mais pas d'alcool).

Fini la saison 1 de Pluribus le cul au fond du canapé. Vraiment étrange, et sans beaucoup de sens. Pourquoi certains meurent-ils au début? Pourquoi ne pas se réjouir d'un monde sans guerre? Qu'est-ce qu'un monde mené par les caprices d'une douzaine d'humains exécutés par sept milliards? Quels sont les points communs entre ces douze ou treize personnes? Autant de questions qui ne sont même pas abordées.
Je continue avec Hijack, avec l'espoir de finir le repassage.

Anniversaire

Comme chaque année, journée d'anniversaire à Blois. C'est l'occasion également d'échanger les derniers cadeaux de Noël.
Je reçois le troisième tome de Michaux dans la Pléiade et La vie solide: «Arthur Lochmann a interrompu ses études de droit et de philosophie pour devenir charpentier. […] la charpente est une éthique pour notre modernité». Ma sœur et moi sommes parties pour échanger nos lectures les plus décalées.
Journée calme, très calme, ce qui déstabilise la copine du benjamin, peu habituée à tant de silence.
Mes parents envisagent sérieusement de descendre en voiture jusqu'à Agadir, ce qui me paraît un long voyage à quatre-vingts ans.

1er janvier 2026

Rien.
Comme toujours le premier, je pense à Proust: «Je venais de vivre le 1er janvier des hommes vieux qui diffèrent ce jour-là des jeunes, non parce qu'on ne leur donne plus d'étrennes, mais parce qu'ils ne croient plus au nouvel An.»

Au lever, quinze degrés dans le salon, deux radiateurs en panne (robinets thermostatiques collés). J'ai remonté directement la température de la chaudière. Nous avons brûlé tout notre bois.

Repassage en revoyant Le gang du gant vert (netflix). J'aime les forêts polonaises et les bâtisses vieilles ou modernes que l'on voit dans la série. Cette série a beaucoup de charme.
Continué avec Pluribus (apple). Vraiment étrange.
J'ai attaqué le repassage des robes et chemises d'été restées au fond du panier depuis septembre. A travailler le week-end, il ne reste plus grand temps pour quoi que ce soit.

Objectifs pour cette année: passer le «théorique» SPL (l'examen théorique du brevet de pilote de planeur) et améliorer mes atterrissages (ça ne devrait pas être difficile (lol)).

Dernier jour

Je laisse mon oreiller et un drap dans l'armoire du bureau: j'espère avoir l'occasion de m'en resservir.

Je range mon bureau façon Gaston Lagaffe, c'est-à-dire en fourrant tout en vrac sur une étagère et en refermant la porte et je quitte le bureau plutôt fière d'avoir réussi à partir tôt.
Gare de Lyon, train de 19h07.
En théorie. Dix minutes plus tard, le conducteur nous annonce: «nous sommes en retard par défaut d'information: je pensais que le train était sur le quai d'à côté, donc j'attendais à côté.»
WTF ???

Nous rentrons. Repas calme et au lit. Il fait frais dans la maison, problème de radiateurs. Je n'ai pas eu le temps de débotter depuis ma grosse fièvre il y a dix jours, je commence à accuser la fatigue.

Pour mémoire, Brigitte Bardot est morte dimanche dernier.

Métropolis

Après le boulot, longue errance dans le Marais à la recherche paresseuse de fringues. Pas le courage de faire des essayages.
Escalope milanaise au café Beaubourg en lisant One Piece. J'ai du mal à m'y remettre. Quelque chose s'est cassé avec le tome 60. Il faut surmonter une tristesse et une crainte.
Metropolis de Rintaro/Tezuka. Des images magnifiques, une bande-son envoûtante et une atmosphère qui m'évoque la révolution de 1917.
Retour au studio.

Dîner

Soirée parisienne avec nos amis de Boston. Depuis le retour de Trump et l'arrivée de petits-enfants, ils préparent leur retour en France, sans doute en 2026.
La conversation roule surtout autour des parents devenus désormais le sujet de préoccupation principale. La mère de notre ami est particulièrement encombrante, considérant tout à fait normal de s'inviter sans limite chez son petit-fils dont le deuxième enfant a deux mois. Notre ami se démène pour protéger son fils de sa grand-mère.

Nous avons amené oreillers et draps et dormons dans le studio rue d'Alésia (les oreillers dans un souci prophylactique après ma grippe). Cela faisait longtemps que nous n'avions pas dormi sur un aussi mauvais matelas, c'est un grand coup de jeune.

Déjeuner

Déjeuner chez le benjamin.
Récupéré la suite de One Piece à partir du tome 61.
Reçu des chaussettes à paillettes Cool mum.

Exclusion à perpétuité

Dîner avec des amis de ping-pong d'H.

Conversation à bâtons rompus sur tous les sujets, mais je dois avouer que la première anecdote de la soirée m'a laissée bouche bée:
Madame a perdu sa mère en mars dernier. Celle-ci souffrait d'histrionisme, une maladie psychiatrique qui consiste à avoir besoin d'être le centre de l'attention: «Elle était méchante. Elle était épouvantable. Soudain j'ai compris que si elle était enterrée dans le caveau de famille, plus personne ne s'y ferait enterrer. Personne ne voudrait être à côté d'elle. Alors, d'un commun accord avec mon frère et les cousins, nous n'avons pas respecté les dernières volontés de ma mère. Nous nous sommes décidés pour une crémation et nous avons dispersé ses cendres. Tout le monde était soulagé.»

Après cette entrée en matière surprenante, nous avons passé une excellent soirée. J'ai rencontré un adulte qui regarde autant de séries que moi, et même les anime de One Piece.

Belle-maman

Journée à Châlons. A. nous accompagne. Petites routes de Champagne à l'aller, autoroute au retour.
Je ne sais absolument plus de quoi nous avons parlé. A. a remmené des outils de son grand-père, ponceuse, arrosoir et autres.

Le maître du kabuki

Grasse matinée.
Poulet au camembert. Je ne fais pas assez la cuisine, j'ai perdu le rythme. C'était bon, mais pas assez précis dans les détails.
Netflix, le mystère Henri Pick. Ouf, un critique capable de reconnaître un style. Alice Isaaz est très jolie.

— Si on allait au cinéma?
Recherche rapide: La femme de ménage dans la salle aux majestueux fauteuils de Montereau ou Le maître du kabuki à Fontainebleau?
Ce sera ce dernier.

C'est très beau. Un moment je me suis demandée s'il y aurait véritablement un récit, avec crise et dénouement. Depuis que je lis des mangas et regarde des anime, je ne suis plus sûre que les analyses structuralistes s'appliquent à toutes les traditions. Mais finalement si.
Quelque peu difficile à suivre pour un œil occidental: faire la différence entre les deux personnages principaux, entre les jeunes femmes, n'est pas toujours évident. Mais ça n'a pas tant d'importance, il suffit de se laisser porter.
Une curiosité: les raccords entre musique traditionnelle et musique occidentale, pour passer de l'instant kairos à une généralisation intemporelle.
Il en ressort que je suis mûre pour un long film de kabuki.

Fond de culotte

Comme l'année dernière, j'ai prévu du vin chaud pour les présents au bureau. Cette fois-ci, j'anticipe: je le prépare le matin et l'emmène en bouteille thermos.
Belle ambiance. Que des filles, moitié moins de trente ans, moitié plus de cinquante. Je dis des bêtises, genre «le miel ne moisit pas parce que c'est du vomi d'abeilles», elles sont consternées (par le vomi qu'elles prennent au sérieux), Alexia le gougueulise: le miel ne se corrompt pas parce qu'il contient très peu d'eau, 17%.
L'année prochaine je filtrerai les épices au dernier moment; elles n'ont pas assez macéré ce matin. Et le vin sent infimement le café à cause de la thermos: cette thermos sera désormais réservée au vin, plus de café pour elle.

Dans l'après-midi, je découvre mi-affligée, mi-goguenarde, que le fond de mon pantalon noir est percé d'un trou gros comme une pièce de dix centimes au niveau de la couture centrale, à l'endroit usé par le frottement sur les sièges.
Heureusement j'ai un slip sombre.
Mais depuis combien de temps est-ce là, combien de jours?

J'arrive à la maison à peu près en même temps que A.
Réveillon de plateau de fruits de mer et champagne. Cadeaux.
Rideau

So parisien

Rendez-vous avec Patrick au 111 boulevard Beaumarchais, dans un café aux murs tapissés de livres. C'est un endroit que j'avais croisé sur internet; il y a un moment que je voulais le voir, c'était l'occasion.

Quand j'arrive, Patrick me prévient aussitôt: «il n'y a rien d'intéressant». Mais il a trouvé André Breton de François Mauriac en édition originale.
«Les prix dépendent de la hauteur du livre», m'annonce-t-il sobrement.
La question demeure: d'où viennent tous ces livres?

Sachez que si vous prenez un œuf à la coque, vous en aurez deux, délicieux.

Discussion à bâtons rompus, la famille, les amis, le blogueur Philippe Billé, Lubin Baujin, Orléans et les gaufrettes, Lubin de Chartres, l'agenda de Jean Follain, RC et la recherche de la meilleure place au cimetière.
Nous échangeons nos cadeaux, des livres évidemment. Je repars avec Je te dis toute ma tendresse, correspondance entre François et Claude Mauriac. Philippe Baudorre s'est discrètement abstenu de paraître sur la couverture, Jean Allemand fait partie des sources.

Reconnaissance

La fièvre est tombée hier vers cinq heures, et comme j'étais censée assurer la permanence de l'encadrement cette semaine, je suis allée au bureau (avec masque etc…)

Une amie nous a prêté le studio de sa fille à Paris pour les vacances de Noël. J'y suis passé ce soir en reconnaissance, pour au moins l'avoir vu, même s'il devient de plus en plus improbable que je m'en serve.
Le studio est rue d'Alésia. Je me suis trompée et j'ai remonté l'avenue du Maine quasi jusqu'à Montparnasse (dans mon état cotonneux il m'a fallu très longtemps pour me dire que c'était bizarre).

Ce soir je suis épuisée.

Au fond du lit

Violente fièvre, frissons et courbatures. Je peux à peine marcher.
Je dors par intermitence; je regarde Killing Eve, d'une énergie débordante. J'aime l'amphibologie du participe présent anglais, Tuer Ève et Ève la tueuse, sans qu'il soit possible de savoir ce qu'il en est avoir d'avoir vu la série.
Après Slow Horses, il en ressort que les Anglais éprouvent une méfiance certaine envers leurs services secrets.

Aller retour à Blois

Entre mon régime et les week-ends passés à travailler, je n'étais pas allée chez mes parents depuis octobre. Voyage sur l'autoroute en écoutant Jacques Roubaud. J'ai froid, je n'arrive pas à me réchauffer, je m'arrête prendre un chocolat.

Mes parents vont bien. Maman a passé les deux mois précédents à me tricoter un gilet au motif irlandais compliqué. Je fais la sieste, je me sens fiévreuse. J'espère que je ne vais pas leur apporter un virus. Je ne sais pas comment je vais réussir à rentrer ce soir. Peut-être en m'arrêtant pour dormir tous les cinquante kilomètres sur une aire.
Mes parents sont invités le soir chez leur voisine doctoresse, ils me proposent de venir avec eux. Il ne manquerait plus que ça: infecter une doctoresse. Je passe rapidement, salue les présents et reprends la voiture. Cela tombe bien, je n'avais pas faim. Je remets Roubaud, règle le régulateur sur 130 et rentre d'une traite.
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